payé · paye

payé

adjectif

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Acquitté, en parlant d'une dette. Une forte somme payée par le débiteur. Cela est bien payé, n'est pas payé, se dit d'une chose dont on offre tout ce qu'elle vaut, ou moins cher qu'elle ne vaut. Une fois payé, se dit pour exprimer qu'on est quitte de toute demande nouvelle ou réclamation. Payé cent francs à valoir. Quand payé est ainsi placé avant le nom, il n'y a point d'accord.

    Je ne puis assez admirer votre désintéressement de me sacrifier de si grands intérêts pour la somme de 3000 livres, une fois payée — Voltaire (1694-1778)

  2. Il se dit de celui à qui l'on devait. Des créanciers payés jusqu'au dernier.

    Il disait quelquefois que les ambitieux que l'on loue tant étaient des glorieux qui font des bassesses, ou des mercenaires qui veulent être payés — Fléchier (1632-1710)

    Bellone va réduire en cendres Les courtines de Philipsbourg Par cinquante mille Alexandres Payés à quatre sous par jour — Voltaire (1694-1778)

  3. Fig. Qui a reçu un juste dédommagement. Ironiquement. Qui a reçu un juste châtiment. Il est payé pour, c'est-à-dire il a fait une assez triste expérience de la chose pour... Il n'est pas payé pour..., c'est-à-dire il a de justes raisons pour ne pas...

    L'amant est trop payé quand son service oblige — Pierre Corneille (1606-1684)

    Allez la voir, je vous prie : et vous serez payée de toutes vos peines — Mme de Maintenon (1635-1719)

  4. Plus payé, voy. PLUS. Tant tenu, tant payé, c'est-à-dire il faut payer à proportion des services ; et fig. rendre juste la pareille.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée PAYÉ, ÉE.

paye

nom, féminin, /pɛjə/

Voir aussi : variante de paie

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Salaire des ouvriers et autres personnes. Demi-paye, la moitié de la paye. Fig.

    J'eus bientôt plus d'écoliers qu'il ne m'en fallait pour remplacer ma paye de secrétaire — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

    Personnes de piété qui.... souhaitaient de ne se voir pas exposées à la tentation de la vanité [en publiant un livre], et ne savaient pas d'autre moyen pour le faire que de supprimer leur nom, dans l'espérance de demeurer cachées et de recevoir de Dieu plutôt que des hommes la paye de leur travail

  2. Action de donner la paye. C'est aujourd'hui jour de paye.

  3. Salaire des gens de guerre. Haute paye, solde plus forte que la solde ordinaire. Celui qui reçoit la haute paye (il s'emploie principalement au pluriel). Les hautes payes du régiment.

    Ce satrape donne un mois de paye à toute l'armée sur le pied d'une drachme, c'est-à-dire de dix sous à chaque soldat par jour — Rollin (1661-1741)

    Le sénat ayant eu le moyen de donner une paye aux soldats, le siége de Veïes fut entrepris — Montesquieu (1689-1755)

  4. Celui qui paye.

    C'est lui seul qui entraîne M. Durville, qui était une excellente paye — Louis-Benoît Picard (1769-1828)

  5. Morte-paye, soldat qui ne faisait pas de service et que le roi ne laissait pas de payer. Les invalides de l'hôtel étaient des mortes-payes. Par extension, celui qu'on entretient sans qu'il rende aucun service, par exemple un domestique invalide. Au plur. Ceux qui ne peuvent payer leurs contributions. Il faut tenir compte des mortes-payes. D'une mauvaise paye on tire ce qu'on peut, il faut se contenter du peu que donne un débiteur qui n'a pas la volonté ou le pouvoir de s'acquitter ; et fig. il ne faut pas exiger des gens plus qu'ils ne veulent ou peuvent faire.

    On n'eût pas manqué de lever la garde du bois de Vincennes, et de n'y laisser que des mortes-payes ordinaires — Cardinal de Retz (1613-1679)

Étymologie : Voy. PAYER ; prov. paga, pagua, paia ; espagn. et ital. paga.

Historique : XIIIe s. C'est à savoir chascun mil livres parisis à trois paies chascun an Et se le requerant nie la paie.... XIVe s. Et ains que li ans fust passez, De ces escuz que vous sçavez [rançon du roi Jean], En deut quatre cent mille avoir, Et ainsi, ce devez sçavoir, Chascun an jusqu'à fin de paye XVe s. Tant pour le camp que des mortes payes XVIe s. Recevoir paye et salaire du public Celui qui se tient dans une tranchée descouverte, que faict il en cela que ne facent devant luy cinquante pauvres pionniers qui lui ouvrent le pas et le couvrent de leur corps pour cinq sols de paye par jour ? Il y av…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Voyez PAIE.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • payes — pluriel — /pɛjə/
  • paye — singulier — /pɛjə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée paye#46156.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.