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pente

pente

nom, féminin · /pɑ̃tə/

Usage : fréquent (27 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Inclinaison d'un terrain ou d'une surface par rapport à l'horizontale.

    La pente de la route est de huit pour cent.

    Synonyme : inclinaison.

    « En examinant sur le globe quels sont les fleuves qui ont le plus de pente »Buffon (1707-1788)

  2. Terrain incliné.

    Les enfants descendent la pente en luge.

    Synonyme : côte.

    « Le brouillard nous fit manquer une pente de gazon par laquelle nos guides nous promettaient de nous faire descendre »Horace-Bénédict de Saussure (1740-1799)

  3. Tendance naturelle qui pousse à agir d'une certaine manière.

    Il suit sa pente naturelle et fuit toute contrainte.

    Synonyme : penchant.

    « L'indifférence qu'il [saint François de Sales] enseigne n'empêche pas une vertueuse pente de la volonté d'un côté »Bossuet (1627-1704)

    « Tel, par sa pente naturelle, Par une erreur toujours nouvelle, Quoiqu'il semble changer son cours, Autour de la flamme infidèle Le papillon revient toujours »Gresset (1709-1777)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : être sur la mauvaise pente · remonter la pente · suivre sa pente

Grammaire et formes (2)
  • pentes : pluriel · /pɑ̃tə/
  • pente : singulier · /pɑ̃tə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 10 sens

s. f.

  1. Inclinaison d'un lieu haut vers un lieu bas. Dans la théorie des plans cotés, la pente d'une droite est le rapport de la différence de niveau de deux de ses points à leur distance horizontale. La ligne de plus grande pente d'un plan est la droite perpendiculaire aux horizontales de ce plan ; et la pente du plan est la pente de cette droite.

    Quelle que soit la pente et l'inclination Dont l'eau par sa course l'emporteLa Fontaine (1621-1695)

    On montait à la citadelle par trois rues en penteRollin (1661-1741)

  2. En technologie, instrument indiquant aux ouvriers l'inclinaison que doivent présenter certaines parties des pièces qu'ils travaillent, relativement aux autres parties.

  3. Terme de tapissier. Bande qui pend autour d'un ciel de lit, sur le haut des rideaux. Bandes d'étoffe qui, dans les bibliothèques, s'attachent aux tablettes, pour garantir les livres de la poussière.

    Si vous trouviez dans Avignon ou dans Lyon de quoi faire des rideaux, un fond, un dossier, des soubassements, des pentes....Mme de Sévigné (1626-1696)

  4. Terme de construction. Pente de comble, l'inclinaison d'un des côtés d'un comble, qui le rend plus ou moins raide sur sa hauteur, par rapport à sa base. Pente de plâtre, enduit de plâtre sur lattes ou voliges, préparé pour recevoir les feuilles de plomb, de zinc, destinées à former des chéneaux ou des gouttières.

  5. Terme de paveur. Pente courante et pente latérale : la première suit la longueur de la voie ; la seconde tombe sur sa largeur. Contre-pente, interruption d'un niveau de pente, soit par malfaçon, soit par l'affaissement du terrain.

  6. Terme de menuisier. Inclinaison donnée au fer d'un outil. En armurerie, courbure que présente la crosse d'un fusil.

  7. Action de suspendre le tabac.

    Aussitôt qu'il [le tabac] est arrivé à la métairie, on le met à la pente, afin qu'il sècheMme de Genlis (1746-1830)

  8. Terme de marine. Dans les vaisseaux, côtés pendants des tentes.

  9. Fig. Ce qui est comparé à l'inclinaison d'un terrain. La pente des ans.

    Tant vous avez eu d'adresse à mettre les choses en état de vous être avantageuses, quelque pente qu'elles puissent prendrePascal (1623-1662)

    On s'égare un seul moment de la vie, on se détourne d'un seul pas de la droite route ; aussitôt une pente inévitable nous entraîne et nous perd : on tombe enfin dans un gouffreJean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  10. Fig. Ce qui fait pour l'âme ce que fait pour les corps l'inclinaison. Avoir une pente à, être enclin à. La pente de quelqu'un, ce qui l'entraîne habituellement. On dit dans un sens analogue : la pente du cœur, de l'âme, etc.

    C'est ce qui m'a obligé à lui donner une pente vers la personne de Lucrèce au cinquième actePierre Corneille (1606-1684)

    Il faut tendre au général, et la pente vers soi est le commencement de tout désordrePascal (1623-1662)

Étymologie : Pendre ; substantif fait comme vente, rente, etc.

Historique : XVIe s. Une pente raide Trois pieces de fine tapisserye et quatre pentes, pour fournir une garniture de ciel de lict de camp

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 4 sens

n. f.

  1. Inclinaison d’un terrain, d’un plan, d’une surface quelconque sur un autre plan, sur une autre surface. Pente douce, aisée, insensible. Pente rapide. La pente de la montagne, de la colline. La pente est très raide. Il y a une pente douce de ce village à la rivière. Ligne de plus grande pente. Le terrain va en pente. Dans la longueur de l’allée, on a sauvé l’inégalité du terrain par une pente imperceptible. La pente de la rivière. Donner de la pente aux eaux. Donner de la pente à une rue pour l’écoulement des eaux.

  2. Il s’emploie figurément et signifie Inclination, propension. Suivre sa pente. C’est sa pente naturelle. Il se laisse aller où l’incline sa pente.

  3. En termes de Tapissier, il désigne une Pièce d’étoffe qui tombe du ciel de lit, du lambrequin ou du bandeau d’une fenêtre. Les pentes du lit. Pente de damas.

  4. Pentes de tente, Parties latérales d’une tente qui pendent verticalement.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée pente#46384.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.