sentir
verbe · /sɑ̃tiʁ/
Usage : très fréquent (627 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Percevoir une odeur au moyen de l'odorat.
Je sens le parfum du jasmin depuis le jardin.
Éprouver une sensation physique ou un état affectif.
Il sent la fatigue lui peser sur les épaules.
Synonymes : éprouver, ressentir.
« Il sent soudain frapper et son cœur et ses yeux Par l'objet le plus agréable.... »Charles Perrault (1628-1703)
Dégager une odeur particulière, qu'elle soit agréable ou désagréable.
Cette pièce sent le renfermé.
Pressentir quelque chose, en avoir l'intuition avant toute certitude.
Elle sentait qu'on lui cachait quelque chose.
Synonyme : pressentir.
« Le chevalier sentait le dénoûment de l'aventure »Antoine Hamilton (1646-1720)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : ne pas pouvoir sentir quelqu'un · se sentir renaître · se sentir tout drôle · sentir le brûlé · sentir le sapin
Grammaire et formes (51)
- sentirions : conditionnel présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /sɑ̃tiʁjɔ̃/
- sentirais : conditionnel présent 1ʳᵉ pers. singulier · /sɑ̃tiʁɛ/
- sentiriez : conditionnel présent 2ᵉ pers. pluriel · /sɑ̃tiʁje/
- sentirais : conditionnel présent 2ᵉ pers. singulier · /sɑ̃tiʁɛ/
- sentiraient : conditionnel présent 3ᵉ pers. pluriel · /sɑ̃tiʁɛ/
- sentirait : conditionnel présent 3ᵉ pers. singulier · /sɑ̃tiʁɛ/
- sentons : impératif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /sɑ̃tɔ̃/
- sentez : impératif présent 2ᵉ pers. pluriel · /sɑ̃te/
- sens : impératif présent 2ᵉ pers. singulier · /sɑ̃/
- sentirons : indicatif futur 1ʳᵉ pers. pluriel · /sɑ̃tiʁɔ̃/
- sentirai : indicatif futur 1ʳᵉ pers. singulier · /sɑ̃tiʁe/
- sentirez : indicatif futur 2ᵉ pers. pluriel · /sɑ̃tiʁe/
- sentiras : indicatif futur 2ᵉ pers. singulier · /sɑ̃tiʁa/
- sentiront : indicatif futur 3ᵉ pers. pluriel · /sɑ̃tiʁɔ̃/
- sentira : indicatif futur 3ᵉ pers. singulier · /sɑ̃tiʁa/
- sentions : indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel · /sɑ̃tjɔ̃/
- sentais : indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier · /sɑ̃tɛ/
- sentiez : indicatif imparfait 2ᵉ pers. pluriel · /sɑ̃tje/
- sentais : indicatif imparfait 2ᵉ pers. singulier · /sɑ̃tɛ/
- sentaient : indicatif imparfait 3ᵉ pers. pluriel · /sɑ̃tɛ/
- sentait : indicatif imparfait 3ᵉ pers. singulier · /sɑ̃tɛ/
- sentîmes : indicatif passé 1ʳᵉ pers. pluriel · /sɑ̃timə/
- sentis : indicatif passé 1ʳᵉ pers. singulier · /sɑ̃ti/
- sentîtes : indicatif passé 2ᵉ pers. pluriel · /sɑ̃titə/
- sentis : indicatif passé 2ᵉ pers. singulier · /sɑ̃ti/
- sentirent : indicatif passé 3ᵉ pers. pluriel · /sɑ̃tiʁə/
- sentit : indicatif passé 3ᵉ pers. singulier · /sɑ̃ti/
- sentons : indicatif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /sɑ̃tɔ̃/
- sens : indicatif présent 1ʳᵉ pers. singulier · /sɑ̃/
- sentez : indicatif présent 2ᵉ pers. pluriel · /sɑ̃te/
- sens : indicatif présent 2ᵉ pers. singulier · /sɑ̃/
- sentent : indicatif présent 3ᵉ pers. pluriel · /sɑ̃tə/
- sent : indicatif présent 3ᵉ pers. singulier · /s/
- sentir : infinitif · /sɑ̃tiʁ/
- senties : participe passé pluriel féminin · /sɑ̃ti/
- sentis : participe passé pluriel masculin · /sɑ̃ti/
- sentie : participe passé singulier féminin · /sɑ̃ti/
- senti : participe passé singulier masculin · /sɑ̃ti/
- sentant : participe présent · /sɑ̃tɑ̃/
- sentissions : subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel · /sɑ̃tisjɔ̃/
- sentisse : subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier · /sɑ̃tisə/
- sentissiez : subjonctif imparfait 2ᵉ pers. pluriel · /sɑ̃tisje/
- sentisses : subjonctif imparfait 2ᵉ pers. singulier · /sɑ̃tisə/
- sentissent : subjonctif imparfait 3ᵉ pers. pluriel · /sɑ̃tisə/
- sentît : subjonctif imparfait 3ᵉ pers. singulier · /sɑ̃ti/
- sentions : subjonctif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /sɑ̃tjɔ̃/
- sente : subjonctif présent 1ʳᵉ pers. singulier · /sɑ̃tə/
- sentiez : subjonctif présent 2ᵉ pers. pluriel · /sɑ̃tje/
- sentes : subjonctif présent 2ᵉ pers. singulier · /sɑ̃tə/
- sentent : subjonctif présent 3ᵉ pers. pluriel · /sɑ̃tə/
- sente : subjonctif présent 3ᵉ pers. singulier · /sɑ̃tə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 18 sens
v. a.
Recevoir une impression qui vient soit par l'extérieur du corps et par les sens, soit par l'intérieur et les parties profondes. Sentez-vous le goût de vinaigre dans cette sauce ? Sentir une grande douleur de tête. Sentir la faim, la soif. Fig. Absolument. S. m. L'action de sentir. Terme de manége. Sentir son cheval, se rendre raison de tous ses mouvements et savoir en profiter. Sentir son cheval dans la main, le tenir de la main et des jarrets de manière qu'on en soit le maître. Sentir ne se dit point des simples perceptions de la vue et de l'ouïe. Cependant Corneille l'a employé au sens d'entendre, mais c'est un archaïsme.
Nous ne sentons ni l'extrême chaud, ni l'extrême froidPascal (1623-1662)
Elle n'a point encore senti son enfant ; elle sera bientôt à quatre mois et demiMme de Maintenon (1635-1719)
Particulièrement, percevoir par l'odorat. Sentir une odeur. Fig. Sentir de loin quelqu'un, reconnaître quel il est. Sentir quelqu'un de loin, signifie pénétrer à l'avance ses intentions. On dit de même : Je le sentis venir de loin. Fig. Sentir de loin, découvrir, prévoir les choses de loin. Flairer. Sentir une rose. Fig. et familièrement. Je ne puis sentir cet homme-là, j'ai pour lui beaucoup d'aversion.
Que sens-tu ? dis-le moi : parle sans déguiserLa Fontaine (1621-1695)
Il me sentait venir de cent pas à la rondeLa Fontaine (1621-1695)
Il se dit des différentes affections que l'âme éprouve. Absolument. Sentir quelque chose pour quelqu'un, être disposé à l'aimer, ou l'aimer déjà.
Je sentais tendrement ce déplaisir d'être haïe de Dieu, et je le sentais même, comme je crois, entièrement détaché des autres peines de l'enferBossuet (1627-1704)
Sentiez-vous, dites-moi, ces violents transports Qui d'un esprit divin font mouvoir les ressorts ?Boileau (1636-1711)
Il se dit des impressions que l'âme reçoit de ce qui agit sur elle. Il ne sent point les affronts. Il sent vivement les services qu'il a reçus. Vous ne sentez pas votre bonheur. Il y a des choses qu'il ne faut que sentir. Sentir de, avec un infinitif, éprouver un regret, une peine de.
On n'a tous deux qu'un cœur qui sent mêmes traversesPierre Corneille (1606-1684)
C'est dommage de la perte de cet enfant [un enfant né à huit mois] ; je la sens, et j'ai besoin de vos réflexions chrétiennes pour m'en consolerMme de Sévigné (1626-1696)
Avoir l'appréciation délicate et instinctive de ce qui est beau dans une œuvre, dans une personne, dans un auteur ou un artiste. Sentir la musique.
Quand je ne vous nomme point Pauline [fille de Mme de Grignan], c'est une faute ; car elle est toujours vive sur votre sujet, et sent votre esprit et vos lettres d'une manière qui fait son élogeMme de Sévigné (1626-1696)
Ou il est présenté à une troupe d'ignorants qui ne sont pas en état de le sentir, ou il est senti par quelques envieux qui se taisentDiderot (1713-1784)
S'apercevoir, connaître. Vous sentez que, il vous est apparent, vous reconnaissez que. On dit de même : On sent que.
Alexandre dit qu'on le faisait fils de Jupiter, mais qu'il sentait bien qu'il était fait comme les autresVaugelas (1585-1650)
Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos, sans passion.... il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance, sa dépendance, son impuissance, son videPascal (1623-1662)
Éprouver.
Tout notre sang doit-il sentir votre colère ?Jean Racine (1639-1699)
Plus d'un monstre farouche Avait de votre bras senti la pesanteurJean Racine (1639-1699)
Se sentir quelque chose, sentir en soi quelque chose. Je me suis senti des forces que je ne me connaissais pas.
Il n'est rien qui puisse arrêter l'impétuosité de mes désirs ; je me sens un cœur à aimer toute la terreMolière (1622-1673)
Si jamais votre cœur affligé se sent besoin de ressources qu'il ne trouvera pas en lui-mêmeJean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Faire sentir, faire connaître, faire comprendre. Faire éprouver. Marquer dans le discours, accentuer. Il fallait faire sentir cela davantage. Se faire sentir, imprimer sa marque.
Les rois [d'Angleterre] ont trop fait sentir aux peuples que l'ancienne religion se pouvait changerBossuet (1627-1704)
Les bontés que vous m'avez fait sentir me donnent le droit de me servir d'un nom si tendreFénelon (1651-1715)
Exhaler, répandre une odeur. Cela sent la fleur d'orange. Fig. Cet ouvrage sent l'huile, sent la lampe, il paraît avoir coûté beaucoup de veilles, beaucoup de travail à son auteur. Fig. Cette chanson sent le corps de garde, elle est libre ou grossière. Fig. Cette action sent le gibet, la roue, la hart, les coups de bâton, celui qui l'a commise mérite d'être pendu, roué, bâtonné. Fig. Sentir le fagot, voy. FAGOT. Fig. Sentir le sapin, voy. SAPIN. Sentir la Brinvilliers, avoir l'air aussi malade que si on avait été empoisonné par la Brinvilliers (phrase de Mme de Sévigné au moment où l'on s'entretenait des crimes de cette célèbre empoisonneuse, et qui est oubliée avec cet événement). Il s'emploie souvent comme neutre. Cela sent bon, sent mauvais. Sentir comme baume, avoir une très agréable odeur. Fig. Absolument. Sentir se dit pour sentir mauvais. Cette viande commence à sentir. Impersonnellement. Il sent bon dans cette chambre. Il sent le brûlé dans la cuisine. Il sent mauvais. Fig. et impersonnellement. Fig. et familièrement. Cela ne sent pas bon, l'affaire prend une mauvaise tournure, elle peut avoir des suites fâcheuses.
J'aime nos Bretons, ils sentent un peu le vin ; mais votre fleur d'orange ne cache pas de si bons cœursMme de Sévigné (1626-1696)
Vespasien.... ôtant le brevet d'une charge à un jeune homme qui était venu tout parfumé pour l'en remercier, et ajoutant : j'aimerais mieux que vous sentissiez l'ailRollin (1661-1741)
Avoir telle ou telle saveur. Cette soupe ne sent rien. Ce vin sent le fût, sent le terroir, sent un goût. Ce cidre sent le pourri. Fig. et familièrement. Sentir le terroir, se dit d'un homme qui a les défauts des gens de son pays, ou d'un ouvrage dans lequel se trouvent des défauts qui tiennent à des habitudes de localité. Fig. Avoir les qualités, l'air, l'apparence de, indiquer, dénoter. Cet homme, ce valet sent le vieux battu, sent son vieux battu, locution vieillie qui signifie : il est devenu insolent, négligent, parce qu'il y a longtemps qu'il n'a été châtié. Sentir son bien, avoir de bonnes manières, être de bon ton (locution vieillie, qu'en 1690 Caillières déclarait du dernier bourgeois).
Ragotin, chien picard et sentant le terroirHoudar de La Motte (1672-1731)
Cela sentirait trop sa fin de comédiePierre Corneille (1606-1684)
Terme de marine. Sentir le fond, se dit d'un bâtiment qui est mouillé sur un fond presque égal à son tirant d'eau. Un navire sent bien sa barre [du gouvernail], lorsqu'il obéit vivement à ses mouvements.
Se sentir, v. réfl. Être senti, faire éprouver une sensation.
Les marbres et les métaux se sentent plus froids que le boisDescartes (1596-1650)
Être l'objet d'un sentiment.
Les principes se sentent, les propositions se concluent, et le tout avec certitude, quoique par différentes voiesPascal (1623-1662)
Connaître, apercevoir en quel état, en quelle disposition l'on est. Il ne se sentit pas mourir. Je ne me sens pas bien, je ne me sens pas à mon aise, j'éprouve quelque indisposition. Absolument. Se sentir, se bien sentir, avoir conscience des forces qu'on a, du mérite qu'on possède, de ce qu'on est en droit d'exiger. Se sentir, ressentir les premières impressions de la puberté.
Il n'est pas étrange que les hommes ne se connaissent pas ; il y a des temps mêmes où l'on peut dire qu'ils ne se sentent pointCardinal de Retz (1613-1679)
Ô paroles qu'on voyait sortir de l'abondance d'un cœur qui se sent au-dessus de tout !Bossuet (1627-1704)
Ne pas se sentir, être hors de soi par colère, joie, etc.
À ces mots le corbeau ne se sent pas de joieLa Fontaine (1621-1695)
Je suis dans une colère que je ne me sens pasMolière (1622-1673)
Se sentir, suivi d'un verbe actif qui prend le sens passif. Se sentir, se dit aussi avec le participe passif : se sentir ému. Mais cela rentre alors dans le cas du n° 16.
Par d'inquiétants transports me sentant émouvoirPierre Corneille (1606-1684)
Ah ! je me sens saisir d'horreurPhilippe Quinault (1635-1688)
Se sentir de, éprouver, ressentir. Il commence à se sentir de la goutte, des incommodités de la vieillesse. Éprouver quelque mal, quelque dommage. Il se sentira longtemps de cette blessure. Il se sent de s'être exposé au froid, à l'humidité. En un sens contraire, recevoir quelque bien, quelque avantage. Porter la marque de, la trace de. La caque sent toujours le hareng, voy. CAQUE.
Je suis ravie que vous vous sentiez aussi quelquefois de la faiblesse humaineMme de Sévigné (1626-1696)
Comme nous eûmes part à vos prospérités, Il nous faut bien sentir de vos adversitésJean Mairet (1604-1686)
Étymologie : Provenç. et espagn. sentir ; ital. sentire ; du lat. sentire ; comparez l'allem. sinnen. Le participe senti se conforme à la 4e conjugaison, tandis qu'en latin il perd ce caractère (sensus).
Historique : XIe s. Oliviers sent que à mort est ferut XIIe s. Or est amors tornée à fable, Por ce que cil qui rien n'en santent, Dient qu'il aiment, mais il mantent ; Et cil fable et mançonge en font, Qui s'an vantent et droit n'i ont [La prison] Qu'ele me fait assaier et sentir XIIIe s. Adonc m'est vis que jel sente [le vent] Par desous mon mantau gris Tel chose [le comte Thibaut] a faite en sa vie, Dont [il] deüst estre apelés [en champ clos] ; Il ne se deffendist mie, Car il se sent encoupé [inculpé, criminel] Cil qui chantent de flor ne de verdure, Ne sentent pas la douleur que je sent Berte pleure du…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 27 sens
v. tr.
Recevoir quelque impression par le moyen des sens; éprouver en soi quelque chose d’agréable ou de pénible. Sentir le chaud, le froid. L’approche de l’hiver commence à se faire sentir. Sentir une chaleur douce. Sentez-vous dans cette sauce le goût de champignon? Je sentais battre mon coeur. Sentir la faim, la soif. Sentir une grande douleur de tête. Sentir une pesanteur dans le bras. Sentir des inquiétudes dans les jambes. Absolument, La faculté de sentir.
Il se dit spécialement des Sensations l’odorat. Sentir une odeur. J’ai senti une odeur de brûlé. Ce parfum est agréable à sentir. Il est enrhumé, il ne sent rien.
SENTIR se dit également en parlant des Différentes impressions que l’âme éprouve. Il a senti une grande joie de la nouvelle qu’il reçue. Il a senti un extrême chagrin du passe- droit qu’on lui a fait. Il sentait du plaisir à se sacrifier pour elle. Je sens pour lui une aversion insurmontable. Je sens le besoin d’être utile aux autres. Il n’a jamais senti aucun remords.
Il signifie encore être ému, touché, affecté de quelque chose d’extérieur. Il ne sent point les affronts. Il ne sent pas la perte qu’il a faite. Je sens toute l’horreur de votre situation.
Sentir la poésie, la musique, etc., En être ému, touché.
Sentir quelque chose pour quelqu’un, L’aimer, être disposé à l’aimer. Je ne sens rien pour elle. Ce que je sens pour lui ne saurait s’exprimer.
SENTIR signifie aussi Discerner, connaître directement, par intuition. Je sens bien qu’on me trompe. Je ne me sentais pas la force de lui en dire davantage. Il sent tous ses torts. Je sens la difficulté de cette entreprise. Je sens tout le prix de ce que vous faites pour moi. Je me sens assez de courage pour l’attaquer. Je sentis renaître ma colère. Il sentira, je lui ferai sentir ma colère, les effets de ma colère, de mon ressentiment, etc.
Je le sentis venir de loin, Je connus, je pénétrai où il en voulait venir.
Sentir de loin, Découvrir, prévoir les choses de loin.
SENTIR signifie aussi Flairer. Sentir un rose. Sentir une tubéreuse.
Fig. et fam., Je ne puis pas sentir cet homme. là, J’ai pour lui beaucoup de répugnance, d’aversion.
SENTIR signifie aussi Exhaler, répandre une certaine odeur. Cela sent le brûlé. Cela sent la fleur d’oranger. Sentir le renfermé.
Fig. et fam., Cet ouvrage sent l’huile, Il paraît avoir coûté beaucoup de veilles, beaucoup de travail à son auteur.
Fig. et fam., Cet homme sent le fagot, Il est soupçonné d’hérésie, d’impiété. On dit dans un sens analogue : Cet écrit, ces vers sentent le fagot.
Fig. et fam., Cela sent le sapin se dit d’un Symptôme qui semble présager la mort. Il a une mauvaise toux, cela sent le sapin.
Prov. et fig., La caque sent toujours le hareng se dit en parlant de Ceux qui, par quelque action ou par quelque parole, font voir qu’il reste en eux quelque chose de la bassesse de leur origine, de la vulgarité du milieu où ils se sont formés. Ce parvenu joue l’homme de qualité, mais la caque sent toujours le hareng.
SENTIR s’emploie dans cette acception avec les mots Bon, mauvais, fort, etc. Cela sent bon. Cette chose sent mauvais. Ce poisson sent fort.
Fig. et fam., Cela ne sent pas bon se dit d’une Affaire qui prend une mauvaise tournure, qui peut avoir des suites fâcheuses.
SENTIR s’emploie absolument et signifie Sentir mauvais. Cette viande commence à sentir.
SENTIR se dit, dans un sens analogue, du Goût, de la saveur d’un aliment ou d’une boisson. Cette soupe ne sent rien. Cette eau sent la terre. Cette carpe sent la vase. Ce vin sent la framboise, sent le fût, sent le terroir. Ce cidre sent le moisi.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée sentir#56795.