abominable
adjectif · /abominablə/ ou /abɔminablə/
Usage : d'usage courant (8.30 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Qui suscite une profonde horreur par sa cruauté ou son immoralité
Il a été condamné pour un crime abominable.
Synonymes : atroce, monstrueux.
« De l'offrir [le saint sacrifice de l'Eucharistie] pour avoir de quoi contenter nos passions, de quoi nourrir nos cupidités... ne serait-ce pas l'usage le plus abominable ? »Bourdaloue (1632-1704)
« Qui ? ce chef d'une race abominable, impie »Jean Racine (1639-1699)
D'une qualité ou d'une nature extrêmement désagréable, repoussante ou révoltante, au point de provoquer un sentiment de dégoût ou d'aversion marqué : un repas abominable.
Il fait un temps abominable depuis lundi.
Synonymes : épouvantable, détestable.
« Ah ! quel abominable maître me vois-je obligé de servir »Molière (1622-1673)
« Voilà, je vous l'avoue, un homme abominable »Molière (1622-1673)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : abominable homme des neiges
Grammaire et formes (2)
- abominables : pluriel · /abɔminablə/ ou /abominablə/
- abominable : singulier · /abɔminablə/ ou /abominablə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 2 sens
adj.
Qui mérite répulsion, aversion. Ils ont tenu des propos abominables. Jours abominables. C'est une femme abominable. Projets abominables.
Tout ce qui est dans les hommes, est abominablePascal (1623-1662)
Des plaisirs abominablesPascal (1623-1662)
Par exagération, se dit de tout ce qui est très mauvais. Une odeur abominable. Il fait un temps abominable. Se dit des personnes et des choses, et se met avant ou après le substantif, suivant l'oreille, surtout dans le style poétique et passionné ; car dans le style ordinaire il se met presque toujours après.
Étymologie : Provenç. abhomenable ; espagn. abominable ; ital. abbominabile ; de abominabilis, de abominor, détester, de ab, indiquant l'éloignement, et omen, présage : abominable, ce qui doit être écarté comme un mauvais présage. Omen, d'après les Latins, signifie proprement un augure qui se fait par la bouche des hommes, comme l'explique Cicéron, De div. I, 45, et par extension toute espèce de présage bon ou mauvais. Ainsi, pendant que les Romains délibéraient après la destruction de Rome par les Gaulois, s'ils iraient s'établir à Veies, un centurion qui faisait ranger sa troupe, cria : Porte-drapeau, ar
Historique : XIIIe s. Ces malades estoient si despis que les privés sergeants du benoit roi en estoient abominables [en avaient de l'abomination, du dégoût] XIVe s. Chose naturelment abhominable XVe s. Finalement ils regarderont et considereront entre eux que cette mesaise ils ne pouvoient longuement souffrir ni porter, tant leur estoit la punaisie abominable XVIe s. C'estes vous qui vous justifiez devant les hommes ; mais ce qui est haut est abominable à Dieu Icelle ostée, toutes les choses qu'on lui presente non-seulement sont fatras, mais ordures puantes et abominables
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 2 sens
adj. des deux genres
Qui est en horreur, qui mérite d’être en horreur. Crime abominable. Un homme abominable. C’est une abominable calomnie. De pareils écrits sont abominables.
Il se dit, par exagération, de Tout ce qui est très mauvais en son genre. Cette comédie, cette musique est abominable. Une odeur abominable. Il fait un temps abominable.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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