s. m.
La partie droite ou gauche du corps des animaux, de l'aisselle à la hanche, et, par extension, la partie droite ou gauche de tout le corps, y compris le bras, la jambe, etc. Il était perclus de tout le côté gauche. Se coucher sur le côté. Il porte l'épée au côté. Se tenir les côtés de rire, rire immodérément. Il est sur le côté, il est si malade qu'il ne peut bouger. Fig. Être en voie de disgrâce, être abattu. Mettre, jeter quelqu'un sur le côté, le coucher, le renverser par terre. D'un coup d'épée il le jeta sur le côté. Mettre quelque chose sur le côté, donner à cette chose une position inclinée. Mettre une bouteille sur le côté, la vider. Être aux côtés de quelqu'un, être auprès de sa personne. Fig. Le côté de l'épée, le côté gauche du corps, celui où l'on porte l'épée. Fig. Mettre quelque chose du côté de l'épée, faire passer quelque chose du côté de l'épée, c'est mettre à couvert quelque somme, de quelque façon qu'on l'ait gagnée, bien ou mal. Le côté du cœur, le côté gauche du corps ; et fig. l'affection. Ce petit gaillard vous plaît, il est du côté du cœur. Point de côté, douleur aiguë qui se fait sentir dans la région des côtes. Terme de manége. Porter un cheval de côté, le faire marcher sur deux pistes, dont l'une est marquée par les épaules, l'autre par les hanches. Terme de cuisine. Haut côté, les côtés d'un mouton. Terme de marine. Mettre un bâtiment sur le côté, l'incliner d'un côté, lui faire prendre de la bande. Mettre un bâtiment sur le côté, l'abattre en carène. Le côté droit d'une voile, la partie de la chute de cette voile où les tailles sont régulières. Faux côté, côté faible d'un navire, côté sur lequel il incline davantage.
Bientôt quatre bandits lui serrant les côtés — Boileau (1636-1711)
.... Les arbres parlent peu, Dit le bon la Fontaine ; et ce qu'un bois m'inspire, Je veux à mes côtés trouver à qui le dire — Jacques Delille (1738-1813)
Partie latérale. Les côtés du chemin. Ce côté de la rivière est le moins profond. Les bas côtés d'une église, les nefs latérales, qui sont plus étroites et d'ordinaire moins hautes que la nef centrale. Les bas côtés d'une route, d'un boulevard, d'une promenade, les voies latérales moins hautes que la chaussée.
Les bas côtés du chœur.... sont les parties qui ont le plus résisté à l'effort du temps — Chateaubriand (1768-1848)
D'autres temples étaient divisés en trois nefs par deux rangs de colonnes ; celle du milieu était entièrement découverte et suffisait pour éclairer les bas côtés qui étaient couverts — Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795)
Côté plein, muraille pleine, par opposition à arcade.
Le petit monument de marbre qui couvre le saint sépulcre a la forme d'un catafalque, orné d'arceaux demi-gothiques engagés dans les côtés pleins de ce catafalque — Chateaubriand (1768-1848)
Le côté droit, le côté gauche d'une assemblée délibérante, celui qui est à la droite, celui qui est à la gauche du président. Le côté de l'épître, le côté de l'évangile, le côté droit, le côté gauche de l'autel. Le côté du roi, le côté de la reine désignaient autrefois le côté droit, le côté gauche du théâtre. Terme d'architecture. Le côté droit ou gauche d'un bâtiment doit s'entendre par rapport au bâtiment même, c'est-à-dire en supposant que le bâtiment a une droite et une gauche par rapport à sa façade.
Point opposé à un autre. Le côté espagnol des Pyrénées. Il est de l'autre côté du bois. Mettez-vous de l'autre côté de la table. Fig. Familièrement. De l'autre côté, dans la pièce voisine. Passons de l'autre côté, s'il vous plaît, pour causer à notre aise.
Pourquoi me tuez-vous ? Eh quoi ! ne demeurez-vous pas de l'autre côté de l'eau ? Mon ami, si vous demeuriez de ce côté, je serais un assassin, cela serait injuste de vous tuer de la sorte ; mais, puisque vous demeurez de l'autre côté, je suis un brave et cela est juste — Pascal (1623-1662)
Tout le tort est de son côté — Mme de Sévigné (1626-1696)
Face, pan d'un objet. Les côtés d'une pyramide. On avait sculpté des emblèmes sur les quatre côtés du monument. En parlant des étoffes, le côté de l'envers, le côté de l'endroit. Fig. Aspect sous lequel on envisage les personnes et les choses.
Et, comme je vous dis, toute l'habileté Ne va qu'à le savoir tourner du bon côté — Molière (1622-1673)
On regarde les gens par leurs méchants côtés — Molière (1622-1673)
Ligne qui circonscrit quelque chose. Les trois côtés d'un triangle. Terme de géométrie. Côté d'un angle, une des lignes qui le forment.
Si je pense à une figure de mille côtés et à une de neuf cent quatre-vingt-dix-neuf, ce n'est pas par des perceptions que je les distingue, ce n'est que par les noms que je leur ai donnés — Condillac (1714-1780)
Dans le sens le plus indéterminé, partie d'une chose, endroit. Attaquer la place du côté le plus faible. Fig. Le côté faible d'une chose, ce en quoi elle pèche. Le côté faible d'une personne, son défaut habituel, ou ce qu'elle sait le moins, ou sa passion dominante. Fig. De mon côté, quant à moi, pour ma part. Je vais, de mon côté, prendre telle et telle mesure. Du côté de.... dans les rangs de, parmi. De notre côté, il y eut trois morts et dix blessés. D'un côté, d'une part ; d'autre côté, d'autre part. Quand d'un côté je considère leur puissance et de l'autre ma faiblesse. De ce côté, de cette part. Je n'ai rien à craindre de ce côté. De côté et d'autre, des deux côtés.
De quelque côté qu'on s'y tourne, on voit toujours la mort en face qui couvre de ténèbres tous nos plus beaux jours — Bossuet (1627-1704)
Je veux voir à quel point une femme hardie Saura de son côté pousser la perfidie — Voltaire (1694-1778)
Direction. Je vais de votre côté. Fig. Ne savoir de quel côté tourner, ne savoir que faire, que devenir. De tous côtés, de partout. La foule accourait de tous côtés. De tous côtés on allait à son secours. Regarder de quel côté vient le vent, observer les conjonctures pour régler sa conduite, et, le plus souvent, en mauvaise part, n'avoir d'autres règles de conduite que les circonstances.
De quel côté vient le vent ? Après dîner, chacun s'en va de son côté — Mme de Sévigné (1626-1696)
Votre dessein était-il d'aller du côté de la ville ? — Molière (1622-1673)
Parti. C'est le côté le plus juste. Caton fut du côté de Pompée. Avoir quelqu'un de son côté, l'avoir de son parti. Mettre les rieurs de son côté, faire, dans une discussion, que les assistants rient de la personne avec qui l'on discute.
Tant que vous n'auriez point les juges de votre côté — Pascal (1623-1662)
Il me dit qu'il y en avait de ceux de son côté qui tenaient.... — Pascal (1623-1662)
Ligne de parenté. Ils sont parents du côté du père. Le côté paternel. Le côté maternel. Être du côté gauche, être d'une naissance illégitime ; locution tirée de ce que, dans les mariages inégaux, l'époux donnait à l'épouse non la main droite mais la main gauche. Se dit aussi d'une personne qui vit en concubinage. Elle l'a épousé ? oui, du côté gauche.
Terme de typographie. Côté de première, la forme où se trouve la première page de la feuille.
Du côté de, loc. prép. Vers, en faveur de, quant à. Regardez du côté du couchant. Placez-vous du côté du président.
C'est la seule chose qui m'oblige quelquefois de tourner la tête du côté du monde — Guez de Balzac (1597-1654)
On la décrie du côté de la tendresse — Voiture (1597-1648)
De côté, loc. adv. En biais, obliquement. Il faut vous tourner un peu plus de côté. Regarder de côté, du coin de l'œil. Fig. Regarder de côté, regarder avec dédain, ressentiment ou embarras. De côté, à droite ou à gauche, pour que l'espace reste libre. Ranger une chose de côté. Mettez ce fauteuil de côté, il gêne le passage. Se mettre, se ranger de côté, quitter le milieu du passage pour faire place à quelqu'un ou à quelque chose qui s'avance. Je me mis de côté pour éviter la voiture. De côté, en passant, négligemment. À part, en réserve. J'ai prié ce marchand de me mettre plusieurs objets de côté. Il met tous les ans quelque chose de côté, il fait des économies. À l'écart. Je mets de côté toutes les raisons que vous aviez de lui pardonner. Mettre, laisser de côté, abandonner, ne pas se servir de. On laissa de côté plusieurs officiers de mérite.
Près du feu, deux amants, pleins d'un tendre délire, D'un regard de côté se parlent sans rien dire — Jacques Delille (1738-1813)
Vu que par l'homme en place un mot dit de côté D'un faux air de crédit flatte leur vanité — Jacques Delille (1738-1813)
À côté, loc. adv. Dans une direction latérale, oblique. Fig. Donner à côté, s'éloigner du but, et aussi se méprendre. À peu de distance. Serrez-vous, marchez à côté. Est-ce loin ? non, c'est tout à côté. À côté de, loc. prép. Tout auprès, à droite ou à gauche de. Sa maison est à côté de la mienne. Se mettre à côté de quelqu'un. Fig. Passer à côté d'une difficulté, d'une question, ne pas l'aborder, éviter de la résoudre. Être à côté de la question, ne pas bien la saisir, s'en écarter.
[Le drôle] Prend à côté, pourvoit à ses affaires, Laisse son maître, à travers champs s'enfuit — La Fontaine (1621-1695)
Tout père frappe à côté — La Fontaine (1621-1695)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).