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remède

remède

nom, masculin · /ʁəmɛdə/

Usage : fréquent (15 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Substance ou traitement destiné à guérir une maladie.

    La tisane est un remède contre l'insomnie.

    Synonyme : traitement.

    « Un escadron coiffé d'abord court à son aide, L'une chauffe un bouillon, l'autre apprête un remède »Boileau (1636-1711)

    « J'ai bu mes eaux, pris mon bouillon, rendu mon remède, et mangé ma petite soupe »Dancourt (1661-1725)

  2. Ce qui permet de résoudre un problème, de mettre fin à une situation fâcheuse.

    Quel remède trouver à la crise du logement ?

    Synonyme : solution.

    « Amalasonte.... est empêchée par les Goths de faire instruire le jeune prince comme méritait sa naissance, et, contrainte de l'abandonner aux gens de son âge, elle voit qu'il se perd, sans pouvoir y apporter de remède »Bossuet (1627-1704)

    « Quel remède essayer contre un mal qu'on ignore ? »Casimir Delavigne (1793-1843)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : aux grands maux les grands remèdes · le remède est pire que le mal · remède de cheval · remède de grand-mère

Grammaire et formes (2)
  • remèdes : pluriel · /ʁəmɛdə/
  • remède : singulier · /ʁəmɛdə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 6 sens

s. m.

  1. Tout ce qui peut déterminer un changement salutaire dans l'économie en général et dans un organe en particulier, que ces moyens soient hygiéniques, chirurgicaux ou pharmaceutiques. Être dans les remèdes, se mettre dans les remèdes, faire des remèdes, se soumettre à un traitement. Faire des remèdes, se dit aussi du médecin qui prescrit des remèdes. Dans le langage vulgaire, le grand remède, les grands remèdes, le mercure que l'on administre dans les maladies syphilitiques. Familièrement. Remède de bonne femme, remède simple et populaire, et qui ne produit aucun effet. C'est un remède à tous maux, se dit d'un remède auquel on ne croit aucune efficacité.

    Il [mon médecin] m'ordonne des remèdes, je ne les fais pas, et je guérisMolière (1622-1673)

    Argan : Tant pis pour lui [Molière], s'il n'a point recours aux remèdes. - Béralde : Il a ses raisons pour n'en point vouloir, et il soutient que cela n'est permis qu'aux gens vigoureux et robustes, et qui ont des forces de reste pour porter les remèdes avec la maladieMolière (1622-1673)

  2. Nom donné à certains médicaments plus ou moins composés dont les auteurs avaient d'abord gardé le secret. Le remède de Pradier (contre la goutte).

  3. Par euphémisme, lavement.

    On le prie de venir voir donner un remède à cinq heures à M. le maréchal de GrammontMme de Sévigné (1626-1696)

    Un escadron coiffé d'abord court à son aide, L'une chauffe un bouillon, l'autre apprête un remèdeBoileau (1636-1711)

  4. Fig. Ce qui sert à guérir les vices de l'âme, à calmer les souffrances morales. Remède de l'âme, Voy. RÉDEMPTION. Fig. et familièrement. C'est un remède d'amour, se dit d'une personne vieille ou laide.

    Beaucoup par un long âge ont appris comme vous Que le malheur succède au bonheur le plus doux ; Peu savent comme vous s'appliquer ce remèdePierre Corneille (1606-1684)

    C'est en vain, ô hommes, que vous cherchez dans vous-mêmes le remède à vos misèresPascal (1623-1662)

  5. Fig. Tout ce qui sert à prévenir, à faire cesser un malheur, une disgrâce.

    Ne touchez pas à des maux qui découvriront l'impuissance des remèdesGuez de Balzac (1597-1654)

    Mais, puisque c'en est fait, le coup est sans remèdePierre Corneille (1606-1684)

  6. En termes de monnayage, remède se disait autrefois pour ce qu'on nomme aujourd'hui tolérance ; ainsi la tolérance du titre était appelée remède de loi, et la tolérance de poids était nommée remède de poids.

Étymologie : Provenç. remedi, remezi ; espag. et ital. remedio, du lat. remedium, de re, et mederi, guérir (voy. MÉDECIN). Remède, dans l'acception de lavement, s'est introduit du temps de Louis XIV, pour dissimuler ce que lavement paraissait avoir de grossier.

Historique : XIIIe s. Nepourquant nous y veons aucunne remede comme il poent [peuvent] avoir fief XIVe s. Se le dictateur romain n'i eust mis remede XVe s. Et se le roy l'eust tenu en son ire, il l'eust fait mourir sans remede Madame Jehanne veint au lieu de Digeon, à secours et à remede, devers le duc de Bourgongne, son parent, luy remontrant comme les Luxembourgeois l'avoyent dechassée de son heritage Et n'y avoit nul remede [à Fornoue] de passer que par combaître XVIe s. L'or à 24 carats, à 1/4 de carat de remede.... sur peine de la refonte des ouvrages qui seront trouvez defectueux au dessous desdits r…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 11 sens

n. m.

  1. Ce qui sert à guérir quelque mal, quelque maladie, ce qu’on emploie à cet effet. Remède doux, violent. Remède topique, spécifique, palliatif. Remède efficace, souverain. Remède éprouvé. Remède héroïque. Il n’y a pas de remède universel. Remède contre le mal de dents. Appliquer un remède. User d’un remède. Le remède que le médecin lui a ordonné. Prendre un remède. Recourir aux remèdes. Ne faites pas telle chose, cela empêcherait l’effet du remède. Les remèdes ne font qu’irriter son mal. On a eu recours aux derniers remèdes. C’est un homme qui a des remèdes pour toutes sortes de maux. La diète, l’exercice, le bon air sont d’excellents remèdes.

  2. Fig. et prov., Il y a remède à tout.

  3. Prov., Aux grands maux les grands remèdes. Il se dit au propre et au figuré.

  4. Prov., Le remède est pire que le mal se dit d’un Remède qui est très désagréable, ou dangereux, ou nuisible. Il se dit aussi au figuré.

  5. Ironiquement, C’est un remède à tous maux, se dit d’un Remède dont on ne fait point de cas.

  6. Remède de bonne femme, Remède simple et populaire. C’est un remède de bonne femme qui m’a guéri.

  7. REMÈDE se dit particulièrement d’un Lavement. Prendre un remède. Garder longtemps un remède. Rendre un remède.

  8. REMÈDE se dit figurément de Ce qui sert à guérir les maladies de l’âme. Se créer une occupation est un grand remède contre l’ennui. La connaissance de soi-même est un remède contre l’orgueil.

  9. Fig. et fam., C’est un remède d’amour, contre l’amour se dit d’une Femme vieille ou laide.

  10. REMÈDE se dit aussi figurément de Tout ce qui sert à prévenir, à surmonter, à faire cesser quelque malheur, quelque inconvénient, quelque disgrâce. La sagesse est un remède contre les accidents de la vie. Il n’est pas impossible de trouver quelque remède au malheur dont vous êtes menacé. Son malheur est sans remède. Voyons s’il n’y a pas quelque remède à la perte de votre procès. On ne saurait apporter du remède à tous les maux. Le mal est fait, il n’y a plus de remède.

  11. Porter remède à, Combattre efficacement un mal.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée remède#52913.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.