trainer
nom, masculin
Grammaire et formes (2)
- trainers — pluriel
- trainer — singulier
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée trainer#172600.
nom, masculin
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée trainer#172600.
verbe, /tʁɛne/
Déplacer une chose en la tirant derrière soi sans la soulever.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Avancer trop lentement, s'attarder ou prendre du retard.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Rester posé quelque part en désordre ou à l'abandon.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Se prolonger au-delà du temps normal sans parvenir à son terme.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Voir aussi : donne se traîner · variante trainer
Frise des témoins : Littré 1873 (28 sens) — Académie 1935 (22 sens)
v. a.
Tirer après soi. Traîner quelqu'un dans la boue, le jeter dans la boue et le traîner. Fig. Traîner dans la boue, attaquer gravement la réputation de quelqu'un par des paroles ou par des écrits.
Ose-t-elle traîner Théodore à la mort ? — Pierre Corneille (1606-1684)
Car comment sauver l'œuf ? le bien empaqueter ; Puis des pieds de devant ensemble le porter, Ou le rouler, ou le traîner, C'était chose impossible — La Fontaine (1621-1695)
Traîner la jambe, marcher en tirant une des jambes après l'autre, parce que cette jambe est faible ou blessée. On dit dans le même sens : Ce cheval traîne la jambe. Traîner les hanches, se dit du cheval dont l'allure est mal assurée, ou qui galope faux et se désunit. Traîner les pieds, marcher de manière que les pieds ne quittent pas le sol, ce qui est un signe de grande faiblesse, et se voit chez quelques vieillards. Cet oiseau traîne l'aile, il a les ailes pendantes, ce qui marque qu'il est blessé ou malade.
Rouler avec soi, en parlant d'une rivière, d'un serpent. La rivière traîne bien des immondices, bien du sable.
Comme un torrent fougueux qui, du haut des montagnes Précipitant ses eaux, traîne dans les campagnes Arbres, rochers, troupeaux par son cours emportés — Jean-Baptiste Rousseau (1671-1741)
Ni les vastes serpents ne traînent sur tes plantes En longs cercles hideux leurs écailles sonnantes — André Chénier (1762-1794)
Forcer d'aller.
Il [Vitikind] trouve, dans Brême, capitale du pays qui porte ce nom, un évêque, une église et ses Saxons désespérés, qu'on traîne à des autels nouveaux — Voltaire (1694-1778)
Amener avec soi soit des personnes, soit des choses. Fig. Traîner quelqu'un partout, le mener partout où l'on va. Il traîne sa partie dans tous les tribunaux, se dit d'un plaideur qui traduit sa partie adverse de tribunal en tribunal. Fig. Traîner les cœurs après soi, gagner l'affection, l'admiration générale.
Mlle Gaudri vient de me dire que le czar traîne avec lui une fille, au grand scandale de Versailles, de Trianon et de Marly — Mme de Maintenon (1635-1719)
Elle a pour premier point.... Exigé qu'un époux ne la contraigne point à traîner après elle un pompeux équipage — Boileau (1636-1711)
Faire aller, avec un nom de chose pour sujet.
Que feriez-vous, hélas ! si quelque exploit nouveau Chaque jour, comme moi, vous traînait au barreau ? — Boileau (1636-1711)
Daigne, ô divin Sauveur, que notre voix implore, Prendre pitié des fragiles mortels, Et vois comme du lit, sans attendre l'aurore, Le repentir nous traîne à tes autels — Jean Racine (1639-1699)
Fig. Être accompagné de.
Le prince Antiochus, devenu nouveau roi, Sembla de tous côtés traîner l'heur avec soi — Pierre Corneille (1606-1684)
Et traînant avec soi les horreurs de la guerre — Boileau (1636-1711)
Fig. Porter sans honneur.
Il serait désagréable de les voir traîner leur nom, et prendre des partis peu convenables à leur naissance — Massillon (1663-1742)
Fig Avoir pour conséquence, avec un nom de chose pour sujet. Cette action a traîné après elle une longue suite de malheurs, elle a été suivie de beaucoup de malheurs dont elle a été l'origine.
Don Juan, l'endurcissement au péché traîne une mort funeste — Molière (1622-1673)
Tous les maux que la licence ne manque pas de traîner après soi — Bourdaloue (1632-1704)
Fig. Il se dit du temps, de la vie que l'on passe péniblement. Absolument.
Adieu, je vais traîner une mourante vie — Pierre Corneille (1606-1684)
Moi me taire ? moi malheureuse ! Ah ! j'ai perdu mon fils ! il me faudra traîner Une vieillesse douloureuse — La Fontaine (1621-1695)
Il se dit des paroles, du ton, où il y a lenteur, de la voix qui s'allonge. Traîner ses paroles. Par extension et poétiquement.
En vain pour gagner temps, dans ses transes affreuses, [un orateur] Traîne d'un dernier mot les syllabes honteuses — Boileau (1636-1711)
Tantôt l'affreux hibou, seul au sommet des toits, Traîne en accents plaintifs son effrayante voix — Jacques Delille (1738-1813)
Terme de construction. Traîner se dit particulièrement d'un moyen qu'on emploie pour exécuter, dans les bâtiments, les corniches de plâtre, en promenant le calibre ou profil sur le plâtre encore mou. Traîner une corniche, une moulure. On dit aussi pousser.
Traîner quelqu'un, différer à terminer l'affaire qu'on a avec lui. Il y a six mois que ce rapporteur me traîne pour le jugement de mon procès. Traîner quelque chose, en différer la conclusion. On dit dans le même sens : traîner en longueur.
Je ne sais demain si on jugera, ou si l'on traînera l'affaire toute la semaine — Mme de Sévigné (1626-1696)
Un tribun, corrompu à force de présents, traîna l'assemblée en longueur, et enfin la dissipa — Rollin (1661-1741)
V. n. Aller en traînant.
Elle [la perdrix] fait la blessée, et va traînant de l'aile — La Fontaine (1621-1695)
Pendre jusqu'à terre. Pendre en désordre. Fig.
Thamar était vêtue d'une robe qui traînait en bas, les filles des rois qui étaient encore vierges ayant accoutumé de s'habiller de la sorte — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
On voit à l'horizon sa lueur [du crépuscule] incertaine, Comme les bords flottants d'une robe qui traîne... — Lamartine (1790-1869)
Il se dit des choses non rangées qui ne sont pas à la place où elles devraient être. Chez lui tout est en désordre, tout traîne. Laisser traîner, ne pas prendre soin, ne pas ranger. Fig. Cela traîne dans tous les livres, traîne partout, se dit, par mépris, d'une pensée commune, vulgaire, etc. On dit dans le même sens : traîner les rues (c'est-à-dire traîner par les rues).
Il faut que la première [lettre] du 27 février ait traîné dans quelque bureau, ce qui arrive quelquefois — Voltaire (1694-1778)
On m'a mandé que la détestable copie sur laquelle le détestable Valade avait fait sa détestable édition [des Lois de Minos], venait d'une autre copie qui avait traîné dans l'antichambre de Mme du Barri — Voltaire (1694-1778)
Languir sans pouvoir se rétablir.
Je me sens pesant et lourd, j'ai une fainéantise dans les membres, je bâille sans sujet.... tout me déplaît : je ne vis pas, je traîne — Marivaux (1688-1763)
Votre tante, ajouta-t-il en s'en allant, ne peut pas traîner plus de deux ans — Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
Être l'objet de lenteurs, en parlant d'une chose. Cette affaire traîne. On dit dans le même sens : traîner en longueur. Mettre du retard, en parlant d'une personne.
L'affaire traîna en longueur et en aigreur, comme toutes les affaires de parti — Voltaire (1694-1778)
J'attends mon fils, il s'en va à l'armée, il n'était pas possible qu'il fît autrement ; je voudrais même qu'il ne traînât point, et qu'il eût tout le mérite d'une si honnête résolution — Mme de Sévigné (1626-1696)
Être froid, languissant, en parlant d'une œuvre littéraire. Ce discours, cet acte traîne.
Rester en arrière. Les blessés traînent loin du corps de l'armée. Impersonnellement. Il se dit aussi des bâtiments d'une flotte, d'un convoi qui, marchant mal ou manoeuvrant mal, restent en arrière. Se dit également des chiens de meute qui ne suivent pas le gros de la meute.
Sébastiani insista comme les autres sur l'état de l'armée : Il est affreux, repartit l'empereur, je le sais ; dès Vilna, il en traînait la moitié, aujourd'hui ce sont les deux tiers.... — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)
Étymologie : Train ; provenc. trainar ; espagn. traginar ; ital. trainare.
Historique : XIIe s. Tant destrier vont lor resne traïnée De ci à un haut tertre l'en ont fait trahiner XIIIe s. Tout parmi la grant rue [ils] le firent traïner XIVe s. Et d'un autre aussi que son fils trahinet, le pere li dist, quant il fu tiahiné ou trait si que à l'uis : lesse, dit-il, seuffre toi, car si ques ici [jusqu'ici] trahiné ge mon pere Celui qui trahine son vestement, pource que il ne ait labeur et peine ou tristece à le sourlever XVIe s. Et si d'un pas difficile Hors du triste domicile Je me trayne par les champs L'ame ne faict que traisner et languir Il les traisnera, si elles ne veulent suy…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
v. tr.
Tirer après soi. Les chevaux qui traînent une voiture, un bateau. Traîner une chaise, une table. Traîner un homme en prison. Les vaincus traînaient le char du vainqueur.
En termes de Maçonnerie, Traîner une corniche, une moulure, La façonner, l’exécuter au moyen d’un calibre qu’on traîne sur le plâtre frais.
TRAÎNER signifie encore Amener avec soi quelqu’un ou quelque chose qui embarrasse, qui gêne. Traîner après soi une longue suite de quémandeurs.
Il traîne sa partie dans tous les tribunaux se dit d’un Plaideur qui traduit sa partie adverse de tribunal en tribunal.
Fig., Traîner quelqu’un dans la boue, Proférer ou écrire contre lui des injures graves, des imputations diffamantes.
Fig., Cette action a traîné après elle une longue suite de malheurs, Elle a été suivie de beaucoup de malheurs, dont elle a été la source.
TRAÎNER signifie aussi Tirer, mener avec soi péniblement. Cet homme traîne la jambe. Votre cheval traîne la jambe.
Traîner les pieds, Marcher sans lever les pieds de terre.
Cet oiseau traîne l’aile, Ses ailes pendent, ce qui indique qu’il est blessé ou malade.
Fig., Traîner une vie languissante et malheureuse, être accablé de chagrins ou d’infirmités.
TRAÎNER signifie figurément Allonger, prolonger, différer, en parlant de Quelqu’un qui ne veut pas finir, qui ne veut pas terminer une affaire dont il est le maître. Il y a six mois que ce rapporteur me traîne pour le jugement de mon procès. L’homme à qui vous avez affaire vous traînera et ne finira point. Il m’a traîné longtemps avant de me payer.
Traîner sa voix, Parler lentement, en prolongeant les sons.
TRAÎNER s’emploie aussi comme verbe intransitif et signifie Pendre jusqu’à terre. Un manteau, une robe qui traîne.
Il se dit, par extension, en parlant de Certaines choses qu’on laisse exposées où elles ne devraient pas être, au lieu de les mettre à leur place. Vous laissez traîner vos clefs, votre argent sur une table. Ces papiers ont traîné longtemps dans mon cabinet. Ce domestique laisse tout traîner.
Fig., Cela traîne dans tous les livres, cela traîne partout se dit par mépris d’une Pensée, d’une expression, d’un fait, d’une situation, etc., qu’on rencontre dans un livre et qu’on a déjà trouvée dans beaucoup d’autres.
TRAÎNER signifie aussi Marcher trop lentement, se prolonger. Il traîne toujours en chemin. Cette affaire traîne. La guerre traîne en longueur. Dans cette pièce l’action traîne.
Ce discours traîne, Il est froid, languissant.
TRAÎNER signifie aussi Rester en arrière. Des soldats qui traînent. Dans toute sa meute, il n’y a pas un chien qui traîne.
Il se dit figurément d’une Personne qui est dans un état de langueur sans pouvoir se rétablir. Il y a longtemps qu’il traîne. Il ne fait que traîner.
SE TRAÎNER signifie Se glisser en rampant. Ce soldat se traîna à travers les broussailles pour se glisser jusqu’aux lignes ennemies. Cet enfant est sans cesse à se traîner par terre.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée traîner#62153.
verbe
Voir aussi : variante de traîner
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée trainer#100425.
Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.