distinction
nom, féminin, /distɛ̃ksjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (8 sens)
Littré (1873)
s. f.
Action de distinguer. La distinction du bien et du mal, connaissance morale de ce qui est bon et de ce qui est mauvais.
Il fait transporter les blessés sans distinction de Français ou d'ennemis — Massillon (1663-1742)
Tu sais trop la distinction des péchés véniels d'avec les mortels — Bossuet (1627-1704)
Terme de logique. Explication des sens divers d'une proposition. Par le moyen d'une distinction, il échappera à la difficulté qu'on lui fait. Terme de droit canonique. Titre contenant plusieurs questions.
Vous n'avez pu désavouer cela, mais vous y faites une distinction — Pascal (1623-1662)
On a vu un semblable succès de l'opinion de tuer pour des médisances ; car elle est aujourd'hui arrivée à une permission pareille sans aucune distinction — Pascal (1623-1662)
Ce qui établit une préférence, une prérogative. La distinction des rangs. Traiter quelqu'un avec distinction. Les distinctions qui plaisent à ceux qui les reçoivent offensent les autres, Trévoux. Un officier de distinction, officier remarqué pour son mérite. Un personnage de distinction, personnage d'un rang élevé. Emploi, charge de distinction, emploi important, honorable. En un sens ironique et défavorable.
De quelque superbe distinction que se flattent les hommes, ils ont tous une même origine, et cette origine est petite — Bossuet (1627-1704)
Il y avait entre eux des distinctions extérieures qui empêchaient qu'on ne prît la femme du praticien pour celle du magistrat et le roturier ou le simple valet pour le gentilhomme — La Bruyère (1645-1696)
Ce qui, dans la tenue, a un caractère d'élégance, de noblesse et de bon ton. Avoir de la distinction, un air de distinction. La distinction des manières. Ce sens paraît être récent ; car on ne le trouve pas dans les auteurs anciens.
Étymologie : Provenç. distinctio, distinzion ; espagn. distincion ; ital. distinzione ; du latin distinctionem, de distinctum, supin de distinguere, distinguer.
Historique : XIIe s. E mustrad [et il montra] le ordenement e les destinctiuns des pruveires [prêtres] e des diacnes e des ordenez XIVe s. Et sont moult de gens qui glorifient et honorent indifferentement sans distinttion et les bons et les malvès XVe s. Ay je dit en mon prologue, que je traicteray de noblece de courage, chevalerie et sagece, en distinction de trois parties XVIe s. Il faut lors observer l'autre distinction entre les crimes et fautes plus legieres Sans distinction de parenté [sans regarder à la parenté] Le philosophe Antisthene ostoit toute distinction entre leur vertu [des femmes] et la no…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Action de séparer nettement une chose d’une autre. écrire tout à la suite, sans distinction de chapitres, ni d’alinéas. Bible imprimée sans distinction de versets.
Il signifie particulièrement Indication, séparation des divers sens qu’une proposition peut recevoir. Il y a ici une distinction importante à faire. Il se tira d’affaire par une distinction subtile. Les distinctions de la dialectique.
La distinction du bien et du mal, Opération de l’esprit par laquelle on distingue ce qui est bon de ce qui est mauvais.
Il signifie aussi Action de mettre une différence entre des personnes ou des choses, ou d’avoir égard à la différence qui est entre elles. Faire distinction de l’ami et de l’ennemi. Apercevoir tout le monde sans distinction. Je fais grande distinction entre l’un et l’autre. Il fit transporter les blessés sans distinction de Français ou d’ennemis. Faites la distinction de mes droits d’avec les siens.
Il se dit également de Ce qui établit ou indique une différence entre des personnes ou des choses. La distinction des rangs. Les distinctions sociales. Toutes ces distinctions disparurent. Cette distinction n’est qu’apparente.
Il signifie encore Prérogative, honneur, marque de préférence, d’estime, d’égard. Il aime les distinctions. Distinction très flatteuse. Traiter quelqu’un avec distinction.
Il se dit aussi du Bon ton, de l’élégance, de la dignité des manières. Un air de distinction. Il a beaucoup de distinction. Il manque de distinction.
DE DISTINCTION. Locution qu’on emploie comme une sorte de qualificatif, en parlant d’une Personne qui s’est distinguée dans son état par son mérite. Un officier de distinction, de grande distinction. Cela se dit également des Personnes distinguées par la naissance ou par les dignités. Des personnes de distinction. Un personnage de la plus haute distinction.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- distinctions — pluriel — /distɛ̃ksjɔ̃/
- distinction — singulier — /distɛ̃ksjɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée distinction#21109.