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barrière

barrière

nom, féminin · /baʁjɛʁə/

Usage : fréquent (16 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Assemblage de pièces qui ferme ou protège un passage.

    Le fermier a refermé la barrière derrière lui.

    Synonyme : clôture.

    « Aux athlètes dans Pise elle ouvre la barrière »Boileau (1636-1711)

    « Aux noces d'Henriette et de Charles 1er, il y eut des combats à la barrière, des jeux et des courses de bagues »Chateaubriand (1768-1848)

  2. Obstacle naturel ou artificiel qui empêche ou limite un déplacement.

    Cette chaîne de montagnes forme une barrière naturelle entre les deux pays.

    Synonyme : obstacle.

    « Elle opposa la barrière de la pudeur aux premiers orages »Massillon (1663-1742)

  3. Ce qui empêche ou limite une communication, un échange ou une évolution.

    La langue reste la principale barrière entre eux.

    Synonymes : obstacle, frein.

    « Donner de plus fortes barrières à l'idolâtrie »Bossuet (1627-1704)

  4. Poste de contrôle ou de péage situé à l'entrée d'une autoroute, d'un pont ou d'une zone soumise à restriction.

    Les voitures s'alignent devant la barrière de péage.

    « J'ai de la fraude en pacotille Qu'à la barrière on saisirait »Béranger (1780-1857)

    « L'empereur a raison de vouloir se rendre maître de la Barrière et le protecteur de la Hollande »Fénelon (1651-1715)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (2)
  • barrières : pluriel · /baʁjɛʁə/
  • barrière : singulier · /baʁjɛʁə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 6 sens

s. f.

  1. Fermeture à l'aide de plusieurs pièces de bois. Franchir une barrière. Il força les barrières.

  2. Enceinte fermée où l'on fait des combats, des jeux de toute espèce. Combat à la barrière, combat qui se livrait à la barrière du champ des tournois. Fig.

    Aux athlètes dans Pise elle ouvre la barrièreBoileau (1636-1711)

    Et regarde le champ, assis sur la barrièreBoileau (1636-1711)

  3. Tout obstacle matériel. Les Alpes présentaient leur barrière. Ils trouvèrent l'Océan pour barrière. En général, empêchement, obstacle. Les barrières du devoir. Mettre des barrières à la licence.

    Des murs de ce palais ouvrez-lui la barrièreJean Racine (1639-1699)

    Déjà, rompant partout leurs plus fermes barrières, Des débris de leurs forts il couvre ses frontièresJean Racine (1639-1699)

  4. Porte d'entrée d'une ville. On ferma les barrières. Il fut arrêté à la barrière. Bureaux établis aux portes et aussi à certaines limites de territoire pour la perception des droits d'entrée. Les barrières furent incendiées lors de l'émeute. Anciennement. Barrière des sergents [officiers de justice], réduit couvert d'un toit où ils se tenaient pour attendre pratique.

    Il est bien à désirer qu'on transporte ailleurs les barrières et les commis qui rendent ce petit pays de Genève ennemi du nôtreVoltaire (1694-1778)

    J'ai de la fraude en pacotille Qu'à la barrière on saisiraitBéranger (1780-1857)

  5. Bande en forme d'ansette, dans laquelle le metteur en œuvre arrête le ruban d'un bracelet.

  6. Barrière, nom qu'on donnait autrefois à un district qui couvrait la Hollande.

    L'empereur a raison de vouloir se rendre maître de la Barrière et le protecteur de la HollandeFénelon (1651-1715)

Étymologie : Barrer ; provenç. barriera ; espagn. barrera ; ital. barriera.

Historique : XVe s. Si y eut plusieurs escarmouches et envayes devant les barrieres XVIe s. Elles se fermoient à grosses serrures et fortes barrieres Comme aussi il leur servoit d'un des meilleurs hommes de barriere de son temps

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 6 sens

n. f.

  1. Assemblage de plusieurs pièces de bois servant à fermer un passage. La barrière d’une avenue. Ouvrir la barrière. Fermer la barrière. Franchir une barrière. Rompre, forcer la barrière.

  2. Il se disait autrefois des Portes d’entrée grillées d’une ville fortifiée, notamment de Paris. La Barrière Saint-Denis. La Barrière Saint-Jacques. On disait récemment encore La Barrière du Trône, La Barrière de l’étoile.

  3. Par extension, il se dit des Bureaux placés aux voies d’accès des villes pour percevoir les droits d’entrée. Tout charretier est tenu de faire une déclaration de son chargement à la barrière. On ne l’arrêta pas à la barrière.

  4. Il se disait autrefois de l’Enceinte fermée de barrières où se faisaient les joutes, les tournois, les courses de bague, etc. Combattre à la barrière. Combat de barrière.

  5. Il signifie aussi Ce qui sert de borne et de défense naturelle à un état. L’Espagne est séparée de ses voisins par de puissantes barrières, la mer et les Pyrénées. Les Alpes servent de barrière entre l’Italie et la France.

  6. Il signifie encore figurément Empêchement, obstacle à quelque chose. Opposer une barrière à son ambition. Les lois sont des barrières, de fortes barrières contre les abus, contre les crimes. Une barrière insurmontable s’élève entre eux, les sépare, Il existe un obstacle qui les empêche de jamais s’unir, de se réconcilier.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée barrière#8578.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.