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Grammaire et usage / Prononciation

De l'orthographe au son (ch, gn, -ill-, qu…)

Niveaux: A1, A2

Résumé

L'orthographe française est bien plus régulière que l'anglaise une fois connues les principales correspondances graphie-phonème : ch = /ʃ/, gn = /ɲ/, qu = /k/, ç = /s/, ph = /f/, th = /t/. Les lettres c et g sont « douces » (/s/, /ʒ/) devant e/i/y et « dures » (/k/, /g/) ailleurs. Les digrammes vocaliques sont eux aussi systématiques : au/eau = /o/, ai/ei = /ɛ/, oi = /wa/, ou = /u/, eu = /ø~œ/.

Explication

Contrairement à l'anglais, l'orthographe française est très prévisible dans le sens de la lecture : une lettre ou un groupe de lettres donné correspond presque toujours au même son. Une fois appris un ensemble compact de correspondances graphie-phonème, on peut prononcer correctement à vue la plupart des mots écrits inconnus. Cette règle liste les correspondances à plus haute valeur — les digrammes consonantiques, le c et le g « doux/durs » et les digrammes vocaliques. Les lettres finales muettes et les accents sont traités dans leurs propres règles.

Les digrammes consonantiques d'abord. Le groupe ch note normalement /ʃ/, le son « ch », comme dans chat /ʃa/, chien /ʃjɛ̃/ et chercher /ʃɛʁʃe/ ; ce n'est que dans quelques mots d'origine grecque qu'il revient à /k/, comme dans chœur /kœʁ/, orchestre /ɔʁkɛstʁ/ et technologie /tɛknɔlɔʒi/. Le digramme gn note la nasale palatale /ɲ/ (montagne /mɔ̃taɲ/, agneau /aɲo/). Le digramme qu note presque toujours un simple /k/ sans /w/ : quatre /katʁ/, qui /ki/, quand /kɑ̃/. Et deux emprunts se comportent simplement : ph = /f/ (photo /fɔto/, pharmacie /faʁmasi/) et th = /t/ (thé /te/, théâtre /teatʁ/), le français n'ayant pas de sons « th ».

Les lettres c et g ont chacune une valeur « douce » devant les voyelles antérieures e, i, y et une valeur « dure » ailleurs (devant a, o, u ou une consonne). Le c doux est /s/ (ce /sə/, ici /isi/, cycle /sikl/) ; le c dur est /k/ (car /kaʁ/, comme /kɔm/, cuisine /kɥizin/). La cédille ç impose /s/ devant a, o, u, là où le c serait sinon dur : ça /sa/, garçon /ɡaʁsɔ̃/, reçu /ʁəsy/. De même, le g doux est /ʒ/ (le son de « jour » : gel /ʒɛl/, gilet /ʒilɛ/, gymnase /ʒimnaz/) et le g dur est /g/ (gare /ɡaʁ/, gomme /ɡɔm/, aigu /eɡy/). Cette règle de voyelle antérieure explique précisément pourquoi les verbes en -er exigent des ajustements orthographiques (manger → nous mangeons, commencer → nous commençons) pour garder le son doux devant o.

Un cas mixte très fréquent est -ill-. Après une voyelle, il note généralement le yod /j/ (fille /fij/, travailler /tʁavaje/, bouteille /butɛj/), et après une consonne il note /ij/ (famille /famij/, briller /bʁije/). Apprenez les trois exceptions courantes où -ill- vaut simplement /il/ sans glide : ville /vil/, mille /mil/ et tranquille /tʁɑ̃kil/ (ainsi que leurs dérivés, par ex. village /vilaʒ/, million /miljɔ̃/). La règle des semi-voyelles traite le yod plus en détail.

Les digrammes vocaliques sont l'endroit où l'orthographe française récompense un peu de mémorisation, car des sons uniques s'écrivent avec deux ou trois lettres. L'ensemble le plus clair : au et eau notent tous deux /o/ (chaud /ʃo/, beau /bo/, bateau /bato/) ; ai et ei notent tous deux /ɛ/ (mais /mɛ/, maison /mɛzɔ̃/, neige /nɛʒ/, Seine /sɛn/) ; oi note /wa/ (moi /mwa/, trois /tʁwa/, boire /bwaʁ/) ; ou note /u/ (vous /vu/, jour /ʒuʁ/, rouge /ʁuʒ/) ; et eu note la voyelle antérieure arrondie, /ø/ fermé en syllabe ouverte (peu /pø/, deux /dø/) et /œ/ ouvert en syllabe fermée (peur /pœʁ/, seul /sœl/). Les contrastes plus fins /e/ vs /ɛ/ et /ø/ vs /œ/ sont développés dans les voyelles orales.

Quelques rappels rendent ces règles fiables. Les combinaisons avec n ou m — comme ain, ein, oin, et an/en/on/un — forment généralement des voyelles nasales (pain /pɛ̃/, loin /lwɛ̃/), qui ont leur propre règle ; ne les lisez donc pas comme des digrammes oraux. Les accents peuvent aussi l'emporter sur une valeur par défaut : è et ê imposent /ɛ/ ouvert, et é impose /e/ fermé. Et une consonne double écrite se prononce normalement comme une seule consonne (belle /bɛl/, pomme /pɔm/). Avec cet inventaire de base — ch, gn, qu, ç, ph, th ; c et g doux/durs ; -ill- ; et les digrammes vocaliques — un débutant peut déchiffrer la grande majorité des mots français à partir de la page.

Exemples

chatcat (ch = /ʃ/ : /ʃa/. Exception d'origine grecque : chœur = /kœʁ/.)

quatrefour (qu = /k/ (sans /w/) : /katʁ/.)

un garçona boy (ç = /s/ devant o : /ɡaʁsɔ̃/. Sans cédille, c devant o se prononcerait /k/.)

gel / garefrost/gel / (train) station (g doux devant e = /ʒ/ (/ʒɛl/) ; g dur devant a = /g/ (/ɡaʁ/).)

beau / bateaubeautiful / boat (au et eau se prononcent tous deux /o/ : /bo/, /bato/.)

une fille / la villea girl / the city (-ill- = /ij/ dans fille /fij/, mais l'exception ville se dit /vil/ (comme mille et tranquille).)

Erreurs fréquentes

Incorrect: Le farmacien travaille à la farmacie.

Correct: Le pharmacien travaille à la pharmacie.

Les apprenants orthographient parfois le son /f/ avec un f, puisque c'est ce à quoi il ressemble, mais le français conserve le digramme historique ph = /f/ dans les mots d'origine grecque comme pharmacien et pharmacie. Le son est correct dans farmacien, mais l'orthographe est fautive : pharmacien, pharmacie.

Règles liées

phoneticsspellingdigraphsreading