glace
nom, féminin · /ɡlasə/
Usage : fréquent (79 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Eau rendue solide par le froid, formant une matière dure et translucide.
Le lac est couvert d'une épaisse couche de glace.
« La glace et le feu sont les éléments de la mort ; la chaleur tempérée est le premier germe de la vie »Buffon (1707-1788)
« Avant la publication de l'excellent écrit de l'illustre Mairan sur la formation de la glace, on était bien loin de soupçonner tout ce que ce phénomène si commun renferme de curieux »Charles Bonnet (1720-1793)
Dessert onctueux à base de crème, de lait ou de fruits, servi à très basse température.
Je prendrai une glace à la vanille.
Plaque de verre polie dans laquelle on peut voir son reflet.
Elle s'est regardée dans la glace de l'entrée.
Synonyme : miroir.
« Dans le satin de ce boudoir Vous souriez à mille glaces »Béranger (1780-1857)
Vitre, souvent mobile, qui ferme les ouvertures d'un véhicule.
Il a baissé la glace pour parler au gardien du parking.
Synonyme : vitre.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : armoire à glace · briser la glace · rester de glace · rompre la glace
Grammaire et formes (2)
- glaces : pluriel · /ɡlasə/
- glace : singulier · /ɡlasə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 15 sens
s. f.
Eau congelée, solidifiée par le froid. Glaces de fond, glaces qui se forment au fond des rivières et qui deviennent ensuite glaçons flottants. Glaces flottantes, ou, simplement, glaces, pièces de glace qui se détachent des côtes des régions polaires, et qui, flottant dans la mer, vont échouer au loin. Glace bleue, glace se produisant dans les glaciers avec la couleur bleue sous la forme de bandes alternant avec des bandes de glace blanche. Ferrer un cheval à glace, le ferrer avec des fers cramponnés pour empêcher qu'il ne glisse. Fig. Être ferré à glace sur une matière, y être fort et très capable de s'y défendre. Rompre la glace, la casser ; et fig. hasarder une démarche hardie, entamer une explication délicate, être le premier à traiter un sujet.
Là certes le sommeil à la crainte fait place, Et je me suis trouvée aussi froide que glaceJean Mairet (1604-1686)
Il fait, dit-elle, un temps froid comme glaceLa Fontaine (1621-1695)
La glace que l'on emploie pour remédier à certains états maladifs. Mettre de la glace sur la tête d'un malade. La glace qu'on emploie pour rafraîchir les boissons. Glace frite, glace préparée par les cuisiniers chinois qui ont un secret pour la faire frire, et qui utilisent pour cela un phénomène de physique où une incandescence extérieure n'empêche pas le froid de se conserver en dedans.
Par le chaud qu'il faisait nous n'avions point de glace ; Point de glace, bon Dieu ! dans le fort de l'été, Au mois de juin !...Boileau (1636-1711)
Il se dit particulièrement du degré qui, dans les thermomètres, indique le point de congélation et est marqué d'un zéro, parce que c'est de ce degré que l'on commence à compter en dessus ou en dessous. Le thermomètre est à deux degrés au-dessus de glace ; à dix degrés au-dessous de glace.
Fig. Froid intérieur causé par des impressions morales, par l'âge.
A ces mots tombant sur la place Transi d'une mortelle glaceMalherbe (1555-1628)
Quand l'âge dans mes nerfs a fait couler sa glacePierre Corneille (1606-1684)
Fig. Insensibilité, indifférence. Être à la glace, se dit des ouvrages d'esprit qui glacent le lecteur ou le spectateur, qui le laissent sans émotion.
De ces beautés dont les appas Ne sont que rigueur et que glaceMalherbe (1555-1628)
C'est bien un courage de glace Où la pitié n'a point de placeMalherbe (1555-1628)
Certaine froideur qui paraît dans les manières et les actions.
Vous ne me dites rien ! quel accueil ! quelle glace ! Est-ce ainsi que vos yeux consolent ma disgrâce ?Jean Racine (1639-1699)
Est-ce Euthycrate que vous abordez ? quelle glace pour vous !La Bruyère (1645-1696)
Sorte de sorbet à la glace. Glace à la vanille. Les glaces furent faites pour la première fois à Paris, en 1660, par l'Italien Procope. Prendre une glace. En ce sens, glace n'est dans le Dictionnaire de l'Académie qu'à partir de 1762 et au pluriel. D'après Mme de Genlis, on disait bien prendre des glaces, mais non prendre une glace ; il fallait dire : j'ai pris une ou plusieurs tasses de glaces, Mém. t. V, p. 91, éd. 1825. Cette remarque, qui venait de ce que glace n'était dans le dictionnaire qu'au pluriel, n'a plus de raison d'être aujourd'hui. Demi-glace, la moitié d'une glace.
Terme de cuisine. Jus de viande ou fond de cuisson réduit jusqu'à ce que la partie aqueuse en soit assez évaporée pour que le jus ait une consistance tremblante. Filet de bœuf sauté dans sa glace.
Terme de confiseur. Espèce de vernis fait de sucre et de blanc d'œuf, dont on recouvre certaines pâtisseries.
Plaques de verre, de cristal dont on fait des miroirs. Couler une glace. Étamer une glace. Il se dit particulièrement des miroirs de grande dimension. Appartement orné de glaces. Fig.
Une belle glace de nos manufactures orne nos maisons à bien moins de frais que les petites glaces qu'on tirait de VeniseVoltaire (1694-1778)
Vous vous regardez quelquefois au miroir, c'est à Venise que vous devez les glacesVoltaire (1694-1778)
Plaques de verre de grande dimension que l'on met dans des fenêtres, dans des portes. Terme d'architecture. Panneau à glace, panneau plan dans un lambris, dans une porte de menuiserie.
On la fit entrer dans un salon au rez-de-chaussée, dont les portes de glaces donnaient sur un jardinMme de Genlis (1746-1830)
Châssis mobile et vitré d'une voiture. Lever la glace, les glaces d'une voiture.
Nous avons baissé les glacesMme de Sévigné (1626-1696)
Il n'y a point [maintenant] de capitaine de cavalerie qui ne fasse le voyage en chaise de poste avec des glaces et des ressortsVoltaire (1694-1778)
Il se dit d'un beau verre de montre.
Elle brisait régulièrement tous les jours un éventail, et cassait le grand ressort et la glace de sa montreMme de Genlis (1746-1830)
Terme de joaillier. Espèce de petit nuage qui empêche les pierreries de paraître nettes et transparentes. Dans un diamant, tache qui en diminue beaucoup la valeur.
Pomme de glace, espèce de pomme peu estimée.
Étymologie : Bourguign. glaice ; provenç. glas, glatz, s. m. ; glassa, glacha, s. f. ; catal. glas ; ital. ghiaccia, ghiaccio ; du latin glacies, se rattachant à gelu et au sanscrit jala, qui signifie froid et eau.
Historique : XIIe s. Et vos [votre] douz front qui plus est clair que glace XIVe s. Il se fait boin fier en elles vraiement, Autretant que sus glache qui sor une nuit prent XVIe s. Les seigneurs d'Espagne le prierent un jour de vouloir un peu rompre la glace Desir m'enflamme, et crainte me rend glace Sus, chauds souspirs, allez à ce froid cœur, Rompez ce glas qui ma poitrine enflamme Et fut le poison, à ce qu'ilz disent, une eaue froide comme glas qui distille d'une roche estant au territoire de la ville de Nonacris De là ne pouvant plus assieger, au temps que les glaces ne portoient pas Qui peut nier que …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 13 sens
n. f.
Eau congelée et durcie par le froid. Passer la rivière sur la glace. Patiner sur la glace. Bloc de glace. Banc de glace. Elliptiquement, Les glaces du pôle. Leur navire fut pris dans les glaces.
Il se dit aussi de l’Eau congelée artificiellement par des procédés chimiques. Rafraîchir l’eau, le vin avec de la glace.
Il se dit particulièrement du Degré qui, dans les thermomètres, indique la température de la glace fondante, et qui est marqué d’un zéro, parce que c’est de ce degré que l’on commence à compter. Le thermomètre est à glace.
Fig. et fam., être ferré à glace, ou simplement être ferré sur un sujet, Le connaître si à fond qu’on ne puisse être pris en défaut.
Fig. et fam., Rompre la glace, faire les premiers pas dans une affaire ou Faire les premières avances dans les relations, dans une conversation. Personne n’osait lui faire cette proposition, je me suis hasardé à rompre la glace. Nous hésitions à nous parler, il a rompu la glace.
Fig., être de glace, Rester insensible à une prière, à une demande, n’en être nullement touché. Recevoir une requête, recevoir quelqu’un avec un visage de glace.
Fig. et poétiq., Les glaces de l’âge, L’engourdissement de vieillesse.
Il se dit, en termes de Confiserie, de Liquides de certains sucs, de certains fruits que l’on fait congeler et que l’on sert à la fin d’un repas ou dans la journée comme rafraîchissement. Glace à la vanille, au citron, au chocolat, etc. Prendre une glace. Servir des glaces à un goûter, dans un bal. Il se dit encore d’une Sorte de vernis, fait de sucre et de blanc d’oeuf, dont les pâtissiers couvrent certains gâteaux.
Il se dit, par analogie, des Plaques de verre ou de cristal dont on fait des miroirs, des vitrages, et qui ont l’éclat de la glace. Glace de Venise. Uni, brillant comme une glace. Ce métal se polit comme une glace. Manufacture de glaces. Couler une glace. étamer une glace. Appartement orné de glaces.
Il se dit particulièrement des Miroirs d’une certaine dimension plus ou moins grande. Se regarder dans une glace.
Il se dit aussi des Vitres mobiles d’une voiture. Lever la glace, les glaces d’une voiture. Baisser la glace.
Il se dit encore d’une Petite tache d’un diamant qu’on appelle aussi
GIVRURE. Voyez ce mot.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée glace#29537.