pénible
adjectif · /peniblə/ ou /pɛniblə/
Usage : fréquent (21 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Qui exige un effort important ou cause de la fatigue.
La montée jusqu'au refuge est pénible sous un soleil de plomb.
Synonymes : fatigant, épuisant.
« Et moi, sur ce sujet loin d'exercer ma plume, J'amasse de tes faits le pénible volume »Boileau (1636-1711)
« J'ai su, par une longue et pénible industrie, Des plus mortels venins prévenir la furie »Jean Racine (1639-1699)
Qui cause une souffrance morale.
Il lui a fallu annoncer cette pénible nouvelle à toute la famille.
Synonyme : douloureux.
« Lorsqu'il faut souffrir une longue et pénible langueur »Fléchier (1632-1710)
« Si nos sens ne s'opposaient pas à la pénitence.... il n'y aurait en cela rien de pénible pour nous »Pascal (1623-1662)
Qui est difficile à supporter par son caractère.
Ce voisin est vraiment pénible, il se plaint de tout du matin au soir.
Synonyme : insupportable.
« Il n'y a point au monde un si pénible métier que de se faire un grand nom »La Bruyère (1645-1696)
« L'ennui d'un dialogue pénible, lâche et diffus »Melchior Grimm (1723-1807)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- pénibles : pluriel · /peniblə/ ou /pɛniblə/
- pénible : singulier · /peniblə/ ou /pɛniblə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 2 sens
adj.
Qui donne de la peine, de la fatigue. Travail, entreprise pénible. Style pénible, style où le naturel manque, défaut des auteurs qui traitent un sujet auquel la nature ne les a pas rendus propres.
Et moi, sur ce sujet loin d'exercer ma plume, J'amasse de tes faits le pénible volumeBoileau (1636-1711)
Pensez-vous que ces cœurs, tremblants de leurs défaite, Fatigués d'une longue et pénible retraite....Jean Racine (1639-1699)
Il se dit aussi de ce qui cause une peine morale. Il régit quelquefois à devant un infinitif. Cela est pénible à dire. Avec le verbe être employé impersonnellement, il régit de : Il est pénible de se quitter.
Si nos sens ne s'opposaient pas à la pénitence.... il n'y aurait en cela rien de pénible pour nousPascal (1623-1662)
Lorsqu'il faut souffrir une longue et pénible langueurFléchier (1632-1710)
Étymologie : Peine. On donne encore à pénible le sens de dur à la peine, dans le Midi. Le provençal disait penable dans le sens où nous disons pénible.
Historique : XIIIe s. Penible [dur à la peine] XIVe s. La quelle chose avoit esté hastivement faite par crainte de une loy et d'une ordonnance penible [qui inflige une peine] XVe s. Preudons seras, poures, penibles [laborieux, qui se donne du mal] XVIe s. Une occupation non penible ny ennuyeuse La conscience qui nous tourmente de plusieurs imaginations penibles Selon le naturel de toutes choses dont les plus precieuses sont les plus penibles à garder
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 3 sens
adj. des deux genres
Qui se fait avec peine, qui donne de la peine, de la fatigue. Un travail ingrat et pénible. Une situation pénible. Un effort pénible. L’intrigue de cette pièce est pénible à suivre.
Un style pénible, Un style qui manque de naturel et qui sent l’effort.
PÉNIBLE signifie encore Qui fait de la peine, qui affecte désagréablement l’âme, l’esprit. Situation pénible. Sentiment pénible. Doute pénible. Il est pénible d’avoir à punir de pareilles fautes. Une chose pénible à voir, à entendre. Un aveu pénible à faire.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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