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Erreurs fréquentes

Les erreurs que les apprenants font réellement, regroupées par thème. Chacune montre la forme incorrecte, la correction, et renvoie à la règle qui l'explique.

141 erreurs réparties sur 141 règles.

Conjugaison

Incorrect: Je faux partir.

Correct: Il faut que je parte.

Falloir est un verbe impersonnel : il n'existe qu'à la forme il (il faut, il fallait, il faudra…) et ne prend jamais de sujet personnel comme je, tu ou nous. Pour exprimer qu'une personne précise doit faire quelque chose, on emploie il faut que + subjonctif (Il faut que je parte) ou il me/te/lui faut + nom (Il me faut du temps). Les formes *je faux, *tu fauts n'existent pas.

Niveau B1Lire la règle: Les verbes impersonnels (falloir, pleuvoir, s'agir)

Incorrect: Elle s'est faite couper les cheveux.

Correct: Elle s'est fait couper les cheveux.

Dans la construction causative se faire + infinitif, le participe passé fait reste toujours invariable lorsqu'il est immédiatement suivi d'un infinitif, quel que soit le genre du sujet. Comme couper suit fait ici, fait ne peut pas s'accorder avec le sujet féminin elle : il doit rester fait, et non faite.

Niveau B2Lire la règle: Le faire causatif (faire + infinitif)

Incorrect: Elle préfére le thé.

Correct: Elle préfère le thé.

Les verbes comme préférer changent le é de la dernière syllabe du radical en è lorsque la terminaison qui suit est muette, comme à la forme il/elle. Préfére garde le mauvais accent (é) ; la terminaison muette -e exige le è ouvert : préfère.

Niveau A2Lire la règle: Changement de radical du 1er groupe : é → è (préférer)

Incorrect: Quand tu arriveras, je finirai déjà mon travail.

Correct: Quand tu arriveras, j'aurai déjà fini mon travail.

Après quand, lorsqu'une action future s'achève avant une autre, le français exige le futur antérieur (aurai fini) pour l'action antérieure, et non le futur simple. Finirai indique seulement une action future sans marquer son antériorité par rapport à arriveras ; aurai fini exprime que le travail sera déjà terminé au moment de ton arrivée.

Niveau B1Lire la règle: Le futur antérieur

Incorrect: Nous partissons demain.

Correct: Nous partons demain.

Partir est un verbe en -ir du 3e groupe qui ne prend pas -iss- ; cet infixe n'appartient qu'aux verbes réguliers du 2e groupe comme finir (nous finissons). Partissons applique à tort le modèle du 2e groupe à partir ; la bonne forme nous est partons, formée sur le radical court part-.

Niveau A1Lire la règle: Les trois groupes de verbes

Incorrect: Ils prendent le bus.

Correct: Ils prennent le bus.

Prendre est un verbe irrégulier du 3e groupe, et non un verbe régulier en -re : son radical change au pluriel (nous prenons, ils prennent), avec un redoublement du n devant la terminaison. Prendent applique à tort une terminaison régulière en -re au radical du singulier prend- ; la bonne 3e personne du pluriel est prennent.

Niveau A2Lire la règle: Le 3e groupe : aperçu des verbes irréguliers

Incorrect: J'ai prendu le train.

Correct: J'ai pris le train.

Prendre a un participe passé irrégulier, pris, qui appartient à la famille en -is ; on ne peut pas lui accoler une terminaison régulière en -é ou -u. Prendu n'existe pas en français ; le participe correct est pris (comme compris, mis, assis).

Niveau A2Lire la règle: La formation du participe passé

Incorrect: Dès qu'il a eut fini, il sortit.

Correct: Dès qu'il eut fini, il sortit.

Dans la narration littéraire, le passé antérieur emploie l'auxiliaire au passé simple (il eut fini), et non un auxiliaire au passé composé. « A eut » mélange l'auxiliaire au présent a et la forme du passé simple eut, ce qui est agrammatical ; avec une principale au passé simple (sortit), l'action antérieure exige simplement eut fini.

Niveau C1Lire la règle: Le passé antérieur

Incorrect: Il parlit longtemps.

Correct: Il parla longtemps.

Les verbes en -er (1er groupe) forment le passé simple avec la famille de terminaisons -a/-èrent, et non la famille -it/-irent employée par la plupart des verbes en -ir/-re. Parlit emprunte à tort la terminaison -it ; la bonne 3e personne du singulier de parler est parla.

Niveau B2Lire la règle: Le passé simple

Incorrect: La lettre a été écrit par Marie.

Correct: La lettre a été écrite par Marie.

À la voix passive, le participe passé s'emploie toujours avec être et doit s'accorder en genre et en nombre avec le sujet. Le sujet ici est la lettre (féminin), donc le participe doit être écrite, et non le masculin écrit.

Niveau B1Lire la règle: La voix passive

Incorrect: Il fallait qu'il finissait son travail.

Correct: Il fallait qu'il finît son travail.

Après un verbe principal au passé comme il fallait, l'usage classique et littéraire met le verbe de la subordonnée au subjonctif imparfait, et non à l'imparfait de l'indicatif. Finissait est simplement l'imparfait de l'indicatif et ne peut pas suivre il fallait que, qui exige un subjonctif ; en registre littéraire, la forme correcte est le subjonctif imparfait finît (avec son circonflexe). Dans le français courant, parlé ou écrit, la concordance des temps est assouplie et l'on emploie plutôt le subjonctif présent : qu'il finisse.

Niveau C1Lire la règle: L'imparfait du subjonctif

Incorrect: Je suis content que tu es venu.

Correct: Je suis content que tu sois venu.

L'expression être content que déclenche le subjonctif, et comme l'action (venir) est déjà achevée, il faut le subjonctif passé : que tu sois venu. Es est le présent de l'indicatif de être et ne peut pas suivre content que ; l'auxiliaire doit être le subjonctif sois.

Niveau B1Lire la règle: Le subjonctif passé

Incorrect: Je craignais qu'il n'eut découvert la vérité.

Correct: Je craignais qu'il n'eût découvert la vérité.

Après craindre que à l'imparfait, le français littéraire exige le subjonctif plus-que-parfait, qui s'écrit avec un circonflexe sur l'auxiliaire : eût. Eut sans accent est le passé simple de l'indicatif et relève d'un tout autre mode ; seul le eût accentué marque ici le subjonctif.

Niveau C2Lire la règle: Le subjonctif plus-que-parfait

Incorrect: Elle nettoye la cuisine.

Correct: Elle nettoie la cuisine.

Pour les verbes en -oyer et -uyer comme nettoyer, le y doit devenir i devant une terminaison muette comme le -e de la forme elle. Nettoye garde le y, ce qui est incorrect ici ; la forme correcte du présent est nettoie. (Ce changement est obligatoire pour -oyer/-uyer, à la différence de l'alternance y/i facultative des verbes en -ayer comme payer.)

Niveau A2Lire la règle: Orthographe du 1er groupe : -yer (y → i)

Incorrect: Le matin, j'achette du pain.

Correct: Le matin, j'achète du pain.

Les verbes lever/acheter comme appeler/jeter renforcent un e muet en un è ouvert devant une terminaison muette, mais par des orthographes DIFFÉRENTES : acheter, lever, mener et peser prennent è (j'achète, je lève), tandis qu'appeler et jeter redoublent la consonne (j'appelle, je jette). Le procédé est lexical et doit s'apprendre verbe par verbe : acheter ne redouble pas son t (*j'achette est faux), et appeler ne prend pas d'accent (*j'appèle est faux).

Niveau A2Lire la règle: Changement de radical du 1er groupe : e → è / redoublement

Incorrect: Si j'aurais su, je serais venu plus tôt.

Correct: Si j'avais su, je serais venu plus tôt.

Dans une hypothèse portant sur le passé, la subordonnée en si se met au PLUS-QUE-PARFAIT (si j'avais su), et seule la principale (le résultat) se met au conditionnel passé (je serais venu). Le français ne met jamais de conditionnel après si : *si j'aurais est une faute classique. Le schéma est : Si + plus-que-parfait, conditionnel passé.

Niveau B1Lire la règle: Le conditionnel passé

Incorrect: En entrant dans la pièce, le téléphone a sonné.

Correct: Quand je suis entré dans la pièce, le téléphone a sonné.

Le gérondif (en + participe présent) doit avoir le MÊME sujet que le verbe principal et exprime la simultanéité, la manière, le moyen ou la condition. Ici, en entrant se rapporte au sujet grammatical de la principale, le téléphone, si bien que la phrase signifie littéralement que le téléphone est entré dans la pièce. Comme les deux actions ont des sujets différents (j'entre, le téléphone sonne), le gérondif est fautif : on emploie plutôt une subordonnée avec quand/lorsque/comme suivie d'un verbe conjugué.

Niveau B2Lire la règle: Le participe présent et le gérondif

Incorrect: Nous mangons à midi et nous commencons le travail.

Correct: Nous mangeons à midi et nous commençons le travail.

Les verbes en -ger conservent un e muet devant a ou o pour garder le son doux « j » (nous mangeons, je mangeais), et les verbes en -cer prennent une cédille ç devant a ou o pour garder le son doux « s » (nous commençons, je commençais). Sans eux, le g se prononcerait comme dans gare et le c comme un k. L'ajustement apparaît surtout au présent à la forme nous et dans tout l'imparfait, jamais devant e, i ou y.

Niveau A2Lire la règle: Orthographe du 1er groupe : -cer / -ger

Incorrect: Quand je suis arrivé, il est déjà parti.

Correct: Quand je suis arrivé, il était déjà parti.

Le plus-que-parfait se forme avec l'IMPARFAIT de avoir ou être plus le participe passé (j'avais mangé, j'étais parti), et non avec le présent. Pour exprimer qu'une action s'était déjà produite avant une autre action passée, l'auxiliaire doit être à l'imparfait : il était déjà parti. Le présent de l'auxiliaire (il est parti) donne en réalité un passé composé, qui ne fait qu'énoncer un fait passé accompli sans l'antériorité.

Niveau B1Lire la règle: Le plus-que-parfait

Incorrect: Je alle à l'école.

Correct: Je vais à l'école.

Bien qu'aller se termine par -er, ce n'est pas un verbe régulier du 1er groupe : il est très irrégulier et appartient au 3e groupe. On ne le forme pas sur le radical all- (« je alle ») ; le présent est je vais, tu vas, il va, nous allons, vous allez, ils vont. Aller s'apprend par cœur et ne sert pas de modèle pour les verbes en -er.

Niveau A1Lire la règle: Le 1er groupe : les verbes réguliers en -er

Incorrect: Nous finons à midi.

Correct: Nous finissons à midi.

Les verbes réguliers du 2e groupe en -ir comme finir intercalent -iss- aux trois personnes du pluriel du présent : nous finissons, vous finissez, ils finissent. Omettre le -iss- (« nous finons ») est fautif. Cet infixe est précisément la marque du 2e groupe : on le conserve donc à toutes les personnes du pluriel.

Niveau A1Lire la règle: Le 2e groupe : les verbes réguliers en -ir (-iss-, finir)

Incorrect: Me donne le livre !

Correct: Donne-le-moi !

À l'impératif affirmatif, les pronoms compléments suivent le verbe, reliés par des traits d'union, et me/te deviennent moi/toi : Donne-le-moi ! Placer le pronom avant le verbe (« Me donne le livre ») relève de la phrase négative ou de l'indicatif et est ici fautif. À l'affirmatif, l'ordre est verbe + complément direct + complément indirect (le avant moi).

Niveau A2Lire la règle: L'impératif

Incorrect: Elle s'a levée à six heures.

Correct: Elle s'est levée à six heures.

Tous les verbes pronominaux forment leurs temps composés avec être, jamais avec avoir : elle s'est levée, nous nous sommes lavés. Employer avoir (« elle s'a levée ») est fautif. Comme l'auxiliaire est être, le participe s'accorde généralement (s'est levée), contrairement au cas d'avoir.

Niveau A2Lire la règle: Le choix de l'auxiliaire : avoir ou être

Incorrect: Il faut que tu fais tes devoirs.

Correct: Il faut que tu fasses tes devoirs.

Après un déclencheur de nécessité, de volonté, d'émotion ou de doute suivi de que, le verbe doit se mettre au subjonctif, et non à l'indicatif. Il faut que exige le subjonctif : on dit donc tu fasses (subjonctif de faire), et non tu fais (indicatif). L'anglais n'ayant pas de subjonctif audible ici, les apprenants laissent souvent le verbe au présent de l'indicatif.

Niveau B1Lire la règle: Le subjonctif présent

Incorrect: Si j'aurais le temps, je voyagerais.

Correct: Si j'avais le temps, je voyagerais.

Après si introduisant une hypothèse, le français emploie l'imparfait, jamais le conditionnel. Le conditionnel n'apparaît que dans la principale (le résultat) : Si j'avais le temps (imparfait), je voyagerais (conditionnel). Mettre le conditionnel dans la subordonnée en si (*si j'aurais) est une faute très répandue et tenue pour incorrecte en français standard. Retenez la concordance : si + imparfait → conditionnel présent.

Niveau B1Lire la règle: Conditionnel présent

Incorrect: Demain je faiserai mes devoirs.

Correct: Demain je ferai mes devoirs.

Certains verbes courants ont un radical du futur irrégulier qui remplace l'infinitif ; faire utilise fer-, et non l'infinitif faire-. Les terminaisons (-ai, -as, -a, -ons, -ez, -ont) sont toujours régulières, mais le radical doit être appris : être → ser-, avoir → aur-, aller → ir-, faire → fer-, venir → viendr-, voir → verr-. Le futur simple de faire est donc je ferai, tu feras, il fera, jamais *faiserai.

Niveau A2Lire la règle: Futur simple

Incorrect: Nous finisions nos devoirs.

Correct: Nous finissions nos devoirs.

L'imparfait se construit sur le radical du nous au présent, et non sur l'infinitif. Pour finir, nous finissons donne le radical finiss-, donc toutes les formes de l'imparfait conservent le -iss- : je finissais, nous finissions. L'omettre (finisions) revient à utiliser un mauvais radical. La règle pratique : conjuguez nous au présent, enlevez -ons et ajoutez les terminaisons de l'imparfait.

Niveau A2Lire la règle: Imparfait

Incorrect: Elle est parti hier soir.

Correct: Elle est partie hier soir.

Avec l'auxiliaire être, le participe passé s'accorde en genre et en nombre avec le sujet, comme un adjectif. Puisque le sujet elle est féminin singulier, le participe prend un -e du féminin : partie. Comparez ils sont partis (masculin pluriel) et elles sont parties (féminin pluriel). Cet accord ne se fait jamais avec le sujet quand l'auxiliaire est avoir (j'ai parlé reste invariable).

Niveau A2Lire la règle: Passé composé

Incorrect: Il mange-t une pomme.

Correct: Il mange une pomme.

Au présent, les verbes réguliers en -er prennent la terminaison muette -e à la 3e personne du singulier (il/elle/on), et non -t. Les trois formes du singulier (je mange, tu manges, il mange) se prononcent de façon identique ; seule la 2e personne s'écrit avec un -s. La terminaison -t appartient aux verbes en -ir et en -re (il finit, il prend), jamais aux verbes en -er.

Niveau A1Lire la règle: Présent de l'indicatif

Incorrect: Je veux à partir, et j'ai décidé partir demain.

Correct: Je veux partir, et j'ai décidé de partir demain.

Quand un verbe conjugué est suivi d'un infinitif, le français utilise l'un de trois schémas fixes, et c'est le verbe qui décide lequel. Certains verbes se construisent directement, sans préposition (vouloir, pouvoir, devoir, aller, aimer, espérer) : je veux partir, et non « je veux à partir ». D'autres exigent à (commencer à, apprendre à, réussir à, aider à) et d'autres de (décider de, finir de, essayer de, oublier de, refuser de) : j'ai décidé de partir, et non « j'ai décidé partir ». La préposition fait partie de l'entrée lexicale du verbe : elle s'apprend verbe par verbe. Deux erreurs fréquentes : ajouter une préposition après un verbe à infinitif direct et omettre le de/à requis.

Niveau A2Lire la règle: Verbe + (à / de) + infinitif

Incorrect: Elle s'est lavé les mains, puis elle s'est lavé.

Correct: Elle s'est lavé les mains, puis elle s'est lavée.

Les verbes pronominaux prennent toujours être, mais le participe passé s'accorde avec le complément d'objet direct qui précède, et non automatiquement avec le sujet. Dans elle s'est lavée, le pronom réfléchi se est le COD, donc le participe s'accorde : lavée. Mais dans elle s'est lavé les mains, le COD est les mains et il suit le verbe, tandis que se devient indirect (« à elle-même ») ; comme aucun COD ne précède, le participe reste invariable : lavé. Le même verbe donne donc lavée ou lavé selon qu'un COD suit ou non. Astuce : demandez-vous ce qui est directement touché et si cela se place avant le verbe.

Niveau B1Lire la règle: Les verbes pronominaux

Incorrect: Je suis venu de manger, alors je n'ai pas faim.

Correct: Je viens de manger, alors je n'ai pas faim.

Le passé récent « venir de faire quelque chose » se construit avec venir de + infinitif, et venir se conjugue au présent, non au passé composé : je viens de manger, et non « je suis venu de manger », qui exprimerait le déplacement (« je suis venu pour manger »). On emploie le présent de venir pour un fait qui vient de se produire par rapport à maintenant, et l'imparfait (je venais de manger) pour un fait qui venait de se produire par rapport à un moment passé. Ne mettez jamais venir à un temps composé ici, et n'omettez jamais de.

Niveau A2Lire la règle: Le passé récent (venir de + infinitif)

Grammaire

Incorrect: Il a répondu très intelligentment et évidentment il avait raison.

Correct: Il a répondu très intelligemment et évidemment il avait raison.

Les adjectifs en -ant et -ent ne forment pas leur adverbe en ajoutant -ment à l'adjectif entier. Au contraire, -ant devient -amment et -ent devient -emment (constant → constamment, évident → évidemment, intelligent → intelligemment, récent → récemment). Une erreur très fréquente est d'écrire *intelligentment ou *évidentment, en gardant l'adjectif tel quel. Notez que les deux terminaisons se prononcent de la même façon, [amɑ̃], bien que l'une s'écrive -amment et l'autre -emment. La seule exception courante est lentement (de lent), car lent finit en -ent mais se construit régulièrement sur le féminin lente.

Niveau B1Lire la règle: Les adverbes : formation et place

Incorrect: Je vais à le médecin, puis au coiffeur, et ce soir à mes parents.

Correct: Je vais chez le médecin, puis chez le coiffeur, et ce soir chez mes parents.

Pour dire qu'on se rend au domicile d'une personne ou au lieu de travail d'un professionnel, le français emploie chez + une personne, un nom, une profession ou un pronom tonique, et non à. On dit donc je vais chez le médecin, chez le coiffeur, chez mes parents, chez moi. Employer à avec une personne (*à le médecin) est fautif, et cela entraîne en plus l'erreur de ne pas contracter à + le en au. Réservez à aux lieux et institutions désignés par une chose (à la pharmacie, au restaurant, à l'école) ; employez chez chaque fois que la destination est désignée par la personne qui y habite ou y travaille. Par extension, chez signifie aussi « parmi / dans l'œuvre de » : chez les Français, chez Molière.

Niveau A2Lire la règle: Les prépositions courantes (avec, sans, chez, pour, par)

Incorrect: Elle est venue tout seule et les enfants sont toutes contents.

Correct: Elle est venue toute seule et les enfants sont tout contents.

Tout a trois emplois, et les apprenants choisissent souvent le mauvais accord. Comme adjectif, il s'accorde pleinement (tous les jours, toute la nuit) ; comme pronom, il est invariable dans tout va bien. Le cas délicat est l'adverbe tout au sens de « complètement / très », placé devant un adjectif : il est normalement invariable (ils sont tout contents, elle est tout étonnée). La seule exception est que, par euphonie, l'adverbe tout s'accorde devant un adjectif féminin commençant par une consonne ou un h aspiré : elle est toute seule, elles sont toutes honteuses. La règle inverse donc l'attente naïve — on dit toute seule (féminin + consonne, accord) mais tout contents (masculin, pas d'accord) et tout étonnée (féminin + voyelle, pas d'accord).

Niveau B1Lire la règle: Les adjectifs et pronoms indéfinis (tout, chaque, plusieurs)

Incorrect: Mêmes les enfants ont les même droits.

Correct: Même les enfants ont les mêmes droits.

Même employé comme adverbe signifiant « even, y compris » est invariable : même les enfants (« même les enfants ») ne prend jamais de -s, quoi qu'il suive. Écrire mêmes ici traite à tort l'adverbe comme s'il s'accordait comme un adjectif. La seconde partie commet l'erreur inverse : quand même signifie « identique » et fonctionne comme adjectif devant un nom pluriel, il doit s'accorder : les mêmes droits, et non les même droits. Il faut distinguer les deux emplois — invariable pour « even », accordé pour « identique ».

Niveau B1Lire la règle: même : identique, même (adverbe), -même (intensif)

Incorrect: Je crains qu'il ne vienne pas. (intended: I'm afraid he'll come)

Correct: Je crains qu'il ne vienne.

Après les verbes de crainte comme craindre que, le ne qui suit est souvent un ne explétif : il ne porte pas de sens négatif à lui seul, donc je crains qu'il ne vienne signifie « j'ai peur qu'il vienne ». Ajouter pas en fait une véritable négation, de sens opposé : je crains qu'il ne vienne pas signifie « j'ai peur qu'il ne vienne PAS ». Pour dire qu'on craint sa venue, il faut omettre pas ; écrire qu'il ne vienne pas dans ce sens est l'erreur, car cela nie accidentellement le verbe.

Niveau B2Lire la règle: Le ne explétif (je crains qu'il ne vienne)

Incorrect: Elle est tous contente et ils sont venus tout.

Correct: Elle est toute contente et ils sont tous venus.

Cette phrase confond les trois emplois de tout. Devant un adjectif féminin commençant par une consonne (contente), l'adverbe tout signifiant « complètement » s'accorde par euphonie : toute contente, et non tous contente — tous est la forme du masculin pluriel et ne peut pas précéder un adjectif féminin singulier. La seconde partie inverse l'erreur : tous venus exige le pronom tous (qui s'accorde avec le sujet pluriel ils, et se prononce /tus/), et non l'adverbe invariable tout. Quand tout est un pronom signifiant « tous, sans exception », il s'accorde : ils sont tous venus.

Niveau B1Lire la règle: tout / toute / tous / toutes

Incorrect: C'est une voiture petite.

Correct: C'est une petite voiture.

La plupart des adjectifs français suivent le nom, mais un petit groupe d'adjectifs courts et courants (catégories BAGS : Beauté, Âge, Bonté, taille — petit, grand, joli, jeune, vieux, bon, mauvais, etc.) se placent avant. petite exprime la taille, donc il précède voiture : une petite voiture.

Niveau A1Lire la règle: La place de l'adjectif (BAGS / avant ou après le nom)

Incorrect: Elle est plus bonne en maths que moi.

Correct: Elle est meilleure en maths que moi.

bon a un comparatif irrégulier : meilleur(e), et non plus bon. On emploie plus + adjectif uniquement pour les adjectifs au comparatif régulier ; bon fait exception, comme good/better en anglais.

Niveau A2Lire la règle: Le comparatif (plus / moins / aussi … que)

Incorrect: J'aime chocolat.

Correct: J'aime le chocolat.

Contrairement à l'anglais, le français conserve l'article défini pour parler d'un nom au sens général ou abstrait, notamment avec les verbes de préférence comme aimer, adorer, détester. On ne peut pas l'omettre : J'aime le chocolat, et non J'aime chocolat.

Niveau A1Lire la règle: Les articles définis (le / la / les)

Incorrect: Ce homme est gentil.

Correct: Cet homme est gentil.

Devant un nom masculin singulier commençant par une voyelle ou un h muet, le démonstratif ce devient cet (pour la liaison) : cet homme, cet ami, et non ce homme.

Niveau A1Lire la règle: Les adjectifs démonstratifs (ce / cet / cette / ces)

Incorrect: Il est un médecin.

Correct: C'est un médecin.

Quand une profession, une nationalité ou un nom est introduit par un déterminant (un, une, le, la...), le français exige c'est, et non il/elle est. Il est ne fonctionne que si le nom est employé seul, sans article : il est médecin, mais c'est un médecin.

Niveau A1Lire la règle: c'est ou il est

Incorrect: Je le téléphone ce soir.

Correct: Je lui téléphone ce soir.

téléphoner se construit avec à (téléphoner à quelqu'un), donc la personne concernée doit être reprise par le pronom complément d'objet indirect lui (ou leur), jamais par le pronom complément d'objet direct le/la.

Niveau A2Lire la règle: Les pronoms compléments d'objet indirect (lui / leur)

Incorrect: Elle porte des chaussures marrons.

Correct: Elle porte des chaussures marron.

Les adjectifs de couleur issus de noms (marron, orange, ainsi que les couleurs composées comme bleu marine) sont invariables : ils ne s'accordent jamais en genre ni en nombre. On écrit des chaussures marron, et non marrons.

Niveau B2Lire la règle: Adjectifs invariables (couleurs composées, demi, nu)

Incorrect: Elle est parti hier.

Correct: Elle est partie hier.

Avec l'auxiliaire être, le participe passé s'accorde en genre et en nombre avec le sujet. Elle exige la forme féminine partie, et non le masculin non marqué parti.

Niveau A2Lire la règle: L'accord du participe passé avec être (sujet)

Incorrect: La chanson que j'ai entendue chanter était belle.

Correct: La chanson que j'ai entendu chanter était belle.

Avec un participe passé suivi d'un infinitif (entendre, voir, laisser faire...), le participe ne s'accorde avec un complément d'objet direct antéposé que si ce complément fait l'action exprimée par l'infinitif. Ici, la chanson ne chante pas, elle est chantée : entendu reste donc invariable, et non entendue.

Niveau C1Lire la règle: Participe passé + infinitif (fait, laissé, vu, entendu)

Incorrect: Je vais au France.

Correct: Je vais en France.

Pour dire « à/en » un pays, le français utilise en devant les noms de pays féminins (et les masculins commençant par une voyelle), et au devant les masculins commençant par une consonne. France est féminin, donc il prend en, et non au : je vais en France.

Niveau A1Lire la règle: Les prépositions de lieu (à / en / au / aux + pays)

Incorrect: Elle s'est lavée les mains.

Correct: Elle s'est lavé les mains.

Dans se laver les mains, se est complément d'objet indirect (on lave les mains à soi-même) et les mains, complément d'objet direct, suit le verbe : il ne peut donc pas déclencher l'accord. Le participe reste invariable : lavé, et non lavée.

Niveau B1Lire la règle: L'accord du participe passé des verbes pronominaux

Incorrect: Comment va il au travail ?

Correct: Comment va-t-il au travail ?

Dans l'inversion, le verbe et le pronom sujet sont reliés par un trait d'union, et quand une forme verbale à la 3e personne se termine par une voyelle et que le pronom (il/elle/on) commence par une voyelle, on insère un -t- euphonique : va-t-il, et non va il.

Niveau A2Lire la règle: La formation des questions : intonation / est-ce que / inversion

Incorrect: Je ne sais pas qu'est-ce qu'il veut.

Correct: Je ne sais pas ce qu'il veut.

qu'est-ce que ne s'emploie que dans les questions directes. Dans une question indirecte, après un verbe comme savoir, le français utilise ce que (ou ce qui pour le sujet), jamais qu'est-ce que : je ne sais pas ce qu'il veut.

Niveau B1Lire la règle: Les relatifs indéfinis (ce qui, ce que, ce dont)

Incorrect: C'est je qui ai raison.

Correct: C'est moi qui ai raison.

Après c'est, le français exige un pronom tonique — moi, toi, lui, elle, nous, vous, eux, elles — et non un pronom sujet comme je. On dit c'est moi qui ai raison, et non c'est je qui ai raison.

Niveau A1Lire la règle: Les pronoms toniques (moi / toi / lui)

Incorrect: Vous es très gentil.

Correct: Vous êtes très gentil.

Chaque pronom sujet exige la terminaison verbale qui lui correspond. vous prend toujours la forme du verbe en -ez / êtes, jamais la forme de tu : vous êtes, et non vous es.

Niveau A1Lire la règle: Les pronoms sujets

Incorrect: C'est le livre le plus bon de la série.

Correct: C'est le meilleur livre de la série.

bon a un superlatif irrégulier, construit sur son comparatif irrégulier : le/la/les meilleur(e)(s), et non le plus bon. On dit c'est le meilleur livre de la série, et non le plus bon.

Niveau A2Lire la règle: Le superlatif (le/la/les plus / moins …)

Incorrect: une voiture vert

Correct: une voiture verte

Les adjectifs anglais ne varient jamais ; les apprenants laissent donc l'adjectif français à sa forme masculine nue. Or un adjectif français doit s'accorder avec son nom : avec le nom féminin voiture, vert prend un -e et devient « une voiture verte ». On ajoute -e au féminin et -s au pluriel (« des voitures vertes »). L'habitude à prendre est de vérifier à chaque fois le genre et le nombre du nom, et pas seulement de traduire l'adjectif.

Niveau A1Lire la règle: L'accord de l'adjectif

Incorrect: Je vais à le marché.

Correct: Je vais au marché.

Quand à ou de est immédiatement suivi de le ou les, les deux mots doivent fusionner : à + le = au, à + les = aux, de + le = du, de + les = des. Écrire « à le marché » ou « de le voisin » est toujours fautif — on dit « au marché », « du voisin ». La fusion est obligatoire, jamais facultative. Attention à l'inverse : il n'y a pas de contraction avec la ni l', donc « à la plage » et « de l'eau » restent en deux mots.

Niveau A1Lire la règle: Les articles contractés (au / aux / du / des)

Incorrect: Je n'ai pas un chien.

Correct: Je n'ai pas de chien.

Après un verbe à la forme négative, les articles indéfinis un, une et des se réduisent tous à un simple de (ou d' devant une voyelle) : « j'ai un chien » devient « je n'ai pas de chien », et « des amis » devient « pas d'amis ». L'anglais garde « a » ou « any » à cet endroit, d'où l'erreur de laisser un. La seule exception est le verbe être : après lui l'article ne change pas (« ce n'est pas un chien »), car la négation nie une identité, et non une quantité.

Niveau A1Lire la règle: Les articles indéfinis (un / une / des)

Incorrect: des chevals

Correct: des chevaux

La plupart des noms français en -al ne prennent pas le -s régulier au pluriel ; ils changent -al en -aux. Ainsi « un cheval » devient « des chevaux », « un journal » devient « des journaux ». Ajouter -s (« des chevals ») applique la règle par défaut là où elle ne s'applique pas. Attention toutefois à un petit groupe qui garde le -s régulier : « un bal » → « des bals », « un festival » → « des festivals ».

Niveau A1Lire la règle: La formation du pluriel

Incorrect: Marie aime sa mari.

Correct: Marie aime son mari.

En anglais « his/her » s'accorde avec le possesseur, d'où le réflexe de choisir sa pour une femme comme Marie. Mais les possessifs français s'accordent avec l'objet possédé, non avec le possesseur : mari est masculin, il prend donc son quel que soit le possesseur — « Marie aime son mari », « Paul aime son mari ». De même, son / sa / ses signifient à la fois « his » et « her ». Il faut toujours regarder le nom qui suit, et non la personne qui possède.

Niveau A1Lire la règle: Les adjectifs possessifs (mon / ma / mes)

Incorrect: Je vois le.

Correct: Je le vois.

Contrairement à l'anglais, le français ne laisse pas le pronom complément après le verbe. Le pronom complément d'objet direct (me, te, le, la, nous, vous, les) se place immédiatement devant le verbe conjugué : « je le vois », et non « je vois le ». L'ordre des mots de l'anglais (« I see it ») pousse les apprenants à mettre le pronom après le verbe, mais en français seul un complément nominal peut y figurer ; un pronom passe devant. Avec un infinitif, le pronom se place juste devant cet infinitif : « je veux le voir ».

Niveau A2Lire la règle: Les pronoms compléments d'objet direct (me / te / le / la / nous / vous / les)

Incorrect: le table

Correct: la table

L'anglais n'a pas de genre grammatical ; les apprenants ont donc tendance à traiter chaque nom comme masculin et à employer le par défaut. Or table est féminin : « la table ». Le genre est une propriété fixe de chaque nom, et non une supposition, et il commande l'article ainsi que tout adjectif. La bonne habitude est de mémoriser chaque nom nouveau avec son article : apprenez « une table », jamais « table » seul.

Niveau A1Lire la règle: Le genre des noms (masculin / féminin)

Incorrect: J'ai ne pas mangé.

Correct: Je n'ai pas mangé.

Aux temps composés comme le passé composé, ne … pas doit encadrer l'auxiliaire conjugué (avoir ou être), et non le participe passé. On dit donc « je n'ai pas mangé », avec ne devant ai et pas après ; le participe mangé reste à la fin. Placer ne après le sujet ou encadrer le participe avec pas (« j'ai mangé pas ») est fautif. À retenir : ne et pas enserrent le verbe conjugué, qui, à un temps composé, est l'auxiliaire.

Niveau A1Lire la règle: La négation : ne … pas

Incorrect: Je ne mange pas du pain.

Correct: Je ne mange pas de pain.

Après une négation, les articles partitifs du / de la / de l' / des se réduisent à un simple de (ou d' devant une voyelle). La négation supprime l'idée de « une certaine quantité » : on dit donc « je ne mange pas de pain », et non « pas du pain ». La règle ne s'applique pas après être : « ce n'est pas du pain » garde du, car on ne nie pas une quantité mais une identité.

Niveau A2Lire la règle: Les articles partitifs (du / de la / des)

Incorrect: Tu penses à ta sœur ? Oui, j'y pense.

Correct: Tu penses à ta sœur ? Oui, je pense à elle.

Le pronom y remplace à + une chose ou un lieu, jamais à + une personne. Avec penser à se rapportant à une personne, on conserve la préposition et on emploie un pronom tonique : « je pense à elle » (ou à lui / à eux). Dire « j'y pense » à propos d'une personne est fautif : y est réservé aux choses et aux lieux (j'y pense = je pense à cela, p. ex. le projet). Comparez « Tu vas à Paris ? J'y vais » (lieu, y est correct).

Niveau B1Lire la règle: Le pronom y

Incorrect: Qu'est-ce qui tu veux ?

Correct: Qu'est-ce que tu veux ?

Les formes interrogatives longues construites avec qu'est-ce encodent la fonction grammaticale, non le sens. Qu'est-ce qui interroge sur le sujet du verbe (rien ne s'intercale avant le verbe) : « Qu'est-ce qui se passe ? ». Qu'est-ce que interroge sur le complément d'objet direct et est suivi d'un sujet + verbe : « Qu'est-ce que tu veux ? ». Comme tu est ici le sujet, il faut qu'est-ce que. Test simple : si un pronom sujet suit, on emploie qu'est-ce que ; si le verbe suit directement, on emploie qu'est-ce qui.

Niveau A2Lire la règle: Les interrogatifs (quel, qu'est-ce qui/que, lequel)

Incorrect: Je préfère celui-ci, mais celui est plus cher.

Correct: Je préfère celui-ci, mais celui-là est plus cher.

Le pronom démonstratif variable celui (et celle / ceux / celles) ne peut jamais rester totalement seul : il doit être suivi de -ci ou -là, de de + nom, ou d'une proposition relative (qui / que / dont…). Un « celui » isolé est agrammatical. On dit donc celui-ci / celui-là, celui de Paul, ou celui qui parle. Il ne faut pas le confondre avec le pronom neutre invariable ce / c' (c'est) ou ça, qui remplacent toute une idée, non un nom précis.

Niveau B1Lire la règle: Les pronoms démonstratifs (celui, celle, ce, ça)

Incorrect: Ta voiture est rouge ; le mien est bleu.

Correct: Ta voiture est rouge ; la mienne est bleue.

Un pronom possessif (le mien, le tien, le sien…) s'accorde en genre et en nombre avec l'objet possédé, non avec le possesseur — l'anglais « mine/yours » ne le montre pas, d'où le réflexe d'employer le masculin le mien. Ici, le nom remplacé est voiture (féminin singulier), il faut donc la mienne, et l'adjectif bleue doit aussi s'accorder. Les formes sont le mien / la mienne / les miens / les miennes, et de même pour tien, sien, plus le/la nôtre, le/la vôtre, le/la leur.

Niveau B1Lire la règle: Les pronoms possessifs (le mien, le tien)

Incorrect: Tu veux du café ? Oui, je veux.

Correct: Tu veux du café ? Oui, j'en veux.

Le français ne peut pas laisser le complément sous-entendu comme l'anglais (« Yes, I want some »). Quand le nom est introduit par du / de la / des, par un nombre ou par une expression de quantité, il faut le reprendre par en devant le verbe : j'en veux, j'en ai trois, j'en veux beaucoup.

Niveau A2Lire la règle: Le pronom en

Incorrect: C'est un projet à lequel je pense souvent.

Correct: C'est un projet auquel je pense souvent.

La préposition à se contracte avec lequel et ses formes plurielles : à + lequel = auquel, à + lesquels = auxquels, à + lesquelles = auxquelles (mais à + laquelle reste tel quel). Les formes à lequel / de lequel n'existent jamais. Il en va de même avec de : de + lequel = duquel, de + lesquels = desquels.

Niveau B1Lire la règle: Le pronom relatif lequel

Incorrect: Je lui le donne.

Correct: Je le lui donne.

Devant le verbe, le pronom complément d'objet direct le / la / les précède l'indirect lui / leur, alors que dans les combinaisons avec me/te/nous/vous c'est l'indirect qui passe en premier. L'ordre fixe est me/te/se/nous/vous → le/la/les → lui/leur → y → en : on dit donc le lui, et non lui le.

Niveau B1Lire la règle: L'ordre des pronoms compléments

Incorrect: Le livre qui je lis est passionnant.

Correct: Le livre que je lis est passionnant.

Le choix entre qui et que n'a rien à voir avec l'opposition personnes / choses (contrairement à l'anglais who/which). Il dépend de la fonction grammaticale dans la proposition relative : qui est sujet (suivi d'un verbe), que est complément d'objet direct (suivi d'un sujet + verbe). Ici, je est le sujet, donc il faut le pronom objet que ; que s'élide en qu' devant une voyelle, mais qui ne s'élide jamais.

Niveau A2Lire la règle: Les pronoms relatifs (qui / que / dont / où)

Incorrect: Je ne mange pas rien.

Correct: Je ne mange rien.

Des mots comme rien, jamais, personne, plus et aucun remplacent déjà pas — ils sont eux-mêmes l'élément négatif, donc on n'ajoute surtout pas pas en plus. On dit « je ne mange rien », jamais « je ne mange pas rien », qui empilerait littéralement deux négations. Gardez ne devant le verbe et placez exactement un seul mot négatif après. Le seul mot qui se combine avec eux est plus au sens de « ne… plus rien », comme dans « je ne mange plus rien », où plus et rien expriment deux idées différentes, et non un pas redoublé.

Niveau A2Lire la règle: La négation au-delà de pas : jamais / rien / personne / plus / aucun / que

Incorrect: Les fleurs que j'ai acheté sont belles.

Correct: Les fleurs que j'ai achetées sont belles.

Avec l'auxiliaire avoir, le participe passé s'accorde avec le complément d'objet direct seulement quand celui-ci est placé avant le verbe. Ici le pronom relatif que représente les fleurs (féminin pluriel) et précède j'ai acheté : le participe doit donc s'accorder, achetées. Les apprenants le laissent souvent invariable (« que j'ai acheté ») parce que l'accord est généralement muet, mais il est obligatoire à l'écrit. L'erreur inverse est de le généraliser : pas d'accord quand l'objet suit (« j'ai acheté des fleurs »), ni avec un complément indirect, ni avec en.

Niveau B1Lire la règle: L'accord du participe passé avec avoir (complément d'objet direct antéposé)

Incorrect: J'ai commencé de travailler et je vais finir à manger.

Correct: J'ai commencé à travailler et je vais finir de manger.

Beaucoup de verbes français exigent une préposition fixe devant l'infinitif qui suit, et à et de ne sont pas interchangeables. Certains verbes prennent à (commencer à, apprendre à, réussir à, aider à), d'autres de (finir de, décider de, essayer de, oublier de), et quelques-uns ni l'un ni l'autre (vouloir, pouvoir, devoir + infinitif seul). Le choix est lexical, pas logique : il s'apprend avec chaque verbe. Une erreur fréquente est de les intervertir, comme « commencer de » ou « finir à » ; les formes correctes sont commencer à faire et finir de faire. Dans le doute, considérez la préposition comme faisant partie de l'entrée de dictionnaire du verbe.

Niveau B1Lire la règle: Les prépositions à et de

Incorrect: Il faut que tu fais tes devoirs.

Correct: Il faut que tu fasses tes devoirs.

Après un déclencheur de nécessité, de volonté, d'émotion ou de doute suivi de que, le verbe de la subordonnée doit être au subjonctif, et non à l'indicatif. Il faut que exprime la nécessité et exige donc le subjonctif : « il faut que tu fasses », et non « tu fais ». Les apprenants emploient par réflexe le présent de l'indicatif, plus familier, parce que le subjonctif paraît inhabituel, mais le déclencheur impose le mode. Il en va de même après vouloir que, exiger que, être content que, avoir peur que, douter que et des conjonctions comme bien que, pour que, avant que et jusqu'à ce que.

Niveau B1Lire la règle: Les déclencheurs du subjonctif

Usage

Incorrect: J'ai quatre-vingts-deux ans et il y a septante personnes.

Correct: J'ai quatre-vingt-deux ans et il y a soixante-dix personnes.

Deux erreurs classiques avec les nombres. D'abord, le -s de quatre-vingts (80) tombe dès qu'un autre nombre suit : quatre-vingts seul, mais quatre-vingt-deux, quatre-vingt-dix. Ensuite, en français standard (France) septante n'existe pas : 70 se dit soixante-dix et 90 quatre-vingt-dix. Septante et nonante ne s'emploient qu'en Belgique et en Suisse (avec huitante pour 80 dans une partie de la Suisse). La règle : en France, lisez 70-99 comme des additions (60+10, 4x20, 4x20+10), et gardez le -s de vingt seulement quand 80 est seul.

Niveau A1Lire la règle: Les nombres (dont 70/80/90)

Incorrect: Je travaille pour que je réussis.

Correct: Je travaille pour réussir.

Les connecteurs de but se répartissent en deux constructions. Quand le sujet du but est le même que celui du verbe principal, le français emploie pour / afin de + infinitif, sans que : « Je travaille pour réussir. » Les conjonctions pour que et afin que ne s'emploient que lorsque le sujet change, et elles exigent le subjonctif : « Je travaille pour que mes enfants réussissent. » L'erreur est ici double : employer pour que avec un seul et même sujet, puis mettre le verbe à l'indicatif (« je réussis ») au lieu du subjonctif. La même exigence du subjonctif vaut pour les conjonctions de concession bien que et quoique (« bien que ce soit difficile »), tandis que malgré se construit avec un nom, et non avec une proposition (« malgré la difficulté »).

Niveau B1Lire la règle: Les connecteurs logiques (cause, conséquence, but, opposition)

Incorrect: Il a dit qu'il est fatigué.

Correct: Il a dit qu'il était fatigué.

Lorsque le verbe introducteur est à un temps du passé (« il a dit », « elle a expliqué »), le temps de la proposition rapportée doit reculer. Un présent devient imparfait : « Je suis fatigué » rapporté donne « Il a dit qu'il était fatigué », et non « qu'il est fatigué ». La concordance complète est : présent → imparfait, passé composé → plus-que-parfait, futur simple → conditionnel présent, futur antérieur → conditionnel passé. Les apprenants laissent souvent le présent d'origine intact, comme le fait parfois l'anglais familier, mais le français standard exige le recul après un verbe introducteur au passé. Notez qu'il n'y a aucun recul si le verbe introducteur reste au présent (« Il dit qu'il est fatigué »).

Niveau B1Lire la règle: Le discours indirect

Incorrect: Si j'aurais le temps, je viendrais.

Correct: Si j'avais le temps, je viendrais.

Le verbe qui suit si dans une phrase hypothétique n'est jamais au conditionnel ni au futur : si est incompatible avec le conditionnel. Pour une hypothèse irréelle au présent, le français emploie si + imparfait dans la subordonnée et le conditionnel présent dans la principale (le résultat) : « Si j'avais le temps, je viendrais. » Les apprenants transposent la tournure anglaise « If I would have time » et écrivent *si j'aurais, mais le conditionnel n'a sa place que dans la principale. De même, pour une condition réelle, on emploie si + présent suivi du présent, du futur ou de l'impératif (« Si tu veux, on y va »), et pour une hypothèse irréelle dans le passé, si + plus-que-parfait suivi du conditionnel passé (« Si j'avais su, je serais venu »).

Niveau B1Lire la règle: Les phrases avec si (l'hypothèse)

Incorrect: Je te manque. (intending: I miss you.)

Correct: Tu me manques. (I miss you.)

Avec manquer au sens de « manquer à quelqu'un », le français inverse les rôles par rapport à l'anglais. La personne qui manque est le SUJET grammatical, et celle qui ressent le manque est un complément d'objet indirect (à + nom, ou les pronoms me, te, lui, nous, vous, leur). Ainsi « Tu me manques » signifie mot à mot « tu manques à moi » = « I miss you ». La phrase « Je te manque » est du français parfaitement correct, mais elle veut dire l'inverse : « you miss me ». Une astuce sûre consiste à partir de l'anglais à l'envers : on prend l'objet de « miss » (you), on en fait le sujet français (tu), et le sujet anglais (I) devient le pronom indirect (me) : I miss you → tu me manques.

Niveau B1Lire la règle: Les verbes à sujet inversé (manquer, plaire)

Incorrect: Je n'ai pas que dix euros. (intending: I only have ten euros.)

Correct: Je n'ai que dix euros. (I only have ten euros.)

La structure ne … que signifie « seulement » ; c'est une restriction, non une négation, elle ne prend donc pas de pas. Pour dire « je n'ai que dix euros », on emploie « Je n'ai que dix euros » — ajouter pas change le sens. « Je n'ai pas que dix euros » est grammatical, mais veut dire « je n'ai pas SEULEMENT dix euros » (j'en ai davantage). Notez aussi que que se place juste devant le mot qu'il restreint, et non contre le verbe : « Il ne mange que des légumes » (il mange seulement des légumes) contre « Il ne mange des légumes que le soir » (il mange des légumes seulement le soir). Si l'on peut remplacer l'idée par seulement, c'est bien ne … que — sans pas — qu'il faut.

Niveau B1Lire la règle: Le ne … que restrictif (seulement)

Incorrect: Il y a beaucoup des livres sur la table.

Correct: Il y a beaucoup de livres sur la table.

Les adverbes de quantité comme beaucoup, un peu, assez, trop, plus, moins, autant et tant se relient à leur nom par le mot simple et invariable de — jamais par de + article. On dit donc « beaucoup de livres », et non « beaucoup des livres ». Le de absorbe l'article que le nom porterait autrement : le partitif du / de la / des et l'indéfini un / une / des disparaissent tous après ces expressions. Devant une voyelle ou un h muet, de s'élide en d' (« beaucoup d'eau »). Attention à quelques locutions figées qui, elles, gardent l'article — bien des, la plupart des et encore du / de la —, mais la règle par défaut est de seul.

Niveau A1Lire la règle: Les expressions de quantité (beaucoup de, un peu de…)

Incorrect: Quel belle maison !

Correct: Quelle belle maison !

Quel est un adjectif exclamatif qui doit s'accorder en genre et en nombre avec le nom qu'il introduit, et non rester figé au masculin. maison est féminin, donc la forme requise est quelle, ce qui donne Quelle belle maison ! Comparez quel beau jardin (masculin) et quelles belles maisons (féminin pluriel).

Niveau A2Lire la règle: Les exclamations : quel…!, comme…!, que…!

Incorrect: Mon anniversaire est le un janvier.

Correct: Mon anniversaire est le premier janvier.

Les dates françaises emploient un nombre cardinal après le (le 2 janvier, le 3 janvier), mais le 1er du mois est la seule exception : il prend l'ordinal le premier, jamais le un. Dites le premier janvier, le premier mai, etc., pour chaque mois.

Niveau A1Lire la règle: Les dates et l'heure

Incorrect: C'est Marie que a payé.

Correct: C'est Marie qui a payé.

Dans une phrase clivée, le choix entre qui et que dépend de la fonction du mot mis en relief dans la proposition qui suit, pas du fait qu'il s'agisse d'une personne. Ici Marie est le SUJET de a payé, donc le cadre doit être c'est … qui : C'est Marie qui a payé. Que ne sert qu'à mettre en relief un objet ou un complément (C'est ce livre que je veux).

Niveau A2Lire la règle: La mise en relief : c'est … qui / que

Incorrect: Attention, tu tomberas !

Correct: Attention, tu vas tomber !

Pour quelque chose qui va visiblement arriver à l'instant, le français emploie le futur proche (aller + infinitif), pas le futur simple. Le futur simple présente une action comme lointaine ou abstraite, ce qui sonne étrange pour une chute imminente : Attention, tu vas tomber !, et non tu tomberas.

Niveau A2Lire la règle: Futur simple ou futur proche (aller + infinitif)

Incorrect: J'habite ici il y a deux ans.

Correct: J'habite ici depuis deux ans.

Il y a + durée signifie « ago » et renvoie à un événement passé achevé, ce qui contredit le présent habite, qui montre que la situation dure encore. Pour une durée qui se poursuit jusqu'à maintenant, le français emploie depuis (ou ça fait … que / il y a … que) avec le PRÉSENT : J'habite ici depuis deux ans.

Niveau A2Lire la règle: Le temps : il y a, ça fait, depuis

Incorrect: Salut monsieur, tu peux m'aider ?

Correct: Bonjour monsieur, vous pouvez m'aider ?

Vous est le singulier de politesse employé avec les inconnus, les personnes âgées ou toute personne traitée avec distance ou respect — monsieur signale précisément cette relation. Tu et la salutation familière salut vont avec les personnes proches. Tant que le vouvoiement n'est pas abandonné pour vous (on peut se tutoyer ?), saluez un inconnu par bonjour et adressez-vous à lui avec vous.

Niveau A1Lire la règle: tu ou vous (politesse)

Incorrect: J'sais pas si j'peux venir.

Correct: Je ne sais pas si je peux venir.

J'sais pas laisse tomber le ne de la négation et contracte je, ce qui est normal à l'oral familier entre amis mais déplacé dans une lettre formelle. Le registre écrit et formel exige la négation complète ne … pas et le pronom sujet non contracté : Je ne sais pas si je peux venir.

Niveau B1Lire la règle: Le registre : soutenu, courant, familier

Incorrect: Je savais qu'il viendra.

Correct: Je savais qu'il viendrait.

Quand le verbe principal est au passé (je savais), un événement de la subordonnée en que qui est futur par rapport à ce moment passé doit reculer d'un cran : le futur simple devient un conditionnel présent, exprimant le « futur dans le passé ». Viendra doit donc devenir viendrait : Je savais qu'il viendrait.

Niveau B1Lire la règle: La concordance des temps

Incorrect: J'ai habité ici depuis trois ans.

Correct: J'habite ici depuis trois ans.

Lorsqu'une situation a commencé dans le passé et dure encore, le français emploie le PRÉSENT avec depuis, et non un temps du passé comme en anglais. On dit « j'habite ici depuis trois ans ». Le passé composé « j'ai habité » signifierait que vous n'y habitez plus. N'employez pas non plus pendant ou pour : depuis est le mot pour une action qui se poursuit jusqu'à maintenant.

Niveau A2Lire la règle: depuis / pendant / pour

Incorrect: Quand je suis entré, elle a lu un livre.

Correct: Quand je suis entré, elle lisait un livre.

Dans le schéma de l'interruption, l'action d'arrière-plan en cours se met à l'imparfait et l'événement qui survient se met au passé composé. « Elle lisait » décrit la scène en cours ; « elle a lu » indiquerait qu'elle a lu tout un livre au moment où vous êtes entré, transformant le décor en événement achevé.

Niveau B1Lire la règle: Passé composé ou imparfait

Contrastes

Incorrect: Je suis mangé une pomme.

Correct: J'ai mangé une pomme.

manger forme son passé composé avec avoir, et non être. Réservez l'auxiliaire être au petit groupe de verbes de mouvement ou de changement d'état (aller, venir, partir, devenir, …) et à tous les verbes pronominaux.

Niveau A1Lire la règle: être ou avoir

Incorrect: Il la vu la, sur la table.

Correct: Il l'a vu là, sur la table.

On mélange trois homophones prononcés /la/. « la » (sans accent) est l'article ou le pronom complément d'objet direct (la table ; je la vois). « là » (accent grave) est l'adverbe « ici/là » ou un renforcement démonstratif (celui-là). « l'a » est le pronom élidé l'/la suivi de a (le verbe avoir), devant un participe passé : il l'a vu. La règle : suivi d'un participe passé -> l'a ; désigne un lieu ou « celui-là » -> là ; sinon l'article/pronom neutre -> la.

Niveau A2Lire la règle: la, là ou l'a

Incorrect: Je leurs parle tous les jours.

Correct: Je leur parle tous les jours.

Devant un verbe, leur est le pronom complément d'objet indirect qui signifie « à eux / à elles », et il est invariable : il ne prend jamais de -s, quel que soit le nombre de personnes. Ajouter un -s (« je leurs parle ») le confond avec l'adjectif possessif leurs (« leurs amis »), qui ne paraît que devant un nom et s'accorde avec ce nom. La règle : leur collé à un verbe = pronom, toujours leur ; leur collé à un nom pluriel = possessif, leurs.

Niveau A2Lire la règle: leur ou leurs

Incorrect: Ce livre est plus bon, et elle écrit meilleur que moi.

Correct: Ce livre est meilleur, et elle écrit mieux que moi.

L'anglais « better » cache deux mots français, et *plus bon n'existe pas. bon est un adjectif, donc son comparatif est l'irrégulier meilleur, qui s'accorde (meilleur/meilleure/meilleurs/meilleures) et qualifie un nom : ce livre est meilleur. bien est un adverbe, donc son comparatif est l'invariable mieux, qui modifie un verbe : elle écrit mieux. La règle : qualifier un nom (un meilleur X) -> meilleur ; dire qu'une action est mieux faite -> mieux ; jamais plus bon ni plus bien.

Niveau A2Lire la règle: meilleur ou mieux

Incorrect: J'ai vécu à Lyon pendant cinq années.

Correct: J'ai vécu à Lyon pendant cinq ans.

Après un simple nombre, le français emploie l'unité masculine an, et non année : « cinq ans », « deux ans ». La forme en -ée (année) sert pour une durée que l'on qualifie d'un adjectif ou que l'on décrit (« une année difficile », « toute l'année »). La règle : décompte nu après un nombre -> an ; durée qualifiée ou décrite -> année. (Année suit un nombre lorsqu'elle est elle-même qualifiée, ex. « les cinq belles années passées là-bas ».)

Niveau B1Lire la règle: an ou année (jour/journée, matin/matinée)

Incorrect: Elle parle bon français.

Correct: Elle parle bien français.

Pour dire comment une action est faite, le français emploie l'adverbe bien (invariable), et non l'adjectif bon. « Elle parle bien français » = elle parle bien le français. Bon est un adjectif qui qualifie un nom et s'accorde avec lui (un bon film, une bonne idée). La règle : modifier un verbe (comment ?) -> bien ; décrire un nom (quel genre ?) -> bon.

Niveau A2Lire la règle: bon ou bien

Incorrect: Je connais nager.

Correct: Je sais nager.

Pour dire que l'on sait faire quelque chose, le français emploie savoir + infinitif : « je sais nager ». Connaître ne se construit jamais avec un infinitif ni une proposition ; il est suivi directement d'un nom (une personne, un lieu, une chose) : « je connais Paris ». La règle : une compétence ou un fait -> savoir ; la familiarité avec un nom -> connaître.

Niveau A2Lire la règle: savoir ou connaître

Incorrect: J'amène mon livre à l'école.

Correct: J'apporte mon livre à l'école.

amener s'emploie pour les personnes et les animaux capables de marcher tout seuls ; un livre est un objet inanimé qu'il faut porter, donc c'est apporter qu'il faut employer, et non amener.

Niveau A2Lire la règle: amener ou apporter

Incorrect: Je suis sur qu'il viendra.

Correct: Je suis sûr qu'il viendra.

sûr (« certain ») est un adjectif qui a besoin de son circonflexe pour se distinguer de la préposition invariable sur (« sur ») ; sans l'accent, « je suis sur » signifierait absurdement « je suis posé sur [quelque chose] ».

Niveau B1Lire la règle: sûr/sur, dû/du, mûr/mur (l'accent circonflexe distinctif)

Incorrect: Il vient d'en deux minutes.

Correct: Il vient dans deux minutes.

dans est la préposition employée devant une expression de temps (« dans deux minutes ») ; d'en (de + le pronom en) ne peut être suivi que d'un verbe ou d'un adverbe, jamais directement d'un groupe nominal comme deux minutes.

Niveau B1Lire la règle: dans ou d'en

Incorrect: J'écoute du bruit dans la rue.

Correct: J'entends du bruit dans la rue.

le bruit de la rue est un son qui parvient simplement aux oreilles, sans qu'on décide de s'y intéresser ; il faut donc entendre, et non écouter, qui implique une attention volontaire.

Niveau A1Lire la règle: entendre ou écouter

Incorrect: J'ai travaillé tout le jour.

Correct: J'ai travaillé toute la journée.

pour décrire toute la durée d'une journée remplie d'activité, surtout avec tout(e), le français emploie la forme féminine en -ée journée, et non la forme courte de comptage jour ; notez aussi l'accord toute la (féminin), et non tout le.

Niveau A2Lire la règle: jour ou journée (et matin/matinée, soir/soirée, an/année)

Incorrect: Il est petit mes très fort.

Correct: Il est petit mais très fort.

la conjonction d'opposition signifiant « but » s'écrit mais ; mes est le possessif pluriel « mes », qui n'a pas de sens ici puisqu'aucun nom pluriel ne le suit.

Niveau A1Lire la règle: mais ou mes ou met(s)

Incorrect: Il a quitté à huit heures.

Correct: Il est parti à huit heures.

quitter est strictement transitif et doit être suivi d'un complément d'objet direct nommant ce qu'on quitte ; il ne peut donc pas rester seul avec une simple expression de temps. Pour dire que quelqu'un est simplement parti sans complément, on emploie partir (aux être) : il est parti à huit heures. (Pour garder quitter, il faut ajouter un complément : il a quitté le bureau à huit heures.)

Niveau A2Lire la règle: partir, sortir ou quitter

Incorrect: Il est arrivé plutôt que prévu.

Correct: Il est arrivé plus tôt que prévu.

la phrase compare deux moments (l'heure d'arrivée et l'heure prévue), ce qui exige le comparatif en deux mots plus tôt ; plutôt (un seul mot) signifie « de préférence/au lieu de cela » et n'a rien à voir avec le temps, il ne peut donc pas se combiner ici avec que prévu.

Niveau A2Lire la règle: plus tôt ou plutôt

Incorrect: Je suis près à partir.

Correct: Je suis prêt à partir.

« être prêt à faire quelque chose » exige l'adjectif prêt (qui s'accorde et se construit avec à + infinitif) ; près est l'adverbe/préposition invariable de proximité, qui se construit avec de et non à, donc « près à partir » est agrammatical.

Niveau A2Lire la règle: près ou prêt

Incorrect: Qu'elle heure est-il ?

Correct: Quelle heure est-il ?

le mot précède directement le nom heure (féminin) et s'accorde avec lui : il s'agit donc du déterminant interrogatif quelle, et non de qu'elle (que + elle) ; le remplacer par qu'il ici (« Qu'il heure est-il ? ») donne un non-sens, ce qui confirme qu'il faut le déterminant.

Niveau A2Lire la règle: quel(le)(s) ou qu'elle(s)

Incorrect: Ils son en retard.

Correct: Ils sont en retard.

le sujet pluriel ils exige le verbe être conjugué en sont (« ils sont ») ; son est l'adjectif possessif du singulier (« son/sa/ses ») et ne peut pas faire office de verbe, il ne peut donc pas suivre un pronom sujet comme ils.

Niveau A1Lire la règle: son ou sont

Incorrect: Ce soir, on va voir la télé.

Correct: Ce soir, on va regarder la télé.

regarder la télévision est une activité volontaire et prolongée qui consiste à diriger son attention, ce qui exige regarder ; voir décrit une perception passive (l'image parvient simplement aux yeux) et ne convient pas à une activité prévue comme celle-ci.

Niveau A1Lire la règle: voir ou regarder

Incorrect: S'est vrai, il c'est levé tard ce matin.

Correct: C'est vrai, il s'est levé tard ce matin.

« c'est » (ce + est) et « s'est » (se + est) se prononcent de façon identique, mais ils ne font jamais le même travail. « c'est » présente ou identifie quelque chose et peut être remplacé par « cela est » (c'est vrai → cela est vrai). « s'est » est le pronom réfléchi se suivi de l'auxiliaire être dans un passé composé pronominal, et il est toujours suivi d'un participe passé, avec un sujet placé avant (il s'est levé). Test : si un participe passé suit et que le sujet agit sur lui-même, écrivez s'est ; si vous pouvez substituer « cela est », écrivez c'est.

Niveau A2Lire la règle: c'est ou s'est (et ces / ses)

Incorrect: Ils on faim, alors on ont mangé une pizza.

Correct: Ils ont faim, alors on a mangé une pizza.

« on » et « ont » se prononcent de façon identique (/ɔ̃/), mais « on » est le pronom sujet indéfini (« on mange à midi ») et « ont » est le verbe avoir conjugué à la troisième personne du pluriel (ils ont faim). Test : si vous pouvez remplacer le mot par « avaient » (imparfait d'avoir), c'est le verbe ont ; si vous pouvez le remplacer par un sujet comme « il », c'est le pronom on. Comme on est un sujet, il est toujours suivi d'un verbe à la troisième personne du singulier (on a, on est, on mange) — la séquence « on ont » est grammaticalement impossible.

Niveau A1Lire la règle: on ou ont

Incorrect: Je peu t'aider un peux, mais elle peu venir aussi.

Correct: Je peux t'aider un peu, mais elle peut venir aussi.

« peu », « peux » et « peut » se prononcent tous /pø/, mais seuls deux d'entre eux sont des formes verbales. « peu » est un adverbe signifiant « little/few » (un peu de, très peu) et peut être remplacé par son contraire, « beaucoup ». « peux » (je peux, tu peux) et « peut » (il/elle/on peut) sont des formes du verbe pouvoir et peuvent être remplacées par « pouvait » (imparfait), ce qui confirme que ce sont des verbes. Test : si « beaucoup » convient, écrivez peu ; si « pouvait » convient, écrivez peux ou peut selon le sujet.

Niveau A2Lire la règle: peu, peux ou peut

Incorrect: Il et parti et son frère est resté.

Correct: Il est parti et son frère est resté.

« et » et « est » se prononcent presque de la même façon à l'oral rapide, mais « et » est la conjonction invariable « et » et « est » est la troisième personne du singulier du verbe être. Test : essayez de remplacer le mot par était (imparfait d'être) — si la phrase fonctionne toujours, c'est est ; si vous pouvez le remplacer par « et puis », c'est et. Dans « Il et parti », le premier mot introduit l'idée d'être parti, un sens verbal, donc c'est forcément est : Il est parti.

Niveau A1Lire la règle: et ou est ou es

Incorrect: Quand à moi, je viendrai qu'en tu voudras.

Correct: Quant à moi, je viendrai quand tu voudras.

« quand », « quant » et « qu'en » se prononcent tous /kɑ̃/, mais ils n'ont pas la même fonction. « quant » n'existe que dans l'expression figée quant à/aux (« en ce qui concerne »); « quand » signifie « lorsque » (conjonction ou mot interrogatif); « qu'en » est la contraction de que + en. Test : si le mot est suivi de à ou aux, c'est quant ; s'il peut être développé en « que … de cela », c'est qu'en ; sinon, c'est quand. Dans « Quand à moi », le mot est suivi de à, donc c'est quant : Quant à moi. Dans « qu'en tu voudras », il n'y a pas d'idée de pronom en ici — cela signifie simplement « lorsque tu voudras », donc c'est quand : quand tu voudras.

Niveau A2Lire la règle: quand ou quant ou qu'en

Incorrect: Ça voiture est en panne, sa m'énerve.

Correct: Sa voiture est en panne, ça m'énerve.

« sa » et « ça » se prononcent tous deux /sa/, mais « sa » est l'adjectif possessif féminin singulier (« sa voiture ») et « ça » est le pronom familier signifiant « cela » (ça m'énerve). Test : essayez de remplacer le mot par ma ou ta — si cela fonctionne, c'est sa ; essayez de le remplacer par cela — si cela fonctionne, c'est ça. Dans « Ça voiture », le mot précède le nom voiture et exprime la possession, donc c'est sa : Sa voiture. Dans « sa m'énerve », le mot est seul, sujet de énerve, et signifie « cela », donc c'est ça : Ça m'énerve.

Niveau A1Lire la règle: sa ou ça (ou çà)

Incorrect: Actuellement, je suis d'accord avec toi.

Correct: En fait, je suis d'accord avec toi.

actuellement est un faux ami : il signifie « en ce moment, à l'heure actuelle » (de actuel, « présent »), et non « actually ». Pour dire « en fait », en corrigeant ou en nuançant une affirmation, on emploie en fait ou à vrai dire. Si l'on veut vraiment dire « en ce moment », actuellement convient : actuellement, il travaille à Lyon.

Niveau B1Lire la règle: Les faux amis avec l'anglais

Incorrect: Quelque soit la raison, il refuse.

Correct: Quelle que soit la raison, il refuse.

Devant une forme au subjonctif du verbe être signifiant « quel que soit… », le français emploie quel(le) que en deux mots, et quel s'accorde avec le sujet qui suit être : la raison est féminin singulier, donc quelle que soit la raison. Le mot quelque en un seul mot est un déterminant signifiant « un peu de, quelques » et ne précède jamais être dans cette construction. Test : si un subjonctif de être suit et que quel doit s'accorder avec un nom, c'est toujours quel que (deux mots).

Niveau B2Lire la règle: quelque ou quel que (et quoique ou quoi que)

Incorrect: Il à un chien et il va a Paris.

Correct: Il a un chien et il va à Paris.

On confond les deux parce qu'ils se prononcent pareil, mais ce sont des mots différents. « a » (sans accent) est le verbe avoir (il/elle a) : il a un chien. « à » (accent grave) est une préposition (vers, dans, à) : il va à Paris. La règle : remplacez mentalement le mot par avait. Si « il avait un chien » fonctionne encore, écrivez a (le verbe) ; sinon, il faut la préposition à.

Niveau A2Lire la règle: a ou à

Incorrect: Il ce lave et se livre est intéressant.

Correct: Il se lave et ce livre est intéressant.

« ce » et « se » se prononcent pareil mais ne font jamais le même travail. « se » est le pronom réfléchi placé juste devant un verbe conjugué (autre que être) quand le sujet agit sur lui-même : il se lave. « ce » est un démonstratif placé devant un nom (ce livre) ou devant être (c'est, ce sont). La règle : changez le sujet. Si « il se lave » devient « je me lave » (le petit mot change avec la personne), c'est le réfléchi se ; si le mot reste devant un nom ou devant être, c'est ce.

Niveau A2Lire la règle: ce ou se

Incorrect: Où tu veux du thé ou du café ?

Correct: Ou tu veux du thé ou du café ?

« ou » et « où » se prononcent pareil mais n'ont pas le même sens. « ou » (sans accent) est la conjonction qui propose un choix : thé ou café. « où » (accent grave) signifie le lieu (et, après un mot de temps, le moment) : où vas-tu ?, le jour où. La règle : remplacez le mot par « ou bien ». Si ça marche, écrivez ou sans accent ; si la phrase demande vraiment un lieu (où ?), écrivez où avec l'accent.

Niveau A2Lire la règle: ou ou où

Prononciation

Incorrect: Il a achete une epee.

Correct: Il a acheté une épée.

Supprimer les accents change le son du mot, pas seulement son aspect. Sans l'accent aigu, achete et epee semblent devoir se prononcer avec un e ouvert ou muet ; le é de acheté et épée doit se prononcer comme un /e/ fermé. Les accents font partie de l'orthographe correcte, ce ne sont pas des ornements facultatifs : Il a acheté une épée.

Niveau A1Lire la règle: Les accents (é è ê ç)

Incorrect: Ils ont visité un vilage tranquile.

Correct: Ils ont visité un village tranquille.

Les apprenants oublient souvent une consonne double parce que le français prononce en général une lettre doublée comme un seul son : village et tranquille se prononcent chacun avec un seul /l/. Mais à l'écrit, la lettre double doit rester — elle ne change pas la prononciation, seulement l'orthographe : village, tranquille.

Niveau A1Lire la règle: Les consonnes (le r français et les autres)

Incorrect: Il est cinq heure.

Correct: Il est cinq heures.

Heure prend un -s au pluriel dès que le nombre d'heures est deux ou plus, et c'est exactement ce -s final qui se reporte sur le mot suivant par enchaînement/liaison, donnant à cinq heures son /z/ enchaîné caractéristique. Omettre le -s (cinq heure) est à la fois une faute d'orthographe et d'accord : Il est cinq heures.

Niveau B1Lire la règle: L'enchaînement et le rythme

Incorrect: La famile est arrivée hier.

Correct: La famille est arrivée hier.

La graphie -ille après une consonne se prononce avec la semi-voyelle /j/ suivie d'un i à peine audible, comme dans famille /famij/ ou fille /fij/ — et non comme un simple l à l'anglaise. Les apprenants qui orthographient d'oreille omettent parfois un l, mais le ll double fait partie du groupe -ille qui produit ce son /j/ : famille.

Niveau A2Lire la règle: Les semi-voyelles (/w/, /ɥ/, /j/)

Incorrect: Il a vingt-t-ans.

Correct: Il a vingt ans.

Vingt s'enchaîne à une voyelle suivante par une liaison en /t/, si bien que vingt ans se prononce à peu près « vin-tan ». En entendant ce /t/, les apprenants l'écrivent parfois comme une lettre supplémentaire, mais la liaison se prononce, elle ne s'écrit jamais : l'orthographe reste vingt ans, le son de liaison n'existant qu'à l'oral.

Niveau A2Lire la règle: Les nombres à l'oral : cinq, six, huit, dix, neuf, vingt

Incorrect: Il est inpatient et la lampe est inportante.

Correct: Il est impatient et la lampe est importante.

Une voyelle nasale s'écrit avec une voyelle suivie de m ou n, mais devant les lettres b et p, l'orthographe française change la consonne nasale en m, même si le son est la même voyelle nasale. Le préfixe in- devient donc im- devant patient et portante : impatient, importante.

Niveau A1Lire la règle: Les voyelles nasales

Incorrect: Le farmacien travaille à la farmacie.

Correct: Le pharmacien travaille à la pharmacie.

Les apprenants orthographient parfois le son /f/ avec un f, puisque c'est ce à quoi il ressemble, mais le français conserve le digramme historique ph = /f/ dans les mots d'origine grecque comme pharmacien et pharmacie. Le son est correct dans farmacien, mais l'orthographe est fautive : pharmacien, pharmacie.

Niveau A1Lire la règle: De l'orthographe au son (ch, gn, -ill-, qu…)

Incorrect: Ils manges beaucoup.

Correct: Ils mangent beaucoup.

La terminaison de la troisième personne du pluriel -ent est muette : ils mangent se prononce exactement comme se prononcerait ils mange, sans aucun son supplémentaire pour -ent. Comme ils ne l'entendent pas, les apprenants écrivent parfois un -es qui ressemble au singulier ou omettent la terminaison, mais l'orthographe -ent doit rester pour marquer la forme verbale au pluriel : ils mangent.

Niveau A1Lire la règle: Les lettres muettes

Incorrect: Tu as vou le film ?

Correct: Tu as vu le film ?

Beaucoup d'apprenants n'entendent pas encore la différence entre la voyelle antérieure arrondie /y/ (notée u, comme dans vu) et la voyelle postérieure /u/ (notée ou, comme dans vous), et écrivent donc ou pour un son /y/ qu'ils perçoivent comme semblable. Vu (participe passé de voir) et vous (le pronom) sont deux mots différents : Tu as vu le film ?

Niveau A2Lire la règle: Les voyelles orales et le e caduc

Incorrect: Je aime le école.

Correct: J'aime l'école.

L'élision est obligatoire, pas facultative. Les petits mots comme je, le, la, de, ne, que, me, te, se et ce doivent perdre leur voyelle finale devant un mot commençant par une voyelle (ou un h muet), et l'on referme la coupure par une apostrophe : je + aime → j'aime, le + école → l'école. Garder les formes pleines (je aime, le école) est une faute nette à l'écrit comme à l'oral ; les deux voyelles ne se prononcent jamais ensemble.

Niveau A1Lire la règle: L'élision (le → l', je → j')

Incorrect: l'haricot, les‿haricots /lezaʁiko/

Correct: le haricot, les haricots /le aʁiko/

Un h aspiré est muet comme tout h français, mais il bloque l'élision et la liaison : le mot se comporte comme s'il commençait par une consonne. Des mots comme le haricot, la honte, le héros et le hibou gardent donc l'article plein (sans apostrophe) et ne prennent pas de liaison en /z/ au pluriel : les haricots se dit /le aʁiko/, et non /lezaʁiko/. Traiter un h aspiré comme un h muet — écrire l'haricot ou lier les‿haricots — est une faute fréquente ; ces mots s'apprennent un à un (les dictionnaires les signalent).

Niveau A2Lire la règle: h aspiré et h muet

Incorrect: un homme et‿une femme /ɛ̃nɔm e‿tyn fam/

Correct: un homme et une femme /ɛ̃nɔm e yn fam/

La liaison est interdite après la conjonction et. Bien que et se termine par un -t normalement muet, ce -t ne se lie jamais à la voyelle suivante : et une se dit /e yn/ avec une coupure nette, jamais /e‿tyn/. Les apprenants qui généralisent la liaison ajoutent souvent un /t/ fautif ici. Remarquez le contraste avec les liaisons obligatoires autour : un homme se dit /ɛ̃nɔm/ (n lié), mais et une reste sans liaison.

Niveau A2Lire la règle: La liaison

Régional (Québec)

Incorrect: tout [tsu] / table [tsabl] (affricating before /u/ or /a/)

Correct: tout [tu] / table [tabl]; affrication only in tu [tsy], petit [pətsi], dire [dzir]

Les apprenants qui ont remarqué l'affrication québécoise la suremploient souvent, transformant chaque /t/ et /d/ en [ts] et [dz]. En réalité la règle est étroitement conditionnée : /t/ et /d/ s'affriquent uniquement devant les voyelles ANTÉRIEURES hautes /i/ et /y/ (et les semi-voyelles /j/ et /ɥ/). Devant la voyelle POSTÉRIEURE haute /u/, elles ne le font pas, donc tout est [tu] et doux est [du], jamais [tsu] ni [dzu]. Devant /a, o, e, ɛ, ø/, les voyelles nasales ou une consonne, elles restent simples : table [tabl], donne [dɔn], deux [dø]. Un test rapide est la paire minimale tu [tsy] vs tout [tu] : si la voyelle est le /y/ antérieur arrondi, on affrique ; si c'est le /u/ postérieur, non. La suraffrication est en soi une erreur révélatrice d'un locuteur non natif.

Niveau B2Lire la règle: Prononciation québécoise : l'affrication de /t/ et /d/ (tu → /tsy/, dire → /dzir/)

Incorrect: J'ai appliqué pour la job hier.

Correct: J'ai postulé pour l'emploi hier. / J'ai posé ma candidature hier.

Appliquer pour (un emploi) est un calque de l'anglais to apply for, mais en français standard appliquer ne signifie pas déposer sa candidature ; les verbes usuels sont postuler (à / pour un poste) ou poser sa candidature. Le piège est double pour un anglophone au Québec : il importe la structure anglaise avec appliquer, et il recourt à l'emprunt familier la job là où un contexte neutre ou formel demande un emploi ou un poste. L'emprunt la job existe à l'oral familier québécois, mais à l'écrit ou dans tout cadre formel, on attend postuler à un poste ou poser sa candidature à un emploi. (À noter : appliquer une crème ou appliquer une règle, au sens de mettre sur / mettre en œuvre, est un français parfaitement correct ; seul le sens postuler pour un emploi relève du calque.)

Niveau B2Lire la règle: Anglicismes et calques au Québec

Incorrect: J'ai tombé en descendant l'escalier.

Correct: Je suis tombé en descendant l'escalier.

Employer avoir avec tomber (j'ai tombé) est un trait de l'oral familier québécois, au même titre que nous autres ou la particule interrogative -tu — c'est un usage régional réel, pas simplement fautif à l'oral. Mais en français écrit standard, comme dans l'écrit québécois formel, tomber prend toujours être comme les autres verbes de mouvement : Je suis tombé en descendant l'escalier.

Niveau B1Lire la règle: Particularités grammaticales du Québec (un survol)

Incorrect: Y fait frette à matin, j'vais mettre ma tuque.

Correct: Il fait très froid ce matin, je vais mettre ma tuque.

Y fait frette à matin reflète une prononciation et une formulation québécoises authentiques et familières (y pour il, frette pour très froid, à matin pour ce matin) — ce n'est pas une faute à l'oral entre amis, et tuque est un mot québécois standard pour désigner un bonnet d'hiver, acceptable dans tous les registres. L'erreur consiste à employer cet ensemble de formes très familières dans une lettre ou un rapport formel, où les formes standard sont attendues : Il fait très froid ce matin, je vais mettre ma tuque.

Niveau B1Lire la règle: Prononciation québécoise : oppositions vocaliques, relâchement et diphtongaison

Incorrect: J'ai laissé mes gosses à la garderie.

Correct: J'ai laissé mes enfants à la garderie.

Gosses signifie « enfants » en français de France, mais en français québécois ce mot désigne familièrement les testicules — un faux ami à l'intérieur même du français. Un locuteur de France employant gosses pour parler de ses enfants au Québec provoquera confusion ou embarras ; on emploie plutôt enfants : J'ai laissé mes enfants à la garderie.

Niveau B1Lire la règle: Vocabulaire courant du Québec (char, magasiner, dépanneur)

Incorrect: Chu ben tanné de c'te job-là.

Correct: Je suis très fatigué de cet emploi.

Le français québécois va de l'usage formel au vernaculaire très familier appelé joual ; chu ben tanné de c'te job-là est un joual authentique et quotidien, pas une faute en soi. L'erreur de l'apprenant porte sur le registre, pas sur la forme régionale : cette phrase n'a pas sa place à l'écrit ou à l'oral formel, où le registre standard s'impose : Je suis très fatigué de cet emploi.

Niveau B1Lire la règle: Le français québécois / canadien — vue d'ensemble

Incorrect: Vous venez-tu avec nous, madame ?

Correct: Venez-vous avec nous, madame ?

La particule interrogative -tu est un marqueur du parler québécois très informel et se combine librement avec n'importe quel sujet (Tu viens-tu ?, C'est-tu loin ?) — elle n'est pas littéralement liée au pronom tu. L'erreur ici est une erreur de registre : associer cette particule familière au vouvoiement poli et à l'adresse respectueuse madame produit un effet discordant. Dans un échange poli ou formel, on emploie plutôt l'inversion simple ou est-ce que : Venez-vous avec nous, madame ?

Niveau B1Lire la règle: La particule interrogative -tu au Québec