mort
nom, masculin · /mɔʁ/
Usage : très fréquent (456 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Cessation définitive des fonctions vitales d'un être humain, d'un animal ou d'une plante.
Son médecin lui a annoncé que la mort était proche.
Synonyme : décès.
Personne décédée, corps sans vie d'un être humain.
On a retrouvé trois morts dans l'incendie de l'entrepôt.
Synonyme : défunt.
« De tout temps dans le christianisme on a prié pour les morts »Bourdaloue (1632-1704)
« Les tristes dépouilles d'une illustre morte, les larmes de ceux qui la pleurent »Fléchier (1632-1710)
Peine suprême consistant à ôter la vie à un condamné.
Le tribunal l'a condamné à mort en 1950.
« En ces occasions l'on frappe, l'on assomme, Et pour moins, bien souvent, il arrive mort d'homme »Hauteroche (1617-1707)
Fin définitive ou disparition complète de quelque chose.
La mort du petit commerce inquiète les habitants du village.
Synonymes : fin, disparition.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Voir aussi : forme féminine morte
Expressions : à l'article de la mort · à la vie, à la mort · à réveiller les morts · après la mort, le médecin · couloir de la mort · danger de mort · être mort de fatigue · faire le mort · hurler à la mort · la mort dans l'âme · lutte à mort · mort civile · mourir de sa belle mort · point mort · signer son arrêt de mort · souffrir mille morts · tromper la mort
Grammaire et formes (2)
- morts : pluriel · /mɔʁ/
- mort : singulier · /mɔʁ/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 2 · 4 sens
s. m. et f.
Celui, celle qui a cessé de vivre. Ah ! c'est trop m'outrager. Un mort, une personne qu'on va enterrer. Dans le langage poétique, le rivage des morts, la demeure des morts, se dit des lieux où séjournent les morts. Chez les morts, se dit dans le même sens. Tête de mort, tête dont il ne reste que la partie osseuse. Faire le mort, retenir ses mouvements et sa respiration de manière à faire croire qu'on est mort. Fig. Faire le mort, ne pas répondre aux personnes par lesquelles on est questionné, interpellé par écrit. Terme de jurisprudence. Le mort saisit le vif, une personne en mourant transmet son bien à son héritier, sans qu'il soit besoin d'un acte de mise en possession. Danse des morts, voy. MACABRE.
- N'outragez plus les mortsPierre Corneille (1606-1684)
Les morts les mieux vengés ne ressuscitent pointPierre Corneille (1606-1684)
S. m. Mort se dit, à la tontine, d'un joueur auquel il ne reste rien de sa mise. Terme de whist. Jouer le mort, faire un mort, jouer le whist à trois personnes, en mettant sur table et découvrant le jeu d'un quatrième partenaire imaginaire.
S. m. Terme de marine. Le mort de l'eau ou le mort d'eau, les marées les plus basses. On dit plutôt morte eau.
Le mort, eau de chaux dans laquelle le tanneur a plongé plusieurs fois les peaux et qui a perdu sa force.
Étymologie : Mort 1 ; bourguig. mô ; wallon, moirt.
Historique : XIIIe s. Par iceste signifiance Poons entendre quel creance Doivent avoir li mort es vis [aux vivants] Si fu.... La mort de Guion pardonée ; Car c'est coustume par devis, Les mors as mors, les vis [vivants] as vis XIVe s. Sachez que les trespassés de ce siecle, après qu'ils sont morts, sçavent ce que d'eux en ce siecle est faict de ce que ordonné ils ont ; et ce savent ils par les bons anges qui habitent entre les vivans en l'air XVIe s. La personne, soit homme ou femme.... peut se faire mort par devant bailly [fiction légale par laquelle une personne se supposait morte et disposait en conséqu…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 4 · 1 sens
s. m.
Troisième réservoir des conches dans un marais salant.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 3 · 19 sens
s. f.
Fin de la vie. On distingue la mort naturelle et la mort accidentelle. Fig. Belle mort, mort glorieuse. Une bonne mort, une mort au milieu des sentiments religieux et en s'acquittant de tous les devoirs de la religion. Mort subite, mort qui survient instantanément. Les morts subites sont causées d'ordinaire par des ruptures du cœur ou des gros vaisseaux. Donner la mort, voy. DONNER, n° 6. Mettre à mort, voy. METTRE. Dans le langage élevé et poétique, porter la mort, voy. PORTER. Familièrement. Souffrir mort et passion, voy. PASSION. Familièrement. Mourir de sa belle mort, mourir de mort naturelle. Fig. Être à l'article de la mort, être à l'agonie. Être malade à la mort, être fort malade, être près de mourir. Entre la vie et la mort, dans un fort grand péril par maladie ou par accident. Être au lit de la mort, au lit de mort, être à l'extrémité. À son lit de mort, avant de mourir, en mourant. Fig. Avoir la mort entre les dents, être fort vieux ou fort malade. Avoir la mort sur les lèvres, être près de mourir, avoir la figure d'un mourant. Mille morts, se dit, par exagération, pour les plus grands supplices ou les plus grandes douleurs, ou les plus grands périls. La goutte lui a fait souffrir mille morts. Vouloir mal de mort, vouloir beaucoup de mal à quelqu'un. La mort exécute le vif, les héritiers du créancier mort peuvent faire exécuter l'obligé qui vit. Pères de la Mort, s'est dit d'hommes religieux ou de moines qui se vouaient à l'assistance des moribonds. À Paris, on appelait particulièrement ainsi les augustins déchaussés ou Petits pères. Hussards de la mort, nom donné à certains régiments de hussards qui portaient pour insignes une tête et des os de mort, et qui, disait-on, ne faisaient aucun quartier à l'ennemi.
Le peuple offre le sceptre [à qui délivrerait Thèbes du Sphinx].... De cent cruelles morts cette offre est tôt suiviePierre Corneille (1606-1684)
Faites du bien à votre ami avant la mort, et donnez l'aumône au pauvre selon que vous pouvezLemaistre de Sacy (1613-1684)
Dans le style soutenu, la mort est souvent personnifiée. Il serait bon à aller quérir, à aller chercher la mort, se dit d'un homme lent en tout ce qu'il fait.
La mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ; On a beau la prier, La cruelle qu'elle est se bouche les oreilles, Et nous laisse crierMalherbe (1555-1628)
La mort ne surprend point le sage, Il est toujours prêt à partirLa Fontaine (1621-1695)
La Mort, personnification de la mort, personnage mythologique que l'on représente le plus souvent sous la forme d'un squelette armé d'une faux (on met une majuscule). Un malheureux appelait tous les jours La Mort à son secours : Ô Mort, lui disait-il, que tu me sembles belle ! Viens vite, viens finir ma fortune cruelle.
La Mort crut, en venant, l'obliger en effetLa Fontaine (1621-1695)
Un mourant qui comptait plus de cent ans de vie, Se plaignait à la Mort que précipitamment Elle le contraignait de partir tout à l'heureLa Fontaine (1621-1695)
Dans le langage de l'Écriture, les ombres de la mort, la mort (voy. OMBRE).
Mort d'homme, se dit des accidents, des rixes où quelqu'un est tué. Crime de mort, crime emportant la peine de mort ; coupable de mort, coupable méritant la mort (locutions qui ne se disent plus beaucoup).
En ces occasions l'on frappe, l'on assomme, Et pour moins, bien souvent, il arrive mort d'hommeHauteroche (1617-1707)
Il y a ici mort d'homme et suppositionDancourt (1661-1725)
La peine capitale. Il vota la mort. Abolir la peine de mort. Toutes les voix allaient à la mort, ont été à la mort. Cette affaire va à la mort, elle doit finir par un arrêt de mort. Sentence, arrêt de mort, condamnation qui porte la peine de mort. Testament de mort, déclaration que fait un condamné avant son supplice. Par extension. Testament de mort, écrit qui atteste les derniers sentiments d'une personne.
Terme de droit. Mort civile, cessation de toute participation aux droits civils.
La mort éternelle, la mort de l'âme, la seconde mort, la condamnation des pécheurs aux peines de l'enfer. Mort de l'âme, la perte de la grâce sanctifiante par le péché mortel. Mort morale, état de l'âme où tout sentiment moral est éteint.
Quand il [le livre de l'Apocalypse] les condamne tous [les timides] à la seconde mort, à cette mort si terrible et si étrange, à ce lac ardent de feu et de soufreGuez de Balzac (1597-1654)
Craignez les occasions prochaines ; car qui aime son péril, il aime sa mortBossuet (1627-1704)
La mort au monde, la retraite loin du monde, soit dans une maison religieuse, soit chez soi et dans la demeure privée. Par extension. Mort mystique de l'âme, détachement général du péché.
Faites bien comprendre à nos sœurs en quoi consiste la mort au mondeMme de Maintenon (1635-1719)
Je ne connais personne qui ait autant de besoin que vous, monseigneur, d'une mort continuelle à tout intérêt et à toute passionMAINTEN.
Fig. Extinction, destruction, ruine. Le monopole est la mort de l'industrie. Familièrement. La mort au beurre, se dit de mets dont la préparation demande beaucoup de beurre. Les épinards sont la mort au beurre.
Je veux, dans un seul malheur, déplorer toutes les calamités du genre humain, et, dans une seule mort, faire voir la mort et le néant de toutes les grandeurs humainesBossuet (1627-1704)
...Ce marquis... qui sans cesse au jeu... Voit la vie ou la mort sortir de son cornetBoileau (1636-1711)
Fig. Un grand chagrin. Ce fils dénaturé lui donne la mort. Avoir la mort dans l'âme, dans le cœur, être très affligé. Familièrement. C'est une mort que d'avoir affaire à un pareil homme, que de poursuivre une telle affaire, c'est-à-dire c'est une grande peine, c'est une grande misère que de.... C'est une mort que d'attendre si longtemps. C'est une mort, signifie aussi : il y a de quoi rendre malade, de quoi tuer. C'est ma mort, c'est la chose la plus désagréable pour moi.
Et le coup qui surprend un espoir légitime, Porte plus d'une mort au cœur de la victimePierre Corneille (1606-1684)
Mme de Chaulnes m'a fort conté les affaires des états... elle me paraît la mort au cœur de toutes les troupes [envoyées en Bretagne]Mme de Sévigné (1626-1696)
En termes de jeu, jouer à la mort de telle somme, jouer jusqu'à ce que telle somme soit perdue.
Mort aux rats, drogue dont on se sert pour faire mourir les rats ; c'est d'ordinaire une substance arsenicale. Mort aux mouches, cobalt ou arsenic délayé dans l'eau. Mort aux chiens, colchique d'automne. Mort de safran, petite truffe parasite, rhizoctonia crocorum. DC. Mort au chanvre, orobanche rameuse. Mort aux poules, jusquiame noire. Mort aux vaches, renoncule scélérate. Mort aux poux, staphysaigre.
Le sulfate de baryte est employé en Angleterre comme mort aux ratsLouis Jacques Thénard (1777-1857)
Populairement. La petite mort, le frisson. J'ai la petite mort dans le dos.
Mort noire ou peste noire, nom donné à la grande peste qui dévasta le monde au milieu du XIVe siècle.
À mort, loc. adv. De manière qu'on en meure. Il fut blessé à mort. Fig être frappé à mort, être attaqué d'une maladie dont les symptômes annoncent une mort certaine. Condamner, juger à mort, condamner quelqu'un à la peine de mort. Combat à mort, combat qui ne doit se terminer que par la mort d'un des combattants. Populairement. À mort, excessivement. Boire à mort. À mort ! exclamation pour menacer de mort. À mort les traîtres ! On dit dans le même sens et dans le même emploi exclamatif : mort à ! Mort aux traîtres !
C'est un duel ? - à mort : ou ma vie, ou la vôtre !C. DELAVIGNE
À la mort, loc. adv. Extrêmement, excessivement, en parlant de la haine, de l'ennui et d'autres sentiments analogues.
Je suis ennuyée à la mort d'en entendre parlerMme de Sévigné (1626-1696)
Elle soutint que c'était obstination pure, que je m'ennuyais à la mort dans ma retraiteJean-Jacques Rousseau (1712-1778)
À la vie et à la mort, loc. adv. Pour toujours. Je suis votre ami à la vie et à la mort. Entre nous, c'est à la vie et à la mort, notre amitié durera toujours. Il ne me pardonnera ni à la vie ni à la mort, il ne me pardonnera jamais. Terme de vénerie. À la mort, chiens ! cri que les chasseurs emploient pour appeler les chiens quand le cerf est pris.
Vous voyez bien ces vingt sols-là, Marianne, je ne vous les pardonnerai jamais, ni à la vie, ni à la mortMarivaux (1688-1763)
Par la mort ! sorte de serment et de menace. Mort de ma vie, autre serment qui sert à affirmer avec une sorte d'impatience.
Par la mort ! par la tête ! si je le trouve, je le veux échinerMolière (1622-1673)
Quiconque remuera, par la mort, je l'assomme !Molière (1622-1673)
Étymologie : Pays messin, moûe ; prov. mort ; esp. muerte ; ital. morte ; du lat. mortem (voy. MOURIR).
Historique : XIe s. Si me gardez et de mort et de honte Ne lui chaut, sire, de quel mort nous mourions Si chalengez [défendez] et vos morz et vos vies Oliviers sent que à mort est ferut XIIe s. De mort à vie suscitas Lazaron Jà de plus aspre mort nel pouvez justicier E tu, bels sires, en cel lieu ù tu seras, u à mort u à vie, jo i serai En vostre amor, qui donra [donnera] mort ou vie XIIIe s. Sa fille [elle] i a trouvée, que la male mort fiere [puisse frapper] Se je n'ai d'une cose [chose] que je desire à mort Li uns des sers sunt si soujet à lor seigneurs, que lor sires pot penre quanqu'il ont, à mort et …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 34 sens
n. f.
Cessation de la vie. Mort naturelle, douce, violente, prompte, lente, douloureuse. Mort tragique. Mort subite, prématurée. Mort glorieuse, sainte. Une belle mort. Une mort honteuse, infâme, ignominieuse. être en danger de mort. Souhaiter, désirer, affronter, chercher, braver la mort. Courir à la mort. Attendre, trouver la mort. Avoir toujours la mort devant les yeux. Il a vu la mort de près. à l’heure de la mort. Les approches, les transes, les affres de la mort. Donner, recevoir la mort. Se donner la mort. Il n’y a point eu mort d’homme. Jusqu’à ce que mort s’ensuive. En poésie et dans le style soutenu, la Mort est souvent personnifiée. Il a longtemps combattu, lutté contre la mort. La mort l’a frappé, l’a enlevé à la fleur de son âge. La mort est sourde à nos voeux, à nos cris. L’impitoyable mort. Ce malheureux appelait la mort.
Mort apparente, en termes de Biologie, état d’immobilité et d’insensibilité absolue qui se présente à la suite de certaines maladies et que l’on peut confondre avec la mort réelle.
Fam., Mourir de sa belle mort, Mourir de mort naturelle.
être entre la vie et la mort, être en danger de mort. Au fort de sa maladie, il a été pendant plusieurs jours entre la vie et la mort.
être malade à la mort, ou plus souvent être à la mort, être fort malade et près de mourir.
être à l’article de la mort, être à l’agonie.
être à deux doigts de la mort, être tout près de mourir.
Fig., à son lit de mort, Avant de mourir, en mourant. Les recommandations qu’il nous a faites à son lit de mort.
Fig., Venir, accourir au lit de mort de quelqu’un, L’assister à ses derniers moments.
Mettre à mort, Faire mourir.
Fig., Avoir la mort, porter la mort sur son visage, Avoir la figure, l’air d’un mourant; être près de mourir.
MORT se dit particulièrement de la Peine capitale, de la peine qui consiste dans la suppression de la vie. Abolir la peine de mort. Condamner un homme à mort, à la peine de mort. Toutes les voix allaient à la mort, ont été à la mort. Le procureur général a conclu à la mort. Ce condamné a marché à la mort avec courage.
Sentence, arrêt de mort, Condamnation qui porte la peine de mort.
Mort civile. Voyez
CIVIL.
La mort éternelle, La condamnation des pécheurs aux peines de l’enfer.
Prov., Dieu ne veut pas la mort du pécheur, Il faut être indulgent pour la faiblesse humaine.
MORT se dit, par exagération, des Grandes douleurs. Cette cruelle maladie lui fait souffrir mille morts. Souffrir mort et passion.
Il se dit aussi des Grands chagrins. La conduite de son fils lui a mis la mort dans l’âme.
Fam., Petite mort, Sorte de frisson.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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