nuance
nom, féminin · /nyɑ̃sə/
Usage : fréquent (11 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Variation légère ou gradation d'une couleur, distincte d'une autre par sa teinte, son intensité ou sa saturation.
Le peintre a employé plusieurs nuances de bleu.
« La nature marche toujours et agit en tout par degrés imperceptibles et par nuances »Buffon (1707-1788)
« Ainsi le peintre unit de nuance en nuance La teinte qui finit à celle qui commence »Jacques Delille (1738-1813)
Différence subtile entre deux choses ou deux idées voisines
Il y a une nuance entre être fier et être arrogant.
Synonyme : distinction.
« Suivant les différences du rang, du mérite personnel, de la réputation, il donnait à sa politesse, à ses égards, les nuances que ces différences exigent »Condorcet (1743-1794)
« Ces secrets du penchant retenus et trahis par la tendresse du sourire, par l'éclair échappé d'un timide regard, mille nuances fugitives dans l'expression des yeux et des traits du visage sont l'éloquence de la beauté »Marmontel (1723-1799)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- nuances : pluriel · /nyɑ̃sə/
- nuance : singulier · /nyɑ̃sə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 5 sens
s. f.
Degré d'augmentation ou de diminution que présente une même couleur ; différence ou changement des couleurs, surtout dans leur passage d'un ton à un autre.
L'opale et l'incarnat qui parent le matin, Les couleurs d'un beau soir où son œil incertain Cherche, sans la trouver, la première nuance Du pourpre qui finit, de l'azur qui commenceST-LAMB.
Ainsi le peintre unit de nuance en nuance La teinte qui finit à celle qui commenceJacques Delille (1738-1813)
Mélange et assortiment de plusieurs couleurs qui vont bien ensemble. Nuance douce, rude. Ces nuances sont mal entendues. Terme de perruquier. Mélange des cheveux de différente couleur qui ont du rapport. Faire des nuances à une perruque.
Après le dîner, je vais dans une grande galerie pour y diriger l'ouvrage de plusieurs jeunes filles peu habiles à mêler leurs nuancesMADAME RICCOBONI
Fig. Différence délicate et presque insensible qui se trouve entre deux choses du même genre.
Ce sont deux espèces extraordinaires [le pangolin et le phatagin], peu nombreuses, assez inutiles, et dont la forme bizarre ne paraît exister que pour faire la première nuance de la figure des quadrupèdes à celle des reptilesBuffon (1707-1788)
La nature marche toujours et agit en tout par degrés imperceptibles et par nuancesBuffon (1707-1788)
Fig. Il se dit des délicatesses du langage, comparées aux nuances des couleurs.
L'extrême difficulté ne paraît qu'à penser sur chaque sujet ce qu'il y a de meilleur à dire, et à trouver dans le langage je ne sais quelles nuances qui dépendent de se connaître en ce qui sied le mieux en fait d'expressionsMÉRÉ
Elle [la future Dauphine] a écrit à monsieur le Dauphin [le fils de Louis XIV] avec des nuances de style, selon qu'elle a été près d'être sa femme, qui ont marqué bien de l'espritMme de Sévigné (1626-1696)
Terme de musique. Se dit surtout des différences du forte et du piano. Cette pianiste joue sans nuance ; et, comme la nuance donne l'expression, on dit à peu près avec le même sens : jouer sans nuance et sans expression.
Étymologie : Nuer.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 3 sens
n. f.
Chacun des degrés différents par lesquels peut passer une couleur, en conservant le nom qui la distingue des autres. La dégradation d’une seule couleur produit un nombre infini de nuances. Le mélange de plusieurs couleurs produit des nuances variées à l’infini. Les nuances par lesquelles se dégradent l’ombre et la lumière sont insensibles.
Il se dit quelquefois, figurément, de la Différence délicate et presque insensible qui se trouve entre deux choses de même genre. Il y a entre ces deux idées une nuance qu’il est difficile d’apercevoir, de distinguer, de discerner, de saisir. La nuance qui sépare ces deux opinions est légère, est peu sensible, est imperceptible.
Il se dit spécialement, en termes de Musique, des Signes qui indiquent l’intensité plus ou moins grande que doit avoir le son d’un instrument ou de la voix. Il se dit aussi des Degrés de sentiment qu’un artiste met dans l’interprétation du morceau qu’il exécute.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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