traître
nom, masculin · /tʁɛtʁə/
Usage : fréquent (20 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Personne qui trahit, qui commet une trahison envers quelqu'un ou quelque chose : dénoncer un traître.
Le traître a livré ses compagnons à l'ennemi.
Synonyme : félon.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Voir aussi : forme féminine traîtresse
Expressions : en traître · ne pas dire un traître mot
Grammaire et formes (2)
- traîtres : pluriel · /tʁɛtʁə/
- traître : singulier · /tʁɛtʁə/
Témoignages historiques
Académie française, 8e édition (1935) · 9 sens
n.
Celui, celle qui fait une trahison. On profite quelquefois de la trahison, mais on hait et l’on méprise toujours les traîtres. C’est une traîtresse.
TRAÎTRE s’emploie aussi comme adjectif et signifie Qui trahit, qui est capable de trahison. Cet homme-là est bien traître. Le coeur le plus traître du monde. Une âme traîtresse.
Il se dit également de Quelques animaux, comme des chiens, des chats, des chevaux, qui mordent, qui égratignent, qui ruent lorsqu’on y pense le moins. Ce chien est traître. Les chats sont ordinairement traîtres. Prenez garde à ce cheval, il est traître.
Il se dit aussi des Actes qui marquent de la trahison, de la perfidie. C’est un procédé bien traître. Il lui a joué un tour bien traître. Des faveurs traîtresses.
Il se dit encore de Certaines choses qui trompent, qui sont plus dangereuses qu’elles ne le paraissent. Ces sortes de maux sont traîtres. Ce vin-là est traître, il enivre aisément. Une liqueur traîtresse.
Fam., Il ne m’en a pas dit un traître mot, Il ne m’en a pas dit un seul mot.
EN TRAÎTRE
loc. adv.
En trahison, traîtreusement. Il l’a pris en traître. Il l’a tué en traître.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée traître#62160.
traître
adjectif
Usage : d'usage courant (5.11 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Qui trahit, qui agit avec déloyauté envers quelqu'un : un ami traître.
Cet ami traître a révélé notre secret à nos concurrents.
Synonymes : déloyal, perfide.
« Tout flatteur, quel qu'il soit, est toujours un animal traître et odieux »Bossuet (1627-1704)
« Tout à coup j'avise, rasant les maisons, le nez dans la cravate, sombre et voûté comme un traître de mélodrame, devinez qui ? »Charles de Bernard (1804-1850)
Qui comporte un danger caché sous une apparence inoffensive : une route traître par temps de verglas.
La mer est traître près de ces rochers, les courants y sont violents.
« À peine ai-je senti cette liqueur traîtresse, Que de ces vins mêlés j'ai reconnu l'adresse »Boileau (1636-1711)
« Le comte : Quant à moi, j'aime la politesse. - Lisimon : Moi je ne l'aime point, car c'est une traîtresse Qui fait dire souvent ce qu'on ne pense pas »Destouches (1680-1754)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : ne pas dire un traître mot
Grammaire et formes (4)
- traîtresses : pluriel féminin
- traîtres : pluriel masculin
- traîtresse : singulier féminin
- traître : singulier masculin
Témoignages historiques
Littré (1873) · 8 sens
adj.
Qui trahit. Traître comme Judas, se dit d'un homme qui, sous le masque de l'amitié, trahit de la manière la plus cruelle. Populairement. Il n'est pas traître à son corps, il ne se refuse aucune commodité.
Moi, seigneur ! moi, que j'eusse une âme si traîtressePierre Corneille (1606-1684)
Tout flatteur, quel qu'il soit, est toujours un animal traître et odieuxBossuet (1627-1704)
Il se dit des animaux domestiques qui mordent, égratignent ou ruent quand on y pense le moins. Le chat est traître. Prenez garde à ce cheval, il est traître. Un chien traître.
Il se dit des choses qui ont le caractère de la trahison, de la perfidie.
Embûche traîtresseTristan L'Hermite (1601-1655)
Une traîtresse voix bien souvent vous appelle ; Ne vous pressez donc nullementLa Fontaine (1621-1695)
Il se dit de certaines choses qui sont dangereuses sans le paraître.
Le seul Ulysse en échappa [des piéges de Circé] ; Il sut se défier de la liqueur traîtresseLa Fontaine (1621-1695)
Il [l'évêque de Saintes] était sans fièvre et se croyait entièrement hors d'affaire ; il causa une heure avec l'abbé Têtu ; ces sortes de mieux sont quasi toujours traîtres, et tout d'un coup il est retombé dans l'agonieMme de Sévigné (1626-1696)
Familièrement. Il ne m'en a pas dit le traître mot, un traître mot, il ne m'en a pas dit un seul mot. (Cela signifie-t-il proprement : il ne m'en a pas dit un mot qui trahît ce dont il s'agissait ? ou bien traître est-il un simple terme d'injure, comme qui dirait : un chien de mot ?)
S. m. et f. Celui, celle qui fait une trahison. Traître, traîtresse se disent quelquefois comme termes d'injure, sans impliquer trahison ou perfidie.
Quiconque aime le traître, aime la trahisonJean Mairet (1604-1686)
Au travers de son masque on voit à plein le traître ; Partout il est connu pour tout ce qu'il peut êtreMolière (1622-1673)
Traître de mélodrame, l'acteur qui, dans les anciens mélodrames, jouait le rôle du traître, et qui exagérait presque toujours ses gestes ; et, par moquerie, l'homme qui affecte un air sombre, une marche cachée, des manières dissimulées.
Tout à coup j'avise, rasant les maisons, le nez dans la cravate, sombre et voûté comme un traître de mélodrame, devinez qui ?Charles de Bernard (1804-1850)
En traître, loc. adv. Avec trahison, traîtreusement. Avec un sujet au plur. J. J. Rousseau a dit en traîtres. Aucun d'eux osa-t-il l'attaquer en face ? ils le prirent en traîtres, Lett. à M. de St-Germain, 26 fév. 1770. Il faut écrire en traître ; c'est une locution adverbiale.
Va, tu l'as pris en traître ; un guerrier si vaillant N'eût jamais succombé sous un tel assaillantPierre Corneille (1606-1684)
Étymologie : Wallon, traitt ; bourg. treite ; provenc. trahire, traire, trahidor, traidor, traitor ; espagn. traydor ; portug. traditor ; ital. traditore ; du lat. traditorem, de tradere (voy. TRAHIR). L'anc. français dit traïtre au nominatif répondant à traditor, et traïtor au régime, répondant à traditorem ; mais, pour que traditor donne traïtre, il faut supposer que les Romans de la Gaule ont prononcé traditor. La contraction de traïstre en traître était effectuée au XVIe siècle, bien qu'on orthographiât encore quelquefois trahistre.
Historique : XIe s. Li reis Marsile i fit mult que traïtre XIIe s. Il maudit Gilemer le traïtor renois Queque dient li tuen e li deu traïtur [ceux qui trahissent Dieu et toi], Ne te turne à vilté mais à mult grant honur Ne teus ovraignes [telles œuvres] comencier Vils, malvaises, ne traïtresses, Decevables ne felonesses XIIIe s. Joffrois, qui marescaus estoit de nostre ost, manda à l'empereour que il aroit bataille contre Burile le trahitour XVe s. Furent toutes leurs maisons [aux Mahieux] abattues et portées par terre, ainsi que si ils fussent trahistres à tout le corps de la ville XVIe s. Ils crioyent co…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée traître#101405.
traitre
nom, féminin
Grammaire et formes (4)
- traitres : pluriel
- traitresses : pluriel
- traitre : singulier
- traitresse : singulier
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée traitre#104403.
traitre
adjectif
Grammaire et formes (4)
- traitresses : pluriel féminin
- traitres : pluriel masculin
- traitresse : singulier féminin
- traitre : singulier masculin
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée traitre#104404.