misérable
adjectif · /mizɛʁablə/ ou /mizeʁablə/
Usage : fréquent (18 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Qui vit dans un grand dénuement, dans une extrême pauvreté.
Cette famille vit dans un logement misérable.
Synonymes : indigent, nécessiteux, pauvre.
« Quelques-uns, tels que les fourmiliers, les paresseux, etc. sont d'une nature si misérable, qu'ils ont à peine les facultés de se mouvoir et de manger »Buffon (1707-1788)
Qui inspire la pitié par son état ou par son sort.
Ils contemplaient avec pitié le misérable petit chien trempé.
Synonyme : pitoyable.
« Et ce héros aimable Est aussi malheureux que je suis misérable »Jean Racine (1639-1699)
« Il ne se faut jamais moquer des misérables ; Car qui peut s'assurer d'être toujours heureux ? »La Fontaine (1621-1695)
Littéraire. Qui mérite le mépris, moralement condamnable.
Quelle conduite misérable de profiter ainsi de sa faiblesse !
« Rien n'est si petit et si misérable que de se donner pour ce qu'on n'est pas et se faire honneur du personnage d'un autre »Massillon (1663-1742)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- misérables : pluriel · /mizeʁablə/ ou /mizɛʁablə/
- misérable : singulier · /mizeʁablə/ ou /mizɛʁablə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 6 sens
adj.
Qui est dans la misère, ou dans le malheur. Par exagération. Il se dit des choses. Une misérable condition. Son sort est misérable. Faire une fin misérable, mourir dans la misère, et aussi mourir d'une mort funeste.
Selon que vous serez puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noirLa Fontaine (1621-1695)
La grandeur de l'homme est grande en ce qu'il se connaît misérablePascal (1623-1662)
Digne de pitié. Il se dit aussi des choses.
Misérable, je puis adoucir des taureaux, Et je ne puis toucher les volontés d'un hommePierre Corneille (1606-1684)
Misérable vengeur d'une juste querelle, Et malheureux objet d'une injuste rigueurPierre Corneille (1606-1684)
Digne de mépris et de haine. Il faut être bien misérable pour faire une telle action.
Le croyez-vous vous-mêmes, misérables que vous êtes ?Pascal (1623-1662)
Misérable, tu cours à ta perte infaillibleJean Racine (1639-1699)
Qui est sans valeur, sans mérite. Un auteur misérable. Il se dit aussi des choses. Un livre misérable.
N'avez-vous point de honte de me mettre en état d'appréhender auprès de vous un misérable bourgeois ?BUSSY
Un misérable faiseur de versOlivier Patru (1604-1681)
Substantivement. Un misérable, une misérable, celui, celle qui est dans la misère ou dans le malheur. Il se dit aussi de ceux qui sont dans une condition inférieure, ou de gens sans ressources.
Comme les joies des misérables ne durent guèreVoiture (1597-1648)
Puis la peur de la mort sied mal aux misérablesRotrou (1609-1650)
Celui, celle qui est digne de haine ou de mépris. C'est un misérable, ce n'est qu'un misérable, c'est un homme de néant, ou c'est un très malhonnête homme. Dans ce dernier sens, on dit quelquefois : c'est un grand misérable. C'est un petit misérable, se dit d'un enfant vicieux, et aussi d'une personne sans consistance. C'est une misérable ; la misérable, en parlant d'une femme que l'on méprise.
On distingue les hommes en deux classes : la première, des hommes divins qui sacrifient leur amour-propre au bien public ; la seconde, des misérables qui n'aiment qu'eux-mêmesVoltaire (1694-1778)
Comment ! petit misérable, vous faites entendre qu'il n'y a que de mauvais catholiques qui aient justifié Jean Calas, rétabli sa mémoire, et déclaré sa famille innocente !Voltaire (1694-1778)
Étymologie : Provenç. et esp. miserable ; ital. miserabile ; du lat. miserabilis, de miserari, avoir pitié (voy. MISÈRE).
Historique : XVIe s. On dit que la consolation des miserables est d'avoir des pareils Au dernier coin se sied la miserable crainte
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 5 sens
adj. des deux genres
Qui est réduit à la misère, qui inspire la pitié. Cet homme, cette famille est bien misérable. être réduit à un état misérable. En parlant des Choses, Il mène une vie, il a une existence bien misérable. Son sort est misérable. Une santé misérable. Par exagération, Il n’a qu’un misérable cheval dans son écurie. Il n’est couvert que d’un vêtement misérable. Salaire misérable. Substantivement, Secourir les misérables.
Faire une fin misérable, Mourir dans la misère, ou Trouver la mort dans des conditions peu honorables.
MISÉRABLE signifie aussi Qui inspire une pitié mêlée de mépris ou d’indignation. Il faut être bien misérable pour faire une telle action.
MISÉRABLE signifie encore Qui est sans valeur. Un auteur, un livre misérable. Toutes les raisons qu’il allègue sont misérables.
MISÉRABLE se dit substantivement par injure. C’est un misérable, ce n’est qu’un misérable, C’est un homme de néant, ou C’est un très malhonnête homme. Dans ce dernier sens, on dit quelquefois C’est un grand misérable. On dit aussi d’un Enfant, d’un jeune homme vicieux, C’est un petit misérable; et d’une Femme décriée pour sa mauvaise conduite, C’est une misérable.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée misérable#40135.