malotru
nom, masculin · /malɔtʁy/ ou /malotʁy/
Usage : peu fréquent (0.73 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Personne grossière et mal élevée, dépourvue de savoir-vivre.
Quel malotru, il n'a même pas dit bonjour en entrant !
Synonymes : goujat, rustre, mufle.
« Si le financier manque son coup, les courtisans disent de lui : c'est un bourgeois, un homme de rien, un malotru ; s'il réussit, ils lui demandent sa fille »La Bruyère (1645-1696)
« Mais, c'est vous, malotru, qui faites le savant »Mathurin Régnier (1573-1613)
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Voir aussi : forme féminine malotrue
Grammaire et formes (2)
- malotrus : pluriel · /malɔtʁy/ ou /malotʁy/
- malotru : singulier · /malɔtʁy/ ou /malotʁy/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 2 sens
s. m. et f.
Terme familier. Anciennement, incommodé en sa personne (ce qui est le sens le plus voisin du sens propre). Il a été pris adjectivement en ce sens.
Parbleu, bon ! je vais par les rues ; Mais je n'y vais pas de mon chef Ni de mes pieds, qui par méchef Sont parties très malotruesScarron (1610-1660)
Le chevalier de Lorraine est très malotru et très languissant ; il aurait assez l'air d'être empoisonné, si Mme Brinvilliers eût été son héritièreMme de Sévigné (1626-1696)
Personne maussade et mal bâtie. Il est quelquefois adjectif en ce sens. Un personnage malotru.
Mais, c'est vous, malotru, qui faites le savantMathurin Régnier (1573-1613)
Se trouvant à la fin tout aise et tout heureuse De rencontrer un malotruLa Fontaine (1621-1695)
Étymologie : Berry, mauletru ; wallon, mâlastru, étourdi, maladroit ; génev. malatru, malotru, et aussi usé, délabré ; provenç. malastruc ; anc. catal. malastruch ; anc. espagn. malastrugo ; anc. ital. malestruo. Il y a deux formes : l'une, française, est malestrut, du latin male instructus, mal pourvu ; l'autre, provençale, est malastrug, du latin malus, mal, et astrum : qui est sous l'influence d'un mauvais astre. Ces deux formes se sont confondues dans le sens actuel de malotru.
Historique : XIIe s. Tant i avoit des paiens malestruz.... XIIIe s. Mès mon escondire que vaut, Lasse, chaitive, malostrue, Quant je jà n'en seré creüe ? Si m'escuse à mon langage Rude, malostru et sauvage, Car nés ne sui pas de Paris XIVe s. Vers le chastel en va li lerres [larron] malostrus Calamitosus, chetis, malestrus XVe s. Malotru, quoquart, testu, Je le voy mieux que tu ne fais N'acquierre jà chevance malostrue : Mieulx vault honneur que honteuse richesce XVIe s. Soudain je fuz certain que ceste compagnie Estoit des malautreux, miserables, chetifs, Tant à Dieu desplaisans qu'à sa bande ennemye Comm…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 1 sens
n.
Personne mal élevée, grossière. C’est un malotru, une malotrue.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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