L'imparfait du subjonctif
Résumé
L'imparfait du subjonctif est le passé littéraire du subjonctif ; il se forme sur le radical du passé simple avec les terminaisons en -sse et un circonflexe à la 3e personne du singulier ; le français moderne lui préfère le subjonctif présent.
Explication
L'imparfait du subjonctif est le passé littéraire du subjonctif. Il apparaît dans une subordonnée en que selon la concordance des temps : lorsque le verbe principal est à un temps du passé (ordonna, craignait) ou au conditionnel (il aurait fallu), l'usage classique mettait le subjonctif de la subordonnée à l'imparfait plutôt qu'au présent. C'est le pendant subjonctif de l'imparfait et du passé simple et, comme eux, il relève essentiellement de l'écrit soutenu et littéraire.
Il se forme sur le radical du passé simple. On prend la 2e personne du singulier du passé simple (tu parlas, tu finis, tu fus), on ajoute -se, puis on bâtit le paradigme avec -se, -ses, -^t (un circonflexe sur la voyelle à la 3e personne du singulier), -ssions, -ssiez, -ssent. Ainsi parler → que je parlasse, que tu parlasses, qu'il parlât, que nous parlassions, que vous parlassiez, qu'ils parlassent ; finir → qu'il finît ; être → que je fusse, qu'il fût ; avoir → que j'eusse, qu'il eût ; venir → qu'il vînt.
Le point orthographique essentiel est la 3e personne du singulier, qui porte toujours un circonflexe sur la voyelle finale du radical : qu'il parlât, qu'il finît, qu'il fût, qu'il eût, qu'il vînt. Cet accent distingue la forme du subjonctif de l'indicatif passé simple : qu'il parlât (subjonctif) face à il parla (passé simple), et surtout qu'il fût (subjonctif) face à il fut (passé simple, sans accent). Une erreur sur le circonflexe, et l'on a écrit un tout autre mode.
Le piège majeur est tout simplement de l'employer en français courant : l'imparfait du subjonctif est pratiquement obsolète dans la langue parlée et l'écrit ordinaire, où le présent du subjonctif fait le travail (qu'il vienne, et non qu'il vînt). Le composé qui lui correspond, le plus-que-parfait du subjonctif (qu'il eût fait), est plus rare encore. Pour le reste, les fautes récurrentes consistent à omettre le circonflexe de la 3e personne du singulier et à confondre qu'il fût avec le passé simple sans accent il fut.
Règle pratique : il se forme sur le radical du passé simple avec les terminaisons en -sse et un circonflexe à la 3e personne du singulier — mais il faut surtout savoir le reconnaître dans la littérature classique ; en français réel d'aujourd'hui, employez le subjonctif présent.
Exemples
Il aurait fallu qu'il vînt plus tôt. — He would have had to come earlier. (La principale au conditionnel (aurait fallu) appelle le subjonctif imparfait ; vînt porte l'accent circonflexe. Français moderne : qu'il vienne.)
Elle craignait que nous ne fussions en retard. — She was afraid that we might be late. (Verbe principal au passé (craignait) et ne explétif ; fussions est le subjonctif imparfait de être.)
Le roi ordonna qu'on fermât les portes. — The king ordered that the gates be closed. (fermât montre l'accent circonflexe de la 3e personne du singulier ; à distinguer du passé simple il ferma.)
Je ne croyais pas qu'il eût raison. — I did not think that he was right. (eût est le subjonctif imparfait de avoir, avec son accent circonflexe obligatoire ; à ne pas confondre avec eut (passé simple).)
Bien qu'il fût fatigué, il continua. — Although he was tired, he carried on. (qu'il fût (subjonctif, avec accent) s'oppose à il fut (passé simple, sans accent) ; continua est le passé simple qui installe le cadre passé.)
Erreurs fréquentes
Il fallait qu'il finissait son travail.
Il fallait qu'il finît son travail.
Après un verbe principal au passé comme il fallait, l'usage classique et littéraire met le verbe de la subordonnée au subjonctif imparfait, et non à l'imparfait de l'indicatif. Finissait est simplement l'imparfait de l'indicatif et ne peut pas suivre il fallait que, qui exige un subjonctif ; en registre littéraire, la forme correcte est le subjonctif imparfait finît (avec son circonflexe). Dans le français courant, parlé ou écrit, la concordance des temps est assouplie et l'on emploie plutôt le subjonctif présent : qu'il finisse.
Prérequis
Règles liées
moodliterarysubordinate-clause