La concordance des temps
Résumé
Quand le verbe principal est à un temps du passé, le verbe de la subordonnée en que recule d'un cran : le présent devient imparfait, le passé composé devient plus-que-parfait, et le futur devient conditionnel — pour exprimer la simultanéité, l'antériorité et la postériorité par rapport au passé.
Explication
La concordance des temps décrit comment le temps d'une subordonnée en que dépend du temps du verbe principal qui l'introduit. Quand le verbe principal est au présent, la subordonnée emploie simplement le temps qui convient à la chronologie réelle, sans décalage : je sais qu'il viendra. Les règles intéressantes apparaissent quand le verbe principal passe au passé.
Simultanéité : si l'action de la subordonnée se déroule en même temps que l'action principale passée, un présent au discours direct devient un imparfait dans la subordonnée. La pensée directe « il est malade », rapportée après un verbe principal au passé, donne je savais qu'il était malade — la maladie coexiste avec le moment où l'on savait, ni avant ni après.
Antériorité : si l'action de la subordonnée s'est produite avant l'action principale passée, un passé composé (ou un présent de fait accompli) devient un plus-que-parfait. Le direct « il est parti » devient je savais qu'il était parti — le départ précède le moment où l'on savait.
Postériorité : si l'action de la subordonnée doit se produire après l'action principale passée, un futur simple devient un conditionnel présent, et ce conditionnel exprime le « futur dans le passé », non une hypothèse. Le direct « il viendra » devient je savais qu'il viendrait. De même, un futur antérieur (antériorité par rapport à un point futur) devient un conditionnel passé : je savais qu'il aurait fini avant midi.
Ces décalages concernent le mode indicatif. Les subordonnées au subjonctif se comportent différemment en français contemporain : l'usage courant maintient le subjonctif présent ou le subjonctif passé dans la subordonnée, que le verbe principal soit au présent ou au passé — je voulais qu'il vienne (et non le littéraire qu'il vînt) et j'étais content qu'il soit venu (et non le littéraire qu'il fût venu). Le décalage complet vers le subjonctif imparfait ou plus-que-parfait ne subsiste guère qu'à l'écrit littéraire soutenu et n'est pas attendu dans le français courant, oral ou écrit, d'aujourd'hui.
Deux domaines proches emploient exactement ce mécanisme. usage.reported-speech applique les mêmes décalages en convertissant les paroles rapportées d'une personne en discours indirect après un verbe introducteur au passé (il a dit que…). conjugation.conditionnel-present est le temps qui apparaît ici pour la postériorité — reconnaître que ce conditionnel de « futur dans le passé » n'est pas le conditionnel d'hypothèse (phrases avec si) est souvent le point qui déroute les apprenants ; il est donc utile de garder mentalement les deux emplois du conditionnel bien séparés.
Exemples
Je sais qu'il viendra demain. — I know he will come tomorrow. (Verbe principal au présent : aucun décalage.)
Je savais qu'il était malade. — I knew he was sick. (Simultanéité dans le passé : présent → imparfait.)
Je savais qu'il était parti la veille. — I knew he had left the day before. (Antériorité : passé composé → plus-que-parfait.)
Je savais qu'il viendrait le lendemain. — I knew he would come the next day. (Postériorité : futur simple → conditionnel présent (« futur dans le passé »).)
Je savais qu'il aurait fini avant midi. — I knew he would have finished before noon. (Futur antérieur → conditionnel passé.)
J'étais content qu'il soit venu. — I was glad he had come. (L'usage moderne garde le subjonctif passé même après un verbe principal au passé ; pas de passage au subjonctif plus-que-parfait littéraire.)
Erreurs fréquentes
Je savais qu'il viendra.
Je savais qu'il viendrait.
Quand le verbe principal est au passé (je savais), un événement de la subordonnée en que qui est futur par rapport à ce moment passé doit reculer d'un cran : le futur simple devient un conditionnel présent, exprimant le « futur dans le passé ». Viendra doit donc devenir viendrait : Je savais qu'il viendrait.
Prérequis
Règles liées
tensesubordinationsyntax