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barre

Sur cette page : barre · barré

barre

nom, féminin · /baʁə/

Usage : fréquent (24 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Pièce rigide, étroite et allongée, de bois, de métal ou d'une autre matière.

    Le menuisier a fixé une barre de fer en travers de la porte.

    Synonyme : tige.

    « Ses violences qui lui font mener les gens à la messe à coups de barre »Bossuet (1627-1704)

  2. Trait droit tracé pour écrire, séparer ou signaler quelque chose.

    Elle a barré le chiffre sept d'une barre horizontale, à la mode allemande.

    Synonyme : trait.

    « Qui voulait mettre barre entre cette canaille »Mathurin Régnier (1573-1613)

  3. Marine. Dispositif servant à diriger un bateau en commandant le gouvernail.

    Le capitaine a pris la barre pour franchir la passe.

    « Attendant un vent favorable pour franchir la barre [du Nil] et remonter à Rosette »Chateaubriand (1768-1848)

  4. Niveau servant de référence ou de seuil symbolique à franchir.

    Le prix de l'immobilier a franchi la barre des dix mille euros le mètre carré.

    Synonyme : seuil.

    « Ce pape est le plus honnête homme et le plus habile du sacré collége ; mais, ma fille, il a soixante-dix-neuf ans : un esprit n'est-il point au-dessous de la barre à cet âge ? »Mme de Sévigné (1626-1696)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : avoir barre sur quelqu'un · avoir un coup de barre · de l'or en barre · placer la barre haut · redresser la barre · tenir la barre

Grammaire et formes (2)
  • barres : pluriel · /baʁə/
  • barre : singulier · /baʁə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 16 sens

s. f.

  1. Pièce de bois, de fer, etc. étroite et longue. Une barre de fer, de bois. Une barre d'appui. Une barre de cheminée. Fig. Cet homme est une barre de fer, il est inflexible, on ne peut le faire céder. On disait autrefois donner des coups de barre à quelqu'un pour le bien battre. Jeter la barre, sorte de jeu auquel on s'exerçait autrefois, et qui est encore usité en quelques provinces. Dans la gymnastique, exercice de la barre à sphères, bâton de 1m, 15 de longueur, ayant à chaque bout une boule de 12 cent. de diamètre, avec lequel on fait des évolutions au-dessus de la tête et derrière le dos, pour fortifier les épaules et faire tenir droit.

    Berwick était fort peu au gré de Mme des Ursins, qui le trouvait droit, ferme, libre, barre de ferSaint-Simon (1675-1755)

    Ses violences qui lui font mener les gens à la messe à coups de barreBossuet (1627-1704)

  2. Lingot ou pièce de métal précieux étendue en longueur. Fig. C'est de l'or en barre, se dit de toute valeur, de toute chose sur laquelle on peut compter.

    Le régent trouva le prêt d'un million en barres d'argentSaint-Simon (1675-1755)

    Voilà certainement un effet fort bizarre. - Oh ! s'il n'était pas mort, c'était de l'or en barreRegnard (1655-1709)

  3. Pièce de bois transversale qui soutient les fonds d'un tonneau par le milieu. Le vin diminue beaucoup de bonté, quand il est au-dessous de la barre du tonneau. Fig. Être au-dessous de la barre, au-dessous du niveau.

    D'un tel vin la couleur est malade et bizarre ; Cet autre, dans le chaud peut tourner à la barreRegnard (1655-1709)

    Ce pape est le plus honnête homme et le plus habile du sacré collége ; mais, ma fille, il a soixante-dix-neuf ans : un esprit n'est-il point au-dessous de la barre à cet âge ?Mme de Sévigné (1626-1696)

  4. Terme de marine. La barre du gouvernail, ou, absolument, la barre, longue pièce de bois qui sert à faire mouvoir le gouvernail.

    Je restai seul auprès du matelot qui tenait la barre du gouvernailChateaubriand (1768-1848)

  5. Dans le monnayage, pièce de fer longue et grosse, qui passe au travers du balancier et qui sert à le faire tourner. En termes d'imprimerie, les barres sont deux tringles de bois qui traversent tout le berceau dans sa longueur, et où sont attachées deux bandes de fer sur lesquelles coule le train de la presse. Terme de marine. Barre d'arcasse, pièce qui fait la largeur de la poupe à la hauteur du premier pont. Barres de hune, de perroquet et de cacatois, espèces de charpentes à la tête de chaque mât pour porter le mât supérieur. Barre de panier, bâton ou cerceau sous le fond du panier. Longues pièces de bois rondes qu'on suspend à deux cordes, pour séparer les chevaux dans les écuries. Planchette qui empêche les sautereaux du clavecin de quitter les mortaises. Fleuret qui a été rompu par le bout, et auquel on a fait remettre un bouton.

  6. Barrière de séparation qui est entre l'enceinte où siégent les membres d'un tribunal, d'une assemblée politique, et la partie occupée par le public. Comparaître à la barre.

  7. Dans l'ancienne jurisprudence, fin de non-recevoir, exception, opposition.

  8. Les barres, jeu de course qui est divisé en deux camps, dans lequel les joueurs de chaque camp s'engagent successivement à la poursuite les uns des autres, et qui est ainsi nommé parce que les deux camps sont marqués par une barre fictive ou tracée sur la terre. Toucher barre, toucher cette barre, c'est-à-dire rentrer au camp et en repartir aussitôt. Avoir barres, se dit de celui des joueurs qui part après un autre du camp opposé, et qui peut le prendre sans pouvoir en être pris. Fig. Jouer aux barres, se chercher sans pouvoir se rencontrer, locution tirée du jeu où chacun fuit devant celui qui le poursuit. Fig. Partir des barres, sortir au moment précis où l'on doit se mettre en route. Fig. Avoir barres sur quelqu'un, avoir sur lui quelque avantage. Ne faire que toucher barre, s'arrêter à peine dans un lieu. Tenir barre à quelqu'un, lui résister.

    Je n'ai jamais été connu du roi d'Espagne que pour avoir joué aux barres avec luiSaint-Simon (1675-1755)

  9. En termes de marine, amas de sable, chaîne de rochers qui obstrue l'entrée d'un port. La barre d'un fleuve est cette espèce de barrière de sable obstruant l'embouchure et se formant par le dépôt de ses troubles à la limite où ses eaux sont arrêtées par celles de l'Océan.

    Attendant un vent favorable pour franchir la barre [du Nil] et remonter à RosetteChateaubriand (1768-1848)

  10. Fig. Barrière.

    Qui voulait mettre barre entre cette canailleMathurin Régnier (1573-1613)

    Bien semble être la mer une barre assez forte....Malherbe (1555-1628)

  11. Barre simple, celle qui est large et qui forme une pièce honorable. Barre de bâtardise, celle qui est étroite et sert à barrer les armes des bâtards. En barre, dans le sens de la barre.

    En termes de blason, trait qui sépare obliquement l'écu de gauche à droite Montbron portait de Montberon brisé d'un filet en barreSaint-Simon (1675-1755)

    Ces bâtards de Bourbon [comtes de Roussillon] ont changé leur barre de bâtards en bande comme les princes de cette maisonSaint-Simon (1675-1755)

  12. Trait de plume. Tirer une barre soit pour souligner un mot, soit pour séparer des articles. Exercices d'écriture, traits droits et parallèles. Il fait des barres, des bâtons. Terme de musique. Barre de mesure, trait tiré perpendiculairement à la fin de chaque mesure sur les cinq lignes de la portée. Ligne fortement marquée et inclinée pour indiquer qu'une note doit être divisée en croches ou qu'un groupe de notes doit être répété. On appelle encore en musique barres deux traits plus fortement marqués que les barres de la mesure, et servant à indiquer la fin d'une partie, d'une reprise dans un morceau.

    Il y avait un homme qui à douze ans, avec des barres et des ronds, avait créé les mathématiquesChateaubriand (1768-1848)

  13. Barres, deux raies de laine bleue qui sont aux deux bouts de la couverture et qui n'y servent que d'ornement. En fauconnerie, barres de la queue de l'épervier, certaines bandes noires qui traversent sa queue.

  14. La barre, les premières lames que la marée montante pousse dans un fleuve. Poétiquement. Barre est aussi synonyme de mascaret en Normandie.

    L'aube enfin colora sa barre au bord des cieuxLamartine (1790-1869)

    Cependant une barre d'or se forma dans l'OrientChateaubriand (1768-1848)

  15. S. f. plur. En parlant du cheval, intervalle qui existe de chaque côté de la mâchoire inférieure, entre les dents molaires ou mâchelières et les incisives, et dans lequel on place le mors. Blessures des barres, lésions produites, dans cette région, par un mors mal fait, par la pression de la main trop dure des cavaliers. En termes de chasse, armes de la barre, les défenses du sanglier.

  16. Tulipe de trois couleurs.

Étymologie : Bas-lat. barra ; provenç. ital. et espagn. barra ; angl. bar ; du celtique : kymri, bar, branche. Comparez l'allemand Barre, Barren.

Historique : XIIIe s. Et deviserent une partie de leur gens pour ce qu'il gardassent les lices et les barres, et li autres assaillissent par devers la ville Tantost, sanz autre chose fere, Commanda la barre en sus trere, Por son cousin fere venir Autretel barre [opposition] à cil qui fut retenuz de jostice, et la retenue fu fete sanz sa coupe [coulpe] Se vice est provez une fois en meniere de barre, ce n'empesche pas autre foiz eslection Se gages sunt por aucunes bares de querele, non pas du principal du plet, li vainquieres ne gaaigne fors que la bare por quoi li gage furent doné Et ai renoncié en ce fet.…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 23 sens

n. f.

  1. Pièce de bois, de fer, etc., étroite et longue. Barre de bois. Barre de fer. Mettre une barre d’appui à une fenêtre. Il serait malaisé d’enfoncer cette porte, il y a une bonne barre derrière. Donner des coups de barre à quelqu’un. Assommer à coups de barre. Barre d’or. Barre d’argent. Or, argent en barre.

  2. Fig. et fam., C’est de l’or en barre, de l’argent en barre, se dit d’une Promesse sur laquelle on peut compter, d’un billet, d’un effet de commerce qui sera bien payé, d’une marchandise dont le débit est sûr et facile.

  3. Fig., Cet homme est raide comme une barre de fer, Cet homme est une barre de fer, est une barre, Il est inflexible, intraitable, inébranlable.

  4. Jeter la barre, lancer la barre, Sorte de jeu auquel on s’exerçait autrefois et dont l’usage subsiste encore dans quelques provinces.

  5. En termes de Marine, La barre du gouvernail, La barre qui sert a diriger, à faire mouvoir le gouvernail. Les barres du cabestan, Les barres dont on se sert pour virer au cabestan. Il est à la barre, Il tient le gouvernail.

  6. En termes de Typographie, La barre du châssis, La pièce de fer qui traverse, dans le sens de la hauteur ou de la largeur, le châssis dans lequel on assemble, on impose les pages.

  7. Il se dit particulièrement d’une Pièce de fer longue et carrée, qui se pose, dans le foyer, en travers des chenets, pour soutenir les bûches et les tisons. Si vous ne mettez pas la barre, ces tisons vont rouler dans la chambre.

  8. Il se dit encore particulièrement d’une Pièce de bois transversale qui serre et soutient les fonds d’un tonneau par le milieu. Il faut percer ce muid au-dessus de la barre, au-dessous de la barre. Ce vin est à la barre. Ce vin perd sa qualité quand il est au-dessous de la barre.

  9. Il se dit aussi de ces Longues pièces de bois rondes qu’on suspend horizontalement à deux cordes, pour séparer les chevaux, dans les écuries. Ce cheval s’est blessé, parce qu’il s’est pris dans sa barre. Ces chevaux se battraient, il faut leur mettre des barres.

  10. Il se dit également en termes de Gymnastique. Barre fixe, Barre ronde de bois ou de fer soutenue à une certaine hauteur par deux montants de fer verticaux. Barre de suspension, Appareil analogue au précédent, mais dont les montants peuvent se déplacer. Barres parallèles, Barres de bois rondes maintenues à égale distance par un dispositif également en bois, entre lesquelles le gymnaste s’exerce à s’élever sur les bras.

  11. Il se dit en outre de la Petite barrière qui ferme l’entrée de l’enceinte où siègent les membres d’un tribunal, d’une assemblée politique. Les comparutions en personne ont lieu à la barre. On l’a mandé à la barre. Il a parlé à la barre.

  12. Il se dit, figurément, d’un Trait de plume, de crayon, etc., que l’on fait pour annuler, biffer ou souligner, pour séparer, marquer, noter, etc. Tirer une barre sur les passages qu’on veut retrancher. Dans les airs notés, les mesures sont séparées par des barres qui coupent la portée de distance en distance. Faire des barres sur la muraille avec de la craie, avec du charbon, pour indiquer le nombre des points gagnés ou perdus dans une partie. Tirer une barre à la fin d’un écrit, d’un chapitre. Fermer la liste des membres présents en tirant une barre.

  13. Il se dit également des Premiers exercices que l’on fait ordinairement faire aux enfants pour leur apprendre l’écriture et qui consistent en une suite de traits droits et parallèles. Cet écolier ne fait encore que des barres.

  14. En termes de Blason, il désigne une des Pièces de l’écu, laquelle va de l’angle senestre du chef à l’angle dextre de la pointe. Il porte de gueules à la barre d’argent. C’est l’opposé de BANDE.

  15. Avoir une barre sur son écu, être bâtard ou d’origine bâtarde.

  16. En termes de Géographie, il se dit d’un Amas de sable, de roches, ou même de vase, qui barre l’entrée d’une rivière ou d’un port en tout ou en partie, et force, lorsqu’elle est continue, d’alléger les bâtiments ou d’attendre la marée. La barre de Bayonne, de San Lucar, du Sénégal, etc. Il se dit aussi, à l’embouchure de la Seine, d’une Vague élevée transversale qui remonte violemment contre le courant par l’effet de la marée. Voyez

  17. MASCARET.

  18. BARRES, au pluriel, se dit d’un jeu de Course entre des écoliers ou des jeunes gens qui se partagent entre deux camps opposés, marqués ordinairement par un sillon, par une branche de feuillage, etc. : dans les courses on observe certaines règles et chaque parti s’efforce de faire des prisonniers à l’autre. Jouer aux barres.

  19. Toucher barres, Atteindre la marque du camp auquel on appartient et où l’on est dès lors en sûreté.

  20. Barres forcées, Celles où l’on ne délivre point les prisonniers et qui ne se terminent que lorsque tous les champions d’un camp ont été successivement pris par ceux de l’autre camp.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée barre#8556.

barré

adjectif · /baʁe/

Usage : d'usage courant (3.00 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Dont le passage est obstrué par un obstacle : une route barrée.

    Le pont barré par la police obligeait à faire un détour.

    Synonymes : bloqué, obstrué.

    « L'évêque de Chartres qui faisait assidûment tous ses devoirs d'évêque se trouvait barré en mille sortes »Saint-Simon (1675-1755)

  2. Qui est rayé, supprimé par un trait : un mot barré.

    Dans son brouillon, chaque phrase barrée a été remplacée.

    Synonymes : rayé, biffé.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (4)
  • barrées : pluriel féminin · /baʁe/
  • barrés : pluriel masculin · /baʁe/
  • barrée : singulier féminin · /baʁe/
  • barré : singulier masculin · /baʁe/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 8 sens

part. passé.

  1. Le chemin barré par une traverse en bois. Portes barrées de fer.

  2. Terme de marine. Vergue barrée, vergue sur laquelle se borde la voile de perroquet de fougue ; cette vergue n'étant bordée que très rarement, et étant pour cela comparée à une barre.

  3. Intercepté.

    L'évêque de Chartres qui faisait assidûment tous ses devoirs d'évêque se trouvait barré en mille sortesSaint-Simon (1675-1755)

    Il se mit donc en campagne et continua ses expéditions dans le Poitou et la Saintonge, toujours barré par le duc de NeversANQUET.

  4. En termes de blason, barré d'argent, barré de gueules, à la barre d'argent, à la barre de gueules. Barré, se dit d'un cheval paré.

  5. Biffé. Trois mots barrés.

  6. En chirurgie, dents barrées, dents molaires dont les racines sont recourbées de manière qu'elles comprennent entre elles une portion d'os maxillaire, et qu'on ne peut les extraire sans briser l'alvéole et arracher des fragments osseux. Le bassin barré, bassin où les pubis se rapprochent de l'angle fait par le sacrum et les vertèbres.

  7. En termes d'ancienne législation, avis barrés, avis partagés en nombre égal.

  8. S. m. Terme de musique. Action d'appuyer à la fois l'index de la main gauche sur plusieurs cordes de la guitare prises à la même touche.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée barré#8584.

barré

nom, masculin

Grammaire et formes (2)
  • barrés : pluriel
  • barré : singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée barré#123810.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.