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repos

repos

nom, masculin · /ʁəpo/

Usage : fréquent (43 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Cessation d'activité ou de travail destinée à dissiper la fatigue.

    Le médecin lui a prescrit trois jours de repos.

    « Ma bonne fée, au seuil du pauvre barde, Oui, vous sonnez la retraite à propos ; Pour compagnon, bientôt, dans ma mansarde, J'aurai l'oubli, père et fils du repos »Béranger (1780-1857)

  2. Tranquillité de l'esprit, absence d'inquiétude ou d'agitation.

    Il n'aura pas de repos tant que l'affaire ne sera pas réglée.

    Synonymes : tranquillité, paix.

    « Il est impossible de désirer beaucoup de choses sans perdre le repos, qui vaut mieux que tout ce que l'on désire »Bourdaloue (1632-1704)

    « Il ne perdit rien par sa disgrâce.... et, ne pouvant servir le roi par ses actions et par ses discours, il le servit par son repos et par son silence »Fléchier (1632-1710)

  3. Physique. État d'un corps ou d'un mécanisme qui n'est pas en mouvement.

    Un objet au repos garde son état tant qu'aucune force n'agit.

    « Ces pennes dans leur repos s'étendent un peu au delà du milieu de la queue »Buffon (1707-1788)

    « La grande fabrique des tours de Notre-Dame [à Paris], malgré la multitude infinie des petits repos qui en divisent la hauteur et aident l'œil à les mesurer.... »Diderot (1713-1784)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : de tout repos · repos éternel

Grammaire et formes (1)
  • repos : forme de base · /ʁəpo/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 18 sens

s. m.

  1. Cessation de travail, d'occupation, et de ce genre de mouvement que donnent le travail, l'occupation (sens primitif d'un mot formé de pause). Le dimanche chez les chrétiens est le jour du repos. Elliptiquement, pour : reposez-vous, en termes de commandement militaire. Repos. En place repos. Fig.

    On cherche le repos en combattant quelques obstacles ; et, si on les a surmontés, le repos devient insupportablePascal (1623-1662)

    De ces deux instincts contraires [l'occupation au dehors et le désir du repos], il se forme en eux [hommes] un projet confus.... qui les porte à tendre au repos par l'agitation, et à se figurer toujours que la satisfaction qu'ils n'ont point leur arrivera, si, en surmontant quelques difficultés qu'ils envisagent, ils peuvent s'ouvrir par là la porte au reposPascal (1623-1662)

  2. Lieu propre à prendre du repos. On a distribué dans ce jardin différents repos. Terme d'architecture. Palier d'escalier qui interrompt la suite des marches, qui est souvent formé d'une marche plus large que les autres, et qui sert à se reposer ou à faciliter l'entrée des cabinets entre deux étages. Escalier sans repos.

    Les nombreux villages qui peuplent la vallée sont presque tous situés sur les pontes rapides de la montagne ou sur de petits repos de ces mêmes pentesHorace-Bénédict de Saussure (1740-1799)

    De temps en temps on trouvait des repos, c'est-à-dire de petites esplanades remplies d'herbages et de roncesMme de Genlis (1746-1830)

  3. Repos de la terre, jachère.

  4. Sommeil. Prendre son repos. Depuis l'assassinat de Duncan, Macbeth avait perdu le repos. Lit de repos, espèce de lit où l'on se repose, où l'on dort le jour. Dans le style soutenu, champ du repos se dit quelquefois pour cimetière. Fig. L'état des morts dans le tombeau. Troubler le repos des morts, violer leur sépulture. Fig. Troubler le repos des morts, insulter à leur mémoire. Le repos éternel, l'état où sont les âmes des bienheureux. On dit en ce sens : prier Dieu pour le repos des âmes des morts.

    J'aurai soin de ne pas troubler votre repos, Et de ne rien souffrir qui ne soit à proposMolière (1622-1673)

    Astre ami du repos, des songes, du silenceLamartine (1790-1869)

  5. Quiétude d'esprit, calme de l'âme. Mettre en repos sa conscience, en dissiper les scrupules. Mettre son âme en repos, se décharger de ses péchés par la confession. Être en repos, n'avoir point d'inquiétude. Être en repos de quelque objet, ne pas avoir d'inquiétude sur cet objet. Fig. Dormir en repos sur une affaire, n'en avoir aucune inquiétude. Se mettre en repos, se mettre l'esprit en repos, écarter toute inquiétude. Avoir l'esprit en repos, même sens. Se tenir en repos, même sens. Soyez en repos sur mes affaires, ne vous en mêlez pas. Laissez-moi en repos, cessez de me fatiguer de vos importunités. N'avoir point de repos, n'être pas tranquille jusqu'à ce que.

    Remettez-vous l'âme en repos, Quittez ces funestes proposMalherbe (1555-1628)

    Le repos d'esprit que donne à ceux qui sont innocents le témoignage de la conscienceMalherbe (1555-1628)

  6. Absence de troubles, de séditions, de guerres, de persécutions.

    Telle est la règle qu'il [Basnage] prétend donner à tous les États protestants : l'hérétique, dit-il, y est en reposBossuet (1627-1704)

    Il y avait quarante-cinq ans qu'ils [les Gaulois d'Italie] demeuraient en repos ; la jeunesse qui s'était élevée durant ce temps ne songeait plus aux pertes passées, et commençait à menacer RomeBossuet (1627-1704)

  7. Terme de banque. Valeur à couverture de tout repos, valeur pleinement garantie.

    Des signatures de toute sûreté, de tout repos, comme on dit, sont négociées à des taux inférieurs à l'escompte fixé par la banqueBÉHIC

  8. État d'un corps qui n'est pas en mouvement (sens qui provient, ce qui est rare, du passage d'une acception morale à une acception physique). Terme de physique. Persistance de toutes les parties qui composent un corps dans les mêmes rapports de situation relativement à certains objets qu'on regarde comme fixes. Repos absolu, état d'un corps qui reste dans la même partie de l'espace ; repos relatif, fixité d'un corps relativement à des corps mobiles qui l'environnent. Un homme est en repos dans un bateau ; mais, si le bateau marche, son repos n'est que relatif au bateau, puisqu'il se meut avec lui relativement au deux rives du fleuve. Les anciens, qui croyaient la terre immobile, concevaient le repos absolu ; pour nous ce repos absolu n'existe pas.

    Je crois devoir avertir que ce qui gâte le plus la physique de M. Descartes est ce faux principe, que le repos a de la force ; car de là il a tiré des règles du mouvement qui sont faussesMalebranche (1638-1715)

    Le repos est la privation du mouvement dans un corps considéré comme mobileDiderot (1713-1784)

  9. Immobilité, tranquillité. Se tenir en repos. Cet enfant ne saurait demeurer en repos. Inaction. Poétiquement. Le repos de la contredanse, l'intervalle entre les figures de la contredanse.

    Notre nature est dans le mouvement ; le repos entier est la mortPascal (1623-1662)

    Elle a tous les jours la fièvre, et le repos la guérit ; il lui faut donc du reposMme de Sévigné (1626-1696)

  10. Il se dit de l'immobilité de parties destinées à se mouvoir. État d'une arme à feu, lorsque le chien n'est ni abattu ni bandé. Mettre le chien d'une arme à feu dans son repos, au repos. Ce fusil est parti au repos. Gond à repos, celui dont le mamelon a une base saillante, propre à recevoir l'épaisseur de la penture.

    Ces pennes dans leur repos s'étendent un peu au delà du milieu de la queueBuffon (1707-1788)

  11. Terme de versification française. Césure placée dans les vers décasyllabes après la quatrième syllabe, et dans les vers alexandrins après la sixième. La pause qui doit être placée dans les stances de six ou de dix vers, savoir dans celles de six après le troisième vers, et dans celles de dix après le quatrième et après le septième.

    Que toujours dans vos vers le sens coupant les mots Suspende l'hémistiche, en marque le reposBoileau (1636-1711)

  12. Terme de musique. Endroit où la phrase se termine, et où le chant se repose plus ou moins parfaitement.

    Métastase a disposé les phrases, les repos, les nombres, et toutes les parties de l'air, comme s'il l'eût chanté lui-mêmeMarmontel (1723-1799)

  13. Pause que l'on fait en prononçant un discours, en déclamant, en lisant à haute voix.

    Rien de plus contraire à l'harmonie que des repos trop fréquents, et qui ne gardent nulle proportion entre eux ; aujourd'hui pourtant c'est le style qu'on voudrait mettre à la modeAbbé d'Olivet (1682-1768)

    Lorsqu'il avait bien saisi le sens d'un morceau, je le lui déclamais, en marquant bien l'accent, la prosodie, la cadence des vers, les repos, les demi-repos, les articulations de la phraseMarmontel (1723-1799)

  14. Se dit, dans les ouvrages d'esprit, de certains passages ou morceaux, sur lesquels le lecteur peut s'arrêter et se délasser de son application à ce qui précède. Narration qui sert de repos après des considérations abstraites.

  15. Terme de peinture. Endroit du tableau où les détails sont plus rares, les lumières moins vives, afin que l'œil, ne s'y arrêtant pas, se fixe particulièrement sur l'action principale. Ménager des repos. Cette composition manque de repos. Attitudes des figures représentées sans mouvement ou avec peu de mouvement. Il y a beaucoup de repos dans cette figure. On ne sait si cette figure est en mouvement ou de repos, en repos, ou au repos. Par extension. Terme d'architecture. Se dit des masses que l'on ne charge pas d'ornements, des parties qui restent unies, par opposition à celles qui sont travaillées.

    Jamais, dans les comédies de Molière, les caractères annoncés ne sont dessinés en reposMarmontel (1723-1799)

    La grande fabrique des tours de Notre-Dame [à Paris], malgré la multitude infinie des petits repos qui en divisent la hauteur et aident l'œil à les mesurer....Diderot (1713-1784)

  16. Terme de marine. État d'un navire droit dans son assiette, qui n'est incliné ni par le vent ni par les lames.

  17. Terme de poêlier. Repos de chaleur, voy. RÉSERVOIR.

  18. Repos pour battre, se dit, au trictrac, quand l'adversaire a une dame découverte dans la table de son grand jan, et qu'on l'atteint avec l'un des dés, de façon à atteindre avec l'autre jusqu'à des dames découvertes dans le petit jan. Coin de repos, se dit, au même jeu, de la dernière flèche du grand jan, qui fait le coin du trictrac, et où l'on ne peut se placer qu'en y mettant deux dames à la fois.

Étymologie : Substantif verbal de reposer (voy. ce mot) ; Berry, repous ; wallon, ripoi ; prov. repaus ; cat. repos ; espagn. reposo ; port. repouso ; ital. riposo. La forme wallone ripoi est singulière ; elle a son analogue dans l'ancien français repui : Pur co est France franche, par les sainz ù je fui, Que cil qui mestier unt i viegnent à refui ; Mult seit il bien venu ; ci puet aveir repui Le sens paraît être retraite, demeure ; il se rattache probablement au bas-lat. repudiare, dont le radical podium avait donné pui (voy. APPUI, APPUYER).

Historique : XIe s. Terre major [la grande terre, la France] remeindreit en repos XIIe s. Se il longement estisoient [demeuroient] en pàiz et en repaus Tuit cil qui quierent lo deventrien [intérieur] repaus XIIIe s. Repos n'est mie beatitude, porce que repos est quis por mieulx soffrir poine et travail, non pas por soi Et il de son païs s'eslonge, Com cil qui le repos ne songe XIVe s. Les Eques n'ont pas donné lonc repos aux Romains XVe s. Et estoient logés en un bois [les Escots] pour estre plus à repos, et pour plus secretement aller et venir quand ils voudroient Et trouverent [les Gantois] le repos [ber…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 19 sens

n. m.

  1. Privation, cessation de mouvement. Cet enfant ne demeure jamais en repos. Se tenir en repos.

  2. Il signifie aussi Cessation de travail, d’exercice, pour faire disparaître la fatigue. Il y a longtemps que vous travaillez, donnez-vous un peu de repos, prenez un peu de repos. Il faut faire succéder le repos au travail. Dans les moments de repos. Le jour est le temps du travail, la nuit est le temps du repos. Le septième jour de la semaine était chez les Juifs un jour de repos, qu’ils appelaient Sabbat. Le dimanche, chez les chrétiens, est le jour du repos. Mettre des troupes au repos. Cette verdure est un repos pour les yeux.

  3. En termes de Commandement militaire, on dit elliptiquement : Repos! pour Suspendre l’exercice et permettre aux hommes de se délasser.

  4. Lit de repos, Sorte de lit où l’on se repose, où l’on dort le jour.

  5. Fig., Troubler le repos des morts, Les exhumer, violer leur sépulture. Il signifie aussi Parler contre la mémoire des morts, contre leur réputation.

  6. Le repos éternel, L’état où sont les âmes des bienheureux. On dit en ce sens : Prier Dieu pour le repos des âmes des morts.

  7. Champ du repos se dit, dans le style soutenu, pour Cimetière.

  8. REPOS signifie encore Quiétude, tranquillité, exemption de toute peine d’esprit. Je suis en repos de ce côté-là. Il est dans un grand repos d’esprit sur cette affaire. Il a l’esprit en repos. Mettre sa conscience en repos. C’est une affaire, c’est un procès qui lui ôte le repos, qui trouble tout son repos. Il est dans une peine continuelle, il n’a aucun repos. Vivre en repos. Goûter un doux repos. Je n’ai trouvé, je n’ai retrouvé le repos que depuis que j’ai mis ordre à cette affaire. Mon repos en dépend. Il n’aura point de repos qu’il n’ait achevé. Il est là-dessus en plein repos, dans un parfait repos.

  9. Soyez en repos sur mes affaires, Ne vous en mêlez pas.

  10. Laissez-moi, veuillez me laisser en repos, laissez-moi donc en repos, Cessez de me fatiguer de vos importunités.

  11. De tout repos, Qui offre une entière sécurité. Des valeurs de tout repos. C’est un cheval de tout repos.

  12. REPOS signifie, en parlant des états, Exemption de trouble, d’agitation; tranquillité. Le royaume est dans un repos complet, absolu. La paix est faite, les peuples vont goûter un profond repos. Troubler le repos public.

  13. Il signifie aussi Sommeil. Il ne dort plus, il a perdu le repos depuis quelque temps. Prendre son repos. Il dort, ne troublez pas son repos.

  14. En parlant d’Armes à feu, il se dit de l’état où elles sont, lorsque, le chien n’est ni abattu, ni bandé, mais maintenu par un cran spécial. Mettre le chien d’un fusil au repos. Ce fusil est au repos. Le cran de repos. Dans ce sens et dans ceux qui précèdent, il n’a point de pluriel.

  15. Il se dit, en termes de Versification française, de la Césure placée à tel ou tel endroit du vers, pour marquer une pause, un arrêt.

  16. REPOS se dit aussi des Pauses que l’on fait en prononçant un discours, en déclamant, en lisant à haute voix. Dans le discours prononcé, les repos de la voix tiennent lieu de points et d’alinéa. Un lecteur habile sait se ménager des repos pour respirer sans effort.

  17. Il se dit, en parlant des Ouvrages de l’esprit, de Certains morceaux, de certains passages d’une lecture facile, destinés à procurer une détente à l’esprit du lecteur. Cette narration agréable sert de repos, après des réflexions si graves.

  18. Il se dit, en termes de Beaux-Arts, de l’Attitude des figures représentées sans mouvement ou avec peu de mouvement. Les anciens dans leur statuaire adoptaient le plus souvent l’attitude en repos.

  19. En termes d’Architecture, il désigne une Sorte de petit palier qui interrompt la suite des marches et qui est souvent formé d’une marche plus large que les autres. Il y a dix marches jusqu’au premier repos. Les repos de cet escalier ne sont pas bien placés.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée repos#53150.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.