Les verbes impersonnels (falloir, pleuvoir, s'agir)
Résumé
Les verbes impersonnels n'existent qu'avec le sujet neutre il — jamais une personne ou une chose réelle — et couvrent la météo (il pleut), la nécessité (il faut) et quelques expressions figées (il s'agit de, il reste, il vaut mieux).
Explication
Les verbes impersonnels ne s'emploient qu'à la troisième personne du singulier avec le pronom sujet neutre il, qui ne renvoie à aucune personne ni chose réelle : il ne fait que remplir la place du sujet grammatical exigée par le français. Les verbes météorologiques en sont l'exemple le plus net : il pleut, il neige, il gèle, il fait beau/froid/chaud/du vent. Aucun ne peut prendre un sujet personnel : *je pleus n'existe pas.
Le verbe impersonnel le plus important est falloir, qui exprime la nécessité. Suivi d'un infinitif ou d'un nom, il est invariable : il faut partir, il faut du courage — et il ne s'accorde jamais avec une personne. Pour rattacher la nécessité à une personne précise, le français emploie soit il faut que + subjonctif (Il faut que tu viennes), soit la construction avec objet indirect il me/te/lui/nous/vous/leur faut + nom (Il me faut du temps). Falloir n'a aucune conjugaison personnelle : des formes comme *je faux ou *tu fauts n'existent pas.
Un second groupe d'expressions impersonnelles figées fonctionne de la même manière : il reste (il me reste dix euros), il manque (il manque deux chaises), il existe (il existe plusieurs solutions), il semble que (il semble qu'il soit malade) et il vaut mieux + infinitif (il vaut mieux partir tôt). Le tour impersonnel il est + adjectif + de/que en fait aussi partie : il est important de réviser, il est nécessaire que tu répondes.
Il s'agit de mérite une attention particulière car il est souvent mal traduit. Il signifie « il est question de », et son sujet il ne peut jamais être remplacé par le sujet réel du propos : on ne peut pas dire *ce livre s'agit de la guerre pour « ce livre parle de la guerre ». Le français dit Il s'agit de la guerre dans ce livre, Dans ce livre, il s'agit de la guerre, ou change tout simplement de verbe : Ce livre parle de la guerre / traite de la guerre.
Falloir que et plusieurs de ces expressions impersonnelles de nécessité, de doute ou de possibilité (il faut que, il semble que, il se peut que) déclenchent fortement le subjonctif, si bien que la subordonnée qu'elles introduisent se met au subjonctif : Il faut que tu viennes, et non *que tu viens. Les verbes météorologiques et il y a, en revanche, ne prennent aucune subordonnée et restent simplement invariables.
Règle pratique : si un verbe n'a pas de sujet réel remplaçable et n'apparaît qu'avec il, il est impersonnel — ne le conjuguez jamais pour je/tu/nous, rattachez la nécessité à une personne avec il faut que + subjonctif ou il me faut + nom, et rappelez-vous que il s'agit de garde toujours il comme sujet, jamais le sujet réel du propos.
Exemples
Il pleut depuis ce matin. — It has been raining since this morning. (Verbe météorologique : il est un sujet grammatical sans référent réel.)
Il faut que tu viennes à la réunion. — You need to come to the meeting. (Falloir rattache la nécessité à une personne par il faut que + subjonctif (viennes).)
Il me faut encore un peu de temps. — I still need a bit more time. (Construction à complément indirect il me faut + nom, variante de il faut que.)
Il s'agit d'un problème de sécurité, pas d'un simple retard. — It's a matter of security, not a simple delay. (Il s'agit de conserve il comme sujet ; jamais *ce problème s'agit de.)
Il vaut mieux réserver à l'avance. — It's better to book in advance. (Tournure impersonnelle il vaut mieux + infinitif, qui exprime une recommandation.)
Il me reste dix minutes avant le départ du train. — I have ten minutes left before the train leaves. (Il reste est impersonnel ; le complément indirect me indique à qui appartient le temps restant.)
Erreurs fréquentes
Je faux partir.
Il faut que je parte.
Falloir est un verbe impersonnel : il n'existe qu'à la forme il (il faut, il fallait, il faudra…) et ne prend jamais de sujet personnel comme je, tu ou nous. Pour exprimer qu'une personne précise doit faire quelque chose, on emploie il faut que + subjonctif (Il faut que je parte) ou il me/te/lui faut + nom (Il me faut du temps). Les formes *je faux, *tu fauts n'existent pas.
Prérequis
Règles liées
impersonalfalloirsubjunctive-triggerweather