fin
nom, masculin · /fɛ̃/
Usage : très fréquent (264 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Moment ou endroit où une chose s'achève, dernière partie.
La fin du film m'a beaucoup ému.
Synonyme : terme.
« On sait, on croit du moins que cette princesse aimait la paix, au moins sur la fin de ses jours »D'Alembert (1717-1783)
« Le ciel sembla promettre une fin à ma peine »Jean Racine (1639-1699)
Moment où la vie s'achève, mort d'une personne ou d'un être.
Le vieil homme sentait sa fin approcher.
Synonyme : mort.
« Au jour de sa transfiguration, il [Jésus] s'entretient de la fin tragique qu'il devait faire à Jérusalem »Bossuet (1627-1704)
« Aussitôt que ce roi eut fait une fin digne de ses crimes »Fénelon (1651-1715)
But que l'on se propose d'atteindre par une action.
Elle utilise tous les moyens pour parvenir à ses fins.
« Ce n'est pas la fin qui sert au moyen, mais le moyen qui sert à la fin »Bourdaloue (1632-1704)
« Il est, dans la nature, des fins que la raison ne saurait méconnaître ; mais c'est surtout dans la structure des animaux qu'on découvre le plus de fins particulières et frappantes »Charles Bonnet (1720-1793)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Voir aussi : forme féminine fine
Expressions : à toutes fins utiles · arriver à ses fins · arrondir ses fins de mois · boucler les fins de mois · en fin de compte · fin de non-recevoir · garder le meilleur pour la fin · la fin des haricots · la fin justifie les moyens · le commencement de la fin · le début de la fin · opposer une fin de non-recevoir · parvenir à ses fins · siffler la fin de la récréation
Grammaire et formes (2)
- fins : pluriel · /fɛ̃/
- fin : singulier · /fɛ̃/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 1 · 10 sens
s. f.
Celle des deux extrémités où une chose cesse d'exister, en parlant soit de l'espace, soit de la durée. L'espace n'a ni commencement ni fin. Les fins de lune, les époques mensuelles où la lune n'est plus visible. Mettre fin à, faire cesser. Mettre à fin, achever, accomplir. Faire une fin, se fixer, et, en particulier, se marier. Familièrement. N'avoir ni fin ni cesse, ne pas cesser, ne pas finir. C'est un travail qui n'a ni fin ni cesse. Terme de musique. Fin se met ordinairement à la fin d'une reprise dans un morceau, pour indiquer qu'après avoir recommencé les reprises, comme il est indiqué, on doit finir le morceau à ce mot. Souvent, au lieu de fin, on met en italien fine.
Je hais les pièces d'éloquence Hors de leur place et qui n'ont point de finLa Fontaine (1621-1695)
Et vos ravissements ne prendraient point de finMolière (1622-1673)
Mort. Telle vie, telle fin, veut dire que les méchants finissent mal. Faire une bonne fin, une belle fin, mourir dans des sentiments de piété et de repentir. Fig. Tirer à la fin, à sa fin, être près d'expirer. Fig. Fin, au sens actif, extermination. Terme de chasse. Être sur ses fins, se dit du cerf las et près de se rendre, et aussi de la bête qui va mourir. Fig.
Au jour de sa transfiguration, il [Jésus] s'entretient de la fin tragique qu'il devait faire à JérusalemBossuet (1627-1704)
Par cette fin terrible et due à ses forfaits....Jean Racine (1639-1699)
Ce qu'on se propose pour but, le terme d'une action. La fin justifie les moyens, se dit pour excuser des moyens coupables en considérant la bonté de la fin. Faire une chose à bonne fin, à mauvaise fin, la faire à bonne intention, à mauvaise intention. À ces fins, afin d'effectuer l'objet qu'on se propose. On dit, au singulier : à cette fin. Le peuple dit souvent à celle fin (celle pour icelle), que beaucoup dénaturent en à seule fin. À toute fin, pour servir en tout cas. Un cheval à toute fin, un cheval de selle et d'attelage à la fois. N'étant à autre fin, se dit, dans les lettres des princes et ailleurs, pour exprimer qu'elles n'ont pas d'autre objet que celui qui y est énoncé. À telle fin que de raison (pour une fin telle que la raison indiquera), se dit, dans le style d'affaires, pour exprimer qu'on fait une chose sans savoir précisément à quoi elle servira, mais dans la prévision qu'elle pourra être utile. Faisons un état des lieux à telle fin que de raison. Dans le langage général, à telle fin que de raison, pour servir comme il conviendra, à tout événement.
Pour obtenir nos fins, n'aspirons point si hautRotrou (1609-1650)
À quelque heureuse fin que tendent ses projets, Jamais il ne fait bien au gré de ses sujetsRotrou (1609-1650)
Le but auquel un être tend par sa nature. Il se dit aussi des choses.
Parlez au diable, employez la magie, Vous ne détournerez nul être de sa finLa Fontaine (1621-1695)
Il [l'homme] devient à lui-même son principe et sa finFléchier (1632-1710)
Terme de théologie. Les quatre fins de l'homme, la mort, le jugement, le paradis et l'enfer. Nicole a fait un traité des quatre fins de l'homme.
Terme de procédure. Fin et, plus souvent, fins désigne toute espèce de demande, prétention ou exception présentée au tribunal par les parties. Les conclusions des parties demandent qu'il plaise au tribunal adjuger les fins de la requête. Le prévenu demande à être renvoyé des fins de la plainte. Fin de non-recevoir, refus d'admettre une action judiciaire, en prétendant, par un motif pris en dehors de la demande elle-même et de son mal fondé, que celui qui veut l'intenter n'est pas recevable dans sa demande. Dans le langage général, fin de non-recevoir, refus pour des raisons extrinsèques. Répondre par des fins de non-recevoir. Opposer des fins de non-recevoir. Fin de non procéder, se dit de toute exception dilatoire, déclinatoire, etc. En matière criminelle, fins civiles, les demandes présentées par la partie civile et tendant seulement à une condamnation pécuniaire.
Terme de commerce et de banque. Fin courant, indique la fin du mois qui court, et fin prochain celle du mois prochain. On dit aussi : fin janvier, fin février, etc.
À la fin, loc. adv. Enfin, après tout. Familièrement. À la fin des fins, en fin finale, même sens que enfin.
Paissez, chères brebis, jouissez de la joie Que le ciel nous envoie ; à la fin sa clémence a pitié de mes pleursRacan (1589-1670)
Sa présence à la fin pourrait être importuneJean Racine (1639-1699)
Sans fin, sans qu'il y ait de terme, de fin.
Vous ne savez que trop que rien n'échauffe tant la poitrine que d'écrire sans fin et sans cesse comme vous faitesMme de Sévigné (1626-1696)
En fin de compte, finalement.
Étymologie : Provenç. fin, fi ; espagn. fin ; portug. fim ; ital. fine ; du lat. finem.
Historique : XIe s. Or [je] te vei mort, tute en sui doleruse, Ço peiset mei que ma fins tant demoret La fin du siecle qui nous est en present Promis nous est, fin [nous] prendrons à itant Jointes ses mains [il] est alet à sa fin [est mort] Deus sait assez coment la fins en ert [sera] XIIe s. [je] Ferai la fin de mes chansons oïr Que plus [je] ne doi à fin d'amours penser ....saint Thomas, qui encore ert seanz, E atendeit iluec mort e fin de ses anz XIIIe s. Mais toutes voies fu la chose menée à tel fin que li empereres li otroia Et dient cil qui morir le virent, que ce fu uns des homes du monde qui plus b…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 26 sens
n. f.
Ce qui termine une chose, ce qui en est l’extrémité. Il est opposé à Commencement. à la fin, sur la fin, vers la fin du jour. La fin de l’année. La fin de la vie. La fin d’un règne. La fin du monde. La fin d’une séance. écoutez-moi jusqu’à la fin. Une affaire qui va prendre fin. Cela tire à sa fin. Il me tarde d’en voir la fin. Tout prend fin en ce monde. Dieu n’a ni commencement ni fin. La fin de ses travaux. La fin d’un discours.
Discours sans fin, Discours trop long. Disserter sans fin, Disserter trop longuement.
Mettre fin à une chose, La terminer, la faire cesser. Il est temps de mettre fin à cette affaire. La nuit mit fin au combat.
Mener une chose à bonne fin, La terminer heureusement.
Mot de la fin, Trait qui clôt une conversation, une discussion, un discours, une scène, etc.
En termes de Commerce et de Banque, Fin courant, désigne La fin du mois qui court.
Prov., La fin couronne l’oeuvre. Voyez
COURONNER.
Fam., Faire une fin, Se fixer, se ranger et plus particulièrement par le mariage.
N’avoir ni fin ni cesse, Ne point finir, ne point cesser, et aussi S’opiniâtrer à une chose. Il n’eut ni fin ni cesse qu’il n’eût obtenu ce qu’il demandait.
Sans fin, en termes d’Arts et spécialement de Mécanique, s’applique à des organes de transmission continue animés eux-mêmes d’un mouvement continu. Courroie sans fin. Chaîne sans fin. Vis sans fin.
En fin de compte, Finalement.
Fam., à la fin des fins, Enfin, après une longue attente.
Il signifie particulièrement Mort. Ce prince eut une fin tragique. Il a fait une belle, une bonne fin, une fin exemplaire. Il voyait approcher sa fin. Il avait le pressentiment de sa fin prochaine. Je sens que ma fin est proche. Sa fin fut édifiante.
En termes de Chasse, Le cerf est sur ses fins, Le cerf est bien las et près d’être forcé.
à LA FIN
loc. adv.
Enfin. à la fin, il est convenu de tout.
FIN signifie aussi Ce qu’on se propose pour but, ce pour quoi on agit. Fin prochaine. Fin éloignée. La fin dernière. Quelle fin se propose- t-il? Aller, tendre à ses fins. Pour arriver à ses fins. En venir à ses fins. à quelle fin avez-vous fait cela? Les fins véritables, les fins secrètes de ce négociateur. Prov., Qui veut la fin, veut les moyens.
à ces fins, Afin de remplir l’objet qu’on se propose. à ces fins vous prendrez telle mesure. On dit plutôt à cette fin.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée fin#27339.