frein
nom, masculin, /fʁɛ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (5 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873) — entrée 2
s. m.
Vieux terme de mer. Vagues qui se brisent contre un obstacle.
Étymologie : Lat. frangere, qui avait donné, dans l'ancien français, fraindre, participe fraint.
Historique : XVIe s. La premiere soirée et tout le lendemain les frains de la mer, qui estoit rude, firent que le comte ne pust faire descente La sentinelle ne pouvant les ouir à cause des freins de l'eau et du grand bruit qu'elle fait en cet endroit
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 1
s. m.
Autre nom du mors, partie de la bride qu'on passe dans la bouche du cheval pour le gouverner. Fig. Ronger son frein, se dit du cheval qui, forcé au repos, mâche le frein qu'il a dans la bouche. Fig. Ronger son frein, réprimer le dépit qu'on éprouve. Ronger son frein, signifie aussi être condamné à l'ennui. Prendre le frein aux dents, s'emporter, en parlant du cheval ; locution venant de ce que, le frein exerçant son influence sur le fond de la bouche et la jonction des lèvres, le cheval y échappe en rejetant le frein en avant et en le tenant dans les dents. On dit plutôt aujourd'hui prendre le mors aux dents. Fig. Prendre le frein aux dents, se livrer avec emportement à quelque chose, n'être plus retenu.
....Les chevaux, que leur sang effarouche, Bouleversent leur charge, et n'ont ni frein ni bouche — Pierre Corneille (1606-1684)
Ils ne connaissent plus ni le frein ni la voix — Jean Racine (1639-1699)
Fig. Ce qui retient sous l'autorité, dans les bornes du devoir, de la raison. Mettre un frein à sa langue, s'abstenir de parler par prudence ou par honnêteté.
Les nouvelles villes étaient un frein à qui voudrait remuer — Vaugelas (1585-1650)
C'est [la confession] un frein merveilleux pour arrêter notre cœur, et pour réprimer ses désirs criminels — Bourdaloue (1632-1704)
Terme d'anatomie. Nom de certains ligaments, qui brident ou retiennent une partie. Le frein de la langue. Le frein du prépuce, petit repli qui unit le prépuce au gland. Les freins de la glande pinéale, ses pédoncules supérieurs. Terme d'entomologie. Crochet de l'aile des lépidoptères.
Cerceau autour du rouet du moulin à vent, qui arrête le moulin par le moyen d'une bascule.
Terme de mécanique. Appareil pour modérer ou détruire la vitesse d'un mécanisme. Le frein d'une locomotive. Frein dynamométrique, appareil pour mesurer le travail des moteurs. À vieille mule frein doré, se dit pour se moquer d'une vieille qui se pare pour faire la jeune.
Étymologie : Provenç. fren, fres ; catal. fre ; espagn. et ital. freno ; portug. freio ; du lat. frenum, qui se rapproche naturellement de fretus, soutenu, garni ; c'est le radical sanscrit dhar, tenir, porter.
Historique : XIe s. Li frein sont d'or, les selles d'argent mises XIIe s. Donc [il] laisse courre à plein fren estendu La cruiz [croix] arcevesqual fist porter à sa destre, E la reisgne [rêne] del frein tint en la main senestre XIIIe s. À tant es vous un musart qui le prit par le frain et le vot [voulut] retourner ariere Que la premeraine vertu, C'est de metre en sa langue frain Pren durement as dens le frain, Et donte ton cuer et refrain Cil qui ensuit sa volenté sanz frain de raison, vit à loi de beste sanz vertu Frains d'or ne fait meillor cheval XIVe s. Il estoit li premiers au frein de l'ainsné filz d…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Ancien nom du mors, la partie de la bride qu’on met dans la bouche du cheval pour le gouverner. Un cheval qui mâche son frein, qui ronge son frein.
Fig. et fam., Ronger son frein, Retenir son dépit, son ressentiment en soi-même et n’en laisser rien éclater au-dehors.
Prov., à vieille mule, frein doré, On pare une vieille bête pour la mieux vendre.
Il se dit figurément de Tout ce qui retient dans les bornes du devoir, de la raison. L’honneur, les lois, les bienséances sont autant de freins qui retiennent les hommes qui les empêchent de mal faire. Le frein de la religion, des croyances. Sa passion ne connaissait plus de frein, n’avait plus de frein. Mettre un frein à ses désirs, à ses passions, à sa colère, à son ressentiment. Ironiquement, Mettez un frein à votre éloquence.
Par analogie, il se dit, en termes d’Anatomie, d’un Ligament qui bride ou retient quelque partie. Le frein ou filet de la langue.
En termes d’Arts, il se dit d’un Dispositif destiné à modérer la vitesse d’un mécanisme, à enrayer les roues d’un véhicule. Le frein d’une locomotive. Serrer les freins. Frein d’une automobile, d’une bicyclette. Frein à main. Frein à pédale, Frein que l’on actionne avec la main, avec le pied. Frein contre pédalage, Frein d’une bicyclette à roues libres qui serre dans le moyeu arrière et fonctionne par un léger mouvement rétrograde des pédales. Frein automatique. Frein continu. Frein à air comprimé. Frein d’écrou, Petite pièce fixée sur un écrou et qui l’empêche de se desserrer.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- freins — pluriel — /fʁɛ̃/
- frein — singulier — /fʁɛ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée frein#28284.