Les phrases avec si (l'hypothèse)
Résumé
Les phrases hypothétiques associent une subordonnée en si à une principale selon trois schémas fixes : si + présent → présent/futur/impératif ; si + imparfait → conditionnel présent ; si + plus-que-parfait → conditionnel passé. Le conditionnel et le futur n'apparaissent jamais directement après si.
Explication
Une phrase hypothétique française comporte deux parties : la subordonnée introduite par si, qui énonce la condition, et la principale, qui énonce le résultat. Les deux propositions peuvent se présenter dans l'un ou l'autre ordre : « Si tu veux, on y va » signifie la même chose que « On y va si tu veux. » La règle capitale est que le conditionnel et le futur n'apparaissent jamais immédiatement après si. Là où l'anglais admet « if I would have », le français le refuse : le conditionnel ne vit que dans la principale.
Schéma 1 — la condition réelle, ouverte : si + présent dans la subordonnée, et le présent, le futur simple ou l'impératif dans la principale. On exprime ainsi un fait probable ou habituel : « Si tu veux, on y va » (présent), « Si j'ai le temps, je viendrai » (futur), « Si tu as faim, mange quelque chose » (impératif). La condition est présentée comme une vraie possibilité.
Schéma 2 — la condition irréelle du présent (ou peu probable) : si + imparfait dans la subordonnée, et le conditionnel présent dans la principale. On décrit une situation contraire au présent ou ressentie comme improbable : « Si j'avais le temps, je viendrais » (« si j'avais le temps » — mais je ne l'ai pas). L'imparfait n'est pas ici un temps du passé ; c'est la forme qu'exige l'hypothèse.
Schéma 3 — la condition irréelle du passé : si + plus-que-parfait dans la subordonnée, et le conditionnel passé dans la principale. On exprime un regret ou une hypothèse sur ce qui n'a pas eu lieu : « Si j'avais su, je serais venu. » Le plus-que-parfait pose la condition irréelle dans le passé ; le conditionnel passé en donne la conséquence non réalisée.
Deux points d'orthographe et de forme importent. D'abord, si ne s'élide en s' que devant il et ils : « s'il pleut », « s'ils viennent », mais jamais devant elle/elles ni on (« si elle veut », « si on part »). Ensuite, il ne faut pas confondre le si de l'hypothèse avec le si qui signifie « est-ce que » dans l'interrogation indirecte (« Je me demande s'il viendra ») ; ce si-là peut être suivi d'un futur ou d'un conditionnel, car il n'introduit aucune hypothèse.
Un bon moyen mnémotechnique consiste à fixer les trois couples : présent ↔ présent/futur/impératif, imparfait ↔ conditionnel présent, plus-que-parfait ↔ conditionnel passé. Si vous savez nommer le temps de la subordonnée en si, le temps de la principale est déterminé ; et si vous avez envie d'un conditionnel après si, vous avez presque sûrement choisi la mauvaise moitié d'un couple.
Exemples
Si tu veux, on y va. — If you want, we'll go. (Schéma 1 : si + présent → présent (condition réelle, ouverte).)
Si j'ai le temps, je viendrai. — If I have time, I'll come. (Schéma 1 : si + présent → futur simple.)
Si tu as faim, mange quelque chose. — If you're hungry, eat something. (Schéma 1 : si + présent → impératif.)
Si j'avais le temps, je viendrais. — If I had time, I would come. (Schéma 2 : si + imparfait → conditionnel présent (irréel du présent).)
Si j'avais su, je serais venu. — If I had known, I would have come. (Schéma 3 : si + plus-que-parfait → conditionnel passé (irréel du passé).)
S'il pleut demain, nous resterons à la maison. — If it rains tomorrow, we'll stay home. (si ne s'élide en s' que devant il/ils.)
Erreurs fréquentes
Si j'aurais le temps, je viendrais.
Si j'avais le temps, je viendrais.
Le verbe qui suit si dans une phrase hypothétique n'est jamais au conditionnel ni au futur : si est incompatible avec le conditionnel. Pour une hypothèse irréelle au présent, le français emploie si + imparfait dans la subordonnée et le conditionnel présent dans la principale (le résultat) : « Si j'avais le temps, je viendrais. » Les apprenants transposent la tournure anglaise « If I would have time » et écrivent *si j'aurais, mais le conditionnel n'a sa place que dans la principale. De même, pour une condition réelle, on emploie si + présent suivi du présent, du futur ou de l'impératif (« Si tu veux, on y va »), et pour une hypothèse irréelle dans le passé, si + plus-que-parfait suivi du conditionnel passé (« Si j'avais su, je serais venu »).
Prérequis
Règles liées
conditionalhypothesistense-sequencesyntax