sort
nom, masculin, /sɔʁ/
Définitions
Destinée, cours des événements de la vie qui échappe à la volonté humaine.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Condition, situation dans laquelle se trouve une personne.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Manière de décider quelque chose par le hasard, notamment en tirant au sort.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Effet magique et maléfique qu'une personne jette sur une autre.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (11 sens) — Académie 1935 (10 sens)
Littré (1873)
s. m.
Destinée, considérée comme cause des événements de la vie, suivant l'idée des anciens. On le personnifie quelquefois.
Défions-nous du sort, et prenons garde à nous Après le gain d'une bataille — La Fontaine (1621-1695)
Chacun songe comment il s'acquittera de sa condition ; mais, pour le choix de la condition et de la patrie, le sort nous le donne — Pascal (1623-1662)
Effet de la destinée, rencontre fortuite des événements.
Est-on sot, étourdi, prend-on mal ses mesures, On pense en être quitte en accusant son sort — La Fontaine (1621-1695)
Je ne crois point que la nature Se soit lié les mains et nous les lie encor Jusqu'au point de marquer dans les cieux notre sort — La Fontaine (1621-1695)
Il se dit quelquefois pour vie.
Tous les miens, à mes yeux, terminèrent leur sort — Voltaire (1694-1778)
Particulièrement. État d'une personne par rapport à la condition, à la richesse. Cette succession améliorera son sort. Un sort, une condition, avec l'idée de quelque chose de durable et de définitif. Faire un sort à quelqu'un.
La splendeur de son sort doit hâter sa ruine — Jean Racine (1639-1699)
Votre Excellence m'a gratifié de la conciergerie du château ; c'est un fort joli sort — Beaumarchais (1732-1799)
Fig. Condition des choses, comparée au sort des hommes.
L'idolâtrie semblait triompher : elle regardait le christianisme comme une nouvelle secte de philosophie qui avait le sort de toutes les autres — Bossuet (1627-1704)
Tel fut chez nous le sort du théâtre comique — Boileau (1636-1711)
Le sort principal d'une rente, le capital placé (acception vieillie ; on dit : le principal, le capital).
Aucun ne leur ouvrit sa bourse [aux trois animaux commerçants] ; Et le sort principal, et les gros intérêts, Et les sergents, et les procès, Et le créancier à la porte Dès devant la pointe du jour.... — La Fontaine (1621-1695)
Si vous voulez m'assurer mon sort principal — Pascal (1623-1662)
Terme d'antiquité. Le sort ou les sorts, prétendu moyen de connaître l'avenir, à l'aide de dés qu'on jetait. Sort ou sorts homériques ou virgiliens, divination au moyen d'un passage d'Homère ou de Virgile, pris au hasard. Sort des apôtres, divination par un passage des Actes des Apôtres Sort des saints, pratique par laquelle on cherchait à connaître l'avenir par les premières paroles qui s'offraient en ouvrant l'Écriture sainte. Jeter le sort, jeter au sort, se disait autrefois de l'action de jeter les dés pour décider quelque chose, pour faire un partage, etc. Fig. Jeter le sort, tirer au sort. Fig. Le sort en est jeté, le parti en est pris, la chose est décidée.
Le sort, qui s'appelle en hébreu phur, fut jeté dans l'urne devant Aman, pour savoir en quel mois et en quel jour on devait faire tuer toute la nation juive — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Le sort est l'effet du hasard et comme la décision ou l'oracle de la fortune ; mais les sorts sont les instruments dont on se sert pour savoir quelle est cette décision ; les sorts étaient le plus souvent des espèces de dés sur lesquels étaient gravés quelques caractères ou quelques mots dont on allait chercher l'explication dans des tables faites exprès — Fontenelle (1657-1757)
Manière de décider une chose par le hasard. Le sort est tombé sur un tel. Tirer au sort.
Le sort, dit le prélat, vous servira de loi [pour choisir deux personnes] — Boileau (1636-1711)
Le sort est une façon d'élire qui n'afflige personne, il laisse à chaque citoyen une espérance raisonnable de servir sa patrie ; mais, comme il est défectueux par lui-même, c'est à le régler et à le corriger que les grands législateurs se sont surpassés — Montesquieu (1689-1755)
Le sort des armes, le combat considéré relativement à l'incertitude du succès.
Est-ce lui qui naguère aux dépens de sa vie Sauva des ennemis votre empereur Décie, Qui leur tira mourant la victoire des mains, Et fit tourner le sort des Perses aux Romains ? — Pierre Corneille (1606-1684)
Qui sera notre appui, si le sort des batailles Vous rend un corps sans vie au pied de nos murailles ? — Pierre Corneille (1606-1684)
Il s'est dit pour chance, probabilité.
Un mémoire excellent de M. Daniel Bernoulli sur la mesure du sort — Buffon (1707-1788)
Selon les lois de l'analyse des sorts.... je ne dois point être surpris qu'une chose arrive lorsqu'elle est possible — Diderot (1713-1784)
Paroles, caractères, etc. par lesquels les ignorants croient que l'on peut opérer des maléfices. On dit que ce berger a mis un sort dans l'écurie de son maître, et que cela a fait mourir les chevaux. Fig.
C'est quelque sort qu'il faut qu'il ait jeté sur toi, Et tu seras cent fois plus heureuse avec moi — Molière (1622-1673)
Le peuple romain ne voulait point les prendre [les gerbes recueillies dans les champs de Tarquin], croyant qu'un mauvais sort y était attaché — Mme de Staël (1766-1817)
Étymologie : Provenç. sort ; espagn. suerte ; ital. sorte ; du lat. sortem. Sors vient de serere, enfiler ; comparez SÉRIE. Les sortes, suivant Mommsen (tr. fr. I, 242), étaient, dans l'origine, des tailles de bois enfilées d'un cordon, et qui, jetées à terre, tombaient en décrivant diverses figures à peu près comme les runes scandinaves.
Historique : XIe s. N'i remeindrat ne sorz [sortilége] ne falserie XIIe s. Je dis : li miens Deus tu es, es tues mains les meies sorz XIIIe s. Quant Judas deguerpi les disciples par traïson, les autres apostles getierent sors por veoir qui deust estre mis en son leu ; li sors en vint sor Mathias XIVe s. Ma sors ha esté la premiere ; chascuns des autres, là où sa sort charra [tombera], venra [viendra] en ceste guise E ! royne Calabre, bien i veïstes cler ; Mes peres vous oï bien vo sort declarer XVe s. Si disent les sorts de mon pays et les devins d'Egypte, que je dois estre sire et roi de tout le monde Vou…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
La destinée considérée comme cause des divers événements de la vie. Le sort en a ainsi ordonné. Les caprices du sort. Le sort aveugle. Le sort jaloux. Nous serons heureux en dépit du sort. Braver, affronter, supporter les coups du sort. Se plaindre du sort. être poursuivi, accablé par le sort.
Il se dit de l’Effet de la destinée, de la rencontre fortuite des événements bons ou mauvais. Je plains votre sort. Son sort est heureux. Son sort est déplorable. Il se plaint continuellement de son sort. Personne n’est content de son sort. Je veux partager votre sort. Ordonnez de mon sort. Vous êtes l’arbitre de mon sort. Mon sort est dans vos mains. C’est un triste sort que le sien.
Il se dit particulièrement de la Condition, de l’état d’une personne sous le rapport de la richesse. Cette succession améliorera son sort. Il a réglé par son testament le sort de ses trois enfants. Faire un sort à quelqu’un.
Il désigne aussi la Condition des choses. Tel fut le sort de son livre. Son discours assura le sort de cette proposition. Ce système eut le sort de beaucoup d’autres.
Fig., Faire un sort à une chose, La propager, la faire valoir. Ce mot serait passé inaperçu si vous ne lui aviez fait un sort en le répétant et le commentant.
SORT désigne encore la Manière de décider quelque chose par le hasard. Le sort est tombé sur un tel. Le sort en a décidé. Tirer au sort.
Fig., Le sort en est jeté, Le parti en est pris.
Fig., Le sort des armes, Le combat, considéré relativement à l’incertitude du succès. Il a voulu tenter une troisième fois le sort des armes.
SORT Se dit aussi de Paroles, de regards, de caractères, de maléfices par lesquels, suivant une croyance superstitieuse, on peut produire des effets extraordinaires, et presque toujours malfaisants. Ces pauvres gens disent qu’on a jeté un mauvais sort sur leurs troupeaux. Il prétend qu’on lui a jeté un sort.
Fig. et fam., Il y a un sort sur tout ce qu’il fait, Rien de ce qu’il fait ne lui réussit.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- sorts — pluriel — /sɔʁ/
- sort — singulier — /sɔʁ/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sort#57809.