Le conditionnel passé
Résumé
Le conditionnel passé est la forme française du 'would have' ; il exprime des possibilités passées non réalisées, le regret et le reproche, et se forme avec le conditionnel présent de avoir ou être plus le participe passé.
Explication
Le conditionnel passé est un temps composé formé avec le conditionnel présent de l'auxiliaire avoir ou être + le participe passé : j'aurais mangé, tu aurais mangé, il aurait mangé, nous aurions mangé, vous auriez mangé, ils auraient mangé ; et avec être, je serais parti(e), tu serais parti(e), il serait parti, nous serions parti(e)s, ils seraient partis. L'auxiliaire porte les terminaisons du conditionnel (-rais, -rais, -rait, -rions, -riez, -raient), et seul le participe varie d'un verbe à l'autre.
Le choix de l'auxiliaire et l'accord du participe fonctionnent exactement comme au passé composé. Les verbes habituels de mouvement et de changement d'état se conjuguent avec être (aller, venir, partir, arriver, naître, mourir…), ainsi que tous les verbes pronominaux (je me serais levé), et leur participe s'accorde avec le sujet (elle serait partie). Avec avoir, il n'y a pas d'accord avec le sujet, mais le participe s'accorde avec le complément d'objet direct antéposé.
C'est le « would have » du français : il exprime des possibilités passées non réalisées, le regret et le reproche. Son emploi principal est la principale d'une hypothèse sur le passé dont la subordonnée en si est au plus-que-parfait : Si j'avais su, je serais venu (« si j'avais su, je serais venu »). Il marque aussi le reproche ou le regret avec devoir et pouvoir (Tu aurais dû me prévenir, J'aurais pu t'aider) et rapporte une information non confirmée dans la presse (L'accident aurait fait trois blessés).
Le grand piège est de mettre le conditionnel dans la subordonnée en si : *Si j'aurais su est fautif — la subordonnée en si doit prendre le plus-que-parfait (si j'avais su), et seule la principale prend le conditionnel passé. Le français ne met jamais de conditionnel après si. On oublie aussi l'accord du participe avec être (elle serait partie, et non parti).
Règle pratique : conditionnel présent de l'auxiliaire + participe passé = « would have done ». Il s'associe à une subordonnée si + plus-que-parfait (Si j'avais su, je serais venu), et « si » ne porte jamais de conditionnel ; choisissez l'auxiliaire et accordez le participe exactement comme au passé composé.
Exemples
Si j'avais su, je serais venu plus tôt. — If I had known, I would have come earlier. (Plus-que-parfait dans la proposition en si, conditionnel passé dans la principale.)
Tu aurais dû me prévenir. — You should have warned me. (aurais dû (devoir) exprime le reproche ou le regret à propos du passé.)
J'aurais aimé venir, mais j'étais malade. — I would have liked to come, but I was ill. (Souhait passé non réalisé : l'action n'a pas eu lieu.)
À ta place, je n'aurais rien dit. — If I were you, I would not have said anything. (À ta place suppose une hypothèse passée implicite ; le résultat est au conditionnel passé.)
L'accident aurait fait trois blessés. — The accident reportedly injured three people. (Emploi journalistique : le conditionnel passé signale une information non confirmée.)
Erreurs fréquentes
Si j'aurais su, je serais venu plus tôt.
Si j'avais su, je serais venu plus tôt.
Dans une hypothèse portant sur le passé, la subordonnée en si se met au PLUS-QUE-PARFAIT (si j'avais su), et seule la principale (le résultat) se met au conditionnel passé (je serais venu). Le français ne met jamais de conditionnel après si : *si j'aurais est une faute classique. Le schéma est : Si + plus-que-parfait, conditionnel passé.
Prérequis
Règles liées
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