ton

ton

adjectif

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873) — entrée 1

  1. Adj. possessif qui répond au pronom personnel tu, toi. Ton ami, ta femme, tes affaires.

    Prends du repos, ma fille, et calme tes douleurs — Pierre Corneille (1606-1684)

    Ton oncle, dis-tu, l'assassin, M'a guéri d'une maladie — BOIL.

  2. Par un solécisme qui s'est introduit au XIVe siècle et qui dès lors a pris force d'usage, ton, au masculin, précède les noms et les adjectifs féminins qui commencent par une voyelle ou par une h muette. Ton heureuse audace. L'ancienne langue disait ta et élidait l'a, comme dans l'article la ; t'ame, t'espée.

    Quoique ton ennemie, Je ne puis te blâmer d'avoir fui l'infamie — Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Ton, ta, tes placés devant les adverbes comparatifs font superlatif. Ton plus fidèle ami.

Étymologie : Picard, ten tin, t'n devant une voyelle ; provenç. tos au nom. sing. et au régime pluriel, ton au régime singulier, ta au féminin, tiei, tei, au nominatif pluriel ; du lat. tuus, qui dérive de tu, tu, toi. Dans l'ancien français tis est le nominatif masculin, ton est le régime ; ti le nominatif pluriel, tes le régime pluriel. Ton représente tuum.

Historique : XIe s. Qu'il devendra, jointes ses mains, tis homs [ton homme] Dame, dist ele, jo i ai si grant perte! Ore vivrai en guise de turtrele ; Quant n'ai tun filz, ensemble ot tei voil estre XIIIe s. Vilain, fist Renart, je n'ai cure De tes poucins ; qu'il soient ton Garde ton cor, panse de t'ame XIVe s. Et s'il y a femme qui gise [soit en couches], Soit tantost ton enseigne mise Sur le sommet de la maison La quarte branche de ire si est quant par ton ire tu as esmeu Dieu par jurer XVe s. Amis, t'amour me contraint XVIe s. ... quand jamais elle ne t'escriroit, Ja pour cela t'amour ne periroit Pour t…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj. possessif masculin

  1. qui répond au pronom personnel Tu, toi. On le met toujours devant le nom ou l’adjectif qui précède le nom. Ton Dieu. Ton père. Ton ami. Ton honneur. Ton seul amour.

  2. Il fait au féminin TA. Ta femme. Ta maison. Ta haine. Mais lorsque le nom ou l’adjectif féminin devant lequel il est placé commence par une voyelle ou une h muette, au lieu de ta on dit ton. Ton amitié. Ton habileté. Ton extrême prudence.

  3. Il fait au pluriel TES pour les deux genres. Tes parents. Tes amis. Tes affaires.

  4. Il s’emploie familièrement pour indiquer des rapports d’habitude, de connaissance, etc. Voilà ton homme. Tu sais ta grammaire.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Source de l'entrée : Dictionnaire de l'Académie française, 8e édition (1932-1935), licence public-domain — entrée TON.

ton

déterminant, /tɔ̃/

Grammaire et formes (3)
  • ta — 2ᵉ pers. singulier féminin — /ta/
  • tes — 2ᵉ pers. singulier — /te/
  • ton — 2ᵉ pers. singulier — /tɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée ton#61402.

ton

nom, féminin, /tɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (19 sens) · 1873 (2 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Étymologiquement et proprement, tension ; de là l'emploi de ce mot en médecine où il signifie : état de rénitence et d'élasticité de chaque tissu organique dans l'état de santé. Un cordial qui donne du ton à l'estomac.

    Si je n'avais pas, le moment d'après, reçu une lettre de M. le chancelier, qui a remis mes nerfs à leur ton, et rétabli l'équilibre des liqueurs — Voltaire (1694-1778)

  2. Terme de grammaire. Pour les anciens, élévation de la voix sur une syllabe d'un mot (ce qui est une sorte de tension).

  3. Certain degré d'élévation ou d'abaissement de la voix. Ton de voix. Un ton aigre. Un ton doux. Ton plaintif. Le ton de la pitié, de la colère.

    De sa sœur tout exprès j'ai pris l'image entière, Mon visage a même air, ma voix a même ton — Pierre Corneille (1606-1684)

    Vous détruirez toujours mes conseils par les vôtres ; Le seul ton de ma voix vous en inspire d'autres — Pierre Corneille (1606-1684)

  4. Par extension, manière de la voix, par rapport à la nature des discours. Le ton de la sincérité. Parler d'un ton de maître. Il rebat sans cesse les mêmes choses, il est toujours sur le même ton. Être sur un ton, dire des choses d'une certaine espèce. Le prendre sur un ton de, parler comme, en qualité de. Le prendre sur un ton bien haut, trop haut, tenir un langage qui dénote de trop hautes prétentions. Le prendre sur un ton bien haut, signifie aussi avoir de hautes prétentions. Le prendre sur un ton, d'un ton, s'exprimer ou se comporter d'une certaine manière. Familièrement. Prendre un ton, prendre "les airs de supériorité. Familièrement. Parler à quelqu'un du bon ton, lui parler d'une manière propre à s'en faire écouter. Changer de ton, changer de langage, de conduite, de manière d'être. Faire baisser le ton à quelqu'un, l'obliger à rabattre de ses airs de supériorité, de ses prétentions.

    Le rieur alors, d'un ton sage, Dit.... — La Fontaine (1621-1695)

    Et ses roulements d'yeux et son ton radouci N'imposent qu'à des gens qui ne sont point d'ici — Molière (1622-1673)

  5. En musique, et par la même idée étymologique de tension appliquée aux cordes, le son, par rapport à son degré de gravité ou d'acuité.

    La différence des tons ne vient point de la force des vibrations de l'air, mais de leur promptitude — Malebranche (1638-1715)

    Il n'y a point de ton dans un son simple ; un coup de fusil, un coup de fouet, un coup de canon produisent des sons différents qui cependant n'ont aucun ton — Buffon (1707-1788)

  6. Ton signifie aussi l'intervalle entre deux notes, ce que Choron proposait de nommer un diaton (voy. ce mot) ; alors le ton est précisément l'intervalle de la quinte à la quarte qui s'exprime par le rapport 9 : 8, c'est-à-dire que sol à la quinte d'ut fait 9 vibrations, pendant que fa ou la quarte en fait 8. Ce rapport se retrouve exactement de l'ut au ré, ou de la tonique à la seconde, et du la au si, ou de la sixte à la septième. Du ré au mi et du sol au la l'intervalle est seulement de 10 : 9; ce qui fait nommer ces deux tons, des tons mineurs, tandis que les trois précédents sont des tons majeurs. Fig. et par plaisanterie, en parlant de coups plus fortement assenés. Demi-ton, ou semi-ton, intervalle d'à peu près la moitié d'un ton. Il faut chanter cet air d'un demi-ton plus haut. Il y a dans la gamme un demi-ton du mi au fa, et un autre du si à l'ut. Demi-ton majeur, différence de la tierce majeure à la quarte. Demi-ton mineur, différence de la tierce majeure à la tierce mineure. Demi-ton diatonique, celui qui existe d'une note à l'autre, comme d'ut à ré bémol. Demi-ton chromatique, celui qui existe d'une note à la même note subissant une altération, comme d'ut à ut dièse.

    Ah ! qu'est-ce ci, grands dieux ! il frappe un ton plus fort — Molière (1622-1673)

    Il y a douze demi-tons dans la gamme — GRÉTRY

  7. Ton pris dans le sens de mode. Ton majeur, gamme où la distance de la tonique à la tierce est de deux tons ; ton mineur, gamme où cette distance n'est que d'un ton et demi. Tons relatifs, les modes ou tons majeurs et roi neufs qui ont à la clef le même nombre de dièses ou de bémols comme ut majeur et la mineur qui n'en ont pas ; sol majeur et mi mineur qui ont un dièse ; fa majeur et ré mineur qui ont un bémol, etc. Sons adjoints ou conjoints, les modes qui ont le plus d'affinité avec le ton principal, c'est-à-dire qui conservent le plus de notes semblables, par exemple à l'égard du ton d'ut, celui de fa, ou sa quarte qui n'a qu'un bémol de plus, et celui de sol ou sa quinte qui n'a qu'un dièse.

  8. Gamme que l'on adopte pour la composition d'un air, d'un morceau, et qui prend son nom de la première note de cette gamme. Il y a un dièse dans le ton de sol, deux dans le ton de ré, trois dans le ton de la. Ce musicien sort du ton. Changer de ton. Le ton d'ut, le ton de sol, le ton ayant pour tonique la note ut, la note sol. Donner le ton, indiquer par la voix ou par un instrument le ton d'un morceau. Fig. Fig. Donner le ton, faire par influence que les autres prennent nos manières, tiennent notre langage. Il se dit aussi des choses qui exercent une influence de même genre. Fig. et familièrement. Je le ferai bien chanter sur un autre ton, je l'obligerai à parler, à se conduire autrement qu'il ne fait. Fig. Chanter sur un ton, tenir un certain langage. C'est le ton qui fait la musique, c'est le ton, c'est la manière dont on dit les choses qui dénote l'intention de celui qui les dit.

    Il faut avouer en général que le ton de la plaisanterie est, de toutes les clefs de la musique française, celle qui se chante le plus aisément — Voltaire (1694-1778)

    On doit... Et se donner le ton autant qu'on a d'haleine — Mathurin Régnier (1573-1613)

  9. Ton d'église, mode du plain-chant. Il y a huit tons d'église, quatre authentiques et quatre plagaux. Le ton de l'épître, de l'évangile, de la préface.

    Souffrirez-vous toujours qu'un orgueilleux m'outrage.... et, s'égalant à moi, Donne à votre lutrin et le ton et la loi — BOIL.

  10. Degré d'élévation du son des instruments. Le diapason règle le ton. Son violon était monté sur ce ton-là. Fig. Fig. Être monté sur un ton, avoir telle ou telle disposition. Fig. Sa maison est montée sur ce ton-là, telle est la manière dont on y vit. Fig. Se mettre au ton de quelqu'un, se conformer à ses idées, à ses mœurs, à son langage.

    Avant que de chanter, il faut que je prélude un peu et joue quelque pièce, afin de mieux prendre mon ton — Molière (1622-1673)

    Il semble... Que Phébus à leur ton accorde sa vielle — Mathurin Régnier (1573-1613)

  11. Terme de vénerie. Ton pour les chiens, air que l'on joue sur le cor de chasse.

  12. Au plur. Se dit des corps de rechange du cor et de la trompette, parce que c'est à l'aide de ces corps de rechange que ces instruments peuvent jouer dans différents tons. Tons ouverts, se dit de ceux qu'on obtient sur le cor sans introduire la main dans le pavillon, à la différence des tons bouchés.

  13. Il se dit, dans le même sens, de la manière, de l'expression dans le langage écrit.

    Qui ne croirait que des gens qui parlent de ce ton-là [dans un écrit], eussent sujet de se plaindre ? — Pascal (1623-1662)

    Toutes mes pensées me faisaient mourir ; j'écrivis à M. de Grignan, vous pouvez penser sur quel ton — Mme de Sévigné (1626-1696)

  14. Les manières en général. Le ton de la ville. Le ton du collége. Un ton de corps de garde.

    Il n'y a point de règle générale pour les tons et pour les manières, et il n'y a point de bonnes copies — La Rochefoucauld (1613-1680)

    Le chien prend le ton de la maison qu'il habite — Buffon (1707-1788)

  15. Le bon ton, le langage, les manières du monde poli, des gens bien élevés. On dit dans un sens contraire: le mauvais ton. Un homme de mauvais ton. Une familiarité de mauvais ton. Absolument. Le ton, ce qu'on regarde comme le bon ton par excellence. Ton, absolument, se dit aussi pour grand ton et luxe. Je ne veux pas fréquenter cette personne ; il y a trop de ton dans sa maison.

    Le bon ton, dans ceux qui ont le plus d'esprit, consiste à dire agréablement des riens, et à ne pas se permettre le moindre propos sensé, si l'on ne le fait excuser par les grâces du discours — Charles Pinot Duclos (1704-1772)

    Ce prétendu bon ton qui n'est qu'un abus de l'esprit ne laisse pas d'en exiger beaucoup — Charles Pinot Duclos (1704-1772)

  16. Le haut ton, le grand ton, les manières du plus grand monde.

    Des propos libres, des maximes du haut ton — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

    Fi des coquettes maniérées ! Fi des bégueules du grand ton ! — Béranger (1780-1857)

  17. La disposition de l'opinion, à un moment donné. Disposition individuelle.

    Le ton d'aujourd'hui, c'est l'innocence des nommées [dans l'affaire des poisons] et l'horreur du scandale — Mme de Sévigné (1626-1696)

    La dévotion était le ton de son siècle [de Louis XI] — Charles Pinot Duclos (1704-1772)

  18. Façon d'agir, de se comporter.

    M. de Luxembourg s'est mis volontairement à la Bastille [affaire des poisons], et se croit assez innocent pour prendre ce ton — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Elle me marque tant d'empressement et tant d'amitié, que j'en suis tout embarrassée ; quand on ne peut être sur le même ton, on ne sait que répondre — Mme de Sévigné (1626-1696)

  19. Terme de peinture. Nom des différentes teintes relativement à leur force, à leur éclat (par extension du sens de série des tons musicaux à la série des nuances). Des tons clairs. Tons faux. Tons blafards. Des tons sombres. Fig. Ton de couleur, degré de force du coloris. Ce paysage est d'un beau ton de couleur. Le ton de couleur de ce tableau tire sur le rouge. Couleur qui domine dans un tableau. Se dit, dans une estampe" des passages du blanc au noir. Broder ton sur ton, broder couleur sur couleur. Dans la gamme des couleurs établie par M. Chevreul, le ton est la couleur elle-même considérée dans son intensité ou sa légèreté, par opposition à la nuance, qui est due au mélange de couleurs situées dans le voisinage. Ainsi le bleu est foncé ou clair, c'est le ton; il est violeté, c'est la nuance.

    Cette huppe est de même ton de couleur que le reste du corps — Buffon (1707-1788)

    Les anciens ont compté cinq espèces d'améthystes qu'ils distinguaient par les différents tons ou degrés de couleurs — Buffon (1707-1788)

Étymologie : Provenç. ton ; lat. to ; espagn. ton, tono ; portug. tom ; ital. tuono ; du lat. tonus, qui vient de τόνος, signifiant proprement corde, tendon, action de tendre les cordes de la lyre, puis ton, de τείνειν, tendre (voy. ce verbe).

Historique : XIIe s. Et s'escria clerement à haut ton Ce dist Tierris d'un ton mout avenant XVe s. Quant le ton [bruit] de l'escu et du palais fut passé, les chevaliers se dresserent tout esbahis Il ouyt hannir ung cheval d'une forte voix et grosse : Dieu des forests, dit le jouvenceau, où est ce cheval de tel ton ? il ne peult qu'il ne soit de grant valleur XVIe s. L'accent ou ton en prononciation est une loi ou regle certaine pour elever ou abaisser la prononciation d'une chacune syllabe Ces pauvres baudets de village, Lourdauts, sans cœur et sans courage, Qui jamais ne prennent leur ton Qu'à la mesure d…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 3

s. m.

  1. Terme de marine. Partie supérieure d'un mât, comprise entre le capelage et l'extrême sommet de ce mât.

  2. Dans le métier du rubanier, grosse noix percée de plusieurs trous par lesquels passent deux cordes que l'on bande à l'aide de cet appareil.

Étymologie : On disait au commencement du XVIIe siècle tenon, dont ton serait une altération, JAL.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (2)
  • tons — pluriel — /tɔ̃/
  • ton — singulier — /tɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée ton#61401.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.