destinée

destinée

nom, féminin, /dɛstine/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. L'effet du destin. Le cours des destinées. Au plur. Remplir, accomplir ses destinées. Par extension. La destinée des passions, ce que les passions font de nous. Le destin.

    C'est sa destinée d'être parfaitement aimé — Mme de Sévigné (1626-1696)

    On rencontre sa destinée Souvent par des chemins qu'on prend pour l'éviter — La Fontaine (1621-1695)

  2. Condition, sort.

    Jamais tu n'as vu journée De si douce destinée — Malherbe (1555-1628)

    Il devait subir la destinée de tous les autres — Bossuet (1627-1704)

  3. Vie, existence. On ne peut fuir sa destinée.

    Vous pouvez d'un seul mot trancher ma destinée — Pierre Corneille (1606-1684)

    Sache donc que je touche à l'heureuse journée Qui doit avec Clarice unir ma destinée — Pierre Corneille (1606-1684)

Étymologie : Destiné ; provenç. destinada ; ital. destinata.

Historique : XIIe s. Ah ! Dex de gloire, com male destinée ! Frere Olivier, com dure destinée ! Oïl, par Dieu, tels est ma destinée Entre lui e le rei resurst mult grant meslée Des fous clers ki esteient par male destinée Larrun e murdrisur e felun à celée À icest mot l'a Bernier acolée, Et ele lui, grant joie ont demenée, L'un baise l'autre par bone destinée XIIIe s. Bien diriez que [je] n'ai coulpe en ceste destinée Saluez moi roi Flore par bonne destinée Ah ! Dieu, loés soiez de ceste destinée Ce fut par pute destinée Que Renart s'est dedenz couchiez ; Ysengrin est par tens iriez XIVe s. Quant le dieu d…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Destin particulier d’une personne ou d’une chose. Il eut une singulière destinée. Heureuse, malheureuse destinée. Remplir ses destinées. Accomplir ses destinées. Il faut suivre sa destinée. S’abandonner à sa destinée. On ne peut fuir, on ne peut vaincre sa destinée. On ne peut se dérober à sa destinée.

  2. Il se dit, par extension, de la Puissance suprême qui règle le cours des choses. Se soumettre à la destinée.

  3. Il s’emploie, surtout en poésie, pour Vie, existence. Finir sa destinée. Trancher la destinée de quelqu’un.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • destinées — pluriel — /dɛstine/
  • destinée — singulier — /dɛstine/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée destinée#20335.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.