Grammaire et usage
Des règles regroupées par catégorie. Chaque règle explique le point, montre des exemples et renvoie aux erreurs fréquentes et aux règles liées.
Conjugaison
- Le choix de l'auxiliaire : avoir ou être Les temps composés emploient avoir comme auxiliaire pour la plupart des verbes, mais être pour tous les verbes pronominaux et un petit ensemble de verbes intransitifs de mouvement ou de changement d'état.
- Le faire causatif (faire + infinitif) Faire + infinitif signifie faire faire quelque chose par quelqu'un d'autre ; les deux verbes forment un bloc que les pronoms et la plupart des adverbes ne peuvent séparer, et le participe fait reste invariable devant un infinitif.
- Le conditionnel passé Le conditionnel passé est la forme française du 'would have' ; il exprime des possibilités passées non réalisées, le regret et le reproche, et se forme avec le conditionnel présent de avoir ou être plus le participe passé.
- Conditionnel présent Le conditionnel présent exprime ce qui arriverait, ainsi que les demandes polies et les hypothèses ; il se forme à partir du radical du futur suivi des terminaisons de l'imparfait -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient.
- Le futur antérieur Le futur antérieur exprime une action qui sera achevée avant un autre moment futur (l'anglais 'will have done') ; il se forme avec le futur simple de avoir ou être plus le participe passé.
- Futur simple Le futur simple est le temps du futur en un seul mot pour dire ce qui se passera ; il se forme en ajoutant les terminaisons -ai, -as, -a, -ons, -ez, -ont à l'infinitif (ou à un radical de futur irrégulier).
- Orthographe du 1er groupe : -cer / -ger Les verbes en -cer changent le c en ç, et les verbes en -ger ajoutent un e muet, devant les voyelles a et o pour conserver les sons doux /s/ et /ʒ/, tandis que les terminaisons ordinaires en -er ne changent pas.
- Changement de radical du 1er groupe : é → è (préférer) Les verbes comme préférer changent le é de la dernière syllabe du radical en è devant une terminaison muette : la voyelle accentuée s'ouvre (je préfère, mais nous préférons).
- Changement de radical du 1er groupe : e → è / redoublement Certains verbes en -er ayant un e muet dans la dernière syllabe du radical le renforcent en un è ouvert devant une terminaison muette, soit en écrivant è (acheter, lever), soit en redoublant la consonne (appeler, jeter) ; le procédé est lexical et s'apprend verbe par verbe.
- Le 1er groupe : les verbes réguliers en -er Les verbes réguliers en -er forment le présent en retirant -er de l'infinitif et en ajoutant les terminaisons -e, -es, -e, -ons, -ez, -ent.
- Orthographe du 1er groupe : -yer (y → i) Les verbes en -yer changent le y en i devant une terminaison à e muet, mais gardent le y devant les terminaisons prononcées -ons et -ez ; les verbes en -ayer admettent les deux orthographes.
- Le 2e groupe : les verbes réguliers en -ir (-iss-, finir) Les verbes du 2e groupe se terminent en -ir et intercalent l'infixe -iss- aux trois personnes du pluriel du présent, sur le modèle de finir.
- Le 3e groupe : aperçu des verbes irréguliers Le 3e groupe rassemble tous les verbes irréguliers dont le radical ou les terminaisons ne suivent pas les modèles réguliers en -er ou en -ir (-iss-).
- Les trois groupes de verbes On classe traditionnellement les verbes français en trois groupes selon leur terminaison d'infinitif et leur régularité : -er (1er groupe), -ir avec -iss- (2e groupe) et tout ce qui est irrégulier (3e groupe).
- Imparfait L'imparfait est un temps du passé pour les descriptions, les habitudes et les actions en cours ; il se forme à partir du radical du nous au présent suivi des terminaisons -ais, -ais, -ait, -ions, -iez, -aient.
- L'impératif L'impératif est le mode qui sert à donner des ordres, des instructions et des conseils ; il n'existe qu'aux formes tu, nous et vous, n'a pas de pronom sujet et place les pronoms compléments après le verbe à l'affirmatif.
- Les verbes impersonnels (falloir, pleuvoir, s'agir) Les verbes impersonnels n'existent qu'avec le sujet neutre il — jamais une personne ou une chose réelle — et couvrent la météo (il pleut), la nécessité (il faut) et quelques expressions figées (il s'agit de, il reste, il vaut mieux).
- La formation du participe passé Le participe passé est la forme employée après avoir ou être pour construire les temps composés ; il se termine par -é pour les verbes en -er, par -i pour les verbes réguliers en -ir, et suit des schémas irréguliers en -u / -is / -it/-t pour les verbes du 3e groupe.
- Le participe présent et le gérondif Le participe présent et le gérondif emploient tous deux la forme en -ant formée sur le radical de nous ; le participe seul est une forme verbale invariable qui condense une relative ou une circonstancielle, tandis que le gérondif (en + -ant) est adverbial et doit partager le sujet du verbe principal.
- Le passé antérieur Le passé antérieur est un temps composé littéraire qui exprime l'antériorité par rapport à un fait au passé simple ; il n'apparaît presque que dans la narration écrite formelle, dans une subordonnée de temps dont la principale est au passé simple.
- Passé composé Le passé composé est le temps du passé courant pour les actions achevées ; il se forme avec le présent de avoir ou être suivi d'un participe passé.
- Le passé récent (venir de + infinitif) Le passé récent, venir de + infinitif, indique qu'un fait vient de se produire ; le présent de venir signifie « vient de », et l'imparfait de venir signifie « venait de », en miroir du futur proche de l'autre côté de la chronologie.
- Le passé simple Le passé simple est le passé narratif littéraire des actions ponctuelles achevées ; il se forme selon trois familles de terminaisons (-a/-èrent, -it/-irent, -ut/-urent) et cède la place au passé composé à l'oral.
- La voix passive Le passif français se forme avec être (au temps du verbe actif) et un participe passé qui s'accorde avec le sujet ; l'agent, s'il est exprimé, est introduit par par (ou de pour les états), et seuls les verbes transitifs peuvent se mettre au passif.
- Le plus-que-parfait Le plus-que-parfait est le « passé du passé » (l'anglais 'had done') ; il se forme avec l'imparfait de avoir ou être plus le participe passé et marque la première de deux actions passées.
- Présent de l'indicatif Le présent de l'indicatif énonce des faits et des actions actuelles ou habituelles ; il se forme en ajoutant des terminaisons personnelles au radical du verbe.
- Les verbes pronominaux Les verbes pronominaux portent un pronom réfléchi (me, te, se, nous, vous, se) qui s'accorde avec le sujet ; ils recouvrent quatre sens — réfléchi, réciproque, idiomatique et passif — et forment toujours leurs temps composés avec être.
- L'imparfait du subjonctif L'imparfait du subjonctif est le passé littéraire du subjonctif ; il se forme sur le radical du passé simple avec les terminaisons en -sse et un circonflexe à la 3e personne du singulier ; le français moderne lui préfère le subjonctif présent.
- Le subjonctif passé Le subjonctif passé marque une action achevée sous un déclencheur du subjonctif ; il se forme avec le présent du subjonctif de avoir ou être plus le participe passé.
- Le subjonctif plus-que-parfait Le subjonctif plus-que-parfait est un subjonctif composé littéraire formé avec le subjonctif imparfait de avoir ou être plus le participe passé ; il exprime un subjonctif passé après un verbe principal au passé et sert aussi, en littérature, de deuxième forme du conditionnel passé.
- Le subjonctif présent Le subjonctif présent est un mode employé dans une subordonnée en que après des expressions de volonté, d'émotion, de doute ou de nécessité ; pour la plupart des verbes, il se forme sur le radical de ils plus les terminaisons -e, -es, -e, -ions, -iez, -ent.
- Verbe + (à / de) + infinitif Quand un verbe en régit un autre, le français emploie trois schémas fixes — l'infinitif direct (vouloir partir), verbe + à + infinitif (commencer à faire) et verbe + de + infinitif (décider de faire) — et le schéma qui s'applique est une propriété lexicale du premier verbe.
Grammaire
- L'accord de l'adjectif Les adjectifs français changent de forme pour s'accorder en genre et en nombre avec le nom qu'ils décrivent, en ajoutant généralement -e au féminin et -s au pluriel.
- La place de l'adjectif (BAGS / avant ou après le nom) La plupart des adjectifs français suivent le nom, mais un petit groupe décrivant la beauté, l'âge, la qualité et la taille (BAGS) le précède, et quelques-uns changent de sens selon leur place.
- Les adverbes : formation et place La plupart des adverbes de manière français se forment en ajoutant -ment au féminin de l'adjectif ; quelques-uns sont irréguliers, et leur place dépend du temps et du type d'adverbe.
- Les articles contractés (au / aux / du / des) Les prépositions à et de se combinent avec les articles définis le et les pour former les contractions obligatoires au, aux, du et des.
- Les articles définis (le / la / les) L'article défini (le, la, l', les) correspond au « the » anglais et s'accorde en genre et en nombre avec son nom ; le français l'emploie aussi devant les noms pris au sens général.
- Les articles indéfinis (un / une / des) L'article indéfini (un, une, des) signifie « un/une » ou « des » et marque un nom non spécifique, en s'accordant en genre et en nombre.
- Les articles partitifs (du / de la / des) L'article partitif (du, de la, de l', des) exprime une quantité indéterminée, comme « some » ou « any » en anglais ; après une négation et après les mots de quantité, il se réduit à de.
- c'est ou il est On emploie c'est devant un nom (généralement avec un déterminant), un nom propre ou un pronom tonique, et il/elle est devant un adjectif seul ou une profession sans article.
- Le comparatif (plus / moins / aussi … que) Le comparatif exprime un degré supérieur, inférieur ou égal à l'aide de plus, moins ou aussi devant un adjectif ou un adverbe, avec que pour introduire le second terme.
- Les adjectifs démonstratifs (ce / cet / cette / ces) Les adjectifs démonstratifs (ce, cet, cette, ces) signifient « ce/cette » au sens de « this/that » et s'accordent en genre et en nombre avec le nom.
- Le genre des noms (masculin / féminin) Tout nom français est masculin ou féminin ; son genre est fixe et commande la forme des articles et des adjectifs, et doit donc s'apprendre avec le nom.
- Les adjectifs et pronoms indéfinis (tout, chaque, plusieurs) Les indéfinis expriment la totalité, la quantité, la distribution et l'identité ; beaucoup ont une forme adjectivale (devant un nom) et une forme pronominale correspondante, et plusieurs s'accompagnent de ne pour la négation.
- Les interrogatifs (quel, qu'est-ce qui/que, lequel) Les questions françaises emploient l'adjectif interrogatif quel (qui s'accorde avec son nom), le pronom interrogatif lequel (et les contractions auquel/duquel), les formes longues qu'est-ce qui / qu'est-ce que / qui est-ce qui, et les mots courts qui, que et quoi.
- Adjectifs invariables (couleurs composées, demi, nu) Un ensemble fermé d'adjectifs français — couleurs composées et dérivées de noms, demi, nu, ci-joint/ci-inclus — échappent à la règle générale d'accord et restent invariables dans des conditions précises et faciles à retenir.
- même : identique, même (adverbe), -même (intensif) Même remplit trois fonctions distinctes — adjectif accordé signifiant « identique », adverbe invariable signifiant « même, y compris », et intensif à trait d'union signifiant « -même » — et les distinguer tient surtout à la position et au sens.
- Le ne explétif (je crains qu'il ne vienne) En français soutenu, ne seul (sans pas) peut apparaître après certains verbes et certaines conjonctions sans exprimer aucune négation ; il disparaît à l'oral courant et ne doit pas être confondu avec une vraie négation.
- La négation : ne … pas La négation standard encadre le verbe conjugué en deux éléments, ne … pas — ne devant, pas derrière — et transforme en de les articles indéfinis et partitifs du complément.
- La négation au-delà de pas : jamais / rien / personne / plus / aucun / que Gardez ne devant le verbe et remplacez pas par jamais (jamais), rien (rien), personne (personne), plus (ne… plus) ou aucun (aucun) ; ne … que signifie « seulement » et restreint sans vraiment nier.
- La formation du pluriel La plupart des noms français forment leur pluriel en ajoutant un -s muet, mais plusieurs terminaisons suivent des règles particulières comme -eau → -eaux et -al → -aux.
- L'accord du participe passé avec avoir (complément d'objet direct antéposé) Avec avoir, le participe passé s'accorde avec le complément d'objet direct seulement quand celui-ci précède le verbe ; sinon il reste invariable.
- L'accord du participe passé avec être (sujet) Quand un temps composé se forme avec être, le participe passé s'accorde en genre et en nombre avec le sujet — on ajoute -e, -s ou -es selon le cas.
- L'accord du participe passé des verbes pronominaux Les verbes pronominaux se conjuguent avec être, mais leur participe suit en réalité la règle du complément d'objet direct antéposé : il s'accorde avec le pronom réfléchi seulement quand ce pronom est l'objet direct.
- Participe passé + infinitif (fait, laissé, vu, entendu) Quand un participe passé est directement suivi d'un infinitif, les règles d'accord habituelles s'infléchissent : fait ne s'accorde jamais, laissé est désormais traité comme invariable lui aussi, et les verbes de perception ne s'accordent que si le complément antéposé accomplit l'action de l'infinitif.
- Les adjectifs possessifs (mon / ma / mes) Les adjectifs possessifs (mon, ma, mes, etc.) marquent l'appartenance et s'accordent avec l'objet possédé, non avec le possesseur.
- Les prépositions à et de À marque la destination, le lieu et le complément indirect (« à ») ; de marque l'origine, la possession et la matière (« de »). Les deux fixent des constructions verbales et se contractent avec le/les en au/aux et du/des.
- Les prépositions courantes (avec, sans, chez, pour, par) Au-delà de à et de, le français s'appuie sur un ensemble de prépositions très fréquentes — avec, sans, chez, pour, par, dans/en, sur/sous et d'autres — dont le sens ne correspond pas toujours terme à terme à l'anglais ou à d'autres langues.
- Les prépositions de lieu (à / en / au / aux + pays) On emploie à avec les villes, en avec les pays et continents féminins, au avec les pays masculins, aux avec les pays pluriels ; ces prépositions signifient « à » comme « en », et de/du marque l'origine.
- Les pronoms démonstratifs (celui, celle, ce, ça) On emploie celui / celle / ceux / celles pour remplacer un nom déjà mentionné ; ils ne s'emploient jamais seuls mais sont complétés par -ci/-là, par de ou par une relative. Les formes neutres ce/c', ceci, cela et ça renvoient à une idée ou à une chose non nommée.
- Les pronoms compléments d'objet direct (me / te / le / la / nous / vous / les) Les pronoms compléments d'objet direct (me, te, le, la, nous, vous, les) remplacent le nom qui subit directement l'action et se placent devant le verbe conjugué, où ils peuvent déclencher l'accord du participe passé.
- Le pronom en Le pronom en remplace « de + quelque chose » et reprend les quantités ; il signifie « en / de cela » et se place toujours devant le verbe.
- Les pronoms compléments d'objet indirect (lui / leur) Les pronoms compléments d'objet indirect remplacent « à + une personne » : lui veut dire « à lui / à elle », leur veut dire « à eux / à elles », et tous deux se placent devant le verbe.
- L'ordre des pronoms compléments Quand plusieurs pronoms compléments se cumulent devant le verbe, ils suivent un ordre fixe : me/te/se/nous/vous, puis le/la/les, puis lui/leur, puis y, puis en.
- Les pronoms possessifs (le mien, le tien) Les pronoms possessifs comme le mien / la mienne / les miens remplacent un nom et signifient « le mien, le tien, le sien… ». Ils portent toujours l'article défini et s'accordent en genre et en nombre avec l'objet possédé, non avec le possesseur.
- Les pronoms relatifs (qui / que / dont / où) Les pronoms relatifs relient deux propositions : qui est sujet, que complément d'objet direct, dont remplace « de + nom », et où marque le lieu ou le temps.
- Les relatifs indéfinis (ce qui, ce que, ce dont) ce qui, ce que et ce dont introduisent une relative dont l'antécédent n'est pas un nom précis mais toute une idée, une proposition ou une chose non nommée (« ce qui / ce que »). Le choix dépend de la fonction dans la relative : sujet, objet, ou complément avec de.
- Le pronom relatif lequel Lequel (laquelle, lesquels, lesquelles) est le pronom relatif employé après une préposition ; il s'accorde en genre et en nombre avec l'antécédent et se contracte avec à et de.
- Les pronoms toniques (moi / toi / lui) Les pronoms toniques — moi, toi, lui, elle, nous, vous, eux, elles — s'emploient après une préposition, pour insister, dans les tournures avec c'est et quand le pronom est isolé.
- Les pronoms sujets Les pronoms sujets français (je, tu, il, elle, on, nous, vous, ils, elles) désignent qui fait l'action et commandent la conjugaison ; contrairement à l'anglais, on ne peut presque jamais les omettre.
- Le pronom y Le pronom y remplace une expression de lieu ou un groupe introduit par à renvoyant à une chose ; il se place devant le verbe et ne s'emploie jamais pour une personne.
- La formation des questions : intonation / est-ce que / inversion Les questions fermées ont trois formes — l'intonation montante (familier), est-ce que en tête (neutre) et l'inversion verbe-sujet (soutenu) ; l'inversion insère un -t- euphonique comme dans a-t-il.
- Les déclencheurs du subjonctif Le subjonctif apparaît dans une proposition en que après des expressions de volonté, de nécessité, d'émotion ou de doute, et après certaines conjonctions ; il exige normalement deux sujets différents, et la certitude à l'affirmatif garde l'indicatif.
- Le superlatif (le/la/les plus / moins …) Le superlatif exprime le degré le plus haut ou le plus bas à l'aide de l'article défini suivi de plus ou moins, comme dans le plus grand.
- tout / toute / tous / toutes Tout remplit trois fonctions — déterminant, pronom et adverbe — et chacune s'accorde différemment, avec un accord euphonique particulier pour l'adverbe devant un adjectif féminin.
Usage
- Les connecteurs logiques (cause, conséquence, but, opposition) Les connecteurs logiques relient les idées selon leur rapport : cause (parce que, car, puisque, comme, à cause de / grâce à), conséquence (donc, alors, c'est pourquoi, si bien que), but (pour/afin de + infinitif, pour que/afin que + subjonctif), opposition/concession (mais, cependant, pourtant, bien que/quoique + subjonctif, malgré + nom) et addition (et, de plus, en outre).
- Les dates et l'heure En français, la date se forme avec le + nombre cardinal + mois (le 3 mai), avec le premier seulement pour le 1er et sans majuscule aux jours ni aux mois ; l'heure se dit avec heure(s) (il est huit heures), midi/minuit pour 12 h, et quart, et demie, moins le quart pour les quarts, et l'horloge de 24 heures pour les horaires.
- La mise en relief : c'est … qui / que Pour mettre un mot en relief, le français l'encadre dans une structure clivée : c'est … qui met en relief le SUJET (« C'est Marie qui a payé »), c'est … que met en relief un objet ou un complément (« C'est ce livre que je veux » ; « C'est demain qu'on part »). Le cadre ce qui/ce que …, c'est met en relief toute une idée. On choisit qui pour la fonction sujet et que pour la fonction objet ; le verbe de la proposition en qui s'accorde avec le nom mis en relief.
- Les exclamations : quel…!, comme…!, que…! Le français construit ses exclamations avec un petit groupe de mots dédiés — l'adjectif accordable quel, et les invariables comme, que et que de — chacun avec sa propre structure, à distinguer de l'interrogatif comment.
- Les verbes à sujet inversé (manquer, plaire) Quelques verbes français inversent le sujet et l'objet par rapport à l'anglais. Avec manquer et plaire, la personne ou la chose éprouvée est le SUJET et celui qui éprouve est un complément indirect (à / me te lui nous vous leur) : « Tu me manques » = I miss you ; « Ce livre me plaît » = I like this book. Le même schéma régit il me reste et il me faut. Le grand piège : « je te manque » signifie en réalité « you miss me ».
- Le ne … que restrictif (seulement) Ne … que signifie « seulement ». C'est une restriction, non une négation : il ne prend donc pas de pas : « Je n'ai que dix euros ». Le que se place juste devant l'élément qu'il restreint (« Il ne mange que des légumes »), et ne faire que + infinitif signifie « ne faire que ». C'est l'équivalent de seulement. Ne lisez pas que comme une négation, et notez que ne … pas que veut dire « pas seulement ».
- Les nombres (dont 70/80/90) Le français standard construit 70-99 par calcul — 70 = soixante-dix (60+10), 80 = quatre-vingts (4x20), 90 = quatre-vingt-dix (4x20+10) ; et n'apparaît que dans 21/31/41/51/61/71, vingt garde son -s dans quatre-vingts seul, et la Belgique et la Suisse emploient les formes simples septante et nonante (et huitante dans une partie de la Suisse).
- tu ou vous (politesse) Le français a deux mots pour « you » : tu est le singulier familier pour les personnes proches, tandis que vous est à la fois le singulier de politesse marquant la distance ou le respect et le seul pluriel pour tout groupe.
- Les expressions de quantité (beaucoup de, un peu de…) Les adverbes de quantité — beaucoup, (un) peu, assez, trop, plus, moins, autant, tant, combien — se relient au nom par le de simple et invariable (d' devant voyelle), sans article : « beaucoup de livres », et non « beaucoup des livres ». On emploie un peu de pour l'indénombrable et quelques pour le dénombrable. Quelques locutions gardent l'article : bien des, la plupart des, encore du.
- Le registre : soutenu, courant, familier L'oral et l'écrit français se déclinent en trois registres — soutenu, courant et familier — et ce choix modifie non seulement le vocabulaire mais aussi la grammaire : négation, formation des questions et pronoms.
- Le discours indirect Le discours indirect rapporte les paroles au moyen d'une subordonnée : les déclarations emploient que, les questions fermées si, et les questions partielles gardent leur mot interrogatif (avec ce qui/ce que pour qu'est-ce qui/qu'est-ce que). Après un verbe introducteur au passé, les temps reculent et les marqueurs de temps et les pronoms changent.
- La concordance des temps Quand le verbe principal est à un temps du passé, le verbe de la subordonnée en que recule d'un cran : le présent devient imparfait, le passé composé devient plus-que-parfait, et le futur devient conditionnel — pour exprimer la simultanéité, l'antériorité et la postériorité par rapport au passé.
- Les phrases avec si (l'hypothèse) Les phrases hypothétiques associent une subordonnée en si à une principale selon trois schémas fixes : si + présent → présent/futur/impératif ; si + imparfait → conditionnel présent ; si + plus-que-parfait → conditionnel passé. Le conditionnel et le futur n'apparaissent jamais directement après si.
- Futur simple ou futur proche (aller + infinitif) Le futur proche (aller + infinitif) présente l'avenir comme proche, prévu ou lié au présent et domine à l'oral ; le futur simple, en un mot, sert pour l'avenir lointain, formel ou écrit, les prédictions et les promesses, et s'impose après quand/dès que/lorsque quand la principale est au futur.
- Passé composé ou imparfait Employez le passé composé pour les événements passés achevés et délimités qui font avancer le récit, et l'imparfait pour la description d'arrière-plan, les situations en cours et les habitudes répétées sans fin précise.
- Le temps : il y a, ça fait, depuis Il y a + durée signifie « il y a » (au sens de « ago ») — un point achevé dans le passé : « il y a deux ans ». Il y a … que et ça fait … que + PRÉSENT expriment une durée qui dure encore, exactement comme depuis : « Ça fait deux ans que j'habite ici » = « J'habite ici depuis deux ans ». Le français emploie le présent pour le cas continu là où l'anglais emploie le present perfect.
- depuis / pendant / pour Employez depuis pour une action commencée dans le passé et qui dure encore (avec le présent), pendant pour la durée complète et achevée d'une action, et pour pour une durée prévue ou intentionnelle.
Contrastes
- a ou à a (sans accent) est le verbe avoir à la 3e personne (il a) ; à (accent grave) est une préposition (à, vers, dans) ; comme ce sont des homophones, on teste en remplaçant le mot par avait — si ça marche encore, c'est le verbe a, sinon c'est la préposition à.
- amener ou apporter Employez amener (racine -mener, « conduire ») pour les personnes et les animaux qu'on amène, et apporter (racine -porter, « porter ») pour les objets qu'on apporte ; la même répartition régit le couple « au loin » emmener (emmener une personne) et emporter (emporter une chose). Règle : si ça marche, on le conduit (amener/emmener) ; si on doit le porter, on le porte (apporter/emporter).
- an ou année (jour/journée, matin/matinée) Les formes masculines an, jour, matin, soir nomment une unité de temps comme un point ou un décompte, tandis que les formes féminines année, journée, matinée, soirée insistent sur la durée ou le contenu de cette période.
- bon ou bien bon est un adjectif (« bon ») qui qualifie un nom et s'accorde avec lui en genre et en nombre, tandis que bien est surtout un adverbe (« bien ») qui modifie un verbe, un adjectif ou un adverbe et reste invariable.
- c'est ou s'est (et ces / ses) c'est (ce + est) présente ou identifie quelque chose (« c'est vrai » ; test : remplacer par cela est) ; s'est (se + est) est le pronom réfléchi devant être dans un passé composé pronominal, toujours suivi d'un participe passé (il s'est levé). La paire apparentée ces (démonstratif pluriel, « ces livres » ; singulier : ce/cette) et ses (possessif pluriel, « ses livres » ; singulier : son/sa) se prononce aussi /sɛ/ ou /se/ et suit la même logique de substitution au singulier.
- ce ou se ce est un démonstratif (« ce/cette ») placé devant un nom (ce livre) ou devant être (c'est, ce sont) ; se est le pronom réfléchi de 3e personne placé juste devant un verbe (il se lave). Règle : si le mot précède un verbe conjugué autre qu'être et que l'action revient sur le sujet, écrivez se ; devant un nom ou devant être, écrivez ce.
- sûr/sur, dû/du, mûr/mur (l'accent circonflexe distinctif) Plusieurs paires d'homophones français ne se distinguent que par un accent circonflexe : sûr (adjectif, s'accorde : sûre/sûrs) contre sur (préposition invariable) ; dû (participe passé de devoir, circonflexe uniquement au masculin singulier : due/dus/dues le perdent) contre du (article partitif/contracté) ; mûr (adjectif, s'accorde : mûre) contre mur (nom). Le même schéma apparaît dans jeûne (nom/verbe) contre jeune (adjectif), et crû (participe passé de croître) contre cru (participe passé de croire, ou adjectif « non cuit »). Astuce : le circonflexe marque le mot « porteur de sens » (adjectif/participe) ; la forme nue est le mot grammatical (préposition/article/nom).
- dans ou d'en dans est une préposition signifiant « in/inside/within » (dans la boîte ; dans deux jours) ; d'en est de + le pronom en élidé (il vient d'en parler ; je suis content d'en avoir). Test : dans est toujours suivi d'un groupe nominal ; d'en est toujours suivi d'un verbe (généralement un infinitif) ou d'un adverbe. Voir aussi d'en face / d'en haut.
- entendre ou écouter entendre signifie « entendre » — la perception passive du son qui parvient aux oreilles — tandis que écouter signifie « écouter » — l'acte volontaire de prêter attention. Les deux sont directement transitifs : on écoute quelqu'un, jamais *écouter à.
- et ou est ou es et est la conjonction invariable « et » (le pain et le vin) ; est est la troisième personne du singulier d'être, « est » (il est grand) ; es est la deuxième personne du singulier d'être, « es » (tu es prêt). À l'oral relâché, les trois peuvent se ressembler, mais en prononciation soignée et se dit /e/ tandis qu'est/es se disent /ɛ/. Test : remplacez le mot par était — si cela fonctionne encore, c'est une forme d'être (est/es) ; remplacez-le par « et puis » — si cela fonctionne, c'est la conjonction et.
- être ou avoir être signifie « être » et avoir signifie « avoir », mais le français emploie avoir pour de nombreux états que l'anglais rend par « to be » (âge, faim, peur), et les deux verbes se partagent la formation des temps composés.
- Les faux amis avec l'anglais Les faux amis ressemblent à des mots anglais mais signifient autre chose, parfois même le contraire — actuellement veut dire « currently », pas « actually » ; librairie veut dire « bookshop », pas « library ».
- jour ou journée (et matin/matinée, soir/soirée, an/année) Le français a deux mots pour chaque unité de temps : la forme courte masculine (jour, matin, soir, an) désigne l'unité comme un point que l'on compte, tandis que la forme féminine en -ée (journée, matinée, soirée, année) désigne toute la durée telle qu'on la remplit et qu'on la vit.
- la, là ou l'a Trois mots prononcés /la/ se confondent sans cesse à l'écrit : la (l'article ou le pronom complément), là (l'adverbe « là », avec accent grave) et l'a (le pronom élidé l'/la suivi de la forme verbale a, « a »). Un test rapide les distingue.
- leur ou leurs leur a deux vies grammaticales : comme pronom complément d'objet indirect devant un verbe, il signifie « à eux / à elles » et reste invariable (jamais *leurs) ; comme adjectif possessif devant un nom, il signifie « leur » et prend un -s quand le nom est pluriel (leur maison, leurs enfants).
- mais ou mes ou met(s) mais = « but » en anglais, conjonction d'opposition ; mes = possessif pluriel « mes » (mes amis, singulier mon/ma) ; met/mets = le verbe mettre au présent (il met, tu mets) ; un mets = un plat (nom rare). Tous se prononcent /mɛ/. Tests : mais peut être remplacé par « pourtant » ; mes peut être remplacé par tes ou ses ; met(s) peut être remplacé par mettait (imparfait de mettre).
- meilleur ou mieux Les deux se traduisent par « better » en anglais, mais meilleur est le comparatif irrégulier de l'adjectif bon (et s'accorde avec son nom), tandis que mieux est le comparatif irrégulier de l'adverbe bien (et reste invariable). *plus bon et *plus bien n'existent pas.
- on ou ont on est le pronom sujet indéfini (« on mange à midi ») ; ont est le verbe avoir conjugué pour ils/elles (ils ont faim). Les deux se prononcent /ɔ̃/. Règle : si vous pouvez remplacer le mot par avaient (imparfait d'avoir), c'est ont ; si vous pouvez le remplacer par un sujet comme il, c'est on. Comme on est un sujet, « on ont » est impossible — on prend toujours un verbe à la troisième personne du singulier (on a, on est).
- ou ou où ou (sans accent) est la conjonction « ou » qui propose un choix (thé ou café) ; où (accent grave) marque le lieu — « où » — et, après un mot de temps, le moment (où vas-tu ?, le jour où). Règle : si on peut le remplacer par « ou bien », écrivez ou ; s'il signifie vraiment le lieu/le moment, écrivez où.
- partir, sortir ou quitter partir = s'en aller/se mettre en route (intransitif, aux être : je suis parti) ; sortir = sortir d'un lieu fermé ou sortir socialement (être en emploi intransitif, avoir en emploi transitif) ; quitter = quitter quelqu'un ou quelque chose, toujours avec un complément d'objet direct (aux avoir : j'ai quitté). Règle : nommer ce qu'on quitte → quitter ; simplement partir → partir ; sortir d'un lieu → sortir.
- peu, peux ou peut peu est un adverbe signifiant « little/few » (un peu de, très peu) ; peux est pouvoir à la première ou deuxième personne du singulier au présent (je peux, tu peux) ; peut est pouvoir à la troisième personne du singulier (il/elle/on peut). Les trois se prononcent /pø/. Test : si vous pouvez remplacer le mot par pouvait (imparfait), c'est une forme verbale (peux/peut, selon le sujet) ; si vous pouvez le remplacer par son contraire, beaucoup, c'est peu. Distinguez aussi peut-être (« maybe », un seul mot figé) de il peut être (« he can be »).
- plus tôt ou plutôt plus tôt (deux mots) est le comparatif de tôt, signifiant « plus tôt » — le contraire de plus tard. plutôt (un seul mot) signifie « de préférence », « au lieu de cela » ou « assez », exprimant une préférence ou un degré. Test : si l'on peut substituer plus tard et que la phrase parle toujours du moment, c'est plus tôt (deux mots) ; sinon, c'est plutôt.
- près ou prêt près et prêt se prononcent pareil (/pʁɛ/) mais n'ont aucun rapport : près est un adverbe/une préposition signifiant « près » (près de + nom), tandis que prêt est un adjectif signifiant « prêt » qui s'accorde (prêt/prête/prêts/prêtes) et se construit avec prêt à + infinitif. Il existe aussi un homophone un prêt, « un prêt » d'argent.
- quand ou quant ou qu'en quand = « lorsque » (conjonction ou mot interrogatif : quand pars-tu ?) ; quant n'apparaît que dans l'expression figée quant à/aux, « en ce qui concerne » (quant à moi, je reste) ; qu'en est la contraction de que + en (Qu'en penses-tu ?). Les trois se prononcent /kɑ̃/. Tests : suivi de à/aux → quant ; développable en « que … de cela » → qu'en ; sinon → quand.
- quel(le)(s) ou qu'elle(s) quel/quelle/quels/quelles est un déterminant interrogatif-exclamatif qui s'accorde avec le nom qu'il introduit (Quelle heure est-il ? Quel beau jour !) ; qu'elle(s) est la conjonction/pronom que élidé devant elle(s) (je crois qu'elle vient). Les deux se prononcent /kɛl/. Test : remplacez le mot par qu'il — si la phrase fonctionne toujours grammaticalement, c'est qu'elle ; si le mot précède directement un nom et change de forme pour s'accorder avec lui, c'est quel(le)(s).
- quelque ou quel que (et quoique ou quoi que) quelque(s) est un déterminant en un seul mot signifiant « quelques, un peu de » ; quel(le)(s) que s'écrit en deux mots, signifie « quel que soit… » et se construit avec être au subjonctif, quel s'accordant avec le sujet. La paire parallèle quoique/quoi que fonctionne de la même façon.
- sa ou ça (ou çà) sa est l'adjectif possessif féminin singulier « sa » (sa maison, toujours devant un nom féminin) ; ça est le pronom familier « cela » (ça va, ça m'énerve) ; çà est un adverbe archaïque rare qui ne survit que dans l'expression figée çà et là. Les trois se prononcent /sa/. Tests : sa peut être remplacé par ma/ta ; ça peut être remplacé par cela.
- savoir ou connaître Tous deux se traduisent par « savoir/connaître », mais savoir concerne les faits, l'information et le savoir-faire (et se construit avec une proposition ou un infinitif), tandis que connaître exprime la familiarité avec une personne, un lieu ou une chose (et se construit avec un nom direct).
- son ou sont son est un adjectif possessif signifiant « his/her/its » devant un nom masculin singulier (son frère) ou devant un nom féminin commençant par une voyelle (son école) ; sont est le verbe être conjugué pour ils/elles (ils sont là). Les deux se prononcent /sɔ̃/. Test : si vous pouvez remplacer le mot par étaient (imparfait d'être), c'est sont ; si vous pouvez le remplacer par mon ou ton, c'est son. (Un troisième mot, sans rapport, un son, signifie « a sound ».)
- voir ou regarder voir signifie « voir » — la perception passive qui arrive à vos yeux — tandis que regarder signifie « regarder » — l'acte volontaire de diriger son attention. Les deux sont directement transitifs : on regarde quelque chose, jamais *regarder à.
Prononciation
- Les accents (é è ê ç) Les signes diacritiques du français modifient le son d'une lettre ou distinguent des mots à l'écrit ; ils font partie de l'orthographe correcte et ne sont pas décoratifs.
- Les consonnes (le r français et les autres) Les consonnes françaises diffèrent de l'anglais sur quatre points majeurs : le r est uvulaire /ʁ/ (au fond de la gorge, non le r rétroflexe anglais) ; /p t k/ ne sont pas aspirées (sans souffle d'air) ; /t d/ sont dentales ; et gn note /ɲ/. Les consonnes finales sont généralement muettes, sauf souvent l'ensemble « CaReFuL » c, r, f, l. La lettre h ne se prononce jamais.
- L'élision (le → l', je → j') L'élision supprime la voyelle finale de quelques mots courts devant un mot commençant par une voyelle ou un h muet, et la coupure s'écrit avec une apostrophe.
- L'enchaînement et le rythme L'enchaînement fait passer une consonne finale déjà prononcée sur la voyelle du mot suivant, à la différence de la liaison, qui fait resurgir une consonne normalement muette ; associé au rythme à syllabes égales, il donne au français sa fluidité sans coupure.
- De l'orthographe au son (ch, gn, -ill-, qu…) L'orthographe française est bien plus régulière que l'anglaise une fois connues les principales correspondances graphie-phonème : ch = /ʃ/, gn = /ɲ/, qu = /k/, ç = /s/, ph = /f/, th = /t/. Les lettres c et g sont « douces » (/s/, /ʒ/) devant e/i/y et « dures » (/k/, /g/) ailleurs. Les digrammes vocaliques sont eux aussi systématiques : au/eau = /o/, ai/ei = /ɛ/, oi = /wa/, ou = /u/, eu = /ø~œ/.
- h aspiré et h muet La lettre h ne se prononce jamais en français, mais un h « aspiré » bloque l'élision et la liaison, alors qu'un h « muet » les autorise.
- La liaison La liaison fait prononcer une consonne finale normalement muette et la lie au mot suivant commençant par une voyelle.
- Les voyelles nasales Les voyelles nasales se prononcent avec de l'air passant par le nez ; elles s'écrivent voyelle + m ou n, cette consonne n'étant pas prononcée.
- Les nombres à l'oral : cinq, six, huit, dix, neuf, vingt Plusieurs nombres français changent de consonne finale selon ce qui suit : prononcés en entier quand on compte seul, souvent réduits devant une consonne, et liés par liaison devant une voyelle.
- Les voyelles orales et le e caduc Le français possède un riche système de voyelles orales /i e ɛ a (ɑ) ɔ o u y ø œ ə/. Les contrastes essentiels pour les apprenants sont /e/ fermé vs /ɛ/ ouvert, /y/ antérieur arrondi vs /u/ postérieur, et /ø/ vs /œ/. Le e caduc (schwa /ə/) tombe souvent à l'oral.
- Les semi-voyelles (/w/, /ɥ/, /j/) Le français possède trois semi-voyelles (semi-consonnes) : /j/ (le yod, comme dans hier /jɛʁ/ et fille /fij/), /w/ (comme dans oui /wi/ et moi /mwa/) et /ɥ/ arrondi (comme dans lui /lɥi/ et huit /ɥit/). Elles apparaissent quand i, u ou ou précèdent une autre voyelle. Le son difficile pour les anglophones est /ɥ/, et la paire /wi/ (oui) vs /ɥi/ (huit) est un contraste essentiel.
- Les lettres muettes Le français écrit de nombreuses lettres non prononcées, surtout les consonnes finales et le e ; elles réapparaissent souvent en liaison ou marquent la grammaire.
Régional (Québec)
- Anglicismes et calques au Québec Le contact avec l'anglais donne au français québécois une couche d'emprunts et de calques familiers comme c'est le fun, canceller et tomber en amour, mais cette même variété garde ou crée souvent du français là où l'Europe emprunte à l'anglais, comme courriel, clavardage, stationnement et arrêt ; le résultat dépend fortement du registre et porte la marque d'un aménagement linguistique délibéré.
- Particularités grammaticales du Québec (un survol) Le français québécois suit à l'écrit la même grammaire standard que le français européen, mais la langue familière présente un ensemble de traits morphosyntaxiques distinctifs, dont les pronoms renforcés nous autres / vous autres / eux autres, on pour nous, la particule interrogative -tu, le là en fin de phrase, et plusieurs emplois de verbes et de prépositions comme barrer / débarrer.
- Le français québécois / canadien — vue d'ensemble Le français québécois est un standard régional à part entière de la langue française, doté de sa propre prononciation, de son vocabulaire et de sa grammaire familière, mutuellement intelligible avec le français européen et allant de l'usage soigné au vernaculaire qu'on appelle le joual.
- Prononciation québécoise : l'affrication de /t/ et /d/ (tu → /tsy/, dire → /dzir/) En français québécois, les occlusives /t/ et /d/ se réalisent comme les affriquées [ts] et [dz] devant les voyelles antérieures hautes /i/ et /y/ et leurs semi-voyelles, si bien que tu se dit [tsy] et dire [dzir].
- Prononciation québécoise : oppositions vocaliques, relâchement et diphtongaison Le français québécois conserve des oppositions vocaliques largement neutralisées en France (patte vs pâte, brin vs brun), relâche les voyelles hautes /i y u/ en syllabe fermée et diphtongue les voyelles longues à l'oral familier.
- La particule interrogative -tu au Québec En français québécois familier (et plus largement laurentien), une question fermée peut être marquée en attachant la particule -tu au verbe, comme dans Tu viens-tu? ou C'est-tu loin?; ce -tu est un marqueur d'interrogation issu de l'ancienne désinence d'inversion, et non le pronom tu, et il s'emploie avec n'importe quel sujet.
- Vocabulaire courant du Québec (char, magasiner, dépanneur) Le français québécois partage l'essentiel de son lexique avec le français européen, mais s'en distingue par des centaines de mots du quotidien, les uns hérités d'un usage ancien, les autres créés sur place ou au sens déplacé, les plus connus étant char (voiture), magasiner (faire des achats), dépanneur (petite épicerie) et les noms de repas déjeuner, dîner et souper.