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cher

cher

adjectif · /ʃɛʁ/

Usage : très fréquent (170 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Qui inspire une profonde affection.

    « Ainsi puisse-t-il toujours vous être un cher entretien ; ainsi puissiez-vous profiter de ses vertus »Bossuet (1627-1704)

    « Ah ! si je vous suis cher, ma princesse, vivez »Jean Racine (1639-1699)

  2. Dont le prix est élevé.

    Ce restaurant est trop cher pour notre budget.

    Synonymes : coûteux, onéreux.

    « Vous pouvez voir ailleurs, messieurs ; on vous accommodera peut-être ; moi, je suis cher, je vous l'avoue »Dancourt (1661-1725)

    « C'est un ordre des dieux qui jamais ne se rompt, De nous vendre bien cher les grands biens qu'ils nous font »Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Auquel on attache une grande valeur personnelle, qu'on chérit particulièrement.

    Ce souvenir lui est très cher.

    Synonyme : précieux.

    « On compte, avec cette masure, Un quart d'arpent, cher affermé »Béranger (1780-1857)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : élémentaire, mon cher Watson · ne pas donner cher de la peau de quelqu'un

Grammaire et formes (4)
  • chères : pluriel féminin · /ʃɛʁə/
  • chers : pluriel masculin · /ʃɛʁ/
  • chère : singulier féminin · /ʃɛʁə/
  • cher : singulier masculin · /ʃɛʁ/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 6 sens

adj.

  1. Auquel on est attaché par une vive affection. Un homme cher à sa famille. Il s'emploie comme expression affectueuse. Mon cher ami. Mon cher oncle. Elliptiquement et familièrement. Mon cher, ma chère. Aujourd'hui, dans le langage très familier, on supprime même l'adjectif possessif. Bonjour, chers. Çà va bien, très chers ? Venez-vous, chers bons ?

    Vous parlerai-je de ses pertes et de la mort de ses chers enfants ?Bossuet (1627-1704)

    Hermione, seigneur, peut m'être toujours chèreJean Racine (1639-1699)

  2. Par extension, à quoi on tient. Son estime m'est chère. Sa mémoire vous est chère.

    Et [ô Dieu !] n'ayant rien si cher que ton obéissance, Où tu le fais régner, il te fera servirMalherbe (1555-1628)

    Un bien que j'ai si cherMalherbe (1555-1628)

  3. En parlant du temps, précieux.

    Vous me faites perdre un temps qui nous est cherMolière (1622-1673)

    Le temps est cher en amour comme en guerreLa Fontaine (1621-1695)

  4. Que l'on caresse en idée. C'est mon vœu le plus cher. C'est ma plus chère espérance.

    Laisse-moi mon erreur, puisqu'elle m'est si chèrePierre Corneille (1606-1684)

    Je connus votre erreur ; mais que pouvais-je faire ? Je vis en même temps qu'elle vous était chèreJean Racine (1639-1699)

  5. Qui est d'un prix élevé. Une marchandise chère. Ce drap est fort cher. Les vins sont chers cette année. Substantivement. C'est chère épice, se dit d'une chose qu'on fait trop cher. Qui exige une grande dépense. La vie est chère. Un voyage cher. Une chère année, une année pendant laquelle le blé a été beaucoup plus cher qu'à l'ordinaire. Qui vend à haut prix. Ce marchand est très cher. C'est un magasin très cher. Cet ouvrier est habile, mais il est cher.

    Pour me régaler du plus cher [du vin le plus cher], Au beau coin m'attend dame JeanneBéranger (1780-1857)

    Comme il [le menu peuple] est beaucoup diminué dans ces derniers temps par la guerre, les maladies, et par la misère des chères années qui en ont fait mourir de faim un grand nombre....Vauban (1633-1707)

  6. Cher, adv. À haut prix. Vendre, acheter cher. Ces étoffes coûtent cher. Il fait cher vivre dans cette ville, tout ce qui sert à l'entretien de la vie y est d'un prix élevé. Fig. Coûter cher, être obtenu au prix de grands sacrifices, de grandes souffrances, de grandes pertes. La victoire coûtera bien cher. Vendre cher, faire obtenir au prix de grands sacrifices. Payer cher, obtenir au prix de grands sacrifices. Il me payera cher cet outrage. Vendre sa vie bien cher, la venger glorieusement avant de la perdre. Familièrement. Il me le payera cher, il le payera plus cher qu'au marché, cela lui coûtera cher, c'est-à-dire je le ferai repentir de ce qu'il a fait.

    On compte, avec cette masure, Un quart d'arpent, cher afferméBéranger (1780-1857)

    Que vos plaisirs coûtent cher à ces infortunés ! Votre générosité vous a pensé coûter cherVoiture (1597-1648)

Étymologie : Picard, cair, kier, quier ; rouchi, tier ; provenç. car ; espagn. et ital. caro ; du latin carus.

Historique : XIe s. E li plaiez [blessé] jurra [jurera] sur saints que pur mes [moins] nel pot faire, ne pur haür [haine] si chier nel fist D'or et d'argent et de garnemenz chers Les douze pairs que Charles a tant chers Tel as occis que mout cher [je] te cuid [pense] vendre Dreiz empereres, cher sire, si ferons XIIe s. Se je chier ne li vent Guenelon sire, je vous ai forment chier Par cui il est amez et chier tenuz Sempres morrai, mais chier me sui vendu Chers [riche] est li lieus, si est digne l'eglise [Elle] comperroit [payerait] cier sa folie Vous merci-je, ma douce amie chere Li cristien rei solent sai…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 9 sens

adj.

  1. Qui est tendrement aimé, auquel on tient beaucoup. C’est une personne qui lui est extrêmement chère. C’est, de tous ses enfants, celui qui lui est le plus cher. Ses plus chers amis l’ont condamné. Sauvez une tête si chère. Je tiens ce présent d’une main qui m’est bien chère. Sa mémoire me sera toujours chère. Il n’y a personne à qui la vie ne soit chère. Un homme de bien n’a rien de plus cher que l’honneur. Négliger ses intérêts les plus chers. Perdre ses plus chères espérances. C’est mon voeu le plus cher. C’est ce que j’ai de plus cher au monde.

  2. Il s’emploie particulièrement dans certaines façons familières de parler. Mon cher monsieur. Chère madame. Mon cher ami et, simplement, Cher ami. On dit aussi, par ellipse, entre personnes qui se traitent familièrement, Mon cher, ma chère.

  3. Il signifie aussi Qui coûte beaucoup. Les belles étoffes sont toujours chères. Le blé est ordinairement plus cher à l’époque de la moisson que dans les autres temps. Il fait cher vivre dans cette ville.

  4. Chère année, Année où le blé est beaucoup plus cher qu’à l’ordinaire.

  5. Fig., Le temps est cher, les moments sont chers, Le temps presse. Hâtez-vous, les moments sont chers. Partons, le temps est cher.

  6. Il se dit encore de Celui, de celle qui vend une denrée ou exécute un travail à plus haut prix que les autres. Ce marchand-là est cher. Cette marchande est trop chère. Cet ouvrier est cher.

  7. Il se prend aussi adverbialement et signifie à haut prix. Acheter cher. Vendre cher. Cela me coûte cher. Fig., Il vend cher sa protection. J’achetai bien cher ce court moment de bonheur. La victoire nous coûta cher. Il me paiera cher cet outrage. Il me le paiera cher.

  8. Fig., Je le lui ferai payer, il le paiera plus cher qu’au marché, se dit pour faire entendre qu’on se vengera de quelqu’un dont on a reçu quelque injure.

  9. Fig., Vendre bien cher sa vie, Se bien défendre avant de succomber.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée cher#14757.

cher

adverbe

Usage : fréquent (27 occurrences par million, Lexique 3.83).

Grammaire et formes (1)
  • cher : forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée cher#127118.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.