mince · mincé

mince

adjectif, /mɛ̃sə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Qui a fort peu d'épaisseur. Chose mince comme la langue d'un chat, chose très mince. Taille mince, personne mince, taille, personne non grasse, pourtant sans maigreur. Substantivement. Un grand mince, un homme grand et mince.

    Tous les corps sont transparents ; il n'y a qu'à les rendre assez minces pour que les rayons, ne trouvant qu'une lame, qu'une feuille à traverser, passent à travers cette lame — Voltaire (1694-1778)

    Avec son habit un peu mince, Avec son chapeau goudronné, Comme l'honneur de la province Ce Bourguignon [vin de Bourgogne] nous est donné — Béranger (1780-1857)

  2. Fig. Peu considérable, de peu d'importance, en parlant des choses. Cet homme a la mine bien mince, il est de mince étoffe, il a l'air d'un homme de peu de considération, de peu de mérite. Il se dit des personnes dans un sens analogue.

    Pour le petit marquis qui me tint hier longtemps la main, je trouve qu'il n'y a rien de si mince que toute sa personne, et ce sont de ces mérites qui n'ont que la cape et l'épée — Molière (1622-1673)

    Cette dot me parut bien mince pour la fille d'un homme que je croyais très riche — Lesage (1668-1747)

  3. Terme de tactique. L'ordre mince, par opposition à l'ordre profond, ordre de bataille dans lequel les hommes sont sur peu de rangs.

    Que Platof, avec ses canons, avait mordu de loin sur les masses profondes qu'il [Davoust] lui avait présentées ; qu'alors seulement le maréchal ne leur avait plus opposé que quelques lignes minces qui s'étaient reployées promptement — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)

Étymologie : Champenois, mîce. Origine incertaine. Mince ne peut venir du latin minutus ( 1er u long), l'accent s'y oppose. Diez a recours à l'anc. haut allem. minuisto, superlatif de min, petit ; anc. scand. minst : ç pour s, et s pour st. Langensiepen et Scheler allèguent le latin mancus, qui est en défaut, par l'intermédiaire d'un mancius ; mince pour maince. Tout cela est fort douteux. L'historique conduit à une autre conjecture : le mot mince ne paraît pas de très bonne heure dans la langue, ce n'est qu'au commencement du XIVe siècle, et alors il signifie une très petite monnaie ; peut-on y voir l'all

Historique : XIVe s. Mince [petite monnaie valant un demi-denier] Les troncs [des chous] qui sont tous defeuillés, ne convient-il plus replanter, mais laissier en terre, car ils getteront minces [rejetons] XVIe s. Son fait est bien mince

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj. des deux genres

  1. Qui a peu d’épaisseur. étoffe mince. Cette doublure est bien mince. Cette lame d’argent est fort mince. Couper des tranches de pain trop minces.

  2. MINCE signifie, au figuré, Qui est faible, peu considérable, médiocre. Revenu mince. Mince héritage. Son mérite, son savoir est mince. Il ne reste qu’un bien mince espoir de sauver ce malade.

  3. C’est un bien mince personnage, Il est de peu de considération, de peu d’autorité.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • minces — pluriel — /mɛ̃sə/
  • mince — singulier — /mɛ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mince#39937.

mincé

adjectif, /mɛ̃se/

Grammaire et formes (1)
  • mincé — singulier masculin — /mɛ̃se/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mincé#79989.

mince

interjection

Grammaire et formes (1)
  • mince — forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mince#147624.

mince

nom

Grammaire et formes (2)
  • minces — pluriel
  • mince — singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mince#101214.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.