monstrueux
adjectif, /mɔ̃stʁyø/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui a la conformation d'un monstre. Un enfant, un animal monstrueux. On dit de même : conformation monstrueuse. Fig. Terme de blason. Se dit d'un animal représenté avec quelque partie appartenant naturellement à un autre ; ou d'un animal à face humaine.
Ce monstrueux dragon dont les fureurs la gardent [la toison d'or] — Pierre Corneille (1606-1684)
Par des mots inconnus ces êtres monstrueux S'appelaient tour à tour, s'applaudissaient entre eux — Ducis (1733-1816)
Qui est contraire aux lois de la nature. Accouplement monstrueux. Fig.
Comme il [Cromwell] eut aperçu que, dans ce mélange infini de sectes, le plaisir de dogmatiser était le charme qui possédait les esprits, il sut si bien les concilier par là, qu'il fit un corps redoutable de cet assemblage monstrueux — Bossuet (1627-1704)
Prodigieux, excessif dans son genre. Cet enfant a la tête monstrueuse. Laideur monstrueuse. Cet animal est d'une grosseur monstrueuse.
Leur appétit fougueux, par l'objet excité, Parcourt tous les recoins d'un monstrueux pâté — Boileau (1636-1711)
L'art d'élever sur un patrimoine obscur une fortune monstrueuse — Massillon (1663-1742)
Fig. Qui excède en mal tout ce qu'on peut concevoir. Il se dit quelquefois, en ce sens, des personnes mêmes.
L'égarement en divers endroits [l'inconstance en amour] est aussi monstrueux que l'injustice dans l'esprit — Pascal (1623-1662)
Par un abus insupportable et une monstrueuse ingratitude — Bourdaloue (1632-1704)
Par exagération. Qui choque toutes les bienséances. Qui choque les règles du goût. Qui choque la raison.
On le vit paraître en habit de ville : la chose était monstrueuse pour la conjoncture — Antoine Hamilton (1646-1720)
Vous prendriez une procureuse au Châtelet pour une présidente. - La présidente : Pour une présidente ? mais en vérité cela est monstrueux — Destouches (1680-1754)
Étymologie : Provenç. mostruos ; espagn. monstruoso ; ital. mostroso, mostruoso ; du lat. monstruosus, qui vient de monstrum, monstre. L'u de monstruosus n'a rien d'organique ; il s'est glissé sous l'influence des thèmes tirés de la quatrième déclinaison, comme sumptuosus, etc.
Historique : XVIe s. L'ouie [du roi de Navarre] estoit monstrueuse, par laquelle il apprenoit des nouvelles d'autrui, ou de soi-mesme, parmi les bruits confus de sa chambre, et mesmes en entretenant autrui Esprit monstrueux en savoir Il fit parler de capitulation, qui lui fut octroiée ; de tant plus honorable que la douceur du temps estoit monstrueuse L'enfantement sera difficile si ledict enfant est monstrueux Cette excellente police de Lycurgue, monstrueuse à la verité par sa perfection L'atheisme est une proposition comme denaturée et monstrueuse
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui a une conformation contre nature. Un enfant monstrueux. Un animal monstrueux.
Il signifie encore Qui est contraire aux lois de la nature. Accouplement monstrueux.
Il s’emploie aussi au figuré. Union, association monstrueuse d’idées, d’expressions.
Il signifie encore Qui est prodigieux, excessif dans son genre. Cet enfant a la tête monstrueuse. Une femme d’une laideur monstrueuse. Un homme d’une grandeur, d’une grosseur monstrueuse.
Fig., Une avarice, une prodigalité, une profusion, une fortune monstrueuse. Un crime, un événement monstrueux. Son action est une chose monstrueuse. Une erreur monstrueuse.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (3)
- monstrueux — masculin — /mɔ̃stʁyø/
- monstrueuses — pluriel féminin — /mɔ̃stʁyøzə/
- monstrueuse — singulier féminin — /mɔ̃stʁyøzə/
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