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Grammaire et usage / Prononciation

Les voyelles nasales

Niveaux: A1, A2

Résumé

Les voyelles nasales se prononcent avec de l'air passant par le nez ; elles s'écrivent voyelle + m ou n, cette consonne n'étant pas prononcée.

Explication

Le français possède un ensemble de voyelles nasales — des voyelles produites en laissant l'air s'échapper par le nez en même temps que par la bouche. On en compte traditionnellement quatre : /ɑ̃/ comme dans dans, temps, an (nasale postérieure ouverte), /ɔ̃/ comme dans bon, on, nom (nasale postérieure arrondie), /ɛ̃/ comme dans vin, pain, plein, main (nasale antérieure) et /œ̃/ comme dans un, brun, parfum (nasale antérieure arrondie). Chacune est une seule voyelle, et non une voyelle suivie d'une consonne.

Le point essentiel est que le m ou le n de la graphie est un marqueur de nasalisation, non une consonne prononcée. Dans bon /bɔ̃/, on n'entend aucun /n/ ; la qualité nasale est portée par la voyelle elle-même. Les graphies sont systématiques : an/am et en/em donnent /ɑ̃/ (m devant p/b : champ, emporter) ; on/om donne /ɔ̃/ (nom, tomber) ; in/im, ain/aim, ein, yn/ym donnent /ɛ̃/ (vin, faim, plein, sympa) ; un/um donne /œ̃/ (lundi, parfum).

Une voyelle ne se nasalise que lorsque le n ou le m ferme la syllabe. Si une voyelle suit le n/m, ou si la consonne est double, le son devient oral et le n/m se prononce normalement : comparez bon /bɔ̃/ et bonne /bɔn/, an /ɑ̃/ et année /ane/, plein /plɛ̃/ et pleine /plɛn/, un /œ̃/ et une /yn/. Cette alternance est très utile, car c'est exactement par là que se distinguent à l'oreille de nombreux couples masculin/féminin et singulier/pluriel.

Deux remarques de plus. D'abord, dans une grande partie de la France actuelle, le /œ̃/ de un se confond avec le /ɛ̃/ de vin, si bien que beaucoup de locuteurs prononcent brun et brin presque pareil ; les deux restent compris, et le système à quatre voyelles demeure la référence pour les apprenants et pour de nombreux accents régionaux (dont le Québec, où le contraste est solide). Ensuite, la nasalisation interagit avec la liaison : une voyelle nasale se rouvre souvent en partie et ajoute /n/ devant une voyelle, si bien que bon ami se dit /bɔn‿ami/ alors que bon seul est /bɔ̃/.

Pour la production, dirigez une partie de l'air par le nez sans laisser la langue toucher pour un /n/. Un exercice pratique est constitué des paires minimales beau /bo/ – bon /bɔ̃/, lait /lɛ/ – lin /lɛ̃/, et des couples masculin/féminin ci-dessus. Réussir les voyelles nasales est l'un des marqueurs les plus audibles d'un bon accent français, et les confondre (dire /bɔn/ pour bon, ou fondre /ɑ̃/ et /ɔ̃/) est une faute fréquente et bien perceptible chez l'apprenant.

Exemples

un bon vin blanca good white wine (Quatre voyelles nasales à la suite : /œ̃ bɔ̃ vɛ̃ blɑ̃/ ; aucun n ni m n'est prononcé.)

bon / bonnegood (m.) / good (f.) (Nasale dans /bɔ̃/, mais le n double de bonne la rend orale : /bɔn/.)

Il a un an.He is one year old. (an est nasal /ɑ̃/ ; année, avec sa finale de type féminin, redevient oral /ane/.)

le pain et le vinthe bread and the wine (ain et in notent tous deux /ɛ̃/ : pain /pɛ̃/, vin /vɛ̃/.)

C'est un bon ami.He is a good friend. (La liaison dénasalise : bon‿ami /bɔn‿ami/, alors que bon seul se dit /bɔ̃/.)

Erreurs fréquentes

Incorrect: Il est inpatient et la lampe est inportante.

Correct: Il est impatient et la lampe est importante.

Une voyelle nasale s'écrit avec une voyelle suivie de m ou n, mais devant les lettres b et p, l'orthographe française change la consonne nasale en m, même si le son est la même voyelle nasale. Le préfixe in- devient donc im- devant patient et portante : impatient, importante.

Règles liées

nasal-vowelsvowelsphoneticsspelling