Les connecteurs logiques (cause, conséquence, but, opposition)
Résumé
Les connecteurs logiques relient les idées selon leur rapport : cause (parce que, car, puisque, comme, à cause de / grâce à), conséquence (donc, alors, c'est pourquoi, si bien que), but (pour/afin de + infinitif, pour que/afin que + subjonctif), opposition/concession (mais, cependant, pourtant, bien que/quoique + subjonctif, malgré + nom) et addition (et, de plus, en outre).
Explication
Les connecteurs logiques sont les mots et locutions qui signalent comment une idée se rattache à une autre — cause, conséquence, but, opposition ou addition. Le choix du bon connecteur relève en partie du sens, en partie de la grammaire, car chaque connecteur impose une construction particulière : certains exigent une proposition complète (verbe à l'indicatif ou au subjonctif), d'autres un infinitif, d'autres un nom. Les maîtriser, c'est donner au français écrit comme oral l'allure d'un texte lié plutôt que d'une suite de phrases isolées.
La cause s'exprime par parce que (« parce que », le choix neutre, qui répond à pourquoi), car (plus écrit, jamais en tête de phrase), puisque (qui présente la cause comme déjà connue) et comme (qui doit commencer la phrase). Avec un nom plutôt qu'une proposition, le français emploie à cause de pour une cause négative ou neutre (« à cause de la pluie ») et grâce à pour une cause positive (« grâce à ton aide »). Tous les connecteurs à proposition cités ici sont suivis de l'indicatif.
La conséquence inverse le sens : elle énonce le résultat d'une cause. Les choix courants sont donc, alors, c'est pourquoi (plus soutenu) et si bien que (« de sorte que »). Comparez « Il pleut, donc je reste » à la version causale « Je reste parce qu'il pleut » : le même lien logique est vu des deux extrémités. Ces connecteurs régissent eux aussi l'indicatif.
Le but est le domaine où la grammaire compte le plus. Quand le sujet est le même dans les deux parties, le français emploie pour ou afin de suivi de l'infinitif : « Je travaille pour réussir. » Quand le sujet change, il emploie les conjonctions pour que ou afin que suivies du subjonctif : « Je travaille pour que mes enfants réussissent. » Employer pour que avec un seul sujet, ou le faire suivre de l'indicatif, sont les deux fautes classiques ici.
L'opposition et la concession opposent les idées. Le coordonnant mais et les adverbes cependant et pourtant relient deux propositions à l'indicatif. Les conjonctions concessives bien que et quoique exigent le subjonctif : « Bien que ce soit difficile, il continue. » Avec un nom, le français emploie malgré : « Malgré la pluie, nous sommes sortis » — malgré n'est jamais suivi d'une proposition en que.
L'addition se borne à accumuler les idées. Le lien de base est et ; pour ajouter un point dans un écrit plus structuré, le français emploie de plus, en outre ou par ailleurs, et pour introduire le dernier élément d'une liste, enfin. Ces connecteurs prennent des propositions ordinaires à l'indicatif. Un moyen simple de garder tout le système en tête est de retenir quels connecteurs exigent le subjonctif — essentiellement le couple de but pour que / afin que et le couple concessif bien que / quoique — car tout le reste prend l'indicatif, un infinitif ou un nom.
Exemples
Je reste à la maison parce qu'il pleut. — I'm staying home because it's raining. (Cause : parce que + indicatif.)
Il pleut, donc je reste à la maison. — It's raining, so I'm staying home. (Conséquence : donc + indicatif (la cause vue par l'autre bout).)
Je travaille pour réussir. — I work in order to succeed. (But, même sujet : pour + infinitif.)
Je travaille pour que mes enfants réussissent. — I work so that my children succeed. (But, sujet différent : pour que + subjonctif (réussissent).)
Bien que ce soit difficile, il continue. — Although it's difficult, he keeps going. (Concession : bien que + subjonctif (soit).)
Malgré la pluie, nous sommes sortis. — Despite the rain, we went out. (Opposition avec un nom : malgré + nom (sans proposition en que).)
Erreurs fréquentes
Je travaille pour que je réussis.
Je travaille pour réussir.
Les connecteurs de but se répartissent en deux constructions. Quand le sujet du but est le même que celui du verbe principal, le français emploie pour / afin de + infinitif, sans que : « Je travaille pour réussir. » Les conjonctions pour que et afin que ne s'emploient que lorsque le sujet change, et elles exigent le subjonctif : « Je travaille pour que mes enfants réussissent. » L'erreur est ici double : employer pour que avec un seul et même sujet, puis mettre le verbe à l'indicatif (« je réussis ») au lieu du subjonctif. La même exigence du subjonctif vaut pour les conjonctions de concession bien que et quoique (« bien que ce soit difficile »), tandis que malgré se construit avec un nom, et non avec une proposition (« malgré la difficulté »).
Prérequis
Règles liées
discourse-markerscohesionsubjunctivesyntax