coté · côté · cote · côte

coté

adjectif, /kote/ ou /kɔte/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873)

part. passé.

  1. Marqué d'une cote. Pièces cotées.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • cotées — pluriel féminin — /kɔte/ ou /kote/
  • cotés — pluriel masculin — /kɔte/ ou /kote/
  • cotée — singulier féminin — /kɔte/ ou /kote/
  • coté — singulier masculin — /kɔte/ ou /kote/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée coté#18552.

côté

adverbe

Grammaire et formes (1)
  • côté — forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée côté#130888.

cote

nom, féminin, /kɔtə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Terme d'administration. La part imposée à chaque contribuable. Cote mobilière. Cote foncière. Payer sa cote.

  2. Cote mal taillée, arrêté de compte approximatif. Il a fait de tout cela une cote mal taillée. Locution prise de marquer la cote, ce qui était à payer, sur un morceau de bois auquel on faisait une entaille.

    Le régent demanda l'avis à Besons, qui barbouilla et qui proposa une cote mal taillée — Saint-Simon (1675-1755)

  3. Terme de finance. Indication du prix des effets publics, des valeurs de bourse, du change, etc.

  4. Marque alphabétique ou numérale servant à classer chaque pièce d'un procès ou d'un dossier. Ces pièces sont sous la cote A, la cote B. La couverture même.

  5. Terme d'arpentage. Chiffre qui, dans les nivellements, indique les différences de niveau.

Étymologie : Provenç. cota, cotta ; catal. quota ; espagn. cota, cuota ; du latin quota pars, quelle partie (voy. QUOTE). Dans d'Aubigné, cotte mo-taillée est pour cotte mal taillée, mal, dans ces sortes de compositions, se prononçant mau, comme dans mau-clerc (mal-clerc).

Historique : XVIe s. Cela fit faire une cotte mo-taillée de capitulation, tellement que le capitaine Mathieu ne laissa pas d'en faire la guerre depuis Tous heritages, tant fiefs que mains fermes, venus et escheus par succession soit de ligne directe ou collateralle, sont reputez patrimoniaux, et doivent en succession tenir et suivre la cotte et ligne de celuy duquel primitivement ils viennent

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Chacune des marques alphabétiques ou numérales dont on se sert pour classer les pièces d’un procès, d’un inventaire, etc. Ces pièces sont sous la cote A, sous la cote B. La cote 3. La cote 4.

  2. En termes de Finance et de Bourse, il désigne le Tableau indicateur du taux des effets publics, du change, etc. Les valeurs admises à la cote de la Bourse.

  3. En termes de Courses, il se dit du Tableau qui indique les chances probables qu’a chaque cheval de gagner.

  4. Il désigne aussi la Quote-part imposée à chaque contribuable. Cote mobilière. Cote foncière.

  5. Cote mal taillée, Arrêté de compte en gros, sans égard à ce qui peut appartenir rigoureusement à chacun. Vous avez des prétentions les uns contre les autres ; il faut faire de tout cela une cote mal taillée.

  6. COTE se dit encore de l’évaluation numérale qui sert à exprimer l’élévation au-dessus du niveau de la mer d’un terrain, d’un cours d’eau, d’un point quelconque. Cote d’altitude. La cote 304.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • cotes — pluriel — /kɔtə/
  • cote — singulier — /kɔtə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée cote#18505.

côte

nom, féminin, /kotə/

Définitions

  1. Chacun des os plats et courbes qui forment la cage thoracique.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Bande de terre qui borde la mer, rivage.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Pente d'un terrain ou portion montante d'une route, montée.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  4. Morceau de boucherie découpé avec son os dans la région thoracique d'un animal.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (11 sens) — Académie 1935 (17 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Terme d'anatomie. Os plat et courbé, situé obliquement sur les parties latérales de la poitrine et articulé en arrière avec les vertèbres, et en avant directement ou indirectement, avec le sternum. Il s'est cassé une côte. Vraies côtes, celles d'en haut qui se joignent au sternum. Fausses côtes, ou côtes flottantes, celles d'en bas qui n'aboutissent point directement à cet os. Il a les côtes en long, se dit d'un homme bizarre, capricieux, qui ne fait rien comme les autres, et aussi d'un homme paresseux. Familièrement. Rire à s'en tenir les côtes, rire excessivement. Par exagération. Rompre les côtes à quelqu'un, le battre à outrance. Fig. Cette affaire a une côte rompue. V. ROMPU. Mesurer les côtes à quelqu'un, le battre à coups de bâton, de plat d'épée, etc. On dit populairement dans le même sens : tricoter les côtes. On lui compterait les côtes, se dit d'une personne, d'un animal très maigre. Nous sommes tous de la côte d'Adam, nous avons tous une même origine. Il s'imagine être de la côte de saint Louis, il se croit issu d'une très noble race. Fig. Serrer les côtes à quelqu'un, le presser vivement, le poursuivre avec chaleur. Côte à côte, loc. adv. Tout à côté l'un de l'autre. Ils marchaient côte à côte. Fig.

    Ce marquis indocile, Qui.... Croit que Dieu tout exprès d'une côte nouvelle A tiré pour lui seul une femme fidèle — Boileau (1636-1711)

    Et si, durant un jour, notre premier aïeul, Plus riche d'une côte, avait vécu tout seul, Je doute, en la demeure alors si fortunée, S'il n'eût pas prié Dieu d'abréger la journée — Boileau (1636-1711)

  2. Terme de vétérinaire. Côte arrondie, indice d'une poitrine développée ; côte plate, indice de respiration peu étendue.

  3. Terme de boucherie. Côtes couvertes du bœuf, morceau qui se trouve entre l'aloyau et le paleron, des deux côtés de l'échine. Côtes découvertes, celles qui sont situées sous le paleron. Côtes d'aloyau, les côtes du bœuf, ayant un peu de filet jusqu'aux côtes couvertes. Train de côtes, la partie du bœuf qui contient les côtes, à partir de la troisième pièce de l'aloyau jusqu'à l'épaule. Plats de côtes découverts, la partie placée sous l'épaule et le paleron. Plats de côtes couverts, la partie inférieure de l'entre-côte et des côtes, près de la poitrine. Côtes de surlonges, la partie qui se trouve sous le collier. La côte, maniement pair ou double, commun aux deux sexes, qui repose sur les dernières côtes, particulièrement sur celle qui limite le flanc avec la poitrine.

  4. Saillie longitudinale de la surface de beaucoup de tiges et de fruits. Pomme de reinette à côtes. Nervure médiane et principale dans un grand nombre de feuilles. Tabac sans côtes, celui dont on a ôté la nervure avant de le corder.

    Voilà un melon ; il faut qu'elle en mange une petite côte — Mme de Sévigné (1626-1696)

  5. Terme de marine. Les côtes d'un navire, les pièces qui sont jointes à la quille et qui montent jusqu'au plat bord. C'est le synonyme vulgaire de couple.

  6. Côte de luth, pièce du corps d'un luth.

  7. Terme d'architecture. Listels qui séparent les cannelures d'une colonne. Côtes de coupe, saillies qui séparent la douelle d'une voûte sphérique en parties égales. Partie en saillie qui dans une croisée sert à recevoir les volets.

  8. Fig. Le penchant d'une colline. Côte fertile, bien exposée, plantée de vignes. À mi-côte, à mi-chemin sur le penchant d'une colline. Bâtir à mi-côte. Fig. Être au pied de la côte, c'est-à-dire être à bout de ressources, par allusion sans doute à un marcheur épuisé qui ne peut plus monter une côte

    J'approche d'une petite ville, et je suis déjà sur une hauteur d'où je la découvre ; elle est située à mi-côte ; une rivière baigne ses murs et coule ensuite dans une belle prairie — La Bruyère (1645-1696)

  9. Terme de marine. Rivage de la mer. Une côte basse, sablonneuse, escarpée. Ranger la côte, aller le long de la côte. Donner à la côte, échouer. Le courant portait à la côte. Se dit, par extension, des approches de la terre, jusqu'à une certaine distance au large. Une côte pleine d'écueils. Les pirates qui couraient nos côtes. Faire côte, faire naufrage à la côte. Côte de fer, côte formée par des rochers escarpés et perpendiculaires. Gardes-côtes, voy. GARDE, s. m. Au plur. Les contrées voisines de la mer.

    Il lui donna le gouvernement de toute la côte de la mer — Vaugelas (1585-1650)

    Toute la côte était couverte d'hommes, d'armes, de chevaux et de chariots en mouvement — Fénelon (1651-1715)

  10. Terme de commerce. Côte de soie, capiton ou fleuret. Côte rouge, côte blanche, fromages de Hollande.

  11. Terme de vannier. Nervures qui sont formées par l'entrelacement des menus osiers autour des plus gros.

Étymologie : Berry et saintong. coûte ; wallon, coise ; provenç. et ital. costa ; espagn. cuesta ; du latin costa, côte

Historique : XIIe s. D'une des costes de l'home voirement.... XIIIe s. Je mengue costes de laitues, porce qu'elles mi font dormir On escrit XIII et II continuelment coste à coste tout à une ligne En coste [de] la royne [elle] se va agenouiller Jamais ne gerrez [vous ne vous coucherez] à ma coste, Quant receü avez tel oste Quant cil joli valet passoient, Et jes [je les] veoie passer Qui me regardoient en coste, Et jadis furent mi chier hoste Et en la fin de son sermon dit ainsi, que il avoit leue la Bible et les livres qui vont en coste la Bible XIVe s. Nouvelle et premiere porée : ostez les grosses costes …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Chacun des os courbés et plats qui s’étendent depuis l’épine dorsale jusqu’à la poitrine. Il a une côte froissée. Il s’est cassé une côte. Côte de boeuf, de cheval, de baleine.

  2. Vraies côtes, Celles d’en haut, qui aboutissent au sternum ; et Fausses côtes, Celles d’en bas, qui n’aboutissent pas directement au sternum.

  3. Fam., On lui compterait les côtes, se dit d’une Personne ou d’un Animal extrêmement maigre.

  4. Fam., Se tenir les côtes de rire, Rire démesurément.

  5. CÔTE à CÔTE

  6. loc. adv.

  7. à côté l’un de l’autre. Ils allaient côte à côte. Ils marchaient, ils étaient côte à côte.

  8. CÔTE signifie figurément Ligne, extraction. Nous sommes tous de la côte d’Adam.

  9. Il se dit par analogie de Plusieurs choses qui ont quelque ressemblance avec les côtes des animaux. Côte de melon, de citrouille, etc. Bas à côtes. Velours à côtes.

  10. Les côtes d’un bâtiment, d’un navire, Les pièces qui sont jointes à la quille et qui montent jusqu’au plat-bord.

  11. La côte d’une feuille, la grosse nervure du milieu, qui est formée par le prolongement du pétiole. Les insectes ont tellement rongé cette feuille qu’il n’en reste plus que la côte.

  12. Il se dit de même, en termes d’Architecture, des Saillies qui divisent et ornent la surface concave d’une voûte sphérique, ou la surface convexe d’un dôme. Côtes de coupole. Côtes de dôme. Il se dit également des Listels qui séparent les cannelures d’une colonne.

  13. Il désigne aussi le Penchant d’une montagne, d’une colline ou la Pente d’une route. Côte fertile. Une côte très raide. Côte plantée de vignes, de bois. Le long de la côte. Sur la côte. Sur le haut de la côte. Au bas de la côte. Gravir une côte.

  14. à mi-côte, Vers le milieu du penchant d’une côte. Une maison bâtie à mi-côte.

  15. Il se dit aussi des Rivages de la mer. Côte basse, escarpée. La côte est inabordable. La côte ou les côtes de France, d’Angleterre, etc. Les côtes de l’Océan, de la Méditerranée, etc. On alluma des feux le long des côtes.

  16. Il se dit quelquefois, par extension, des Approches de la terre, jusqu’à une certaine distance au large. Côte pleine d’écueils, pleine de bancs. Côte dangereuse. L’armée navale parut sur la côte, sur nos côtes.

  17. En termes de Marine, Faire côte, Faire naufrage sur le bord d’une terre. Ce navire a fait côte avant de pouvoir virer de bord ou Ce navire a été jeté à la côte, d’où, figurément, dans le langage familier, être à la côte, être perdu, et spécialement être ruiné.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • côtes — pluriel — /kotə/
  • côte — singulier — /kotə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée côte#19978.

côté

nom, masculin, /kote/

Définitions

  1. Région latérale du corps, s'étendant de l'aisselle à la hanche.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Partie latérale ou face d'un objet, d'un lieu ou d'une figure.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Aspect sous lequel une personne ou une chose peut être considérée.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  4. Direction dans laquelle une personne ou une chose se trouve ou se déplace.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (15 sens) — Académie 1935 (34 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. La partie droite ou gauche du corps des animaux, de l'aisselle à la hanche, et, par extension, la partie droite ou gauche de tout le corps, y compris le bras, la jambe, etc. Il était perclus de tout le côté gauche. Se coucher sur le côté. Il porte l'épée au côté. Se tenir les côtés de rire, rire immodérément. Il est sur le côté, il est si malade qu'il ne peut bouger. Fig. Être en voie de disgrâce, être abattu. Mettre, jeter quelqu'un sur le côté, le coucher, le renverser par terre. D'un coup d'épée il le jeta sur le côté. Mettre quelque chose sur le côté, donner à cette chose une position inclinée. Mettre une bouteille sur le côté, la vider. Être aux côtés de quelqu'un, être auprès de sa personne. Fig. Le côté de l'épée, le côté gauche du corps, celui où l'on porte l'épée. Fig. Mettre quelque chose du côté de l'épée, faire passer quelque chose du côté de l'épée, c'est mettre à couvert quelque somme, de quelque façon qu'on l'ait gagnée, bien ou mal. Le côté du cœur, le côté gauche du corps ; et fig. l'affection. Ce petit gaillard vous plaît, il est du côté du cœur. Point de côté, douleur aiguë qui se fait sentir dans la région des côtes. Terme de manége. Porter un cheval de côté, le faire marcher sur deux pistes, dont l'une est marquée par les épaules, l'autre par les hanches. Terme de cuisine. Haut côté, les côtés d'un mouton. Terme de marine. Mettre un bâtiment sur le côté, l'incliner d'un côté, lui faire prendre de la bande. Mettre un bâtiment sur le côté, l'abattre en carène. Le côté droit d'une voile, la partie de la chute de cette voile où les tailles sont régulières. Faux côté, côté faible d'un navire, côté sur lequel il incline davantage.

    Bientôt quatre bandits lui serrant les côtés — Boileau (1636-1711)

    .... Les arbres parlent peu, Dit le bon la Fontaine ; et ce qu'un bois m'inspire, Je veux à mes côtés trouver à qui le dire — Jacques Delille (1738-1813)

  2. Partie latérale. Les côtés du chemin. Ce côté de la rivière est le moins profond. Les bas côtés d'une église, les nefs latérales, qui sont plus étroites et d'ordinaire moins hautes que la nef centrale. Les bas côtés d'une route, d'un boulevard, d'une promenade, les voies latérales moins hautes que la chaussée.

    Les bas côtés du chœur.... sont les parties qui ont le plus résisté à l'effort du temps — Chateaubriand (1768-1848)

    D'autres temples étaient divisés en trois nefs par deux rangs de colonnes ; celle du milieu était entièrement découverte et suffisait pour éclairer les bas côtés qui étaient couverts — Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795)

  3. Côté plein, muraille pleine, par opposition à arcade.

    Le petit monument de marbre qui couvre le saint sépulcre a la forme d'un catafalque, orné d'arceaux demi-gothiques engagés dans les côtés pleins de ce catafalque — Chateaubriand (1768-1848)

  4. Le côté droit, le côté gauche d'une assemblée délibérante, celui qui est à la droite, celui qui est à la gauche du président. Le côté de l'épître, le côté de l'évangile, le côté droit, le côté gauche de l'autel. Le côté du roi, le côté de la reine désignaient autrefois le côté droit, le côté gauche du théâtre. Terme d'architecture. Le côté droit ou gauche d'un bâtiment doit s'entendre par rapport au bâtiment même, c'est-à-dire en supposant que le bâtiment a une droite et une gauche par rapport à sa façade.

  5. Point opposé à un autre. Le côté espagnol des Pyrénées. Il est de l'autre côté du bois. Mettez-vous de l'autre côté de la table. Fig. Familièrement. De l'autre côté, dans la pièce voisine. Passons de l'autre côté, s'il vous plaît, pour causer à notre aise.

    Pourquoi me tuez-vous ? Eh quoi ! ne demeurez-vous pas de l'autre côté de l'eau ? Mon ami, si vous demeuriez de ce côté, je serais un assassin, cela serait injuste de vous tuer de la sorte ; mais, puisque vous demeurez de l'autre côté, je suis un brave et cela est juste — Pascal (1623-1662)

    Tout le tort est de son côté — Mme de Sévigné (1626-1696)

  6. Face, pan d'un objet. Les côtés d'une pyramide. On avait sculpté des emblèmes sur les quatre côtés du monument. En parlant des étoffes, le côté de l'envers, le côté de l'endroit. Fig. Aspect sous lequel on envisage les personnes et les choses.

    Et, comme je vous dis, toute l'habileté Ne va qu'à le savoir tourner du bon côté — Molière (1622-1673)

    On regarde les gens par leurs méchants côtés — Molière (1622-1673)

  7. Ligne qui circonscrit quelque chose. Les trois côtés d'un triangle. Terme de géométrie. Côté d'un angle, une des lignes qui le forment.

    Si je pense à une figure de mille côtés et à une de neuf cent quatre-vingt-dix-neuf, ce n'est pas par des perceptions que je les distingue, ce n'est que par les noms que je leur ai donnés — Condillac (1714-1780)

  8. Dans le sens le plus indéterminé, partie d'une chose, endroit. Attaquer la place du côté le plus faible. Fig. Le côté faible d'une chose, ce en quoi elle pèche. Le côté faible d'une personne, son défaut habituel, ou ce qu'elle sait le moins, ou sa passion dominante. Fig. De mon côté, quant à moi, pour ma part. Je vais, de mon côté, prendre telle et telle mesure. Du côté de.... dans les rangs de, parmi. De notre côté, il y eut trois morts et dix blessés. D'un côté, d'une part ; d'autre côté, d'autre part. Quand d'un côté je considère leur puissance et de l'autre ma faiblesse. De ce côté, de cette part. Je n'ai rien à craindre de ce côté. De côté et d'autre, des deux côtés.

    De quelque côté qu'on s'y tourne, on voit toujours la mort en face qui couvre de ténèbres tous nos plus beaux jours — Bossuet (1627-1704)

    Je veux voir à quel point une femme hardie Saura de son côté pousser la perfidie — Voltaire (1694-1778)

  9. Direction. Je vais de votre côté. Fig. Ne savoir de quel côté tourner, ne savoir que faire, que devenir. De tous côtés, de partout. La foule accourait de tous côtés. De tous côtés on allait à son secours. Regarder de quel côté vient le vent, observer les conjonctures pour régler sa conduite, et, le plus souvent, en mauvaise part, n'avoir d'autres règles de conduite que les circonstances.

    De quel côté vient le vent ? Après dîner, chacun s'en va de son côté — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Votre dessein était-il d'aller du côté de la ville ? — Molière (1622-1673)

  10. Parti. C'est le côté le plus juste. Caton fut du côté de Pompée. Avoir quelqu'un de son côté, l'avoir de son parti. Mettre les rieurs de son côté, faire, dans une discussion, que les assistants rient de la personne avec qui l'on discute.

    Tant que vous n'auriez point les juges de votre côté — Pascal (1623-1662)

    Il me dit qu'il y en avait de ceux de son côté qui tenaient.... — Pascal (1623-1662)

  11. Ligne de parenté. Ils sont parents du côté du père. Le côté paternel. Le côté maternel. Être du côté gauche, être d'une naissance illégitime ; locution tirée de ce que, dans les mariages inégaux, l'époux donnait à l'épouse non la main droite mais la main gauche. Se dit aussi d'une personne qui vit en concubinage. Elle l'a épousé ? oui, du côté gauche.

  12. Terme de typographie. Côté de première, la forme où se trouve la première page de la feuille.

  13. Du côté de, loc. prép. Vers, en faveur de, quant à. Regardez du côté du couchant. Placez-vous du côté du président.

    C'est la seule chose qui m'oblige quelquefois de tourner la tête du côté du monde — Guez de Balzac (1597-1654)

    On la décrie du côté de la tendresse — Voiture (1597-1648)

  14. De côté, loc. adv. En biais, obliquement. Il faut vous tourner un peu plus de côté. Regarder de côté, du coin de l'œil. Fig. Regarder de côté, regarder avec dédain, ressentiment ou embarras. De côté, à droite ou à gauche, pour que l'espace reste libre. Ranger une chose de côté. Mettez ce fauteuil de côté, il gêne le passage. Se mettre, se ranger de côté, quitter le milieu du passage pour faire place à quelqu'un ou à quelque chose qui s'avance. Je me mis de côté pour éviter la voiture. De côté, en passant, négligemment. À part, en réserve. J'ai prié ce marchand de me mettre plusieurs objets de côté. Il met tous les ans quelque chose de côté, il fait des économies. À l'écart. Je mets de côté toutes les raisons que vous aviez de lui pardonner. Mettre, laisser de côté, abandonner, ne pas se servir de. On laissa de côté plusieurs officiers de mérite.

    Près du feu, deux amants, pleins d'un tendre délire, D'un regard de côté se parlent sans rien dire — Jacques Delille (1738-1813)

    Vu que par l'homme en place un mot dit de côté D'un faux air de crédit flatte leur vanité — Jacques Delille (1738-1813)

  15. À côté, loc. adv. Dans une direction latérale, oblique. Fig. Donner à côté, s'éloigner du but, et aussi se méprendre. À peu de distance. Serrez-vous, marchez à côté. Est-ce loin ? non, c'est tout à côté. À côté de, loc. prép. Tout auprès, à droite ou à gauche de. Sa maison est à côté de la mienne. Se mettre à côté de quelqu'un. Fig. Passer à côté d'une difficulté, d'une question, ne pas l'aborder, éviter de la résoudre. Être à côté de la question, ne pas bien la saisir, s'en écarter.

    [Le drôle] Prend à côté, pourvoit à ses affaires, Laisse son maître, à travers champs s'enfuit — La Fontaine (1621-1695)

    Tout père frappe à côté — La Fontaine (1621-1695)

Étymologie : Bourguig. coutai ; saintong. et Berry, coûté ; provenç. costat ; espagn. costado ; ital. costato ; du bas-latin costatum, de costa, côte. On a dit aussi costel qui vient de costalis, et qui a donné coteau (voy. ce mot).

Historique : XIe s. Gent [il] ot le cors et les costez ot larges Ma bonne espée que ai ceinte au costet XIIe s. [à] Gautier [il] en bande les flans et les costez Nu à nu du costé son roit espié [il] lui vire Joab sacha l'espée e ferid Abner enz el costed, si l'ocist felonessement XIIIe s. Et del costet de mi Robin Quant on me veut meurdrir delez vostre costé Chi vous lairrons ester de Namur qui gist en mauvais costei Un quadrangle du quel li uns des costés soit de trois piés Se [sa] tere esquiet de costé à celi qui est mariés, comme d'oncle ou d'antain, de frere ou de sereur Mout de diverses coustumes sont…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Région des côtes, depuis l’aisselle jusqu’à la hanche. Le côté lui fait mal. Il a mal au côté. Il reçut un coup d’épée dans le côté. Il est blessé au côté.

  2. Point de côté, Douleur aiguë qui se fait sentir au-dessous des côtes.

  3. Dans une signification plus étendue, il se prend pour Toute la partie droite ou gauche de l’homme ou de l’animal. Il était perdus de tout le côté gauche. Il boîte des deux côtés. Se coucher sur le côté. J’étais à son côté à ses côtés. Il porte l’épée au côté. Du côté de l’épée.

  4. Il se dit aussi en parlant des Choses, soit des Deux parties opposées d’un objet, à droite et à gauche, soit de l’Espace extérieur à cet objet, à droite et à gauche. Les côtés d’une armoire, d’une commode, etc. Un des côtés de cette cheminée est démoli ; il faut le réparer. Ce côté de la voiture a été détérioré par le choc. S’asseoir à l’un des côtés de la cheminée. Il y a un massif d’arbres de chaque côté de la pelouse. Il y avait des gardes de chaque côté de la voiture. De l’autre côté des Alpes. De ce côté des Pyrénées. Mettez-vous de l’autre côté de la table.

  5. En termes de Marine, Les côtés d’un vaisseau, d’un navire, Les flancs d’un vaisseau, d’un navire, à partir du plat-bord. Le côté de tribord, ou Le côté droit. Le côté de bâbord, ou Le côté gauche. Mettre un navire sur le côté, pour le caréner, le radouber, etc. Le navire resta sur le côté jusqu’à la marée montante.

  6. Le côté de l’épître, le côté de l’évangile, Le côté droit, le côté gauche de l’autel.

  7. En termes de Théâtre, Côté cour, côté jardin, La droite et la gauche de la scène par rapport au spectateur.

  8. Les bas-côtés d’une église. Voyez

  9. BAS.

  10. Dans une Assemblée délibérante, Le côté droit, le côté gauche, Le côté de la salle qui est à la droite, qui est à la gauche du président. Siéger au côté droit. On désigne également par ces expressions les Membres de l’assemblée qui siègent à l’un ou à l’autre de ces côtés. On dit plutôt aujourd’hui la droite, la gauche.

  11. Il se dit encore des Divers pans, des différentes faces que présente un objet. On avait sculpté des emblèmes sur les quatre côtés du monument. Les côtés d’une pyramide. Les trois cotés d’un triangle. Les côtés d’un carré, d’un polygone, etc. Ce côté de la montagne est plus fertile que celui qui est exposé au vent. Le côté intérieur. Le côté extérieur. Le côté de devant. Le côté de derrière. Les deux côtés d’un tableau, d’une médaille, etc. Il se dit particulièrement en parlant des étoffes. Le côté de l’envers. Le côté de l’endroit. Mettez cette étoffe du beau côté, du bon côté. Fig., Il se fait toujours voir, il se montre par le beau côté. Prendre une chose du bon côté, du mauvais côté. Il voit tout du bon côté. Il regarde tout par le mauvais côté. Ce n’est là qu’un côté de la question. On a retourné la question de tous les côtés. De quelque côté que vous considériez l’affaire, elle vous intéressera.

  12. Il se dit, dans une acception encore plus étendue, pour Endroit, partie quelconque d’une chose. De ce côté-là. De ce côté-ci. On y peut entrer par deux côtés. L’effroi se répand de tous côtés, de tout côté. Ils arrivaient de tous côtés, de deux côtés opposés. Il demeure du côté de la porte Saint-Denis. Mettez-vous du côté du jour. Fig., Du côté des ennemis, il y eut tant d’hommes tués ; du nôtre il n’y eut que des blessés. Faites tout votre possible : j’agirai de mon côté. Tout le tort est de votre côté. Du côté de la fortune, vous n’avez rien à désirer. D’un côté... de l’autre.

  13. Fam., De l’autre côté, Dans la pièce, dans la chambre voisine. Passons de l’autre côté. Mon fils est de l’autre côté.

  14. Fig. et fam., Regarder, voir de quel côté vient le vent, S’amuser à regarder dehors sans aucun dessein et comme un homme oisif. Il s’emploie surtout au sens figuré et signifie Observer le cours des événements pour régler sa conduite suivant ce que l’on aperçoit. Il ne se prend guère qu’en mauvaise part.

  15. Fig. et fam., Ne savoir plus de quel côté se tourner, Ne savoir plus que faire, que devenir.

  16. Fig., Le côté faible d’une chose, Ce qu’elle a de défectueux. Voilà le côté faible de cette institution. Ce système a bien des côtés faibles. On dit aussi le côté faible d’une personne Le défaut habituel, la passion dominante d’une personne, ou Ce qu’une personne sait le moins par comparaison à ses autres connaissances. Vous l’avez attaqué par son côté faible. Je connais, j’ai trouvé son côté faible. Il a fait de bonnes études, mais le grec est son côté faible. On dit, par extension, L’estomac, la poitrine est chez lui le côté faible. On dit aussi Cette personne a pas mal de petits côtés, Elle a des petitesses d’esprit, des mesquineries de caractère.

  17. Il signifie encore Parti. Je ne suis ni d’un côté ni d’un autre. Je serai de votre coté. Il a les rieurs de son côté. Mettre les rieurs de son côté.

  18. Il signifie également Ligne de parenté. Ils sont parents du côté du père, du côté de la mère. Le côté paternel. Le côté maternel.

  19. être du côté gauche, être bâtard.

  20. à CÔTÉ

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • côtés — pluriel — /kote/
  • côté — singulier — /kote/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée côté#19987.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.