L'accord du participe passé avec avoir (complément d'objet direct antéposé)
Résumé
Avec avoir, le participe passé s'accorde avec le complément d'objet direct seulement quand celui-ci précède le verbe ; sinon il reste invariable.
Explication
Quand un temps composé se construit avec l'auxiliaire avoir, la règle par défaut est l'absence d'accord : le participe passé reste à sa forme de base, masculin singulier. J'ai mangé les pommes garde mangé invariable bien que les pommes soit féminin pluriel, parce que le complément suit le verbe. C'est le cas normal, qui couvre la grande majorité des phrases.
L'accord n'apparaît que dans une situation précise : quand un complément d'objet direct précède le verbe, le participe s'accorde avec ce complément antéposé en genre et en nombre. Le complément antéposé est généralement l'un de trois éléments — un pronom complément d'objet direct (le, la, les, me, te, nous, vous), le pronom relatif que, ou un interrogatif avec quel(le)(s) ou combien. Ainsi les pommes que j'ai mangées, je les ai vues, quelle robe as-tu achetée ?
Il est essentiel que l'élément antéposé soit un complément DIRECT. Il n'y a pas d'accord avec un complément indirect : je leur ai parlé et la femme à qui j'ai écrit restent invariables, car parler à et écrire à prennent des compléments indirects. De même, pas d'accord avec le pronom en (des fleurs ? j'en ai acheté) ni avec les expressions de quantité à valeur adverbiale (les efforts que ça a coûté). Distinguer complément direct et indirect est le cœur de cette règle.
Comme tout accord du participe, le changement est généralement inaudible — mangé et mangées se prononcent pareil — et vit donc presque entièrement à l'écrit. Il existe quelques cas où il s'entend, avec des participes dont le féminin ajoute une consonne prononcée : la lettre que j'ai écrite (on entend le -te), les portes que j'ai ouvertes, la décision que j'ai prise. Ces formes audibles sont une bonne raison de maîtriser la règle, même dans un apprentissage centré sur l'oral.
Règle pratique : avec avoir, cherchez vers la gauche un complément d'objet direct placé avant le verbe. Si vous trouvez un pronom COD, un que, ou un interrogatif quel/combien représentant un objet direct, accordez le participe avec lui ; si le complément suit le verbe, ou s'il est indirect, ou s'il s'agit de en, laissez le participe invariable. Dans le doute, remplacez le pronom par son nom complet pour vérifier qu'il s'agit bien du complément direct.
Exemples
La lettre que j'ai écrite est sur la table. — The letter (that) I wrote is on the table. (écrite s'accorde avec le complément antéposé que (= la lettre) ; ici le -te s'entend.)
Tes clés ? Je les ai trouvées dans la voiture. — Your keys? I found them in the car. (trouvées s'accorde avec le pronom antéposé les (féminin pluriel).)
J'ai mangé les pommes. — I ate the apples. (Pas d'accord : le complément d'objet direct les pommes suit le verbe.)
Je leur ai parlé hier. — I spoke to them yesterday. (Pas d'accord : leur est un complément indirect (parler à).)
Des fleurs ? Oui, j'en ai acheté. — Flowers? Yes, I bought some. (Pas d'accord avec le pronom en.)
Quelle décision a-t-il prise ? — Which decision did he make? (L'interrogatif quelle décision précède le verbe → prise (féminin).)
Erreurs fréquentes
Les fleurs que j'ai acheté sont belles.
Les fleurs que j'ai achetées sont belles.
Avec l'auxiliaire avoir, le participe passé s'accorde avec le complément d'objet direct seulement quand celui-ci est placé avant le verbe. Ici le pronom relatif que représente les fleurs (féminin pluriel) et précède j'ai acheté : le participe doit donc s'accorder, achetées. Les apprenants le laissent souvent invariable (« que j'ai acheté ») parce que l'accord est généralement muet, mais il est obligatoire à l'écrit. L'erreur inverse est de le généraliser : pas d'accord quand l'objet suit (« j'ai acheté des fleurs »), ni avec un complément indirect, ni avec en.
Prérequis
Règles liées
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