amertume
nom, féminin · /amɛʁtymə/
Usage : fréquent (12 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Saveur âpre et désagréable, proche de celle du café non sucré ou de certaines plantes
L'amertume du café noir ne le dérange pas.
Synonyme : âpreté.
Sentiment de déception triste et durable, teinté de rancœur
Il parle de son licenciement avec amertume.
« Pour repasser dans l'amertume de son âme toutes les années de sa vie »Fléchier (1632-1710)
« Il trouve l'amertume Au milieu des plaisirs »Jean Racine (1639-1699)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- amertumes : pluriel · /amɛʁtymə/
- amertume : singulier · /amɛʁtymə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 3 sens
s. f.
Saveur amère. L'amertume de l'absinthe.
Fig. Peine, déplaisir, tristesse.
L'absence jette une certaine amertume qui serre le cœurMme de Sévigné (1626-1696)
Elles me font sentir plus tristement l'amertume de votre absenceMme de Sévigné (1626-1696)
Ce qu'il y a d'amer, d'offensant, de mordant dans des paroles, des écrits, etc.
Seigneur, trop d'amertume aigrirait vos reprochesJean Racine (1639-1699)
L'amertume et le zèle d'Élie sur les scandales et l'idolâtrie d'IsraëlMassillon (1663-1742)
Étymologie : Provenç. amaruns ; de amaritudinem, de amarus (voy. AMER). On a dit aussi amerté dans l'ancien français.
Historique : XIIe s. Mais de ço est en mun quer grant amerté asise Que ne vus ai el chief la corune d'or mise Sulunc la dignité de nostre mere iglise Et tuz ces ki furent en anguisse, e ces ki furent traveillez pur dette qu'il durent, e ki furent en amertume de lur curage, s'asemblerent od David Envelopeiz soit d'amertume XIIIe s. Que lupin soient tempré en l'ewe, tant que leur amertune soit ostée Mès qui bien les esproveroit, Tant d'amertume i troveroit, Qu'il s'i craindroit moult à bouter ; Tant fait lor grace à redouter Vierge qui du haut fil de Dieu t'enceinturas, Qui le dous fruit de vie en tes flans …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 3 sens
n. f.
Saveur de ce qui est amer. L’amertume de l’aloès et de la coloquinte.
Il se dit au figuré de Ce qu’il y a de mordant, d’offensant dans des écrits ou des discours. Il y a bien de l’amertume dans cette critique, dans cette défense. Ses propos sont pleins d’amertume. Il m’a parlé de lui avec amertume.
Il signifie encore figurément âpre tristesse, douleur, humiliation. Avoir le coeur plein d’amertume. Je vous en parle dans l’amertume de mon coeur. On l’a abreuvé d’amertume. Cela servit à adoucir l’amertume de sa douleur. Les douceurs et les amertumes de la vie.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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