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fortune

Sur cette page : fortune · fortuné

fortune

nom, féminin · /fɔʁtynə/

Usage : fréquent (43 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Ensemble des biens et des richesses qu'une personne possède.

    Il a fait fortune dans l'immobilier.

    Synonyme : richesse.

    « Chacun est jaloux de ce qu'il est.... surtout les grandes fortunes veulent être traitées délicatement ; elles ne prennent pas plaisir qu'on remarque leur défaut »Bossuet (1627-1704)

  2. Hasard ou sort qui influe sur le cours des événements, chance heureuse ou contraire.

    La fortune lui a souri ce soir-là.

    Synonymes : hasard, chance, sort.

    « Cela fit que, sans renoncer à ses prétentions [sur une dame], il se mit à chercher fortune ailleurs »Antoine Hamilton (1646-1720)

    « M. le prince ne courait aucune fortune, s'il lui plaisait de revenir à la cour »Cardinal de Retz (1613-1679)

  3. Destinée ou succès variable que connaît une chose.

    Ce roman a connu une fortune inattendue à l'étranger.

    Synonyme : destinée.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (2)
  • fortunes : pluriel · /fɔʁtynə/
  • fortune : singulier · /fɔʁtynə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 16 sens

s. f.

  1. Terme du polythéisme gréco-romain. Divinité qui présidait aux hasards de la vie. Le temple de la Fortune. Les anciens représentaient la Fortune sous forme d'une femme, tantôt assise et tantôt debout, ayant un gouvernail, avec une roue à côté d'elle, pour marquer son inconstance, et tenant dans sa main une corne d'abondance. Il s'écrit en ce sens avec une majuscule. Il se dit, par allusion, en un sens analogue au précédent, mais sans majuscule. La roue de la fortune, les accidents divers dans la vie des hommes et dans le sort des États. Fig. Attacher un clou à la roue de la fortune, trouver moyen de fixer la fortune. La roue de la fortune ou la roue de fortune, s'est dit aussi, dans le temps qu'on tirait la loterie, de la roue où l'on mettait les numéros, qu'on mêlait en faisant tourner la roue. Les jeux, les coups, les caprices de la fortune, les grands changements qui arrivent aux hommes ou aux États et qui les élèvent ou les abaissent. Fig. Adorer, encenser la fortune, sacrifier à la fortune, etc. s'attacher à ceux qui sont en faveur, en crédit. Tenter la fortune, et, plus familièrement, brusquer la fortune, tenter de réussir par des moyens prompts et hasardeux.

    Je mets cette lettre entre les mains de la fortune sans voir comme elle pourra passer au travers de tant de difficultés et de feux qui nous entourentVoiture (1597-1648)

    Sans mentir, monsieur, la fortune est une grande trompeuse ! bien souvent en donnant aux hommes des charges et des honneurs, elle leur fait de mauvais présents, et pour l'ordinaire elle nous vend bien chèrement les choses qu'il semble qu'elle nous donneVoiture (1597-1648)

  2. Ce qui advient par la volonté de la Fortune, chance, hasard. Tenter fortune, s'engager dans des entreprises dont l'issue dépend de chances qu'on ne peut ni calculer ni prévoir. Chercher fortune, chercher les occasions qui peuvent procurer ce que l'on désire, biens, honneurs, faveurs de femmes, etc. On disait autrefois, dans un sens analogue : busquer fortune, Dict. de l'Académie (ce mot, aujourd'hui inusité, n'est pas à son rang alphabétique ; c'était une locution espagnole, buscar, chercher, introduite au XVIe et au XVIIe siècle). La fortune des armes, les hasards, les chances de la guerre. Familièrement. La fortune du pot, le dîner tel qu'il se trouve. Venez dîner avec nous à la fortune du pot. De fortune, de bonne fortune, de grande fortune, par fortune, loc. adv. Par hasard, par grand hasard.

    Il est certain qu'Alexandre courut grande fortune non-seulement de la vie, mais...Vaugelas (1585-1650)

    Je voudrais bien savoir s'il y a quelque astrologue qui eût pu dire en me voyant il y a deux ans dans la rue Saint-Denis avec ma rotonde [sorte de fraise], que je courrais bientôt fortune de ramer dans les galères d'Alger ou d'être mangé par les poissons de la mer AtlantiqueVoiture (1597-1648)

  3. Bonne fortune, heureuse circonstance, chance heureuse. Bonne fortune, la bonne aventure, ce qui arrivera à chacun. Bonne fortune, faveurs d'une femme. Il se vante d'avoir eu cette bonne fortune. L'homme à bonnes fortunes, titre d'une comédie de BARON. Fortune, dans le sens de bonne fortune en galanterie. Être en bonne fortune, être à un rendez-vous donné par une maîtresse. Dans un sens dérivé, mais particulier. En bonne fortune, en cachette, avec mystère.

    Que celui qui l'occupe a de bonne fortune !Pierre Corneille (1606-1684)

    Je porte peu d'envie à sa bonne fortunePierre Corneille (1606-1684)

  4. Mauvaise fortune, adversité, suite d'événements fâcheux.

    Il [le prince de Condé] apprit à l'Espagne trop dédaigneuse quelle était cette majesté que la mauvaise fortune ne pouvait ravir à de si grands princes [les Stuarts exilés]Bossuet (1627-1704)

    Il supporta la mauvaise fortune sans faiblesse, comme il jouit de la bonne sans orgueilFléchier (1632-1710)

  5. Il se prend quelquefois pour bonheur. Il est en fortune, il gagne tout ce qu'il veut. Fig. Être en fortune, être en verve, en crédit. En un sens opposé, malheur. Dieu vous préserve de mal et de fortune. Contre fortune bon cœur, c'est-à-dire il faut faire face avec courage contre les accidents que la fortune inflige. On dit aussi sans ellipse : Faites, il fit contre fortune bon cœur. Terme de pratique. À ses risques, périls et fortune, loc. adv. qui signifie que tous les risques sont mis à la charge de la personne dont il s'agit. Se dit aussi dans le langage ordinaire, avec le même sens. La bonne et la mauvaise fortune, l'une et l'autre fortune, la prospérité et l'adversité.

    Peut-être que vous avez jugé que cette fortune était tellement au delà de ce que je devais espérer, qu'il vous fallait avec loisir chercher des termes pour me la rendre croyableVoiture (1597-1648)

    Peut-être la fortune est prête à vous quitterJean Racine (1639-1699)

  6. Terme de marine. Fortune de mer, les accidents qui arrivent aux navigateurs, naufrages, tempêtes, pirates, etc. Fortune de vent, gros temps, temps pendant lequel les vents sont forcés. Voile de fortune, voile qui ne se porte que pendant l'orage. Gouvernails, mâts, etc. de fortune, gouvernails, mâts qui ne servent que momentanément. Fortune, nom d'une vergue et d'une voile dont on se sert à bord de certains navires qui ont le gréement des goëlettes.

    La fortune est une voile carrée attachée sur une vergue qui se hisse, comme la voile de misaine des bâtiments carrés, à la tête et sur l'avant du mât de misaine,Auguste Jal (1795-1873)

  7. La fortune de quelqu'un, ce qui peut lui arriver de bien ou de mal. Il se dit aussi des choses. La fortune d'un livre. La fortune des empires.

    Me faire la faveur d'assurer particulièrement trois d'entre elles [personnes] que, quelque loin que me jette ma fortune, la meilleure partie de moi-même sera toujours au lieu où elles serontVoiture (1597-1648)

    Donc, comme à vous servir j'attache ma fortunePierre Corneille (1606-1684)

  8. Plus particulièrement, la fortune de quelqu'un, son heureuse fortune, les succès qu'il obtient.

    Cromwell alors se fit nommer gouverneur d'Irlande ; il partit avec l'élite de son armée, et fut suivi de sa fortune ordinaireVoltaire (1694-1778)

    Soliman envoie le bacha Mustapha assiéger Malte ; rien n'est plus connu que ce siége où la fortune de Soliman échouaVoltaire (1694-1778)

  9. Il se dit, au pluriel, des variations du sort, de la destinée. On le dit aussi des choses. Cette doctrine a eu des fortunes très diverses.

    En racontant toutes ses fortunes et tous ses longs voyagesD'URFÉ

    Je désire seulement d'avoir bientôt l'honneur de vous voir, et que toutes mes fortunes soient tellement jointes aux vôtres, que je ne sois jamais heureux ni malheureux qu'avec vousVoiture (1597-1648)

  10. Revers de fortune, accident qui change une bonne situation en une mauvaise. Retour de fortune, vicissitude dans la destinée, dans l'état des choses. Il y a de singuliers retours de fortune.

  11. L'état, la condition où l'on est. Se contenter de sa fortune. Il se dit aussi au pluriel. Une grande fortune, une condition élevée. Chacun est artisan de sa fortune, c'est-à-dire en général nos succès dépendent de nous. Il fut l'artisan de sa fortune, il ne dut qu'à lui ses bons succès.

    Je me souhaiterais la fortune d'ÉsonMalherbe (1555-1628)

    Le capitaine de vaisseau touché de ma fortune prit amitié pour moiMolière (1622-1673)

  12. Élévation de quelqu'un dans la condition, le rang, les honneurs, les emplois, les richesses. Les biens de la fortune, les richesses, les honneurs, les emplois. Faire fortune, s'élever haut dans les honneurs, les emplois, les richesses. Fig. Faire fortune, en parlant des choses, obtenir du succès, réussir. Faire la fortune de quelqu'un, le faire parvenir à une position élevée. Faire sa fortune, parvenir à une position élevée. Homme de fortune, celui qui est parti de petits commencements et s'est élevé soit par son mérite soit par les circonstances. Soldat de fortune, homme de guerre qui s'est élevé des derniers grades aux plus élevés par ses propres efforts. Officier de fortune, soldat devenu officier. Officier de fortune, s'est dit autrefois des officiers qui vendaient leurs services ou s'engageaient à qui voulait les payer. L'officier de fortune, titre d'un roman de W. Scott.

    Enfin tout ce qu'adore en ma haute fortune D'un courtisan flatteur la présence importunePierre Corneille (1606-1684)

    Lui donner moyen de pousser sa fortuneMme de Sévigné (1626-1696)

  13. Les grandes fortunes, les personnes élevées par le rang, par les honneurs, les emplois, les richesses.

    Chacun est jaloux de ce qu'il est.... surtout les grandes fortunes veulent être traitées délicatement ; elles ne prennent pas plaisir qu'on remarque leur défautBossuet (1627-1704)

  14. Richesses, biens. Jouir d'une grande fortune. Il est sans fortune. Il n'a point de fortune. Homme de fortune, homme riche. Être mal avec la fortune, être besogneux, n'être pas riche. Faire fortune, gagner de la richesse. Je n'ai que faire d'aller en Hollande, ma fortune est faite, se disait, par raillerie, à un homme faisant beaucoup de promesses.

    Si sa fortune était petite, Elle était sûre tout au moinsLa Fontaine (1621-1695)

    Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée ; La dame de ces biens, quittant d'un œil marri Sa fortune ainsi répandue....La Fontaine (1621-1695)

  15. Terme de droit coutumier. Fortune d'or, d'argent, or, argent trouvé dans la terre.

  16. Demi-fortune, voy. ce mot à son rang.

Étymologie : Bourguig. forteugne ; provenç. espagn. et ital. fortuna ; du lat. fortuna, de fors, sort, rapporté à ferre et à la grande racine sanscrite bhar, porter, produire. Quant au suffixe una, qu'on retrouve dans Neptunus, importunus, on le rapproche du suffixe umnus qui est dans Vertumnus ; ce suffixe mnus n'est lui-même qu'une contraction du suffixe participial menus,

Historique : XIIIe s. De fortune me tourne diversement la roe Fortune secort les hardiz, Si comme conte li escriz Fortune comprent ce qui avient à home de bien et de mal Por ce, dient li plusor, que fortune est aveugle, et qu'elle tornoie tozjors sa roe en non veant XIVe s. L'en ne conseille pas des choses qui aviennent à la fortune, si comme seroit trouver un tresor à cas d'aventure Une question est à savoir se l'en a plus grant mestier d'amis en bonnes fortunes ou en infortunes Par fortune de feu, qui, d'aventure ou autrement, se povoit prendre ou estre boutez par aucuns malfaitteurs XVe s. Si j'estois p…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 22 sens

n. f.

  1. Hasard, chance. La fortune des armes. J’en courrai la fortune. Je le rencontrai de fortune, Par hasard La mauvaise fortune le poursuit.

  2. Fam., Courir la fortune du pot, S’exposer à faire mauvaise chère, en allant dîner dans une maison où l’on n’est point attendu. à la fortune du pot. Venez dîner à la fortune du pot, En courant la chance d’un bon ou d’un médiocre repas. Inviter à la fortune du pot, Inviter sans cérémonies.

  3. Installation de fortune, Installation improvisée et provisoire. Moyen de fortune, Moyen de parer promptement à des besoins urgents. Gouvernail de fortune. Mâture de fortune. Voile de fortune.

  4. Bonne fortune, Chance heureuse, heureux hasard. C’est une bonne fortune pour moi de vous rencontrer. Il se dit, en termes de Galanterie, des Faveurs d’une femme. Il a eu beaucoup de bonnes fortunes. Un homme à bonnes fortunes. être en bonne fortune.

  5. Tenter fortune, S’engager dans une entreprise dont le succès dépend en grande partie du hasard, d’événements qu’on ne peut régler ni prévoir.

  6. Chercher fortune, être ou se mettre en quête des occasions qui peuvent procurer ce que l’on désire, comme le bien-être, les richesses, etc. Il est allé chercher fortune aux Indes.

  7. Fig. et fam., Faire contre mauvaise fortune bon coeur, Ne pas se laisser abattre par les déceptions, par les événements fâcheux.

  8. FORTUNE se dit encore de Tout ce qui arrive ou peut arriver de bien ou de mal à quelqu’un. Nous courons tous deux même fortune. S’attacher à la fortune de quelqu’un, suivre sa fortune. Changement de fortune. Il a éprouvé l’une et l’autre fortune. Je partageai sa bonne et sa mauvaise fortune. Ma mauvaise fortune, ma bonne fortune a voulu que... On le dit également des Choses. Nous ne pouvons prédire quelle sera la fortune de ce livre, de cet ouvrage. La fortune des états, des empires. Cet homme, cette doctrine a eu des fortunes très diverses.

  9. Revers de fortune, Accident, événement fortuit qui change une bonne situation en une mauvaise. Croire qu’on est à l’abri des revers de fortune. On dit aussi Retour de fortune pour désigner un Changement imprévu, qui peut être heureux, une vicissitude bonne ou mauvaise. Il y a d’étranges retours de fortune.

  10. Il signifie souvent, dans une acception générale, Avancement, établissement dans les emplois, dans les honneurs, dans les biens. Parvenir à une haute fortune. Affermir sa fortune. Sa fortune est encore chancelante. Il ne doit sa fortune qu’à son propre mérite. Il a été l’artisan de sa fortune.

  11. Il se dit aussi de la Divinité païenne qui était censée distribuer, à son gré, le bonheur et le malheur. Le temple de la Fortune. La statue de la Fortune. Les Romains adoraient la Fortune, sacrifiaient à la Fortune.

  12. Il s’emploie, par allusion au sens qui précède, dans un grand nombre de phrases figurées. La fortune est aveugle, inconstante, capricieuse, changeante. Les faveurs de la fortune. L’inconstance, le caprice, la bizarrerie, les revers, les rigueurs de la fortune. La fortune distribue inégalement ses faveurs. Il est maltraité de la fortune. Il accuse la fortune de son malheur. La fortune lui sourit. La fortune lui a tourné le dos. La fortune élève les uns, abaisse les autres. S’abandonner à la fortune. La roue de la fortune. Les hommes sont le jouet de la fortune. La fortune a trompé leur espoir.

  13. Les jeux, les coups, les caprices de la fortune, Les grands changements qui arrivent aux hommes ou aux états et qui les élèvent ou les abaissent.

  14. Brusquer la fortune, Tenter de réussir par des moyens prompts et hasardeux.

  15. Fig., Attacher un clou à la roue de la fortune, Trouver moyen de fixer la fortune.

  16. Fig., Adorer, encenser la fortune, etc., S’attacher à ceux qui sont en faveur, en crédit.

  17. Les biens de la fortune, Les dignités, les honneurs, les richesses.

  18. Soldat de fortune se dit d’un Homme de guerre qui, par sa valeur, s’est élevé des derniers rangs aux plus hauts grades. On dit dans le même sens Officier de fortune.

  19. Fam. et fig., Chacun est artisan de sa fortune, Chacun est responsable de son sort bon ou mauvais.

  20. Il se dit encore simplement pour Biens, richesses, ressources pécuniaires. Faire sa fortune. Faire fortune. C’est un homme sans fortune. Il rassembla les débris de sa fortune. Bien gérer, mal gérer sa fortune. Perdre, dissiper sa fortune. Il fait un bon usage de sa fortune. Mettre sa fortune à couvert. Acquérir de la fortune. Laisser de la fortune à ses enfants. N’avoir point de fortune. C’est là toute ma fortune. Il ne connaît pas le chiffre de sa fortune. Faire une fortune rapide. Fortune solide, bien établie. Fortune mobilière, immobilière. Sa fortune est en terres, est en valeurs. épouser une jeune fille sans fortune.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée fortune#27980.

fortuné

adjectif · /fɔʁtyne/

Usage : d'usage courant (3.15 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Qui possède une grande fortune, riche.

    Une famille fortunée a financé la restauration du musée.

    Synonyme : riche.

    « Pour vous, fortunés du siècle, à qui la faveur, les richesses, le crédit et l'autorité fait trouver la vie si commode.... »Bossuet (1627-1704)

  2. Littéraire. De façon littéraire et vieillie, comblé par le sort, heureux.

    Heureux et fortuné, le héros rentra enfin dans son pays.

    Synonyme : heureux.

    « ....Et d'un bras fortuné Bénit subitement le guerrier consterné »Boileau (1636-1711)

    « Plus habile que grand, plus fortuné qu'habile, En triomphant d'un peuple il a vécu tranquille »Marie-Joseph Chénier (1764-1811)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (4)
  • fortunées : pluriel féminin · /fɔʁtyne/
  • fortunés : pluriel masculin · /fɔʁtyne/
  • fortunée : singulier féminin · /fɔʁtyne/
  • fortuné : singulier masculin · /fɔʁtyne/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 3 sens

adj.

  1. Bien traité de la fortune ou du sort. Substantivement. Particulièrement. Celui qui a les bonnes grâces d'une dame.

    Ne plaignons plus les disgrâces qui font sa félicité ; si elle avait été plus fortunée, son histoire serait plus pompeuse, mais ses œuvres seraient moins pleines ; et, avec des titres superbes, elle aurait peut-être paru vide devant DieuBossuet (1627-1704)

    Le monde, voyant un homme qui a ce qu'il veut, s'écrie avec un grand applaudissement : Qu'il est heureux ! qu'il est fortuné !Bossuet (1627-1704)

  2. Qui a le caractère de la bonne fortune, du bonheur. Siècle fortuné. Région fortunée. Îles Fortunées, ancien nom des îles Canaries.

    Enfin il a poussé nos armes fortunées Jusques à vous réduire au pied des PyrénéesPierre Corneille (1606-1684)

    Fêtes sacrées, mariage fortuné, voile nuptial, bénédiction, sacrifice, puis-je mêler aujourd'hui vos cérémonies et vos pompes avec ces pompes funèbres et le comble des grandeurs avec leurs ruines ?Bossuet (1627-1704)

  3. S. f. Fortunée, sorte de poire.

Étymologie : Bourguig. fortugné ; du latin fortunatus, de fortuna, fortune. Fortuné, dans l'ancien usage, avait aussi bien le sens de malheureux que celui d'heureux, en raison du double sens qu'avait fortune.

Historique : XVe s. Le jeune roi Edouard qui tant a esté heureux et fortuné en armes XVIe s. Tous soldats qui sont fortunez [qui ont été privés] à la guerre de leurs membres, à faulte desquels ils ne peuvent plus porter les armes Pauvre, chetive, malheureuse, Et fortunée que je suis Ceux-là [des forçats] sont, au prix d'eux [ceux qui servent un maître], fortunez et aulcunement libres

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 3 sens

adj.

  1. Qui est au comble du bonheur. Prince fortuné. Amants fortunés.

  2. Il signifie aussi Qui donne le bonheur, où l’on trouve le bonheur. Union fortunée. Siècle fortuné. Région, terre fortunée.

  3. Il signifie aussi Qui est pourvu de grandes richesses. C’est la famille la plus fortunée du pays.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée fortuné#27981.

fortuné

nom, masculin

Voir aussi : forme féminine fortunée

Grammaire et formes (2)
  • fortunés : pluriel
  • fortuné : singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée fortuné#101891.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.