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Grammaire et usage / Usage

Le discours indirect

Niveaux: B1, B2

Résumé

Le discours indirect rapporte les paroles au moyen d'une subordonnée : les déclarations emploient que, les questions fermées si, et les questions partielles gardent leur mot interrogatif (avec ce qui/ce que pour qu'est-ce qui/qu'est-ce que). Après un verbe introducteur au passé, les temps reculent et les marqueurs de temps et les pronoms changent.

Explication

Le discours indirect transforme les paroles de quelqu'un en une subordonnée dépendant d'un verbe introducteur comme dire, demander, expliquer ou répondre. Une déclaration est introduite par que : « Je suis fatigué » → « Il dit qu'il est fatigué. » Notez que que ne s'omet jamais en français, contrairement au « that » facultatif de l'anglais. Les pronoms et les possessifs s'ajustent au point de vue du nouveau locuteur : « J'aime mon travail », rapporté par un tiers, devient « Il dit qu'il aime son travail. »

Les questions suivent leur propre schéma. Une question fermée se rapporte avec si : « Tu viens ? » → « Il demande si tu viens. » Une question partielle conserve son mot interrogatif — où, quand, comment, pourquoi, combien, quel : « Où habites-tu ? » → « Il demande où tu habites. » Remarquez que la question rapportée perd est-ce que et l'inversion ; l'ordre des mots devient celui d'une proposition ordinaire.

Deux mots interrogatifs ont des formes indirectes particulières. Qu'est-ce qui (« quoi », sujet) devient ce qui, et qu'est-ce que / que (« quoi », objet) devient ce que : « Qu'est-ce qui se passe ? » → « Il demande ce qui se passe » ; « Que veux-tu ? » → « Il demande ce que tu veux. » Ces formes ce qui / ce que sont obligatoires au discours indirect et constituent une difficulté fréquente.

Lorsque le verbe introducteur est au passé (« il a dit », « elle demandait »), les temps de la subordonnée reculent, comme en anglais. Les correspondances sont : présent → imparfait, passé composé → plus-que-parfait, futur simple → conditionnel présent, futur antérieur → conditionnel passé. Ainsi « Je viendrai » devient « Il a dit qu'il viendrait. » L'imparfait et le plus-que-parfait ne reculent pas davantage, étant déjà des temps du passé.

Les marqueurs de temps et de lieu changent aussi quand le récit est ancré dans le passé : aujourd'hui → ce jour-là, hier → la veille, demain → le lendemain, maintenant → à ce moment-là, ici → là. Par exemple, « Je pars demain », rapporté plus tard, devient « Il a dit qu'il partait le lendemain. » Ces changements gardent le récit cohérent avec le nouveau moment d'énonciation.

L'impératif ne se rapporte pas avec que ; il se transforme en de + infinitif après un verbe d'ordre ou de demande : « Sors ! » → « Il m'a dit de sortir » ; « Ne pars pas » → « Il m'a demandé de ne pas partir. » La négation ne… pas enserre le de, et l'infinitif remplace la forme impérative. Cette construction est la manière standard de rapporter tout ordre ou toute demande.

Exemples

Il dit qu'il est fatigué.He says (that) he is tired. (Déclaration avec que ; verbe introducteur au présent, donc aucun décalage.)

Il a dit qu'il était fatigué.He said (that) he was tired. (Verbe introducteur au passé : présent → imparfait.)

Il demande si tu viens.He asks whether you're coming. (Question fermée rapportée avec si.)

Elle demande où tu habites.She asks where you live. (La question partielle conserve son mot interrogatif ; ni est-ce que ni inversion.)

Il demande ce que tu veux.He asks what you want. (qu'est-ce que / que → ce que au discours indirect.)

Il m'a dit de ne pas partir.He told me not to leave. (L'impératif se rapporte par de + infinitif ; ne… pas encadre le de.)

Erreurs fréquentes

Incorrect: Il a dit qu'il est fatigué.

Correct: Il a dit qu'il était fatigué.

Lorsque le verbe introducteur est à un temps du passé (« il a dit », « elle a expliqué »), le temps de la proposition rapportée doit reculer. Un présent devient imparfait : « Je suis fatigué » rapporté donne « Il a dit qu'il était fatigué », et non « qu'il est fatigué ». La concordance complète est : présent → imparfait, passé composé → plus-que-parfait, futur simple → conditionnel présent, futur antérieur → conditionnel passé. Les apprenants laissent souvent le présent d'origine intact, comme le fait parfois l'anglais familier, mais le français standard exige le recul après un verbe introducteur au passé. Notez qu'il n'y a aucun recul si le verbe introducteur reste au présent (« Il dit qu'il est fatigué »).

Prérequis

Règles liées

indirect-speechtense-sequencesubordinationsyntax