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Grammaire et usage / Prononciation

L'élision (le → l', je → j')

Niveaux: A1, A2

Résumé

L'élision supprime la voyelle finale de quelques mots courts devant un mot commençant par une voyelle ou un h muet, et la coupure s'écrit avec une apostrophe.

Explication

Un petit ensemble fermé de mots courts perdent leur voyelle finale lorsque le mot suivant commence par une voyelle ou un h muet, et une apostrophe marque la lettre supprimée. Les principaux sont les articles et pronoms le, la, je, me, te, se, ce, la négation ne, la préposition de et la conjonction que, ainsi que si (seulement devant il/ils) : le + ami → l'ami, je + aime → j'aime, de + eau → d'eau, ne + est → n'est, que + il → qu'il, si + il → s'il.

Surtout, l'élision est obligatoire et non un choix de style. Elle modifie aussi l'orthographe, ce qui la distingue de la liaison : la liaison ajoute seulement un son à l'oral (les‿amis) sans toucher à l'écrit, alors que l'élision supprime une voyelle écrite et insère une apostrophe. C'est pourquoi j'aime et l'école sont les seules formes écrites correctes, et je aime ou le école sont tout simplement fautifs.

L'élision est bloquée devant un h aspiré. Ces mots se comportent comme s'ils commençaient par une consonne : on garde la voyelle pleine et l'apostrophe disparaît : le héros, la honte, le hibou, le haricot. Comparez l'homme et l'heure (h muet, élision) avec le héros et la hache (h aspiré, pas d'élision). Comme les deux h s'écrivent de la même façon, il faut mémoriser les h aspirés ; les dictionnaires les signalent généralement.

Quelques détails complètent la règle. la et ne s'élident aussi (l'amie, n'oublie pas), me/te/se s'élident comme pronoms compléments (il m'aime, tu t'appelles), et ce s'élide devant voyelle dans c'est, c'était. Le mot si ne s'élide que devant il/ils (s'il pleut) et jamais devant elle (si elle, sans apostrophe). Certains mots figés et contractions sont particuliers : jusque devient jusqu' (jusqu'à), lorsque/puisque/quoique s'élident devant quelques mots (lorsqu'il), et presque garde son e sauf dans presqu'île.

À l'oral soigné, les formes élidées se lisent simplement comme une seule unité liée : j'aime se dit /ʒɛm/, l'école /lekɔl/, qu'elle /kɛl/. Il n'y a ni pause ni coup de glotte à l'endroit de la voyelle disparue. Maîtriser l'élision tôt rend votre orthographe et votre rythme nettement plus naturels, car le français préfère fortement les enchaînements consonne–voyelle à la rencontre de deux voyelles entre deux mots.

Exemples

j'aime l'écoleI love school (je → j' et la → l' devant une voyelle ; on lit /ʒɛm lekɔl/, d'un seul tenant.)

Il pense qu'elle a raison.He thinks she is right. (que → qu' devant elle : /kɛl/ ; le e tombe à l'écrit comme à l'oral.)

Je ne sais pas s'il vient.I don't know if he is coming. (si ne s'élide que devant il/ils → s'il /sil/ ; devant elle, il resterait si.)

C'est l'heure d'aller.It's time to go. (ce → c', la → l' (h muet de heure), de → d' : /sɛ lœʁ dale/.)

le héros et la hontethe hero and the shame (Le h aspiré bloque l'élision : le/la sont maintenus, sans apostrophe, /lə eʁo/, /la ɔ̃t/.)

Erreurs fréquentes

Incorrect: Je aime le école.

Correct: J'aime l'école.

L'élision est obligatoire, pas facultative. Les petits mots comme je, le, la, de, ne, que, me, te, se et ce doivent perdre leur voyelle finale devant un mot commençant par une voyelle (ou un h muet), et l'on referme la coupure par une apostrophe : je + aime → j'aime, le + école → l'école. Garder les formes pleines (je aime, le école) est une faute nette à l'écrit comme à l'oral ; les deux voyelles ne se prononcent jamais ensemble.

Règles liées

elisionapostropheconnected-speechorthography