mur
nom, masculin · /myʁ/
Usage : très fréquent (203 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Ouvrage de maçonnerie élevé verticalement pour enclore, séparer ou soutenir.
Un mur de pierre sépare le jardin de la route.
« Ainsi tel autrefois qu'on vit avec Faret Charbonner de ses vers les murs d'un cabaret.... »Boileau (1636-1711)
« Elle vit sous un toit entre quatre murs tout dépouillés »Diderot (1713-1784)
Obstacle infranchissable, réalité qui empêche toute communication ou toute progression.
Les négociateurs se sont heurtés à un mur d'incompréhension.
« Ils sont au pied du mur par notre concert »Bossuet (1627-1704)
« Je vais citer un prince aimé de la victoire ; Son nom seul est un mur à l'empire ottoman [contre l'empire ottoman] »La Fontaine (1621-1695)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : faire le mur · les murs ont des oreilles · mettre au pied du mur · raser les murs
Grammaire et formes (2)
- murs : pluriel · /myʁ/
- mur : singulier · /myʁ/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 12 sens
s. m.
Ouvrage de maçonnerie dressé et portant en terre sur des fondements, ou sur un plancher artificiel. Un mur solide. Le mur s'écroula. Ne laisser que les murs, se dit de celui qui emporte tout ce qui est dans une maison, dans un appartement. Entre quatre murs, dans un logis non meublé. Entre quatre murs, se dit aussi pour en prison. On l'a mis entre quatre murs. Fig. Être au pied d'un mur sans échelle, manquer une affaire, une entreprise pour ne s'être pas pourvu de ce qui était nécessaire. Fig. Mettre un homme au pied du mur, le forcer à prendre un parti, ou bien le réduire à ne pouvoir rien répondre. Par plaisanterie, on dit qu'un mur crève de rire, pour exprimer qu'il est crevassé, ruineux. Il vaudrait autant se battre la tête contre un mur, c'est se donner la tête contre un mur, c'est donner de la tête contre un mur, se dit pour exprimer qu'on s'efforce inutilement. Vous tirerez aussitôt, vous tirerez plutôt de l'huile d'un mur, se dit à celui qui veut avoir de l'argent d'un avare, ou obtenir quelque chose d'un homme dur. Cet homme tirerait de l'huile d'un mur, par son adresse et par son industrie il tirerait de l'argent, des secours, d'où les autres n'en pourraient jamais tirer.
Ainsi tel autrefois qu'on vit avec Faret Charbonner de ses vers les murs d'un cabaret....Boileau (1636-1711)
Vous êtes en des lieux soumis à sa puissance [de Néron] ; Ces murs mêmes, seigneur, peuvent avoir des yeuxJean Racine (1639-1699)
Gros mur, un des principaux murs sur lesquels porte tout le bâtiment. Mur de face, gros mur qui est à la face du bâtiment. Mur latéral, celui qui forme l'un des côtés. Mur de pignon, mur qui s'élève jusqu'au-dessous du toit, le supporte et en a la forme. Mur de refend, voy. REFEND. Mur de parpaing, mur formé de pierres qui en traversent l'épaisseur. Mur de clôture, mur qui enferme les cours, les jardins, les parcs, etc. Mur d'appui, celui qui n'est qu'à la hauteur d'un mètre ou environ. Murs d'un parc, d'un jardin, les murs qui enferment un parc, un jardin. Mur de terrasse, mur qui retient les terres d'une terrasse, d'une plate-forme, d'un boulevard. Mur de dossier, celui qui s'élève au-dessus d'un toit et auquel sont adossés des tuyaux de cheminée. Aile de mur, partie d'un mur de dossier qui excède l'emplacement qu'occupent les tuyaux de cheminée, et qui a ordinairement la forme d'un trapèze Mur bouclé ou soufflé, celui dans lequel le parement est détaché de la masse. Mur en ailes, mur qui sert à arc-bouter un mur de face ou un pignon. Mur en l'ait, mur qui porte à faux. Mur en décharge, mur dont le poids est allégé par des arcades. Mur de douve, mur intérieur d'un réservoir. Mur planté, mur fondé sur pilotis ou sur une grille de charpente. Mur mitoyen, voy. MITOYEN.
Murs d'une ville, ou, absolument, les murs, les murs qui entourent une ville.
Il est doux de revoir les murs de la patriePierre Corneille (1606-1684)
Dans les murs, hors des murs, tout parle de sa gloirePierre Corneille (1606-1684)
Murs, au pluriel, se dit quelquefois pour ville.
Depuis combien de temps êtes-vous dans nos murs ? Du fleuve ainsi dompté [le Rhin] la déroute éclatante à Wurts jusqu'en son camp va porter l'épouvante ; Wurts, l'espoir du pays et l'appui de ses mursBoileau (1636-1711)
Attaquons dans leurs murs ces conquérants si fiersJean Racine (1639-1699)
Se dit de diverses murailles construites pour arrêter des invasions. Le mur d'Adrien, de Sévère.
Après trois jours de marche, on arriva au mur de la Médie, qui a cent pieds de haut, vingt de large, et vingt lieues d'étendueRollin (1661-1741)
Fig. Défense, protection. On s'en sert quelquefois pour exprimer que des soldats supportent le feu comme le ferait une muraille. Ces hommes-là sont des murs. Un mur d'airain, une défense dont rien ne peut triompher.
Je vais citer un prince aimé de la victoire ; Son nom seul est un mur à l'empire ottoman [contre l'empire ottoman]La Fontaine (1621-1695)
Sparte avait subsisté longtemps, sans avoir d'autres murs ni d'autre défense que le courage de ses citoyensRollin (1661-1741)
Fig. Mur de séparation, mur d'airain, se dit des causes qui séparent deux personnes. Il y a un mur d'airain entre ces deux hommes.
Il [Jésus-Christ] a détruit ce mur de séparation qui l'éloignait de l'hommeMassillon (1663-1742)
Cette passion [le goût des voluptés] seule éleva un mur de séparation entre Dieu et le pécheurMassillon (1663-1742)
Dans les mines, mur se dit de la partie inférieure, par opposition à la partie supérieure qui se nomme le toit.
Terme d'escrime. Tirer au mur, pousser de tierce ou de quarte à quelqu'un qui ne fait que parer. Parer au mur, parer les coups de celui qui tire au mur.
Grand mur, se dit, à la paume, du mur contre lequel il n'y a pas de toit.
Terme de manége. Gratter le mur, se dit d'un écolier qui s'approche trop du mur.
Morts murs, parois d'un four de fusion. Proverbialement. Les murs ont des oreilles, c'est-à-dire quand on s'entretient de quelque chose de secret, il faut parler avec beaucoup de circonspection, de peur d'être écouté.
Étymologie : Wallon, meur ; provenç. mur, s. m. et mura, s. f. ; esp. et port. muro ; du lat. murus ; anc. lat. moirus.
Historique : XIe s. Mur ne citet n'i est remès [resté] à freindre XIIe s. Et li mur se desrochent [s'écroulent] Ne mur tant haut qu'à la terre n'enfreigne XIIIe s. Desouz un arbrissel, delez un petit mur Il y avoit trois paires de murs sés [secs] à passer XVIe s. Il luy faudroit un mur [couvent] ou un mari Se voyant au pied du mur sans eschelle
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 21 sens
n. m.
Ouvrage de maçonnerie qui sert à enclore un espace, à le séparer d’un autre ou à le diviser. Enclore d’un mur un terrain, un jardin, etc. Mur de pierre de taille, de moellon, de brique, de terre, de pisé. L’épaisseur, la hauteur, la longueur d’un mur. La crête d’un mur. élever un mur. Mur à hauteur d’appui. Percer un mur.
Les gros murs d’un bâtiment, Ceux qui en forment l’enceinte et qui portent les combles, les voûtes, etc.
Mur de face, Gros mur qui forme l’une des principales faces d’un bâtiment. On appelle par opposition Mur latéral Celui qui forme l’un des côtés.
Mur de pignon, Mur qui s’élève jusqu’au- dessous du toit, le supporte et en a le profil.
Mur de refend, Celui qu’on élève entre les gros murs, pour diviser l’intérieur du bâtiment. Mur à refends. Voyez
REFEND.
Mur mitoyen, Mur commun à deux propriétés.
Mur de clôture, Mur qui enferme extérieurement une cour, un jardin, un parc, etc. Franchir un mur de clôture.
Mur d’appui, Mur qui n’est qu’à hauteur d’appui, qui n’est élevé que d’un mètre environ.
Mur de terrasse, Mur qui retient les terres d’une plate-forme, d’une terrasse, d’un jardin, d’un boulevard, etc.
Murs d’une ville, les Murs qui entourent une ville. Les murs de cette ville sont flanqués tic grosses tours. Dans cette acception, on se sert souvent du mot Muraille et on dit quelquefois Murs, absolument. Cette église est hors des murs. J’ai été me promener hors les murs. Il se dit par métonymie pour la Ville elle-même. Depuis quand êtes-vous dans nos murs?
Sous les murs, Au pied des murs, devant une ville. Jeanne d’Arc a été blessée sous les murs de Paris.
Fam., Ne laisser que les quatre murs, Vider entièrement une maison.
En termes d’Escrime, Faire le mur, tirer au mur s’applique à un Ensemble d’exercices où l’on s’escrime contre un mur, l’adversaire étant simulé par ce mur.
MUR, dans les Mines, se dit de la Partie inférieure d’une galerie, par opposition à la partie supérieure qui se nomme le Toit.
Fig., Mur de séparation, mur d’airain, ou simplement Mur se dit des Causes qui divisent deux personnes et empêchent qu’elles ne puissent se rapprocher, se réunir. Il y a un mur entre ces deux hommes.
Le mur de la vie privée, Le secret de la vie privée.
Fig. et fam., C’est à se cogner la tête contre les murs, C’est une chose désolante, désespérante.
Prov. et fig., Les murs ont des oreilles, Quand on s’entretient de quelque chose de secret, il faut parler avec beaucoup de circonspection, de peur d’être écouté.
Fig. et fam., Mettre quelqu’un au pied du mur, Le mettre hors d’état de reculer et le forcer à prendre un parti; le mettre dans l’impossibilité de répliquer.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée mur#41253.