pardonner
verbe · /paʁdɔne/ ou /paʁdone/
Usage : fréquent (92 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Renoncer à tenir rigueur à quelqu'un pour une faute commise.
« Les plus expérimentés dans les affaires font des fautes capitales ; mais que nous nous pardonnons aisément nos fautes, quand la fortune nous les pardonne ! »Bossuet (1627-1704)
« Les rois pardonnent rarement à ceux qu'ils craignent »Charles Pinot Duclos (1704-1772)
Excuser, ne pas reprocher une erreur ou une maladresse.
Pardonnez ma maladresse, je ne l'ai pas fait exprès.
Synonyme : excuser.
« Il ne pardonne pas aux vers de la Pucelle »Boileau (1636-1711)
« Je lui pardonne De préférer les beautés De Palès et de Pomone Au tumulte des cités »Jean-Baptiste Rousseau (1671-1741)
Ne pas infliger de châtiment ou de souffrance à quelqu'un qui les mérite, en parlant d'une autorité, d'une loi ou d'une force implacable.
La haute montagne ne pardonne pas aux imprudents.
Synonyme : épargner.
« M. de Montausier n'a-t-il pas eu, dans la licence de la guerre, une scrupuleuse retenue dans un temps où l'on pardonnait un peu d'avarice, pour entretenir le courage et la bonne humeur des gens de guerre ! »Fléchier (1632-1710)
« On pardonne les maux, mais non pas les injures »Jacques Delille (1738-1813)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : faute avouée est à demi pardonnée
Grammaire et formes (51)
- pardonnerions : conditionnel présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnəʁjɔ̃/ ou /paʁdonəʁjɔ̃/
- pardonnerais : conditionnel présent 1ʳᵉ pers. singulier · /paʁdɔnəʁɛ/ ou /paʁdonəʁɛ/
- pardonneriez : conditionnel présent 2ᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnəʁje/ ou /paʁdonəʁje/
- pardonnerais : conditionnel présent 2ᵉ pers. singulier · /paʁdɔnəʁɛ/ ou /paʁdonəʁɛ/
- pardonneraient : conditionnel présent 3ᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnəʁɛ/ ou /paʁdonəʁɛ/
- pardonnerait : conditionnel présent 3ᵉ pers. singulier · /paʁdɔnəʁɛ/ ou /paʁdonəʁɛ/
- pardonnons : impératif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnɔ̃/ ou /paʁdonɔ̃/
- pardonnez : impératif présent 2ᵉ pers. pluriel · /paʁdɔne/ ou /paʁdone/
- pardonne : impératif présent 2ᵉ pers. singulier · /paʁdɔnə/ ou /paʁdonə/
- pardonnerons : indicatif futur 1ʳᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnəʁɔ̃/ ou /paʁdonəʁɔ̃/
- pardonnerai : indicatif futur 1ʳᵉ pers. singulier · /paʁdɔnəʁe/ ou /paʁdonəʁe/
- pardonnerez : indicatif futur 2ᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnəʁe/ ou /paʁdonəʁe/
- pardonneras : indicatif futur 2ᵉ pers. singulier · /paʁdɔnəʁa/ ou /paʁdonəʁa/
- pardonneront : indicatif futur 3ᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnəʁɔ̃/ ou /paʁdonəʁɔ̃/
- pardonnera : indicatif futur 3ᵉ pers. singulier · /paʁdɔnəʁa/ ou /paʁdonəʁa/
- pardonnions : indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnjɔ̃/ ou /paʁdonjɔ̃/
- pardonnais : indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier · /paʁdɔnɛ/ ou /paʁdonɛ/
- pardonniez : indicatif imparfait 2ᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnje/ ou /paʁdonje/
- pardonnais : indicatif imparfait 2ᵉ pers. singulier · /paʁdɔnɛ/ ou /paʁdonɛ/
- pardonnaient : indicatif imparfait 3ᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnɛ/ ou /paʁdonɛ/
- pardonnait : indicatif imparfait 3ᵉ pers. singulier · /paʁdɔnɛ/ ou /paʁdonɛ/
- pardonnâmes : indicatif passé 1ʳᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnamə/ ou /paʁdonamə/
- pardonnai : indicatif passé 1ʳᵉ pers. singulier · /paʁdɔne/ ou /paʁdone/
- pardonnâtes : indicatif passé 2ᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnatə/ ou /paʁdonatə/
- pardonnas : indicatif passé 2ᵉ pers. singulier · /paʁdɔna/ ou /paʁdona/
- pardonnèrent : indicatif passé 3ᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnɛʁə/ ou /paʁdonɛʁə/
- pardonna : indicatif passé 3ᵉ pers. singulier · /paʁdɔna/ ou /paʁdona/
- pardonnons : indicatif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnɔ̃/ ou /paʁdonɔ̃/
- pardonne : indicatif présent 1ʳᵉ pers. singulier · /paʁdɔnə/ ou /paʁdonə/
- pardonnez : indicatif présent 2ᵉ pers. pluriel · /paʁdɔne/ ou /paʁdone/
- pardonnes : indicatif présent 2ᵉ pers. singulier · /paʁdɔnə/ ou /paʁdonə/
- pardonnent : indicatif présent 3ᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnə/ ou /paʁdonə/
- pardonne : indicatif présent 3ᵉ pers. singulier · /paʁdɔnə/ ou /paʁdonə/
- pardonner : infinitif · /paʁdɔne/ ou /paʁdone/
- pardonnées : participe passé pluriel féminin · /paʁdɔne/ ou /paʁdone/
- pardonnés : participe passé pluriel masculin · /paʁdɔne/ ou /paʁdone/
- pardonnée : participe passé singulier féminin · /paʁdɔne/ ou /paʁdone/
- pardonné : participe passé singulier masculin · /paʁdɔne/ ou /paʁdone/
- pardonnant : participe présent · /paʁdɔnɑ̃/ ou /paʁdonɑ̃/
- pardonnassions : subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnasjɔ̃/ ou /paʁdonasjɔ̃/
- pardonnasse : subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier · /paʁdɔnasə/ ou /paʁdonasə/
- pardonnassiez : subjonctif imparfait 2ᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnasje/ ou /paʁdonasje/
- pardonnasses : subjonctif imparfait 2ᵉ pers. singulier · /paʁdɔnasə/ ou /paʁdonasə/
- pardonnassent : subjonctif imparfait 3ᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnasə/ ou /paʁdonasə/
- pardonnât : subjonctif imparfait 3ᵉ pers. singulier · /paʁdɔna/ ou /paʁdona/
- pardonnions : subjonctif présent 1ʳᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnjɔ̃/ ou /paʁdonjɔ̃/
- pardonne : subjonctif présent 1ʳᵉ pers. singulier · /paʁdɔnə/ ou /paʁdonə/
- pardonniez : subjonctif présent 2ᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnje/ ou /paʁdonje/
- pardonnes : subjonctif présent 2ᵉ pers. singulier · /paʁdɔnə/ ou /paʁdonə/
- pardonnent : subjonctif présent 3ᵉ pers. pluriel · /paʁdɔnə/ ou /paʁdonə/
- pardonne : subjonctif présent 3ᵉ pers. singulier · /paʁdɔnə/ ou /paʁdonə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 6 sens
V. a. Remettre la punition ou la vengeance de quelque chose. Pardonner une offense. Tes péchés te sont pardonnés. Je lui pardonne ses torts. Neutralement, même signification. Je lui pardonne de m'avoir offensé. Il s'applique quelquefois à un nom de chose personnifiée. Absolument. Familièrement. Dieu me pardonne, espèce d'excuse ou d'adoucissement à ce qu'on dit. Faire grâce. Le roi lui pardonna. Cet écolier avait mérité une punition, le maître lui a pardonné.
Dieu pardonne plus aisément les crimes que les vicesMme de Maintenon (1635-1719)
Quelque délicat qu'on soit en amour, on pardonne plus de fautes que dans l'amitiéLa Bruyère (1645-1696)
Excuser, tolérer. Neutralement, même signification. Terme de civilité. Pardonnez-moi la liberté que je prends d'être d'une autre opinion que vous. On dit de même : pardonnez-moi ce langage, ces expressions. Il s'emploie aussi absolument dans des formules analogues de civilité. Pardonnez-moi, ou, simplement, pardonnez si je vous contredis. Vous me pardonnerez si je rectifie ce que vous venez de dire. Dans cette acception, on dit quelquefois simplement et sans rien ajouter : Pardonnez-moi, vous me pardonnerez, pour exprimer civilement qu'on n'est pas d'accord de ce qu'un autre dit.
Lynx envers nos pareils, et taupes envers nous, Nous nous pardonnons tout et rien aux autres hommesLa Fontaine (1621-1695)
Les plus expérimentés dans les affaires font des fautes capitales ; mais que nous nous pardonnons aisément nos fautes, quand la fortune nous les pardonne !Bossuet (1627-1704)
Ne point pardonner, juger sévèrement, condamner. V. n. Même signification.
Il ne pardonne point les endroits négligésBoileau (1636-1711)
Il ne pardonne pas aux vers de la PucelleBoileau (1636-1711)
Voir sans dépit, sans jalousie. On lui pardonne ses succès à cause de sa modestie. V. n. Même signification.
Il [Antoine Arnauld] plaida cette cause avec une véhémence et un éclat que les jésuites ne lui ont jamais pardonnésJean Racine (1639-1699)
Les grands surtout ne pouvaient pardonner à César la vie qu'il leur avait donnée dans les plaines de PharsaleVertot (1655-1735)
V. n. Épargner, excepter (en cet emploi, il ne se dit qu'avec ne et à). La mort ne pardonne à personne. Absolument. Cette maladie ne pardonne point, on y succombe tôt ou tard.
On ne pardonne ni à âge, ni à sexe, à lieu sacré ni à profanePERROT
Se pardonner, v. réfl. Être pardonné.
Perfide, cet affront se peut-il pardonner ?Jean Racine (1639-1699)
Étymologie : Prov. ét esp. perdonar ; port. perdoar ; ital. perdonare ; du latin per, et donare : proprement donner complétement, remettre.
Historique : XIe s. Ferut [je] vous ai ; car le me perdunez Jel vous parduin ici et devant Deu XIIe s. Et ses pechez perdonas au larron Mais or en aiez [obtenez] merci, Et si vous soit pardonné XIIIe s. Li rois demande les ostages, à nul d'els nes a pardonés [n'a permis qu'ils ne les donnassent pas] Ge lo [conseille] que vous li requerés, Qu'il vous pardoint sa malvoillance, Par amors et par recordance Biaus seignors, qui que me pardoigne L'ort pechié dont si fort me poise, Ne comment que du pardon voise [aille], Ge ne m'en pardoint pas la paine XIVe s. Pierre des Essars fut condamné à cent mille florins ;…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 10 sens
v. tr.
Accorder le pardon d’une faute commise, ne garder aucun ressentiment d’une injure reçue. En ce sens il a toujours le nom de la chose pour complément direct et le nom de la personne pour complément indirect avec la préposition à. Pardonner les offenses. Pardonner à quelqu’un. JÉSUS-CHRIST dit à Marie-Madeleine : Tes péchés te sont pardonnés. Je lui pardonne de bon coeur tout le mal qu’il m’a fait. Je lui pardonne de m’avoir offensé. Je vous pardonne pour cette fois, mais n’y revenez plus.
Prov., Faute avouée est à demi pardonnée.
Il signifie aussi, intransitivement, Faire grâce. Le roi lui pardonna. Cet écolier avait mérité une punition, son maître lui a pardonné.
Dieu me pardonne, Façon de parler qui s’emploie dans le discours familier, comme une espèce d’excuse et d’adoucissement. à l’entendre parler, je croirais, Dieu me pardonne, qu’il a perdu l’esprit.
PARDONNER signifie encore Excuser, supporter, tolérer. C’est une insolence qui ne peut se pardonner. Pardonnez mes craintes, mes soupçons, mon oubli. Je ne me pardonnerai jamais la faute que j’ai commise, la sottise que j’ai faite. Je ne me pardonne pas de m’être fié à ce malhonnête homme. Dans l’amitié, dans le commerce de la vie, il faut se pardonner mutuellement beaucoup de choses.
Il signifie aussi Voir sans chagrin, sans dépit, sans jalousie. On lui pardonne ses succès à cause de sa modestie. Cette femme a bien de la peine à pardonner aux autres leur beauté. Il ne lui pardonne pas son mérite. Il ne sait pas se faire pardonner sa supériorité.
Il régit quelquefois les choses avec la préposition à, comme si elles étaient personnifiées. Pardonnez à ma franchise, à mon amitié les reproches que je vous fais. Je pardonne cela à l’état où vous êtes.
Il s’emploie souvent comme un terme de civilité. Pardonnez-moi, ou simplement Pardonnez si je vous contredis. Pardonnez-moi la liberté que je prends. Vous me pardonnerez de vous dire que l’affaire ne se passa pas de la sorte. Dans cette acception, on dit quelquefois simplement, et sans rien ajouter, Pardonnez- moi, vous me pardonnerez, pour exprimer avec politesse qu’On n’est pas d’accord de ce qu’un autre dit.
Il signifie encore Excepter, épargner. En ce sens, il ne s’emploie guère qu’avec la particule négative ne et avec la préposition à. La mort ne pardonne à personne. Le temps ne pardonne à aucune chose. Absolument, Cette maladie ne pardonne point, On y succombe tôt ou tard.
Le participe passé s’applique parfois aux Personnes. Il se retira pardonné. Vous êtes tout pardonné.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée pardonner#45513.