Français québécois / canadien
Des particularités propres au français parlé au Québec et dans tout le Canada : prononciation, vocabulaire et grammaire qui diffèrent du français métropolitain standard.
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- Le français québécois / canadien, vue d'ensembleLe français québécois est un standard régional à part entière de la langue française, doté de sa propre prononciation, de son vocabulaire et de sa grammaire familière, mutuellement intelligible avec le français européen et allant de l'usage soigné au vernaculaire qu'on appelle le joual.
- Prononciation québécoise : oppositions vocaliques, relâchement et diphtongaisonLe français québécois conserve des oppositions vocaliques largement neutralisées en France (patte vs pâte, brin vs brun), relâche les voyelles hautes /i y u/ en syllabe fermée et diphtongue les voyelles longues à l'oral familier.
- Prononciation québécoise : l'affrication de /t/ et /d/ (tu → /tsy/, dire → /dzir/)En français québécois, les occlusives /t/ et /d/ se réalisent comme les affriquées [ts] et [dz] devant les voyelles antérieures hautes /i/ et /y/ et leurs semi-voyelles, si bien que tu se dit [tsy] et dire [dzir].
- Vocabulaire courant du Québec (char, magasiner, dépanneur)Le français québécois partage l'essentiel de son lexique avec le français européen, mais s'en distingue par des centaines de mots du quotidien, les uns hérités d'un usage ancien, les autres créés sur place ou au sens déplacé, les plus connus étant char (voiture), magasiner (faire des achats), dépanneur (petite épicerie) et les noms de repas déjeuner, dîner et souper.
- Anglicismes et calques au QuébecLe contact avec l'anglais donne au français québécois une couche d'emprunts et de calques familiers comme c'est le fun, canceller et tomber en amour, mais cette même variété garde ou crée souvent du français là où l'Europe emprunte à l'anglais, comme courriel, clavardage, stationnement et arrêt ; le résultat dépend fortement du registre et porte la marque d'un aménagement linguistique délibéré.
- La particule interrogative -tu au QuébecEn français québécois familier (et plus largement laurentien), une question fermée peut être marquée en attachant la particule -tu au verbe, comme dans Tu viens-tu? ou C'est-tu loin?; ce -tu est un marqueur d'interrogation issu de l'ancienne désinence d'inversion, et non le pronom tu, et il s'emploie avec n'importe quel sujet.
- Particularités grammaticales du Québec (un survol)Le français québécois suit à l'écrit la même grammaire standard que le français européen, mais la langue familière présente un ensemble de traits morphosyntaxiques distinctifs, dont les pronoms renforcés nous autres / vous autres / eux autres, on pour nous, la particule interrogative -tu, le là en fin de phrase, et plusieurs emplois de verbes et de prépositions comme barrer / débarrer.