s. f.
Partie de la plante qui tend à s'élever verticalement, et qui porte les feuilles, les fleurs et les fruits ; on l'appelle tronc dans les arbres dicotylédons ; stipe dans les monocotylédones arborescentes ; chaume dans les graminées ; hampe dans les oignons, lorsque, naissant au milieu des feuilles, elle est nue, droite et terminée par les fleurs. Arbres à hautes tiges, ou, simplement, hautes tiges, arbres dont on laisse les tiges s'élever. Arbres à basses tiges, ou, simplement, basses tiges, ceux qu'on empêche de s'élever. Demi-tige, arbre fruitier de quatre ou cinq pieds de haut, et dont la croissance naturelle a été arrêtée. Tige se dit, chez les jardiniers, des arbres auxquels on ne laisse qu'un seul jet, pour les distinguer de ceux qu'on destine à former des espaliers ou des gobelets Fig.
...ce chêne énorme Dont la tige toujours informe S'épuise en rameaux superflus — Gresset (1709-1777)
De ta tige détachée, Pauvre feuille desséchée, Où vas-tu ? - Je n'en sais rien — A. ARNAULT
Il se dit plus particulièrement en parlant des plantes qui ne sont ni arbres ni arbrisseaux. Laisser mourir une fleur sur sa tige. Tige de lis. Tige droite. Tige couchée.
Terme de généalogie. Chef de qui sont sorties les branches d'une famille, tant la branche aînée que la cadette. Par extension, il se dit des animaux. Lignée. Faire tige, devenir l'origine d'une famille. La branche d'où il est issu a fait tige en France. Fig.
Et que si de cette couronne, Que sa tige illustre lui donne [à Henri IV], Les lois ne l'eussent revêtu — Malherbe (1555-1628)
Tel le grand saint Louis, la tige des Bourbons, Lui-même du soudan forçait les bataillons — Pierre Corneille (1606-1684)
Fig. Origine, source.
Les luthériens, qui étaient la tige de la réforme — Bossuet (1627-1704)
Toutes les Églises naissantes venaient de la tige commune des apôtres, ou de ceux que les apôtres avaient envoyés, et en tiraient leurs pasteurs avec la doctrine — Bossuet (1627-1704)
Par analogie, tout prolongement allongé et plus ou moins cylindrique, qui fait partie d'un corps quelconque. La tige d'une colonne, le fût. La tige d'un rinceau, l'espèce de branche qui part d'un culot ou fleuron, et qui porte les feuillages d'un rinceau d'ornement. La tige d'une roue de montre, l'arbre de cette roue quand il est un peu mince. Terme d'architecture. Pied qui supporte une coupe d'où jaillit une fontaine. La tige d'une clef, etc. la partie mince et allongée qui est entre l'anneau et le panneton. Tige de flambeau, le tuyau depuis la patte jusqu'à l'embouchure. La tige d'un guéridon, la partie qui prend depuis le pied jusqu'à la table. Tige d'une plume, la partie qui surmonte le tuyau et de chaque côté de laquelle se développent les barbes. Tige de botte, le corps de la botte où l'on met la jambe. La partie d'un bas de tricot où on le rétrécit. Corps d'un clou. Tige de pompe, manche auquel tient le piston.
Terme de sculpture. Tige d'un trépan, partie de cet instrument à laquelle on applique l'archet. Terme de métallurgie. Tige de laminoir, partie carrée qui se trouve en dehors du tourillon, et sur laquelle s'adaptent les intermédiaires du mouvement.
Carabine à tige, carabine portant une tige fixée à la culasse, de manière à ménager, entre elle et le canon, un espace annulaire dans lequel se loge la poudre. La balle prend appui sur l'extrémité de cette tige, et elle est forcée par des coups de baguette qui l'aplatissent et l'engagent dans les rayures.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).