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tromper

Conjugaison : se tromper · tromper · Règles : Le 1er groupe : les verbes réguliers en -er · Le choix de l'auxiliaire : avoir ou être

tromper

verbe · /tʁɔ̃pe/

Usage : très fréquent (123 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Induire quelqu'un en erreur par la ruse, le mensonge ou l'artifice.

    Le vendeur a trompé ses clients sur la qualité du produit.

    Synonymes : duper, abuser.

    « Le burlesque effronté Trompa les yeux d'abord, plut par la nouveauté »Boileau (1636-1711)

    « Il me répondit en se moquant de moi, que je devais avoir observé que le monde veut être trompé ; ce mot est vrai, et se vérifia en cette occasion »Cardinal de Retz (1613-1679)

  2. Être infidèle à son conjoint ou à son partenaire amoureux.

    Elle a découvert qu'il la trompait depuis des mois.

  3. Échapper à la vigilance ou à la surveillance de quelqu'un.

    Le prisonnier a trompé la vigilance des gardiens pour s'évader.

    Synonyme : déjouer.

    « Cette vie dont la fuite précipitée nous trompe toujours »Bossuet (1627-1704)

  4. Se tromper : commettre une erreur, se méprendre sur quelque chose.

    Je me suis trompé de chemin en sortant de l'autoroute.

    « Pour ceux qui sont ruinés [par un juge], il importe peu que ce soit ou par un homme qui les trompe, ou par un homme qui s'est trompé »Fléchier (1632-1710)

    « C'est un homme rare que celui qui ne peut faire pis que de se tromper »Fontenelle (1657-1757)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Voir aussi : donne se tromper

Grammaire et formes (51)
  • tromperions : conditionnel présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pəʁjɔ̃/
  • tromperais : conditionnel présent 1ʳᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pəʁɛ/
  • tromperiez : conditionnel présent 2ᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pəʁje/
  • tromperais : conditionnel présent 2ᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pəʁɛ/
  • tromperaient : conditionnel présent 3ᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pəʁɛ/
  • tromperait : conditionnel présent 3ᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pəʁɛ/
  • trompons : impératif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pɔ̃/
  • trompez : impératif présent 2ᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pe/
  • trompe : impératif présent 2ᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pə/
  • tromperons : indicatif futur 1ʳᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pəʁɔ̃/
  • tromperai : indicatif futur 1ʳᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pəʁe/
  • tromperez : indicatif futur 2ᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pəʁe/
  • tromperas : indicatif futur 2ᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pəʁa/
  • tromperont : indicatif futur 3ᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pəʁɔ̃/
  • trompera : indicatif futur 3ᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pəʁa/
  • trompions : indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pjɔ̃/
  • trompais : indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pɛ/
  • trompiez : indicatif imparfait 2ᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pje/
  • trompais : indicatif imparfait 2ᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pɛ/
  • trompaient : indicatif imparfait 3ᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pɛ/
  • trompait : indicatif imparfait 3ᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pɛ/
  • trompâmes : indicatif passé 1ʳᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pamə/
  • trompai : indicatif passé 1ʳᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pe/
  • trompâtes : indicatif passé 2ᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃patə/
  • trompas : indicatif passé 2ᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pa/
  • trompèrent : indicatif passé 3ᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pɛʁə/
  • trompa : indicatif passé 3ᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pa/
  • trompons : indicatif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pɔ̃/
  • trompe : indicatif présent 1ʳᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pə/
  • trompez : indicatif présent 2ᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pe/
  • trompes : indicatif présent 2ᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pə/
  • trompent : indicatif présent 3ᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pə/
  • trompe : indicatif présent 3ᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pə/
  • tromper : infinitif · /tʁɔ̃pe/
  • trompées : participe passé pluriel féminin · /tʁɔ̃pe/
  • trompés : participe passé pluriel masculin · /tʁɔ̃pe/
  • trompée : participe passé singulier féminin · /tʁɔ̃pe/
  • trompé : participe passé singulier masculin · /tʁɔ̃pe/
  • trompant : participe présent · /tʁɔ̃pɑ̃/
  • trompassions : subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pasjɔ̃/
  • trompasse : subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pasə/
  • trompassiez : subjonctif imparfait 2ᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pasje/
  • trompasses : subjonctif imparfait 2ᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pasə/
  • trompassent : subjonctif imparfait 3ᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pasə/
  • trompât : subjonctif imparfait 3ᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pa/
  • trompions : subjonctif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pjɔ̃/
  • trompe : subjonctif présent 1ʳᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pə/
  • trompiez : subjonctif présent 2ᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pje/
  • trompes : subjonctif présent 2ᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pə/
  • trompent : subjonctif présent 3ᵉ pers. pluriel · /tʁɔ̃pə/
  • trompe : subjonctif présent 3ᵉ pers. singulier · /tʁɔ̃pə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 10 sens

v. a.

  1. Induire en erreur en employant la ruse, l'artifice, le mensonge. Absolument. Cette femme trompe son mari, elle lui est infidèle. Au jeu, tromper, tricher.

    Il me répondit en se moquant de moi, que je devais avoir observé que le monde veut être trompé ; ce mot est vrai, et se vérifia en cette occasionCardinal de Retz (1613-1679)

    Vouloir tromper le ciel, c'est folie à la terreLa Fontaine (1621-1695)

  2. Séduire, en parlant des femmes qu'on trompe.

    Mathurine à don Juan : Ne m'allez pas tromper, je vous prie, il y aurait de la conscience à vous ; et vous voyez comme j'y vais à la bonne foiMolière (1622-1673)

    Trop crédules esprits que sa flamme [de Thésée] a trompésJean Racine (1639-1699)

  3. Échapper à quelqu'un. Tromper des surveillants. Il a trompé la vigilance de ses gardiens. Tromper la loi, l'éluder.

    J'ai su tromper les yeux par qui j'étais gardéJean Racine (1639-1699)

    Mais pouvaient-ils tromper tant de jaloux regards ?Jean Racine (1639-1699)

  4. En parlant des choses, donner lieu à une erreur, à une méprise. L'horloge nous a trompés. Absolument. Cet homme a une mine qui trompe. À tromper, de manière à faire illusion. Familièrement. C'est ce qui vous trompe, à l'égard de cela vous êtes dans l'erreur.

    Mes yeux, moyennant ce secours [du toucher], Ne me trompent jamais en mo mentant toujoursLa Fontaine (1621-1695)

    Pendant qu'un philosophe assure Que toujours par leurs sens les hommes sont dupés, Un autre philosophe jure Qu'ils ne nous ont jamais trompésLa Fontaine (1621-1695)

  5. Faire tomber dans quelque erreur.

    Comme ici son orgueil [de l'âme] la trompe, il faut lui faire sentir par quelque autre endroit sa pauvreté et sa misèreBossuet (1627-1704)

    Cette vie dont la fuite précipitée nous trompe toujoursBossuet (1627-1704)

  6. Agir contrairement à ce qui était attendu soit en bien, soit en mal. Il a trompé nos espérances. Tromper la confiance. On attendait beaucoup moins de lui, il a trompé tout le monde. Absolument. Il se dit des choses en un sens analogue.

    Il [Charles de Sévigné] avait pitié de toutes mes douleurs, et le hasard a voulu qu'il ne m'ait trompée en rien de ce qu'il m'a promis, pas même à la promenade d'hier, dont je me suis mieux portée que je n'espéraisMme de Sévigné (1626-1696)

    Ils [les dieux] ont trompé les soins d'un père infortuné Qui protégeait en vain ce qu'ils ont condamnéJean Racine (1639-1699)

  7. Faire diversion à. Tromper le temps, s'occuper à quelque chose, afin de ne pas trouver le temps long. Tromper le chemin, faire diversion à la longueur du chemin.

    Ô mort, éloigne-toi de notre pensée, et laisse-nous tromper pour un peu de temps la violence de notre douleur par le souvenir de notre joieBossuet (1627-1704)

    Trompons, si nous pouvons notre douleur.... par le souvenir de nos joies passéesFléchier (1632-1710)

  8. Terme de manége. Tromper un cheval, changer subitement de main après un seul quart de volte.

  9. Se tromper, v. réfl. S'induire soi-même en erreur.

    Il est aussi facile de se tromper soi-même sans s'en apercevoir, qu'il est difficile de tromper les autres sans qu'ils s'en aperçoiventLa Rochefoucauld (1613-1680)

    Et l'amour-propre engage à se tromper soi-mêmeMolière (1622-1673)

  10. S'abuser, être dans l'erreur. À se tromper, à s'y tromper, au point d'être trompé. Se tromper de route, d'heure, d'adresse, manquer la bonne route, l'heure indiquée, l'adresse véritable d'une personne. Fig. et par ironie. C'est un homme qui ne se trompe qu'à son profit, il ne se trompe que quand l'erreur tourne à son avantage. Si je ne me trompe, locution employée en forme de correctif, quand on n'est pas très certain d'une chose, ou quand on veut éviter un ton tranchant. On dit dans le même sens : Je me trompe, je suis bien trompé. Je suis bien trompé, s'il n'en est ainsi.

    Quand on veut reprendre avec utilité, et montrer à un autre qu'il se trompe, il faut observer par quel côté il envisage la chose ; car elle est vraie ordinairement de ce côté-là, et lui avouer cette vérité, mais lui découvrir le côté par où elle est faussePascal (1623-1662)

    Mais que les hommes ne s'y trompent pas : Dieu redresse quand il lui plaît le sens égaréBossuet (1627-1704)

Étymologie : Le sens propre et ancien de tromper est jouer de la trompe. Néanmoins Diez pense que tromper au sens d'abuser vient non pas de là, mais de trompe, qui a signifié toupie (voy. TROMPE 2), et qu'il signifie, au propre, faire aller comme une toupie. Mais l'emploi le plus ancien de tromper au sens d'abuser est se tromper de quelqu'un, ce qui signifie s'en jouer. Tromper, jouer de la trompe, s'est construit avec le pronom personnel comme tant d'autres verbes neutres ; et se tromper a passé au sens de se moquer (voyez, à l'historique de trompette, un exemple de la transition, et comparez se jouer de

Historique : XIVe s. Icelui supliant veant que ladite femme se trompoit et moquoit de lui XVe s. On ne sçaura trouver mon per [égal], Par saint Jacques, non, de tromper Je ne pourrois souffrir qu'une telle gouge se trompast et de vous et de moi si longuement Il semble que vous trompez [vous moquez] des statuts et ordonnances de l'Église XVIe s. Plusieurs gens malades ont, à la lecture d'ycelles, trompé leurs ennuys Le tromper peult servir pour le coup Pourquoy ne tromperoit-il aux escus, puisqu'il trompe aux espingles ? Ils trompent l'esperance qu'on en a conçue Je ne conseille pas qu'on confonde leurs reg…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 16 sens

v. tr.

  1. Induire en erreur, par artifice. Tromper l’acheteur sur la qualité de la marchandise. Tromper adroitement, grossièrement. Tromper hardiment, effrontément. Ce marchand nous a trompés. Les plus fins y sont trompés. Il tromperait son père. Absolument, Il est incapable de tromper.

  2. Tromper au jeu, Tricher. Tromper la vigilance de quelqu’un, Tromper quelqu’un malgré sa vigilance, échapper à sa surveillance. Le prisonnier parvint à tromper la vigilance de ses gardes.

  3. Tromper les regards, échapper aux regards.

  4. TROMPER signifie spécialement Trahir, être infidèle à son mari, à sa femme, à son amant, etc. Cette femme trompe son mari. Il la trompe indignement.

  5. Il se dit figurément des Choses qui donnent lieu à quelque erreur, à quelque méprise. L’horloge nous a trompés. Sa maladie a trompé tous les médecins. Cet homme a une mine qui trompe. Nos sens nous trompent souvent. Mes yeux ne m’ont point trompé.

  6. Fam., C’est ce qui vous trompe, à cet égard vous êtes dans l’erreur.

  7. TROMPER signifie aussi, figurément, Décevoir, faire ou dire quelque chose de contraire à l’attente de quelqu’un, soit en bien, soit en mal. Il a trompé nos espérances, trompé notre attente. Il a trompé ma confiance. On attendait beaucoup de lui, il a trompé tout le monde. Je n’attendais rien de bon de cette affaire, j’ai été agréablement trompé. Il fut trompé dans son espoir.

  8. Tromper son ennui, ses ennuis, ses peines, Se distraire de ses ennuis, du sujet de ses peines.

  9. Tromper le temps, S’amuser, s’occuper à quelque chose, afin de ne pas trouver le temps long.

  10. TROMPER se dit des Choses dans un sens analogue. L’événement a trompé leurs calculs, leurs conjectures.

  11. SE TROMPER signifie Commettre une erreur, s’abuser. Vous vous trompez, cela n’est pas ainsi. Il se trompe dans son calcul. Il s’est trompé deux fois en récitant. Cet auteur s’est trompé. Je puis me tromper. Plus fin que moi s’y tromperait. Ne vous y trompez pas. Il se trompe lourdement. Il s’est trompé à son désavantage, à son détriment. Vous vous trompez du tout au tout.

  12. à se tromper, à s’y tromper, Au point qu’on y peut être trompé. Il lui ressemble à s’y tromper.

  13. Se tromper de robe, se tromper d’heure, etc., Prendre une route, prendre une heure pour une autre, etc.

  14. Fig. et par ironie, C’est un homme qui ne se trompe qu’à son avantage, qu’à son profit, C’est un homme qui ne s’abuse que dans les choses où l’erreur peut tourner à son avantage.

  15. Si je ne me trompe, Locution employée en forme de correctif, quand on n’est pas parfaitement certain d’un fait, ou quand on veut éviter le ton d’assurance et de présomption en donnant son avis. On dit aussi : Je me trompe fort ou telle chose est ainsi.

  16. Le participe passé TROMPÉ s’emploie adjectivement. Un mari trompé, Un mari trahi par sa femme.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée tromper#62527.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.