mort
adjectif, /mɔʁ/
Définitions
Qui a cessé de vivre, en parlant d'un être vivant.
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Qui est privé d'activité, d'animation ou de vitalité.
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Se dit familièrement d'une personne épuisée de fatigue.
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Se dit d'un appareil, d'un mécanisme ou d'une pile qui ne fonctionne plus.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (16 sens) — Académie 1935 (28 sens)
Littré (1873) — entrée 1
part. passé
Qui a cessé de vivre. Mort ou vif, c'est-à-dire soit mort, soit vivant. Fig. et plaisamment. Mort ou vif, en quelque état que ce soit. C'est un homme mort, se dit d'un homme qui est ou qui paraît être dans un grand danger. Chair morte, chair frappée de mortification, qui a cessé de vivre, et qui se séparera du reste du corps. Frapper sur quelqu'un comme sur bête morte, le frapper violemment. À demi mort, à qui il ne reste que peu de vie. Mort ivre, ivre au point d'avoir perdu tout sentiment. On dit aussi ivre mort. Au plur. Morts ivres. Cotte morte, voy. COTTE 1. Terme de féodalité. Se faire mort d'un fief, délaisser à son plus proche héritier apparent un fief en avancement d'hoirie.
Après mon père mort, je n'ai point à choisir — Pierre Corneille (1606-1684)
De votre cheval mort je vous mis sur le mien — Rotrou (1609-1650)
Il se dit aussi des végétaux ; avec raison, puisqu'en effet ils ont la vie. Un arbre mort. Terme d'eaux et forêts. Bois mort, bois qui est abattu ou qui, étant debout, est sec et ne peut servir qu'à brûler. Mort bois, les épines, les ronces et le bois blanc, qui ne peuvent servir à aucun ouvrage. Feuille morte, feuille sèche qui tombe de l'arbre en automne. Feuille-morte, voy. FEUILLE-MORTE. Terme de peinture. Nature morte, voy. NATURE, n° 22.
Plus mort que.... se dit par exagération pour exprimer un vif sentiment de douleur, de terreur.
À cet objet d'horreur, l'œil troublé, le teint blême, J'ai demeuré longtemps plus morte que lui-même — Rotrou (1609-1650)
Il [Démétrius] se montra à cette multitude, qui était plus morte que vive, et qui attendait dans un tremblement qui ne peut s'exprimer l'arrêt de sa condamnation — Rollin (1661-1741)
Qui a l'apparence de la mort. Avoir le teint mort, les yeux morts, les lèvres mortes, avoir le teint décoloré, les lèvres pâles, les yeux éteints. Couleur morte, couleur sombre et sans éclat.
Une morte pâleur s'empare de son front — Pierre Corneille (1606-1684)
Qui est comme glacé par la mort. Fig. Il a la gueule morte, voy. GUEULE. Avoir la langue morte, se taire. N'y pas aller de main morte, voy. MAIN, n° 1. Main-morte, voy. MAINMORTE.
Je n'osais me remuer, je ne tenais presque point de place, et j'avais le cœur mort — Marivaux (1688-1763)
Mort se dit quelquefois pour damné, comme la mort se dit pour la damnation.
Justes, pécheurs ; mort, vivant ; vivant, mort ; élu, réprouvé — Pascal (1623-1662)
Privé de chaleur, de mouvement, en parlant de parties du corps. Il est paralysé ; la partie inférieure du corps est morte.
Parlons un peu de votre santé : n'êtes-vous point effrayée de ces jambes froides et mortes ? — Mme de Sévigné (1626-1696)
Fig. Mort à, mort pour, qui n'existe plus pour certaines choses. Mort de, qui éprouve une vive impression de. Familièrement. Tomber mort, perdre soudainement l'entrain qu'on avait.
Je n'en ai point vu qui fût véritablement morte au monde — Mme de Sévigné (1626-1696)
Sa vie, tout ecclésiastique, annonçait un pasteur entièrement mort aux choses du siècle — Bossuet (1627-1704)
Fig. en parlant des choses, qui est sans force, sans activité, éteint, par comparaison avec la mort qui éteint la vie. Œuvres mortes, voy. ŒUVRE, n° 12.
Qui fuit croit lâchement et n'a qu'une foi morte — Pierre Corneille (1606-1684)
Mais, la reconnaissance morte, L'amour doit courir grand hasard — Pierre Corneille (1606-1684)
Langue morte, voy. LANGUE, n° 6.
Mon père regarde comme mal employé le temps que je donne aux langues mortes — Paul-Louis Courier (1772-1825)
Balle morte, balle qui a perdu la plus grande partie de l'impulsion qu'elle avait reçue.
Aux premières décharges de la mousqueterie ennemie, le roi [Charles XII] reçut une balle à la gorge ; mais c'était une balle morte qui s'arrêta dans les plis de sa cravate noire et qui ne lui fit aucun mal — Voltaire (1694-1778)
Eau morte, eau qui ne coule point, stagnante. Bras mort, dans une rivière, partie de rivière interceptée et où l'eau n'est plus courante. Dans certaines provinces, ces bras morts sont dit les morts. Mer Morte, nom d'un grand lac salé dans la Palestine. Morte eau, les petites marées au temps du premier et du dernier quartier de lune. Le temps des plus petites marées. Nous sommes en morte eau. Morte eau se dit aussi du plus bas de l'eau, en parlant de la marée.
À Audierne, la hauteur d'eau est de 4m, 80 en vive eau, et 3m, 30 en morte eau — GRANGEZ
Fig. Où il n'y a pas d'action, sans action. Argent mort, argent qui ne porte ni intérêt ni profit. Papier mort, se dit par opposition à papier timbré. Aujourd'hui on dit plutôt papier libre, papier non timbré. Lettre morte, écrit sans autorité. Cette loi n'est plus qu'une lettre morte. Pays mort, pays où il n'y a ni commerce, ni industrie. Saison morte, ou morte saison, voy SAISON. Chardon mort, chardon bonnetier dont les pointes sont émoussées par le travail. Terme de fortification. Angle mort, se dit de l'angle que fait un flanc inutile pour la défense.
Pardonnez-moi, il y a des temps dans la vie où l'on ne peut rien faire, des temps morts, et je me trouve dans cette situation — Voltaire (1694-1778)
J'ai animé un pays entièrement mort, j'ai fait naître le travail et l'opulence dans le séjour de la misère — Voltaire (1694-1778)
Ancien terme de physique. Force morte, force aussitôt détruite qu'engendrée. Chaleur morte.
Vous appelez cela une force morte ; or ces mots de force morte ne sont-ils pas un peu contradictoires ? ne vaudrait-il pas autant dire mort vivant, oui et non ? — Voltaire (1694-1778)
Pour reconnaître ce que cette chaleur morte, c'est-à-dire cette chaleur dénuée de tout aliment, pouvait produire.... — Buffon (1707-1788)
Terme de chimie. Tête morte, voy. TÊTE.
Terme de marine. Tour mort, tour simple d'un cordage quelconque sur un appui. À morte charge, jusqu'aux écoutilles. Un bâtiment est à morte charge, quand on l'a chargé autant qu'il est possible. Eaux mortes, celles qui enveloppent et qui semblent accompagner la partie supérieure de l'arrière de la carène, lorsque le navire est en marche. Morte la bête, mort le venin, c'est-à-dire un méchant qui est mort ne peut plus nuire.
Étymologie : Lat. mortuus, irrégulièrement formé de mori (la forme régulière serait mortus) ; mortuus est une formation de mori avec le suffixe tuus, tua, comme dans mutuus, statua, etc.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui est mort. Un homme mort. Une femme morte. Substantivement, Les morts et les mourants. Office des morts.
Tête de mort, Tête dont il ne reste que la partie osseuse.
Faire le mort, Retenir ses mouvements et sa respiration de manière à faire croire qu’on est privé de la vie. Il signifie, figurément, Ne pas répondre aux personnes par lesquelles on est questionné, interpellé par écrit. Il n’a rien répondu à plusieurs de mes lettres, il fait le mort.
Prov., Les morts ont toujours tort, Les morts ne pouvant se défendre, on excuse souvent les vivants à leurs dépens.
En termes de Jurisprudence, Le mort saisit le vif, Une personne en mourant transmet son bien à son héritier, sans qu’il soit besoin d’un acte de mise en possession.
C’est un homme mort se dit de Quelqu’un qui est ou paraît être dans un grand danger.
être plus mort que vif, Ressentir une très grande frayeur.
être ivre mort. être ivre au point d’avoir perdu tout sentiment.
Chair morte, Chair insensible qui est dans les escarres des plaies.
Par extension, Avoir les yeux morts, les lèvres mortes, Avoir les yeux éteints, les lèvres pâles.
Fam., N’y pas aller de main morte. Voyez
MAIN.
En termes de Jurisprudence, Main morte. Voyez — MAINMORTE.
Prov. et fig., Morte la bête, mort le venin. Un ennemi, un méchant qui est mort ne peut plus nuire.
Balle morte, Balle qui a perdu la plus grande partie de l’impulsion qu’elle avait reçue. Il a été atteint par une balle morte.
Bois mort, feuille morte. Voyez Bois, FEUILLE.
Eau morte, Eau qui ne coule point, telle que celle des étangs.
Pays mort, ville morte, Pays, ville qui ont perdu leur vie industrielle, commerciale, intellectuelle, etc.
Langue morte. Voyez
LANGUE.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- mortes — pluriel féminin — /mɔʁtə/
- morts — pluriel masculin — /mɔʁ/
- morte — singulier féminin — /mɔʁtə/
- mort — singulier masculin — /mɔʁ/
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