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ressentiment

ressentiment

nom, masculin · /ʁəsɑ̃timɑ̃/

Usage : d'usage courant (3.42 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Sentiment durable d'amertume et de rancune conservé à l'égard de quelqu'un qui a causé du tort.

    Il gardait un profond ressentiment envers son ancien associé.

    Synonymes : rancune, rancœur.

    « Elle a toujours sacrifié ses ressentiments, et n'a jamais voulu nuire, non pas même à ceux qu'elle pouvait croire ses ennemis, ou, pour mieux dire, ses envieux »Fléchier (1632-1710)

    « Il [Phalante] conservait un ressentiment de tout ce qui s'était passé entre Télémaque et Hippias »Fénelon (1651-1715)

Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (2)
  • ressentiments : pluriel · /ʁəsɑ̃timɑ̃/
  • ressentiment : singulier · /ʁəsɑ̃timɑ̃/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 3 sens

s. m.

  1. Action de ressentir.

    Ils [les hommes] ont un instinct secret qui les porte à chercher le divertissement et l'occupation au dehors, qui vient du ressentiment de leurs misères continuellesPascal (1623-1662)

  2. Particulièrement. Faible renouvellement d'un mal, d'une douleur. Il se dit, dans un sens analogue, de souffrances morales.

    Je vous ai dit la vérité quand je vous ai assurée que je n'avais eu aucun ressentiment de néphrétiqueMme de Sévigné (1626-1696)

    Ces ressentiments de folie sont sans conséquenceVauvenargues (1715-1747)

  3. Souvenir d'une action morale dont nous avons été l'objet. Autrefois, sentiment de reconnaissance, souvenir reconnaissant (ce sens a vieilli, mais, bien placé, il pourrait encore être employé). Aujourd'hui, souvenir d'une injure avec désir de s'en venger.

    Dieux, garants de la foi que Jason m'a donnée.... S'il me peut aujourd'hui chasser impunément, Vous êtes sans pouvoir ou sans ressentimentPierre Corneille (1606-1684)

    Un acte par lequel je pusse témoigner à tout le monde et la grâce que vous m'avez faite, et le ressentiment avec lequel je l'ai reçueVoiture (1597-1648)

Étymologie : Voy. RESSENTIR.

Historique : XVIe s. [Gallion s'amusait en exil] ils le rappelerent pour accommoder leur punition à son ressentiment Ce ressentiment bien vif qui est naturellement en moi [de la poésie] Offenser un homme sans sentiment [mort] plus tost que d'encourir le hazard de son ressentiment

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 2 sens

n. m.

  1. Faible atteinte, faible renouvellement d’un mal qu’on a eu, d’une douleur qu’on a ressentie. Il n’est pas encore délivré de sa fièvre, il en a quelques ressentiments. Il vient d’avoir encore un léger ressentiment de sa goutte. Il vieillit en ce sens.

  2. Il désigne figurément le Souvenir qu’on garde des injures, avec désir de s’en venger. Il conserve un vif ressentiment de l’offense qu’il a reçue. Son ressentiment éclatera quelque jour. En le voyant, il ne put cacher, dissimuler son ressentiment. Il a étouffé son ressentiment. Je vous sacrifie tous mes ressentiments. Modérez votre ressentiment.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée ressentiment#53280.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.