Le participe présent et le gérondif
Résumé
Le participe présent et le gérondif emploient tous deux la forme en -ant formée sur le radical de nous ; le participe seul est une forme verbale invariable qui condense une relative ou une circonstancielle, tandis que le gérondif (en + -ant) est adverbial et doit partager le sujet du verbe principal.
Explication
Le participe présent et le gérondif se forment tous deux sur la même forme en -ant, prise sur le radical de nous au présent moins -ons : nous parlons → parlant, nous finissons → finissant, nous prenons → prenant. Les verbes à variation orthographique conservent leur particularité de radical : nous mangeons → mangeant, nous commençons → commençant. Trois formes seulement sont irrégulières et doivent être apprises : avoir → ayant, être → étant, savoir → sachant.
Le participe présent seul (sans en) est verbal et INVARIABLE. Il condense souvent une relative — un homme parlant trois langues signifie qui parle trois langues — ou il exprime une cause ou une circonstance simultanée, comme dans Étant malade, il est resté chez lui. On ne le confondra pas avec l'ADJECTIF verbal en -ant, qui s'accorde en genre et en nombre et s'écrit parfois différemment : l'adjectif fatigant face au participe fatiguant, une histoire amusante, des enfants obéissants.
Le gérondif est en + le participe présent (en parlant, en mangeant) et il est ADVERBIAL : il modifie le verbe principal et exprime la simultanéité (« en faisant »), la manière, le moyen ou la condition. Il chante en travaillant ; c'est en forgeant qu'on devient forgeron. La variante tout en + participe insiste sur la simultanéité ou la concession : tout en parlant, elle rangeait la pièce.
La contrainte décisive est le sujet. Le gérondif doit partager le sujet du verbe principal : en entrant, j'ai vu mon ami signifie que je suis entré et que j'ai vu — les deux actions sont les miennes. Si les deux actions ont des sujets différents, le gérondif est impossible (il se rattacherait au sujet principal) ; on emploie alors une subordonnée avec quand, lorsque ou comme suivie d'un verbe conjugué. Les autres pièges sont de traiter un adjectif qui s'accorde comme s'il était le participe invariable, et de former la forme en -ant sur le mauvais radical (c'est le radical de nous, non l'infinitif).
Règle pratique : formez le -ant sur le radical de nous ; le participe seul est une relative ou une circonstancielle condensée et reste invariable, tandis que le gérondif est en + -ant et signifie « en faisant » — et il doit toujours avoir le MÊME sujet que le verbe principal.
Exemples
Elle écoute de la musique en travaillant. — She listens to music while working. (Gérondif de simultanéité ; même sujet (elle) pour les deux actions.)
Étant malade, il est resté chez lui. — Being ill, he stayed at home. (Le participe seul étant (irrégulier, de être) exprime la cause.)
En arrivant à la gare, j'ai vu le train partir. — On arriving at the station, I saw the train leave. (Le gérondif et le verbe principal partagent le sujet je : j'arrive et je vois.)
Un homme parlant trois langues est un atout. — A man who speaks three languages is an asset. (Le participe seul parlant réduit la relative qui parle trois langues ; il est invariable.)
C'est en forgeant qu'on devient forgeron. — Practice makes perfect. (Un proverbe ; le gérondif en forgeant exprime le moyen (« c'est en forgeant qu'on devient forgeron »).)
Tout en souriant, elle refusa. — While smiling, she refused. (tout en + participe insiste sur la simultanéité, ici avec une nuance concessive.)
Erreurs fréquentes
En entrant dans la pièce, le téléphone a sonné.
Quand je suis entré dans la pièce, le téléphone a sonné.
Le gérondif (en + participe présent) doit avoir le MÊME sujet que le verbe principal et exprime la simultanéité, la manière, le moyen ou la condition. Ici, en entrant se rapporte au sujet grammatical de la principale, le téléphone, si bien que la phrase signifie littéralement que le téléphone est entré dans la pièce. Comme les deux actions ont des sujets différents (j'entre, le téléphone sonne), le gérondif est fautif : on emploie plutôt une subordonnée avec quand/lorsque/comme suivie d'un verbe conjugué.
Prérequis
Règles liées
participlegerundsubordination