rempart
nom, masculin · /ʁɑ̃paʁ/
Usage : fréquent (11 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Muraille épaisse et fortifiée qui entoure une ville ou une forteresse pour la défendre
Les remparts de la vieille ville dominent la mer.
Synonymes : muraille, fortification.
« Et ses ruses [de la chicane], perçant et digues et remparts, Par cent brèches déjà rentrent de toutes parts »Boileau (1636-1711)
« Cependant Athalie, un poignard à la main, Rit des faibles remparts de nos portes d'airain »Jean Racine (1639-1699)
Ce qui protège contre un danger ou une menace
Ce principe sert de rempart contre l'arbitraire.
Synonyme : bouclier.
« L'amour de la justice était comme né avec ce grave magistrat.... c'est aussi de cette heureuse naissance que sa modestie se fit un rempart contre les louanges qu'on donnait à son intégrité »Bossuet (1627-1704)
« Le rempart le plus sûr d'un État est la justice, la modération, la bonne foi »Fénelon (1651-1715)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : faire un rempart de son corps
Grammaire et formes (2)
- remparts : pluriel · /ʁɑ̃paʁ/
- rempart : singulier · /ʁɑ̃paʁ/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 5 sens
s. m.
Anciennement, muraille en maçonnerie pleine, servant à entourer et à protéger une ville ou un château. Abattre, élever des remparts. Fig.
Il dompta les mutins [les Juifs de Jérusalem].... Et laissa leurs remparts cachés sous leurs ruinesJean Racine (1639-1699)
Écoutez l'apôtre saint Paul : il faut renverser les remparts des mauvaises habitudes ; il faut détruire les conseils profonds d'une malice invétéréeBossuet (1627-1704)
De nos jours, enceinte rasante garnie de bastions et de courtines, couronnée d'un parapet, garnie d'artillerie, entourée d'un fossé et percée de portes et de poternes.
Il se dit de quartiers d'une ville qui sont situés près des remparts ou qui en occupent la place. Fig. Mettre une femme sur le rempart, la rendre galante (les promenades sur le rempart étant un lieu de rendez-vous ; locution vieillie).
J'aurai, vers le rempart, quelque réduit commode Où je régalerai les beautés à la modeRegnard (1655-1709)
Vraiment, si je voulais mettre une fille sur le rempart, je ne lui souhaiterais qu'une mère et un confesseur comme elle en aMme de Sévigné (1626-1696)
Les remparts, la ville, la cité, en poésie.
Quand verrai-je, ô Sion, relever tes remparts Et de tes tours les magnifiques faîtes ?Jean Racine (1639-1699)
Il est par un décret chassé de nos rempartsVoltaire (1694-1778)
Fig. Ce qui sert de défense.
Mon nom sert de rempart à toute la CastillePierre Corneille (1606-1684)
Faites-vous un rempart des fils contre la mèrePierre Corneille (1606-1684)
Étymologie : Remparer ; le t est une faute ; il aurait fallu écrire rempar ; ital. riparo.
Historique : XVIe s. Pyrrhus, ayant ja passé la trenchée et le rempart des chariots, s'efforceoit d'entrer en la ville XVIe s. Ajoutez : Les jours viendront sur toy [Jérusalem], et tes ennemis te advironneront de rempars (ici rempart est écrit sans t, conformément à l'étymologie).
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 2 sens
n. m.
Levée de terre, ordinairement revêtue de pierres et entourée d’un fossé, qui défend une place. Faire le tour du rempart. Se promener sur les remparts. Monter sur le rempart. L’artillerie fit un feu violent du haut des remparts. Abattre, élever des remparts. Les remparts d’une ville, d’une forteresse.
REMPART signifie au figuré, Ce qui sert de défense. Cette place est le rempart de toute la province. Malte était un des principaux remparts de la chrétienté. Ce soldat, combattant auprès de son capitaine, lui fit un rempart de son corps. Il se fit de cette loi un rempart contre les solliciteurs; il s’en fit comme un rempart.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée rempart#52872.