Aller au contenu

muraille

muraille

nom, féminin · /myʁajə/

Usage : fréquent (12 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Mur épais et élevé, en particulier de nature défensive.

    Une muraille de pierre protégeait le château.

    Synonyme : rempart.

    « Le comble s'est abattu sur les murailles, et les murailles sur le fondement »Bossuet (1627-1704)

    « Cet époux, dans une ardeur de gloire qui transporte les jeunes courages, trouve bientôt une honorable mais triste mort sous les murailles d'une ville rebelle »Fléchier (1632-1710)

  2. Ensemble des murs qui entourent une ville, une forteresse.

    La muraille de la vieille ville est ouverte aux visiteurs.

    Synonymes : rempart, enceinte.

    « Vous portâtes la mort jusque sur leurs murailles [des Juifs] »Jean Racine (1639-1699)

  3. Obstacle qui semble infranchissable.

    Il se heurtait à une muraille d'indifférence.

    Synonyme : mur.

    « Ils [des gens opiniâtres] sont faits tout d'une pièce ; et, s'il est question de passer par quelque ouverture difficile, au lieu qu'ils doivent baisser la tête, il leur faudrait hausser la muraille »Guez de Balzac (1597-1654)

    « Ce pauvre Lauzun.... ne croyez-vous pas bien qu'il se cassera la tête contre la muraille ? »Mme de Sévigné (1626-1696)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : peindre le diable sur la muraille

Grammaire et formes (2)
  • murailles : pluriel · /myʁajə/
  • muraille : singulier · /myʁajə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 10 sens

s. f.

  1. Ensemble de murs épais et d'une certaine élévation. Saper une muraille. Escalader la muraille. Se ranger contre la muraille, se dit, dans une ville, d'une personne qui se serre contre les murs des maisons pour éviter les voitures. Fig.

    Le comble s'est abattu sur les murailles, et les murailles sur le fondementBossuet (1627-1704)

    Représentez-vous un homme né dans les richesses, mais qu'il a dissipées par ses profusions ; il ne peut souffrir la pauvreté, ces murailles nues, cette table dégarnieBossuet (1627-1704)

  2. Particulièrement, il se dit des murs qui entourent une ville, une forteresse, etc. Fig.

    Tu céderas ou tu tomberas sous ce vainqueur, Alger.... tu te verras attaqué dans tes murailles, comme un oiseau ravissant qu'on irait chercher parmi les rochersBossuet (1627-1704)

    Cet époux, dans une ardeur de gloire qui transporte les jeunes courages, trouve bientôt une honorable mais triste mort sous les murailles d'une ville rebelleFléchier (1632-1710)

  3. Il se prend dans le style soutenu pour la ville même.

    Du gain de six batailles, Des glorieux assauts de plus de cent muraillesPierre Corneille (1606-1684)

    Vous portâtes la mort jusque sur leurs murailles [des Juifs]Jean Racine (1639-1699)

  4. Un mur, en particulier. Il fut écrasé par la chute d'une muraille. Cette muraille pousse, elle tombe et menace ruine. Familièrement. Enfermer quelqu'un entre quatre murailles, le mettre en prison. Entre quatre murailles, dans un logement dénué de tout. Entre quatre murailles, se dit aussi de la clôture d'un couvent. Il n'y a que les quatre murailles, se dit d'une maison, d'un appartement où il n'y a point de meubles. Fig. Être comme une muraille devant l'ennemi, se dit d'une troupe en bataille que l'ennemi ne peut faire reculer. Se casser la tête contre la muraille, se tuer de désespoir en se heurtant la tête contre un mur. Fig. Se casser la tête contre la muraille, se donner une peine inutile. Couleur de muraille, se dit d'une couleur qui se confond avec celle des murailles. À moi la muraille ! cri des ivrognes qui perdent l'équilibre.

    Ils [des gens opiniâtres] sont faits tout d'une pièce ; et, s'il est question de passer par quelque ouverture difficile, au lieu qu'ils doivent baisser la tête, il leur faudrait hausser la murailleGuez de Balzac (1597-1654)

    L'abbé de Prades doit être condamné en parlement comme en Sorbonne, et passer sa vie entre quatre muraillesVoltaire (1694-1778)

  5. Muraille se dit de très longs murs que certains peuples ont fait pour empêcher des incursions. Muraille de la Chine, ou, absolument, grande muraille, muraille construite pour arrêter les incursions des Tartares.

    Les Vénitiens avaient cru mettre en sûreté ce territoire [le Péloponnèse] et défendre la Grèce par une muraille de huit milles de long, selon cet ancien usage que les Romains eux-mêmes avaient pratiqué au nord de l'AngleterreVoltaire (1694-1778)

    La grande muraille fut admirable et inutile ; le courage et la discipline militaire eussent été des remparts plus assurésVoltaire (1694-1778)

  6. Terme de manége. Les murs du manége, dits aussi les dehors. Passager la tête à la muraille, mener son cheval de côté, la tête vis-à-vis et près de la muraille.

  7. Terme d'escrime. Tirer à la muraille, synonyme de tirer au mur.

    Après trois mois de leçons [d'armes], je tirais encore à la murailleJean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  8. Terme de marine. Enveloppe intérieure du navire.

  9. Se dit quelquefois du sol d'une mine.

  10. Terme de vétérinaire. L'épaisse couche cornée qui enveloppe le pied du cheval.

Étymologie : Dérivé de mur ; provenç. muralh, s. m. et muralha, s. f. ; esp. muralla ; ital. muraglia.

Historique : XIIe s. Dunt li murail erent [étaient] versé XIVe s. Trestourner les ennemis des mesons de la cité et des temples et des murailz de Rome XVIe s. Panurge consideroit les murailles de la ville de Paris Ce mot te soit comme une muraille d'airain

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 8 sens

n. f.

  1. étendue, ensemble de murs épais et d’une certaine élévation. Une muraille couverte d’affiches. étayer une muraille. Abattre une muraille. Rossignol de muraille.

  2. Il se dit particulièrement, surtout au pluriel, des Murs qui entourent une ville, une forteresse. Défendre, forcer les murailles. Saper une muraille. Escalader les murailles.

  3. La grande muraille de Chine, ou simplement La grande muraille, Sorte de muraille, ou plutôt de chemin de ronde, d’une immense étendue, construit au nord de la Chine pour arrêter les invasions.

  4. Cette muraille pousse, Elle bombe et menace ruine. On dit dans le même sens La poussée d’une muraille.

  5. Il est aussi employé comme Synonyme de mur. S’appuyer contre la muraille.

  6. Fam., Un habit, un manteau couleur de muraille, Un habit, un manteau d’une couleur qui se confond avec celle de la muraille.

  7. En termes de Marine, Muraille se disait de l’épaisseur des bords d’un navire, de son enveloppe.

  8. MURAILLES, au pluriel, se dit quelquefois, dans le style soutenu, pour Ville. Ce fleuve coule autour de nos murailles, sous nos murailles. Dès qu’ils se virent assiégés dans leurs murailles, ils perdirent tout espoir.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée muraille#41255.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.